Vers une musicologie de l

Vers une musicologie de l'interprétation

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199 pages
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La musicologie de l'interprétation vise à une étude critique de la réception et du vécu de l'œuvre musicale. Ces quatorze contributions abordent divers aspects de la musicologie de l'interprétation : les gestes du musicien ont été traités dans des articles consacrés à la métamorphose du piano contemporain, aux gestes du pianiste et du chef d'orchestre et au tempo rubato ; les relations entre interprète et compositeur sont étudiées à travers des analyses de Beethoven, Debussy, Satie, Duparc, Rachmaninov, Ives.

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Ajouté le 01 novembre 2010
Nombre de lectures 575
EAN13 9782296445413
Langue Français
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CahiersN°3-V5.indb1
15/10/201012:52:07
Les Cahiers Arts & Sciences de l’art
Interface pluridisciplinaire, cette publication périodique coordonnée avec une collection d’ouvrages, est un programme scientifique de l’Institut d’esthétique des arts et technologies– IDEAT, formation de recherche du CNRS, de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de la Culture et de la Communication (FRE 3307).
CahiersN°3-V5.indb2
Directeur de la collection :Costin Miereanu Responsable de l’édition et de la communication :Anne Sellier Comité de rédaction :Gérard Pelé (Univ. Paris 1), Jean-Yves Bosseur (CNRS), Jean-Pierre Armengaud et Damien Ehrhardt (Univ. d’Évry), Olivier Lussac (Univ. de Metz) Cellule éditoriale :Myriam Bloédé, Laurence Helleu Conception graphique et maquette :Jean-Pierre Dubois Mise en page :Erik Kocevar
Toute correspondance concernant la rédaction desCahiers Art & Sciences de l’artdoit être adressée à : Anne Sellier Institut d’esthétique des arts et technologies - IDEAT Université Paris 1 – 47, rue des Bergers – 75015 Paris Tél. : 01-44-07-81-63 / Fax : 01-44-07-81-66 - E-mail : asellier@univ-paris1.fr
ISBN : 978-2-296-12208-6 EAN : 9782296122086 © IDEAT - CNRS/Université Paris 1 - L’Harmattan, 2010 © L’Harmattan, 2010 - 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
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Éditorial
Introduction
Les Cahiers N° 3 2010 Numéro préparé sous la direction deJean-Pierre Armengaud etDamien Ehrhardt
Sommaire
JEAN-PIERREARMENGAUDVers une musicologie de l’interprétation
DAMIENEHRHARDTLa nouvelle herméneutique musicale Vers un changement permanent de paradigme ?
Les gestes de l’interprète
PIERRE-ALBERTCASTANETLes métamorphoses du piano contemporain Du confident camériste au parjure universel
ISAACCHUEKELe sens caché de l’interprétation Les gestes du pianiste et du chef d’orchestre
JACQUESVIRETRythme et interprétation. Le tempo rubato
Interprétation et composition
CahiersN°3-V5.indb3
BEATEANGELIKAKRAUSExécution de l’œuvre ou réincarnation du grand maître ? Beethoven et les limites de l’interprétation pianistique
VIOLAINEANGERL’établissement du sens et l’extension de la notion d’interprétation.l’Invitation au voyagede Baudelaire-Duparc
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ANDRÉLISCHKESerge Rachmaninov Unité et paradoxes d’un compositeur-pianiste
RADOSVETABRUZAUDLaPiano Sonate n° 2« Concord, Mass. 1840-1860 » de Charles Ives. Un défi pour l’interprétation
MICHÈLEHUMBERTMarcel Duchamp et l’Erratum musical Interprétations et modes d’apparition
Musicologie et interprétation
CahiersN°3-V5.indb4
DIETERGUTKNECHTMusikwissenschaft und Aufführungspraxis Angebliche Abhängigkeit oder jeweilige Eigenständigkeit
BENGTEDLUNDReduction as an Aid to Interpretation
DAMIENEHRHARDTThéories riemannienne, néo-riemannienne et post-riemannienne Perspectives pour l’harmonie et l’interprétation musicales
JEAN-PIERREARMENGAUDLa vision critique de l’interprète
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Éditorial
JEAN-PIERREARMENGAUD
Vers une musicologie de l’interprétation
L « e son musical n’est pas le signe d’un événement, il est cet événement lui-même. » Ce qui est pour Olivier Revault d’Allonnes le résultat d’une démons-tration s’impose d’emblée à l’interprète comme une vérité existentielle de la musique, quel que soit le répertoire abordé (et non seulement, comme il le dit, de la musique contempo-raine). Que serait l’écriture de Chopin sans le « son Chopin », musique dénaturée lorsqu’elle quitte le timbre du piano, ou l’Opéra italien sans la présence physique de la voix, ou l’intérêt deStimmungde Stockhausen sans les surprises de son incarnation acoustique ? Et pour-tant, les expériences limites de Cage, de Scelsi ou de Wyschnegradsky montrent, a contrario, qu’une œuvre réussie se passe difficilement de forme et d’écriture objectivables. L’interprète éprouve aussi cette nécessité de donner à son exécution une spontanéité organisée en s’ap-puyant, à un moment donné, sur l’analyse d’un objet musical repérable. Toutes les dérives du discours sur le phénomène musical proviennent de ce qu’on néglige l’une ou l’autre de ces approches. C’est pourquoi le Laboratoire RASM de l’Université d’Évry, qui a réalisé ce numéro desCahiers, grâce à la collaboration de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a choisi d’orienter ses recherches et ses publications sur les problèmes liés à la réception musicale, au vécu – artistique de l’auditeur, instrumental de l’interprète – et à toutes les formes d’analyse musicale qui se nourrissent à la fois de celles du message (replacées dans une perspective comparatiste parfois pluridisciplinaire : recoupements, écarts, dérives, influences, occulta-tions psycho-acoustiques…) et de celles de la réception (évolution du goût, illusions percep-tives, oppositions, glissements structurels…). Cette direction de recherche s’appuie sur la possibilité d’appliquer à la musique la théorie de Hans Robert Jauss sur la réception littéraire, qui fait de l’œuvre d’art une réalité toujours en mouvement, l’histoire de la rencontre d’un contexte et d’une intention créatrice, celle du recoupement entre l’analyse et le vécu. Ouvrant le spectre de façon assez large, cette méthode d’investigation s’oriente vers trois directions : la réception par l’interprète, premier récepteur d’une virtualité enfin incarnée (la partition), la réception par les compositeurs eux-
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mêmes et donc l’évolution des formes de la création musicale, la réception socio-politique de la musique, canalisée et organisée par les institutions de diffusion musicales – avec en toile de fond la volonté de cerner une méthode pour confronter les divers types de discours sur la musique et de poser les jalons d’une grille mobile d’analyse qui mette en perspective, en « réseaux » dialectiques, les différents angles d’études qui jusqu’à présent s’excluaient. Les différentes contributions à cet ouvrage proviennent, pour une part, des éléments d’un colloque sur « l’interprétation pianistique », organisé par le RASM en juin 2003 à l’Université d’Évry, et de libres contributions écrites par des chercheurs qui nous ont rejoints depuis, et destinées à la fois à « borner » la réflexion et à l’étendre à quelques cas-limites théoriques, symboliques ou pluridisciplinaires. Paul Valéry décrit la musique comme « un édifice mobile, et sans cesse renouvelé, et reconstruit en lui-même », comme « un édifice d’apparitions, de transitions, de conflits et d’événements indéfinissables ». En fait, c’est l’interprète qui reconstruit, donne sa mobi-lité à une pensée figée dans les signes de la partition, restaure un signifiant en mouvement, qui peut être uneimitatiogeste déjà esquissé par la partition elle-même ou la mise d’un en représentation sonore d’une trame qui, selon les époques, est rhétorique, solfégique ou instrumentale. « L’art est toujours mimésis, c’est-à-dire qu’il porte toujours quelque chose à la représentation » affirme Hans-Georg Gadamer. L’interprète théâtralise un texte muet : est-ce en accentuant la participation du « je » à cette représentation ou au contraire, comme Glenn Gould, « en jouant le plus loin possible du son », afin de se mettre en position de vitrail pour « reconnaître » une lumière et une architecture cachée dans les signes du langage ? « Reconnaître, c’est percevoir ce qui, dans le fugace, demeure », dit encore Gadamer. L’interprétation se heurte au problème d’exprimer concrètement une pensée que l’écriture a déréalisée, et de mettre en scène des mini-conflits du son et du langage. Nous sommes là au cœur de ce que les analystes nomment l’indicible, l’ineffable. Une esthétique de l’interprétation peut contribuer à pénétrer dans cette zone de mystère et de paradoxes métaphoriques, où le signifiant de l’écoute tient donc du symbolique qui « repose sur un jeu d’oppositions indissociables, celui du renvoi à une chose et de sa dissimulation » : l’interprète est-il le transgresseur ou le complice du mystère de l’œuvre ? Ne doit-il pas parfois exprimer moins pour mettre en valeur le non-dit de l’écriture, se contenter d’indiquer une direction (interpréter se ditdeutenen allemand), comme par exemple dans les discours « inachevés » ou plutôt suspendus de Schubert, dans les harmonies dépressives et les « sérénades inter-rompues » de Debussy, qui suintent d’un désir coupable, dans les aphorismes de Satie qui babillent sur un tapis de silence… Comment l’analyse d’une œuvre peut-elle récupérer les contradictions dont l’interprétation fait aisément la synthèse ? Les publications qui suivent partent de cette problématique et y reviennent : Isaac Chueke s’interroge sur la relation du geste et de l’interprétation, qui permet de trouver un équilibre entre la vision globale et le détail d’une œuvre ; Jacques Viret scrute le mécanis-me durubato, à la fois dans sa dimension expressive et dans son éphémérité symbolique
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qui confère ou retire la vie à la musique ; Pierre-Albert Castanet analyse les gestes dans la musique contemporaine de piano qui ont permis de briser la symbolique convenue du pia-nisme classico-romantique ; Violaine Anger met l’accent sur une interprétation transgressive du texte de Baudelaire par la musique de Duparc et Rasdoveta Bruzaud analyse la façon dont l’interprète de laConcord Sonated’Ives prend en compte la signification des textes lit-téraires joints à la partition ; Michèle Humbert décrit les différents niveaux d’appréhension conceptuelle d’une œuvre-limite, ininterprétable : l’Erratum musicalde Duchamp, tandis que l’auteur de ces lignes s’efforce de typologiser la fonction critique de l’interprète ; d’autres auteurs, Damien Ehrhardt, Dieter Gutknecht et Bengt Eglund recherchent une approche plus théorique entre analyse et interprétation, théorie et intuition : Damien Ehrhardt en fait le fon-dement d’une nouvelle herméneutique musicale qu’il applique aux théories riemannienne et néo-riemannienne, afin de parvenir à des projections conceptuelles postriemaniennes ; Beate Kraus développe une grille d’analyse beethovénienne à travers une interprétation particulière liée à la figure d’Elly Ney. C’est ainsi que cette publication s’inscrit dans la chaîne de celles qui veulent faire mentir la sentence qu’exprimait laMnémosymed’Hölderlin : « un signe sommes-nous, un signe dépourvu d’interprétation ».
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CahiersN°3-V5.indb8
15/10/201012:53:03
Introduction
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CahiersN°3-V5.indb10
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