ENFER (DE L

ENFER (DE L') A LA LIBERTE

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Ce livre nous relate sommairement l'histoire du Cambodge, du Laos, et du Vietnam. De nombreux témoignages nous décrivent ce qu'ont vécu les réfugiés de ces trois pays. Un trop bref aperçu de la vie dans les camps de premier accueil, nous montre que le calvaire n'était pas terminé malgré l'espoir de partir loin de leur pays, emportant avec eux la nostalgie du passé, mêlée à la joie de pouvoir vivre en paix. Le style simple et dépouillé conduira le lecteur dans l'abîme de la souffrance humaine.

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Ajouté le 01 juin 2000
Nombre de lectures 347
EAN13 9782296412569
Langue Français
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Claude GILLES

DE L'ENFER À LA LIBERTÉ
CAMBODGE

- LAOS

- VIETNAM

ACCUEIL DES RÉFUGIÉS EN FRANCE (Documents et témoignages)

Préface de Joseph Pinard Agrégé d'histoire

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA. H2Y lK9

@ L'Harmattan,

2000

ISBN: 2-7384-9185-5

Je tiens à remercier tous ceux et toutes celles qui m'ont facilité cette tâche de reconstituer et de garder la mémoire d'une petite période de l'histoire. Merci aussi au Comité National d'Entraide et en particulier à la "mission réfugiés" de Bangkok 'pour son aide, ainsi qu'aux pères des Missions Etrangères de Paris et à MS.F.

PREFACE

Le Père Gilles a de qui tenir: il raconte comment grâce à sa mère, qui allait être plus tard une résistante courageuse, il avait découvert la misère des réfugiés espagnols en 1939. C'était au temps où le député de Besançon écrivait dans la presse locale " quand une bête va crever, la vermine quitte ce qui ne sera bientôt plus qu'un cadavre encombrant...! " Sensibilisé très tôt aux malheurs nés des guerres, Claude Gilles, devenu prêtre, se passionne pour la cause des réfugiés de l'ex-Indochine. Déplorant "l'ignorance radicale de la culture asiatique", il évoque d'abord l'histoire complexe des peuples auxquels il s'attache: Cambodgiens, Vietnamiens, Laotiens. Puis il présente une étude exhaustive des camps de réfugiés. Il analyse les causes de départ de ceux qui fuient la terrible dictature des Khmers rouges et il donne longuement la parole aux victimes du régime du sinistre Pol Pot et de ses séides. Quand il parle des boat people qui, au péril de leur vie, quittent un Vietnam où sévit aussi l'oppression, il aborde une pénible page d'histoire plus connue du monde entier à cause de l'émotion soulevée par les malheurs de ces familles souffrant de la faim et de la soif, poursuivies en mer par des pirates. Les témoignages se succèdent, précis et accablants. Après avoir donné la ,parole aux victimes, le Père Gilles, avec discrétion, évoque son action dans les camps, ses efforts face à une inertie qui aurait découragé des hommes n'ayant pas sa trempe., pour redonner de l'espoir à tous ces exilés. Pensons à ces familles qui ont vu les Khmers rouges tuer à coups de bâton de pauvres gens fuyant à travers les rizières et courant après les rats pour les manger "c'était des gros rats, comme on avait faim, on les trouvait bons..." Un deuxième volume est consacré à "La Franche-Comté

terre d'accueil". Ce qui surprend agréablement après la description accablante de tant de malheurs, c'est le foisonnement des initiatives grâce aux réseaux mis en place sous l'impulsion de l'opiniâtre avocat de la cause des victimes d'un communisme inhumain. Certes, il y a ceux de nos compatriotes que dérange l'arrivée de ces personnes déplacées et qui, lorsqu'une installation se prépare dans leur commune, réagissent en disant "Je veux bien leur donner cent balles mais qu' iIs nous fichent la paix ici". Mais il faut saluer toutes ceux et celles qui n'entendent pas se contenter de verser quelques larmes ou une aumône lorsque des reportages montrent à la télévision des situations dramatiques insupportables, surtout lorsqu'elles concernent des enfants. Et l'action des centres provisoires d'hébergement se trouve heureusement relayée par des parrainages courageux surmontant les difficultés dues aux barrières linguistiques et aux différences considérables de modes de vie. Les aides individuelles, là encore évoquées par des témoignages précis, sont encadrées par des structures associatives, au premier rang desquelles il faut citer bien sûr l'Association franc-comtoise pour l'accueil des réfugiés, l'AFCAR née en 1978 et qui s'efforce de fédérer les bonnes volontés. Heureusement, elles ne manquent pas. Le Père Gilles aborde ensuite un problème majeur: les réfugiés doivent-ils se fondre dans la société française ou préserver les racines de leur culture? C'est la question que posent les associations créées par les réfugiés. Fait significatif: elles ne regroupent pas l'ensemble des personnes concernées, mais elles ont une base nationale, voire limitée à une ethnie. C'est le cas pour les Hmong de nationalité laotienne, montagnards soucieux de préserver leur civilisation si originale et leurs croyances chamanistes. Les données précises recueillies par le Père Gilles peuvent servir à la réflexion sur un problème capital. Deux conceptions en effet s'opposent: celle du respect des origines, passant par le maintien de la langue et pouvant déboucher sur une société dite multiculturelle où races, langues, religions se juxtaposent au mieux dans l'indifférence, au pire dans l'affrontement; une 10

autre conception prône l'intégration, l'école jouant à ce sujet un rôle essentiel, dans le contexte original de laïcité à la française permettant aux personnes de se confonner dans la vie privée aux pratiques ancestrales, tout en se ralliant dans la vie publique aux valeurs fondamentales des droits de l'homme par définition universelles. A l'heure oÙ les spiritualités orientales attirent nombre d'Européens et sont à la mode dans les médias, une autre question se pose, celle de la rencontre du bouddhisme et de l'héritage judéo-chrétien de l'Occident, cette référence qui a amené le plus grand nombre des participants - Père Gilles en tête - à l'aventure difficile et passionnante de l'accueil des réfugiés. Quelle complémentarité entre deux traditions spirituelles fondamentales de l'histoire de l'humanité! Un jésuite belge, le Père Fallon, qui a vécu dans les quartiers les plus pauvres de Calcutta, évoquant devant l'écrivain Jean-Claude Guillebaud la "Contemplation démobilisée" qui est au coeur de la méditation bouddhiste, confie: "nous avons appris des bouddhistes le détachement. Ils ont à apprendre de nous la charité"...Un enrichissement mutuel sera-t-il le fruit de la greffe asiatique provoquée par le communisme athée? Tel est l'un des enjeux majeurs d'une aventure passionnante. Alors que tant de souffrances ont engendré bien des silences, tandis que tôt ou tard resurgit le besoin de repères, l'exigence de ne pas abandonner les finesses et richesses de civilisations millénaires, l'ouvrage du Père Gilles a le grand mérite d'avoir recueilli des matériaux très riches que son labeur inlassable a patiemment collectés et qui représentent un inestimable jalon dans cette dramatique histoire conduisant des habitants de l'exIndochine à venir dans l'ex-puissance colonisatrice, au coeur de cette Franche-Comté d'où sont issus tant de missionnaires partis à la rencontre d'hommes dont les descendants vivent aujourd'hui chez nous. Joseph Pinard Agrégé d'histoire ancien Député du Doubs Il

PREAMBULE
Depuis quelque temps, sur les conseils d'amis, je pensais mettre par écrit ce que j'ai vécu depuis ces dernières années passées au service des réfugiés. A cause de mes contacts journaliers avec les réfugiés, je me suis décidé à recueillir de nombreux témoignages sur cette époque et c'est ainsi qu'apparaît ce livre qui est plus un document qu'un ouvrage littéraire. Ce travail est avant tout destiné à la population qui a accueilli les Cambodgiens, Laotiens et Vietnamiens dès 1975 sur une période de vingt ans. L'arrivée massive, surtout dans les années 1979 à 1985, a provoqué un choc émotionnel, alimenté par les médias et les appels des autorités civiles et religieuses. Comment aurions-nous pu rester insensibles aux récits des premiers arrivants, en 1976, surtout Cambodgiens rescapés du génocide de Pol Pot, et des Vietnamiens rescapés de la mer, les "boat people" ? J'ai respecté la simplicité des récits, gardant ainsi leur authenticité. C'est une petite pierre contribuant à l'histoire de l'immigration en France pour des chercheurs futurs lorsqu'ils se pencheront sur le passé, je l'espère. A ce moment-là, nous ne serons plus présents pour témoigner. Les enfants des réfugiés eux-mêmes ne sauront plus pourquoi ils sont ici parmi nous, car leurs parents sont d'une discrétion extraordinaire sur leur passé tellement douloureux. Peu de jeunes asiatiques connaissent aujourd'hui l'enfer vécu par leurs familles. Je me souviens de la réaction d'une jeune femme me disant à la lecture du récit fait par son père « Papa ne nous a jamais parlé de ça. Je le découvre aujourd'hui ». Lors d'un séjour au Cambodge, j'ai découvert que même les jeunes ne savent rien sur cette période. J'ai tenu dans un premier temps à rappeler l'histoire de ces pays, d'une manière succincte, car beaucoup de Français ne la

connaissent pas. Ils ne savent pas que ce sont d'anciennes civilisations d'une richesse extraordinaire. Ils ne connaissent pas leur mentalité, leur culture. C'est "sur le tas" qu'ils ont tout appris, en se confrontant à la réalité de tous les jours. Lorsque je fais des conférences pour expliquer la mentalité de ces populations si différentes de la nôtre, je commence toujours mon exposé par une petite expérience 'simple que je dois à un ami missionnaire: prendre deux pommes, deux couteaux et faire venir près de moi deux personnes, de préférence des dames, mais peu importe, l'une française et l'autre asiatique. Ces personnes doivent, devant l'auditoire, peler ces pommes. L'une le fait d'avant en arrière: (la Française), l'autre l'inverse: (l'Asiatique). Tout le monde comprend que nous sommes devant deux univers totalement différents. Nos manières de penser, notre manière de vivre sont totalement différentes. Vous découvrirez dans un deuxième livre: La FrancheComté terre d'accueil, à travers divers récits, les traits essentiels de la culture, de la mentalité, de l'âme asiatique. 'C'est vrai, nous avons commis parfois des erreurs, des impairs, mais le sourirè cachant parfois les larmes nous a désarmés et notre amour du prochain a fait le reste. Voici le témoignage d'une petite fille cambodgienne du camp de Sakeo en Thaïlande qui répondait à une question (<.le pleure seulement quand il pleut, pour qu'on ne voie pas que je pleure». Je souhaite que ce travail, qui a demandé plusieurs années de recherches et qui est certainement incomplet, apporte à tous un regard neuf sur l'autre, l'étranger. Permettez-moi de vous expliquer pourquoi j'ai été sensibilisé par ce prob'lème des réfugiés. C'est à seize ans que j'ai découvert la misère des réfugiés espagnols au Kursaal de Besançon, grâce à ma mère qui était infirmière à la Croix-Rouge. Cela a été mon premier choc. Un an après, moi-même, étant réfugié en zone libre dans le centre de la France, j'ai entendu une maman réprimander son enfant en lui disant «Si tu n'es pas sage, je te donne à manger aux réfugiés! » Ces réfugiés n"étaient pas des étrangers, mais les Alsaciens-Lorrains et... ]4

moi-même depuis peu. Deuxième choc important pour un adolescent A mon retour de la guerre en France, en Allemagne et en

Indochine, je suis allé apporter un peu de réconfort à des D.P. .
(Deplaced Persons) en Autriche. C'étaient des filleuls que ma mère parrainait Survivants des camps de concentration, ils ne voulaient pas retourner dans leur pays. Ils étaient sous la protection de l'Organisation Internationale pour les Réfugiés (OIR) avant la création du UNHCR. Plus tard, c'est par mon travail apostolique en paroisse et surtout à la "pastorale des migrants" que j'ai rencontré les Hongrois, les Chiliens, les Asiatiques, les Sri Lankais, Zaïrois: C'est la réponse au «Pourquoi je me suis préoccupé des réfugiés? ".

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CARTE DE L'INDOCHINE

CmNE

TIIAILANDE
BANGKOK .

INTRODUCTION

QUI SONT-ILS CES REFUGIES ASIATIQUES QUI VIVENTP ARMI NOUS?

Qui sont-ils ces «Chinois» comme les appe1lent les habitants des quartiers populaires où iIs résident? Ils sont très distincts les uns des autres, de nationalités diverses et de races variées. Il ne faut pas faire un amalgame, mais respecter leurs différences nationales, raciales et religieuses comme nous le ferions pour des Européens. Ils sont venus de trois pays du Sud-Est-Asiatique : Le VIETNAM, connu surtout par la guerre d'Indochine et les anciens du corps expéditionnaire français. Parmi les Vietnamiens, il y a des réfugiés d'origine chinoise, les "HOA" ; des métis franco-vietnamiens; des Vietnamiens du Sud et enfin des Vietnamiens du Nord. Le CAMBODGE, connu surtout par les atrocités des Khmers rouges de Pol Pot dont la presse nous parle souvent, et la beauté de ses monuments d'Angkor. Eux aussi sont différents au sein de leur communauté. Il y a des Cambodgiens d'origine purement chinoise, vivant un peu en marge, réfugiés dans le Cambodge, fuyant la guerre et le régime communiste en Chine. Ils étaient presque tous commerçants au Cambodge. Il y a les sino-khmers c'est-à-dire des métis chinois - khmers, qui forment en principe l'élite du pays. Des métis franco-cambodgiens; des Chams, ethnie venant du Chatnpa (centre du Vietnam) eux-mêmes

chassés par les Vietnamiens. Ils sonf de religion musulmane. Et enfin les Khmers ; peu nombreux tellement il y eut de métissage. Le LAOS, pays peu connu et peu peuplé, qui a la réputation de la douceur de vivre, tout au moins pour les purs Laotiens. Parmi eux, il y a outre des gens d'origine chinoise, des Hmong, peuple vivant très souvent en autarcie dans les montagnes du Laos. Et enfin des Laotiens dans les plaines le long du Mékong, très apparentés avec les Thaïs qui se trouvent de l'autre côté du fleuve.

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CHAPITRE 1

HISTORIQUE

DES PAYS DE l'ASIE DU SUD-EST

Pour mieux comprendre les événements qui ont poussé des centaines de milliers de -personneshors de chez elles, il est bon de faire un historique de la présence française en Indochine. Bien que l'Indochine française se compose de trois pays: le Vietnam, le Cambodge et le Laos, c'est le Vietnam qui est le plus connu de par son histoire et par son indépendance obtenue dans la douleur

LE VIETNAM La péninsule indochinoise n'est pas l'habitat primitif ~es Vietnamiens, c'est une terre de conquête. Sur ce solon trouvait deux types humains: l'un mélanésien aujourd'hui disparu, l'autre indonésien qui est représenté par les montagnards. Sur ce fond primitif, deux peuples venus du nord se sont greffés, très différents l'un de l'autre, l'un d'origine chinoise, J'autre d'origine indienne; ils se sont partagé les plaines et le littoral, l'un au nord, l'autre au sud. Les Vietnamiens sont apparus dans le delta du Tonkin dès avant le 3 ème siècle avant Jésus.Christ. C'est le delta du Fleuve Rouge qui a formé la race vietnamienne, lui donnant ses qualités de courage et d'endurance, car ses habitants devaient lutter contre les débordements du fleuve, en montant des digues maintes et maintes fois détruites par des crues qui inondaient et ravageaient les cultures, et ces digues ont été reconstruites à chaque fois.

Les inondations qui sont bénéfiques au Cambodge sur le Tonlé Sap s'avèrent ici catastrophiques. Des milliers de personnes travaillent continuellement pour protéger les cultures. C'est cet acharnement qui forgea le caractère de ce peuple qui n'eut qu'une envie: la conquête du Sud, au détriment des autres pays. Les premiers habitants, semblables aux peuples montagnards d'aujourd'hui sur les hauts plateaux, vivaient de la chasse, de la pêche et de la culture. L'élément indien a modelé les civilisations des Khmers et des Chams qui occupèrent le delta du Mékong et la partie méridionale de l'ancien Annam. C'est en Il avant Jésus-Christ que l'empereur de Chine Wou Ti, de la dynastie des Han, s'empara du pays. Cette occupation chinoise devait durer 1000 ans. Au début, l'occupation se montra libérale, puis, se heurtant aux coutumes locales, elle suscita des révoltes, en particulier celle des soeurs Trung qui prirent la tête d'un soulèvement en l'an 40 après J.C. Le général chinois Ma Vien mata cette révolte et ce fut la sinisation de la région, imposant les lois, les rites, la langue écrite, la morale et les idées reIigieuses de la Chine. Les Vietnamiens se rallièrent à cette sinisation. C'est ainsi que le culte des ancêtres date de cette époque au Vietnam. C'est en 264 qu'apparaît le nom d'ANNAM dans le titre d'An Nam Tuong Quan, "maréchal du Sud pacifié", donné au gouverneur du Giao Chi, c'est- à-dire le Tonkin. Au 10 ème siècle, Ngo Quyen, le fondateur de la première dynastie vietnamienne, conquiert l'indépendance de l'Annam en 939. C'est seulement avec Li Thai Thon, fondateur de la dynastie de LI, 101O~ 1225, que le nouveau royaume indépendant fut organisé sur des bases stables, et leur ambition fut la conquête du Sud au détriment du royaume du Champa. L'histoire moderne du Vietnam est celle d'une progression constante vers le sud au détriment d'un autre type de civilisation: le Champa et le royaume Khmer. La dynastie des TRAN (1225-1414) leur succéda, et au cours d'un conflit avec les Mongols, stoppa définitivement les invasions. La dynastie des LE prit la suite de 1428 à 1793 et à chaque fois, la capitale fut déplacée pour se rapprocher du sud. 20

Du ] 6 ème aul8 ème siècle, l'expansion vietnamienne glissa vers le sud avec la conquête du Champa, puis celle du royaume Khmer tout au sud; la conquête du Champa se fit grâce à des colonies de soldats paysans qui maniaient aussi bien la charrue que l'épée. Peu à peu, les rois Chams disparurent: le dernier mentionné dans les écrits date de 1720. Il y eut des dissensions au 16 ème siècle entre les Trinh au Nord (capitale Hanoi), et les Nguyen au sud (capitale Hué). Pendant plusieurs décennies, de 1627 à 1672, les combats se déroulèrent entre le Nord et le Sud. Au nord cohabitèrent les LE et les TRINH dans la capitale, Hanoi. Peu à peu, ils conquirent le Sud. Saigon tomba en 1696. En 1765 la domination effective des Nguyen s'étendit sur toute la Cochinchine. Avec les premiers comptoirs de commerçants fondés par les Européens au16 ème siècle, les missionnaires portugais arrivèrent et furent vite remplacés par les missionnaires français, grâce à l'action du père jésuite Alexandre de Rhodes. C'est à lui que revient la paternité du "Quoc-ngu" la transcription en caractères romains des caractères chinois, qui est devenue l'écriture nationale à l'époque moderne au début du siècle. Il n'est pas le seul à y avoir travaillé. Il s'est servi d'un travail commencé par d'autres jésuites. Ce qui revient en propre au Père Alexandre de Rhodes, c'est d'avoir inventé le système compliqué d'accents qui permettent de découvrir à la lecture la manière de prononcer le vietnamien dont les nuances sont très subtiles. Les premiers missionnaires envoyés au Vietnam furent en 1664 le père Chevreul en Annam, et le Père Deydier au Tonkin en 1666. Le premier missionnaire franc-comtois fut le père Thiébaut envoyé au Tonkin en 1765. En 1773, les frères Nguyen, originaires de Tay-Son, prirent la tête d'une révolte populaire contre le régent, et arrivèrent jusqu'à Saigon où ils tuèrent le roi Hue Vong. Son jeune neveu Nguyen Anh, âgé de 15 ans, échappa à la mort et se sauva, puis, à la tête d'une armée, reprit du terrain dans le Sud et lutta contre les Tay Son. Il rencontra un missionnaire Mgr Pigneau de Béhaine qui fut nommé vicaire apostolique de la Cochinchine en 1774 et devint son ami. En 1784, Nguyen Anh, sur les conseils d~ Mgr Pigneau de Behaine, s'adressa à la France. En attendant d'avoir 21

de l'aide, il s'exila près du roi du Siam. Pendant ce temps, les trois frères de Tay Son se partagèrent le pouvoir: l'aîné eut l'Annam, le deuxième la Cochinchine et le troisième le Tonkin. L'empereur de Chine accepta le tribut des Tay Son, et Nguyen Van Hue devint roi d'Annam Le 28Novembre 1789 fut signé à Versailles un traité d'alliance entre la France et le roi Nguyen Anh pour l'aider à reconquérir son territoire. Des soldats seront envoyés, les Français jouiront d'une liberté de commerce et ouvriront le port de Tourane. Par suite de déboires dûs à l'administration française, c'est Mgr Pigneau de Behaine qui engagea des hommes en Inde pour soutenir le roi, qui prit l'offensive en 1792, et en 1799, il occupa Qui Nhon la principale citadelle des Tay Son. Puis en 1801, ce fut au tour de Hué, en 1802 il arriva à Hanoi et se proclama empereur sous le titre de GIA LONG. L'empereur Gia Long travailla à rétablir la paix, à reconstruire son royaume et renoua avec la Chine. L'Europe lui avait fourni les armes, la Chine fournira le modèle administratif. Il respecta la division du pays en 3 régions Bac Ky (pays du Nord) : Tonkin Nam Ky (pays du sud) : Cochinchine - Trung Ky (pays du centre) : Annam. Il mourut le 3 février 1820. Ses successeurs Minh Mang (1820-1840) Thieu Try (1841-1848) TU DUC (1848-1883) pratiquèrent le contraire de sa politique et persécutèrent les chrétiens. C'est dans cette période que furent martyrisés les missionnaires franc-comtois: le père Isidore Gagelin originaire de Montperreux (mort étranglé en 1833 à trente-quatre ans à Hué), le père Joseph Marchand originaire de Passavant, soumis au supplice des 100 plaies, (mort en 1835 à Hué à l'âge de trente-deux ans) et le père Pierre François Néron originaire de Bornay dans le Jura (mort décapité en 1861 à Son Tay à trente et un ans), Mgr Etienne Cuenot du Bélieu (mort en 1861 en cage, la vei lie de sa décapitation à Binh Dinh à cinquante-neuf ans). L'intervention française se fit le 17 février 1859 par la prise de Saigon avec le contre-amiral Rigault de Genouilly. En février 1860 l'amiral Charner occupa la Cochinchine. L'empereur Tu Duc envoya le 5 juillet 1862 des émissaires pour signer la paix. Les conditions furent très dures: elles établirent la liberté du

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culte catholique suite aux persécutions, l'ouverture du commerce et la cession à la France de la moitié de la Cochinchine. En 1867, la France annexe le reste de la Cochinchine; elle établit un protectorat sur l'Annam le 25 août 1883 et sur le Tonkin le 6 juin 1884, avec des résidents français qui prennent en main l''administration. Le traité de Tien Tsin du 9 juin 1885 reconnaît définitivement le protectorat français sur l'Annam et le Tonkin. «C'est un géographe français, M Malte-Brun, qui aforgé le mot Indo-Chine pour désigner la presqu'île qui sépare le golfe du Tonkin du golfe du Siaffl de part et d'autre de la chaîne annan1itique dont le versant oriental est de civilisation chinoise, et le versant occidental de civilisation indienne». (André Masson) L'Union Indochinoise fut constituée administrativement en 1887. Peu à. peu, les gouverneurs généraux substituèrent l'administration française à l'autorité du souverain et des mandarins. Un vaste programme de modernisation fut entrepris: creusement de canaux, équipement des ports, travaux d'urbanisme et création d'un chemin de fer. Par la suite, à cause d'événements extérieurs en Asie, l'opinion désira prendre une part plus grande, plus active aux affaires du pays. L'opposition de l'administration coloniale française fit perdre le bénéfice moral des progrès réalisés grâce aux ingénieurs, aux médecins, aux professeurs et aux missionnaires. La France manqua plusieurs fois l'occasion de s'attacher la sympathie des élites. Néanmoins, notre pays contribua à la réalisation d'un essor économique extraordinaire par la mise en valeur des deux deltas, du Fleuve Rouge au nord et du Mékong au sud, pour la culture du riz. Des forêts furent transformées en plantations surtout pour la culture de l'hévéa. L'évolution sociale se fit par la création de l'Institut Pasteur, qui, par les campagnes médicales, diminua la mortalité. L'évolution intellectuelle se réalisa par la création d'écoles et d'universités. On peut conclure avec M. André Masson «que la diffusion de la culture française au Vietnam au

.xx ème siècle est un phénomène aussi remarquable que la sinisation du pays dans le passé. La France n 'a pas apporté
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seulenlent un outillage économique, elle a transmis son propre équipelnent intellectuel avec les subtilités de sa langue, les nuances de sa pensée et le trésor vivant de ses livres ». La deuxième guerre mondiale bouleversa toute la région. En juin 1940, le général Catroux dut se soumettre à l'ultimatum des Japonais dont les troupes occupèrent tout d'abord les régions frontalières avec la Chine, avant d'aller plus loin. Son successeur, l'amiral Decoux, fit ce qu'il put pour limiter les dégâts jusqu'au 9mars 1945. Les rouages de l'administration française continuèrent à fonctionner. Le 9 mars 1945 c'est le coup de force japonais. Toute l'armée française fut désarmée sauf quelques milliers d'hommes qui réussirent à s'enfuir en Chine. Les fonctionnaires furent arrêtés et toute résistance fut punie par la prison et la torture. La capitulation japonaise du 15 août 1945 mit fin aux souffrances de ces hommes. Entre temps, le 10 mars 1945, les Japonais avaient proclamé l'indépendance du Vietnam. Le 25 août 1945 l'empereur Dao Dai décida d'abdiquer. Le 29 août on annonça la constitution de la République Démocratique du Vietnam. Après la reddition des Japonais, le Général de Gaulle décida de rétabl ir la souveraineté française dans les territoires de l'Union Indochinoise. C'est l'amiral Thierry d'Argenlieu qui en reçut la mission. En attendant l'arrivée des troupes françaises, la Chine fut chargée de désarmer les Japonais au Nord, et au Sud ce fut réservé aux Gurkhas de l'armée des Indes. Les premières troupes françaises arrivèrent en grand nombre à partir du mois de Novembre avec le débarquement de la 2 éme DB et de la 9 ème DIC comprenant de nombreux Francs-Comtois en provenance d'Allemagne. Le 2 mars 1946 l'assemblée nationale de la République Démocratique du Vietnam nomma Ho Chi Minh président de la ~épublique. Et le 6 mars il signa les accords avec M. Sainteny, Commissaire de la République française, selon lesquels la France reconnaissait la république du Vietnam. Le gouvernement du Vietnam se déclara prêt à accueillir amicalement l'armée française pour la relève de l'armée chinoise au Tonkin. Pendant plusieurs mois se déroulèrent des négociations à Dalat et à 24

Fontainebleau entre la France et les Vietnamiens dont les points de vue étaient divergents concernant la question des trois Ky: (Tonkin - Annam - Cochinchine). En fait c'était de la réunification du Vietnam qu'il s'agissait. Ho Chi Minh a été reçu avec les honneurs réservés aux chefs d'Etat en France pour signer un "modus vivendi" le 15 septembre 1946. Par suite de mésententes, le 19 Décembre 1946 les troupes vietnamiennes attaquèrent Hanoi par surprise, la nuit, ainsi que d'autres villes du Tonkin et de l'Annam. Le 21, Ho Chi Minh lança un appel à la guéri lia: c'était le début de la guerre d'Indochine qui devait se terminer pour la France avec la défaite de Dien Bien Phu en 1954 et par la suite, pour les Américains, le 30 avril 1975, par la chute de Saigon. Après l'échec des relations avec Ho Chi Minh, la France se retourna vers l'ancien empereur Bao Dai, et des accords confirmèrent l'indépendance du Vietnam au sein de l'Union Française, les 5 juin 1948 et le 8 mars 1949. Le 21 mai 1949 l'Assemblée Nationale française vota le rattachement de la Cochinchine au Vietnam, revendication ancestrale des Vietnamiens. De nombreux combats eurent lieu et, en 1951, le Général De Lattre de Tassigny arrivait au Vietnam pour redresser la situation. Mais en France l'opinion publique se montra de plus en plus hostile à cette guerre lointaine qu'elle ne comprenait pas. A la fin de 1953,le nouveau commandant e,n chef voulut fermer l'entrée du Laos, pour protéger Louang Prabang, en verrouillant son accès, c'est pourquoi il parachuta des troupes dans la cuvette de Dien Bien Phu, malgré les objections de plusieurs officiers généraux soulignant que ce serait un "gouffre à bataillons sans rayonnement d' envergure possible". Le 7 mai 1954, malgré l'héroïsme des troupes, Dien Bien Phu tomba aux mains des Vietminh du général Giap. Il y eut 1500 tués, 4 000 blessés et 10 000 prisonniers. Quelques semaines après la chute, le 21 juillet 1954 furent signés les accords de Genève partageant le Vietnam en deux au 17 ème parallèle, et fixant des élections générales pour 1956 : élections qui n'eurent jamais lieu. Cette partition déclenchera l'exode de milliers de catholiques 25

du Nord qui, abandonnant tous leurs biens, se réfugièrent dans le Sud. Peu à peu, les Américains vinrent au Sud conseiller le président Diem, et iI,ss'engagèrent dans la guerre. Les premiers techniciens furent suivis des G.I. qui arrivèrent en grand nombre pour culminer en 1968 à 544 000 hommes. Après le retrait américain sous la pression de l'opinion publique, l'armée du Sud ne put faire face aux offensives du Nord Vietnam et Saigon tomba le 30 avri11975.Le Vietnam était enfin réunifié, mais sous le régime communiste, ce qui au bout de quelques mois provoqua des départs en masse. Cet exode devait durer des années.

LE CAMBODGE
Le Cambodge au temps de son apogée s'étendait de la mer de Chine au fleuve Ménam en Thaïlande. De nos jours il est entouré de la Thaïlande à l'ouest, du Laos au nord, et du Vietnam à l'est. Sa superficie est de 182 000 Km2. Ce pays a une grande histoire, mais par suite des guerres successives, il reste peu de documents, sinon les écrits sur les divers monuments d'Angkor et les récits des commerçants et des diplomates chinois. Le peuple khmer est le plus ancien occupant du territoire actuel. Les Khmers de la préhistoire pratiquaient la dévotion aux ancêtres et adoraient les génies du sol et des eaux, le serpent Nâga sera le génie tutélaire du pays. Indianisation C'est au 1er siècle de notre ère que commença l'indianisation. C'est un aventurier du clan brahmanique Kaundinya, originaire de l'Inde du nord, qui arriva dans le pays, où il épousa la fille du roi des Naga : Soma. C'est lui qui apporta la langue sanskrite, qui devint la langue des proches du pouvoir et des lettrés. Le pays se dota d'une écriture proche du sanscrit, des lois de l'Inde et de la conception hindouiste de la royauté. 26

Ses successeur~ s'appelèrent "les rois de la montagne." Ils identifièrent leur résidence avec la montagne cosmique le "Mérou" par où le ciel communique avec la terre. Les Chinois baptisèrent ce royaume FOU NAN (royaume de la montagne ). Il faut souligner que les rois khmers portaient trois noms: un nom de naissance, un nom de règne, et après la mort, un nom d'apothéose. L'un d'eux ajouta à son nom de règne: Varman (protecteur). C'est important car on retrouve cette épithète dans tous les noms des rois khmers, y compris Norodom Sihanouk roi actuel du Cambodge. Les rois du Fou Nan régnèrent du 1 er au 7 ème siècle. Une seconde indianisation commença au 4 ème siècle. Un brahmane du même clan que le premier vint au Canlbodge et prit le nom de KaudinyaVarman. Il organisa le pays et fit venir de nombreux brahmanes de l'Inde. Il établit des relations avec la Chine. Ces relations furent maintenues avec ses successeurs. Ce sont eux qui habillèrent le peuple avec des "sampots" (pièce d'étoffe servant à I 'habillement). La religion de la cour était le brahmanisme tandis que le bouddhisme Grand Véhicule (Mahayana) et l'animisme étaient la religion du peuple. Le roi Jaya Varman 1er en 635 devint persécuteur du bouddhisme. Le Cambodge, qui jusque-là vivait unifié, fut déséquilibré par les guerres civiles. Il y eut au nord le Cambodge de terre, le TCHENLA, qui comprend le moyen et le bas Laos actuel, et au sud le Cambodge de l'eau le FOU NAN qui allait des "chutes de Khon à la mer. Le grand roi Jaya Varman II (802-850) posa les bases de l'empire d'Angkor et établit le culte du Dieu Roi grâce à un brahmane appelé à la cour. Jaya Varman III (854-877) établit la paix dans son royaume. Indra Varman I (877-889), lointain cousin, lui succéda. Le royaume d'Angkor C'est le fils d'Indra Varman, YaçoVarman I er (889-900) qui fonda la ville de Y,acodharapura, devenue ensuite sa capitale. Ce fut le premier Angkor (qui veut dire la grande ville). Il fit creuser des bassins (des Baray) pour assurer l'irrigation régulière des rizières qui permit ainsi de faire plusieurs récoltes de riz par 27

an. En construisant cette capitale, les rois voulaient reproduire sur terre le monde divin: au centre s'élève la montagne sacrée, avec trois ou cinq sommets, symboles du mont Mérou, séjour des dieux. En même temps que bâtisseur, il fut un grand guerrier, il battit les pirates qui venaient ravager les côtes depuis l'Indonésie et étendit ainsi le royaume des côtes de la Cochinchine à la Birmanie. Plusieurs rois lui succédèrent, qui embellirent la ville d'Angkor et en même temps luttèrent contre le Champa. En l'an 1001, se déclencha une guerre civile, Surya Varman I er (10021050) fonda une nouvelle dynastie et s'attacha au bouddhisme du Grand Véhicule, il commença la construction du deuxième Angkor. Cette deuxième ville d'Angkor fut achevée par son fils aîné, ainsi que la construction d'un nouveau baray (bassin). Simultanément, comme du temps de ses prédécesseurs, la guerre continua contre le Champa. Une nouvelle dynastie arriva au pouvoir et Surya Varman II (le soleil protecteur) fut un roi conquérant, un bon administrateur et fervent religieux. A la suite des nombreuses guerres que le Champa entreprit contre les Khmers et contre les Vietnamiens, ce pays disparut avalé par le Vietnam. C'est en 1181 qu'arriva Jaya Varman VII (le victorieux 1181-1219). C'est sous son règne que le Cambodge atteint sa plus grande superficie: du Laos à la Malaisie et de la Birmanie à l'Annam, jusqu'aux côtes de la mer de Chine. Ce fut un roi profondément religieux qui adhéra au Bouddhisme Théravâda (appelé aussi Petit Véhicule - bouddhisme des anciens Cinghalais). Sa silhouette fut reproduite sur le Bayon (Temple khmer d'Angkor Tom). C'est lui que l'on appela le roi Lépreux. Il fit construire de nombreux hôpitaux car il avait probablement la lèpre. C'est à lui qu'est adressée l'inscription d'une stèle (<Il souffrait des maladies de ses sujets plus que des siennes, car c'est la douleur publique qui fait la douleur des rois, et non leur propre douleur». Il fonda le 3 ème Angkor qui rappellera le plan de l'univers avec au centre le Bayon avec ses tours à visages, et les quatre avenues aboutissant à des portes monumentales aux quatre points cardinaux. A sa mort, s<)n 28

successeur Jaya Varman VIII (1243-1295) se déchaîna contre le bouddhisme, mais le peuple et beaucoup de grands responsables en avaient assez de la guerre, aspiraient à la paix et à plus de douceur qu'ils avaient trouvé dans le bouddhisme au lieu de l'hindouisme guerrier. Il lutta contre les Thais qui commençaient à descendre de Chine et qui s'infiltraient par le nord. Indra Varman III (1295-1308) apporta l'écriture pali des bouddhistes au lieu du sanskrit des brahmanes. Au 14 ème siècle une révolution amena au pouvoir Chéy (1336-1340) qui était le chef des jardiniers royaux: il tua le roi et prit sa place. La monarchie actuelle descend de ce nouveau roi. Cette nouvelle monarchie sera proche du peuple et plus démocratique que théocratique. La monarchie perdra son caractère sacré, les rois ne seront plus les intermédiaires entre les hommes et le ciel. Le bouddhisme Théravâda (Petit Véhicule) devint le culte officiel et le restera jusqu'à nos jours, il modèlera l'âme khmère et les structures sociales du pays. Le culte du dieu roi fut par là même aboli. Tout ce bouleversement aura des conséquences économiques graves. La politique hydraulique des anciens rois s'effondra et la production du riz tomba à une seule récolte par an au lieu des trois auparavant puisqu'il n'y avait plus de bassin pour réguler l'irrigation des rizières. C'est la fin de la civilisation angkorienne. En 1351 le roi siamois de Sukhotaï envoya un corps expéditionnaire à Angkor. Le siège de la ville dura une année avant qu'elle ne fût prise. Cette occupation s~ prolongea jusqu'en 1357. An, un frère de l'ancien roi Lampong, reprit Angkor en 1357 à la tête d'une armée khmère et rétablit le royaume khmer. Par la suite, les combats et les invasions siamoises alternèrent. Le roi Scryopor (1432-1467), décida de quitter Angkor. La cour royale s'installa en 1434 à Phnom Penh, noeud fluvial important à cause des quatre bras formés par le Mékong. En 1520, de nouveau, les Siamois attaquèrent et furent défaits près d'un village qui s'appellera Siem Reap (écrasement des Siamois). Le nouveau roi Ang Chan construisit une nouvelle capitale à Lovek en 1539. C'est à Lovek que le roi Ang Chan en 1555 vit arriver un étranger: un dominicain portugais Gaspar da

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Cruz. 11reçut un bon accueil de la part du roi. Parla suite, d'autres religieux arrivèrent au Cambodge. En 1594, ce fut la prise de Lovek parles Siamois. De nombreux combats opposèrent les Khmers aux Siamois pendant toutes ~es années. Le nouveau roi établit sa nouve]Je capitale à 30 kilomètres des "quatre bras" (endroit où le Mékong se divise en quatre branches). C'est là que se trouve la ville de Phnom Penh. Depuis l'arrivée des étrangers, les rois cherchèrent leur appui, qu'ils soient Portugais ou Espagnols, pendant tout le 17 ème siècle. Ceux-ci s'intégrèrent très bien à cette société, adoptant même les coutumes et les costumes locaux, mais ils restèrent catholiques. Ce sont ces émigrants qui sont à l'origine de la chrétienté cambodgienne. Après de nombreuses années pour contrebalancer le pouvoir siamois, le roi Chey Chettha qui avait épousé une princesse vietnamienne, chercha appui à la cour de Hué. C'est à cette époque, qu'avec l'autorisation de Chey Chettha, les Vietnamiens fondèrent des établissements commerciaux dans le Sud, en Cochinchine, et ainsi à sa mort, colonisèrent la région. Peu à peu, l'autorité des rois diminua à la suite des révoltes, et les Vietnamiens en profitèrent pour avancer. Les Khmers établirent leur nouvelle capitale à Oudong. Période de troubles - réduction du Cambodge Une période trouble et instable s'établit au Cambodge. Il y eut même vers 1720 jusqu'à quatre rois intrigant et complotant les uns contre les autres, faisant appel soit aux Siamois, soit aux Vietnamiens. C'est ainsi que les Khmers perdirent la Cochinchine. De 1706 à 1845, le territoire du Cambodge ne cessera de se rétrécir comme une peau de chagrin. Depuis 1474, les Siamois considéraient le Cambodge comme un état vassal, si bien qu'ils annexèrent les provinces occidentales, pendant que les Vietnamiens annexèrent les provinces orientales. Les deux peuples régnèrent en maîtres au Cambodge, ce pays basculant dans l'un ou l'autre camp. En 1845 la population du Cambodge se souleva :ontre les Vietnamiens et pour y arriver, demanda secours aux Siamois. Ceux-ci occupèrent Oudong tandis que les Vietnamiens étaient 30

retranchés à Phnom Penh, ces deux villes étant distantes de quelques dizaines de kilomètres. En 1845 des pourparlers de paix s'engagèrent. Le Siam conserva les provinces occidentales et les Vietnamiens gardèrent la Cochinchine, dont les noms des villes khmères seront remplacés par des noms annamites. Ang Duong (1845-1859), persuadé qu'après sa mort le Cambodge n'existerait plus, chercha à obtenir ]'intervention française et ce fut Mgr Miche, vicaire apostolique au Cambodge, qui fut chargé des tractations auprès de Napoléon III. En 1855 un traité d'alliance et de commerce fut établi entre la France et le Cambodge. L'intervention française se fit attendre, malgré les lettres de sympathie envoyées par Napoléon, III. Pendant ce temps-là, Ang Duong entreprit de restaurer le royaume, de construire des routes, d'attirer des commerçants chinois et indiens, rétablit la monnaie et les impôts, encouragea l'instruction publique en demandant aux bonzes de créer des écoles et des pagodes. Le protectorat français

Son fils ainé Ang Voddey lui succéda en prenant le nom de Norodom. Le Il août 1863, Norodom plaça son royaume sous la protection de la France. Phnom Penh devint la capitale. Le roi Norodom (1859-1904) fut le pionnier de la renaissance nationale. Il poursuivit la réforme de l'administration provinciale commencée par son père. Il abolit l'esclavage. Des révoltes provoquées par des erreurs françaises amenèrent la France à
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modifier ce protectorat en mettant un conseiller appelé "résident
supérieur" auprès du roi, et à rétablir un gouvernement avec des ministres cambodgiens. Sous le règne de son frère Sisowath (1904-1927), des traités furent conclus en 1904 et 1907 avec le Siam qui restitua les provinces occidentales au Cambodge. Le roi Monivong (1927-1941), fils du roi Sisowath, gouverna en modernisant le pays et remit en honneur les danses traditionnelles. A sa mort, la France choisit Norodom Sihanouk pour lui succéder. Il proclama l'indépendance du Cambodge le 29 août 1953 et s'appela Norodom Sihanouk Varman, reprenant 31

ainsi le titre des rois d'Angkor. Il abdiqua le 2 mars son père Suramarit qui fut déclaré souverain (1955-1960). mort, Sihanouk devint le chef de l'Etat. Il fut renversé le 18mars 1970 par l'Assemblée nationale qui donna les pleins pouvoirs au général Lon Nol qui proclama la République. Le Cambodge se trouve alors entraîné dans la guerre américaine au Vietnam et les Khmers rouges profitèrent de la situation pour se renforcer. Cela se termine par la prise de Phnom Penh le 17 avril 1975 et l'instauration du Kampuchea Démocratique dirigé par les Khmers rouges. Ceux-ci furent renversés par l'invasion vietnamienne du 25 décembre 1978 et l'instauration de la ~épublique Populaire du Kampuchea. En juin 1991, les accords de Paris annoncèrent le retour à la paix et des élections générales libres sous l'égide de l'ONU. Les élections furent gagnées par les royalistes, mais contestées par les communistes pro-vietnamiens qui brandirent la menace d'une sécession des provinces orientales. L'ONU a cédé, une formule fut trouvée pour maintenir l'unité du pays: un gouvernement bicéphale avec deux premiers ministres: le prince Ranarith et Hun Sen. LE LAOS Les plus anciens occupants du Laos sont des protoIndochinois ou Lao Theung, on les appelle aussi les Khas (esclaves). Ils habitaient les plaines et les versants des montagnes entre 300 et 1000 mètres d'altitude. Ils cultivaient le riz et vivaient en éconolllie fermée. Leur langue est de la famille linguistique Môm Khmer. Au sud du Laos, il y eut les Chams qui furent évincés par les Khmers, ces derniers occupèrent la Thaïlande jusqu'au centre du Laos. Le mot LAOS viendrait du mot Lao Lan Xang (million d'éléphants) et le mot Laos parut sur les cartes européennes dès le 18 ème siècle. Le cloisonnement géographique provient des trois bassins navigables du Mékong: Bassin de Prabang Bassin de Vientiane - Savannakhet Bassin du Bassac (Champassak) 32

Ces bassins correspondent à des plaines rizicoles. Les Syâm (Siamois-Thaïlandais) constituèrent la branche occidentale des Thaï. Les Laos sont mentionnés seulement au 8 ème siècle. Les Vietnamiens les appelaient Ai Lao (Ngai-Lao chinois) qui étaient les premiers Lao de la branche orientale des Taïs. Ils fondèrent le Lan-Na (million de rizières). Les Laos du Lan Xang (million d'éléphants) eurent pour capitale Luang Prabang. Les premiers r~is portèrent le titre de Thao (prince) puis celui de Panya (celui qui soutient). L'un d'eux Fa-Ngum (ciel couvrant), marié avec une princesse khmère depuis son exil au Cambodge, reconquit le Laos à la tête d'une armée khmère. Il devint un héros national et on lui attribua l'unification du Laos. Il devint roi de Luang Prabang en 1353, c'est lui qui donna le nom deLan Xang, royaume du "million d'éléphants" au pays. Ce fut le premier Etat lao unifié. Il proclama le bouddhisme Theravada religion d'Etat et fut un grand roi, qui réforma les lettres et les arts. Il fit venir dans la capitale une statue de Bouddha, le Pra Bang (le saint aux épaules couvertes) et donna son nom à la capitale Luang signifiant "grand". A la fin de son règne, il fut déposé par ses ministres en 1373 et mourut en exil en 1374. Son fils San Sen Tai (Le chef des trois cent mille Thaïs) régna de 1373 à 1415, il fut un habile politique en épousant la fille du roi d'Ayathya et celle de Xieng Mai. De 1520 à 1547, le roi Phothisarath (roi Bouddha futur) favorisa le bouddhisme. Son fils prendra le nom de Sethathirat (le meilleur roi des rois) et régna de 1559 à 1571. C'est lui qui établira sa capitale à Vientiane où il construisit le Vat Pra Keo et le That Louang; à sa mort, en 1571, il s'ensuivit une période trouble. Souligna Vongsa, couronné en 1654, réussit à rétablir la paix intérieure et extérieure durant 40 ans, jusqu'en 1694. A sa mort surviennent des querelles de succession. Le pays se divise en trois royaulnes issus de plusieurs branches de la famille royale: le royaume de Luang Prabang au nord, celui de Vientiane au centre, et celui du Champassak au sud. En 1700 un neveu exilé à Hué reprit le pouvoir à Vientiane et Luang Prabang, à la tête d'une armée vietnamienne, contre des 33

cousins qui avaient usurpé le pouvoir. Il s'ensuivit de nouveau une période trouble où les coups d'Etat se succédèrent. On y retrouve la toute-puissance siamoise qui lutta au Laos aussi bien qu'au Cambodge à la fin du 18 ème siècle et au début du 19 ème. Les Vietnamiens, de leur côté, par suite du surpeuplement de leur pays sur un petit territoire, s'étendirent sur une partie du Laos. Les causes de cette décadence du Laos sont dues à la dispersion des trois bassins rizicoles, au nombre insuffisant d'hommes capables de défendre le pays, ainsi qu'à la multiplicité des ethnies sur le sol Lao. Selon Paul Lévy « l'idée de nation lao, qui date de la dernière guerre mondiale, n'est que la résultante du protectorat colonial français ». En 1753, le royaume de Luang Prabang est envahi et pillé par les Birmans. En 1778, les Siamois prennent Vientiane, emportent la statue de Bouddha, le Pra Kéo, à Bangkok, vassalisent le royaume. Le roi Cao Ann (1805-1828) redonne un peu de prestige à Vientiane avec la construction du monastère Vat Sisakhet. Croyant en sa force, il attaqua les Siamois, qui' le battirent et mirent à sac la ville de Vientiane. Le roi Ann s'enfuit à Hué en 1828 et revint conquérir Vientiane. Battu, il fut livré aux Siamois en 1831 et mourut captif à Bangkok en 1835. Les Siamois et les Vietnamiens se partagèrent Je Laos, sauf le royaume de Luang Prabang dont le roi prudemment était resté à l'écart des conflits.
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L'intervention

française:

Au milieu du XIX ème siècle, avec Napoléon III, se produit J'intervention française en Indochine. En 1859 Ja France intervint au Vietnam, et en 1863 établit un protectorat au Cambodge. En 1869, Un Kam devint roi de Luang Prabang. Les Français intervinrent au Laos pour protéger la frontière vietnamienne et lutter contre les Ho (bandits et pirates appelés Pavillons noirs). Dans le sud, les Kha en profitèrent pour se révolter contre le roi Un Kam. La France demanda à Bangkok la création d'un viceconsulat français à Luang Prabang et ce poste fut confié à Auguste Pavie en 1887: Pavie avait foi en sa mission dans l'oeuvre coloniale et civilisatrice de la France. Le 10juin, la ville fut occupée et pillée par les Pavillons noirs. Le roi Un-Kam fut 34

sauvé par Pavie, qui l'emmena. Le roi demanda alors la protection de la France pour son pays. A la suite de nombreux incidents, l'armée française occupa la rive gauche du Mékong et, après une démonstration navale devant Bangkok, interviendra le Traité franco-siamois le 3 octobre 1893. Par ce traité, le Siam renonçait à toute prétention sur l'ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et fut décidée la création d'une zone démilitarisée de 25 kilomètres de large sur la rive droite du fleuve, où la France pouvait établir des comptoirs commerciaux. Ignorant la situation exacte de la présence lao dans cette région, la France abandonna la majeure partie du territoire occupé par les Laos: le plateau de Korat en Thaïlande. Ce qui aboutit à ce paradoxe, qu'aujourd'hui, il y a environ deux millions de Laos au Laos et vingt millions de Laos en Thaïlande. Par la suite, d'autres traités furent signés qui agrandirent le territoire laotien situé sur la rive droite du Mékong dans la région de Sayabouri au nord, et au sud dans la région du Champassak. Au moment du traité de paix, il y avait pratiquement trois royaumes au Laos. Paul Doumer au début de ce siècle inclut ce protectorat dans l'Union indochinoise, le gouvernement français fera assister les fonctionnaires laos par des fonctionnaires français qui furent d'abord des militaires puis des civils qu'on appellera "résidents" . Dans le royaume de Luang Prabang, Je roi conservera son droit de légiférer et de régler par voie d'ordonnance les affaires intérieures du royaume. A côté du roi, il y avait un commissaire du gouvernement français. Une des particularités de ce protectorat fut l'arrivée d'une main-d'oeuvre vietnamienne afin de remédier au peuplement insuffisant de la région; c'est ainsi que se créèrent de nombreuses colonies vietnamiennes un peu partout dans le pays. Le protectorat français mit en valeur l'exploitation des mines, les forêts, et favorisera J'enrichissement du commerce ainsi que la création d'écoles et d'hôpitaux. Avec les ethnies autres que celle des Laos, il y eut des rebellions, notamment celle des Kha (1901-1910) ayant pour 35

chef Ong Keo qui fut le précurseur de la révolution populaire dans le plateau des Boloven au sud. Par la suite, en 1919-1921, réveil des Hmong au nord Laos, en particulier à Xieng Kbouang et Phong Saly, ceci à cause de nombreuses injustices envers cette population. Entre temps il y eut des mouvements anti-français à Savannakhet, à Luang Prabang et Vientiane. La France réagit violemment pour neutraliser toutes ces forces opposantes. En résumé, on peut dire que le protectorat français aura eu un résultat positif, préservant l'essentiel du territoire laotien contre les ambitions vietnamiennes et siamoises. Vers l'indépendance En 1904, arriva au pouvoir le fils du roi Sakkarin, le jeune roi Si Savang Vong (1904-1959). C'est sous son règne que s'amorcera l'indépendance du Laos. Tout d'abord, le Japon qui était entré en guerre par suite de notre défaite militaire en France, exigea de notre part la. cession à la Thaïlande de différents territoires du Cambodge et du Laos. Au cours de la période de guerre et de la présence japonaise en Indochine, la France redoubla ses activités culturelles au Laos par la création d'écoles et d'une association culturelle à Vientiane. Peu à peu, ces jeunes découvriront le patriotisme, ce qui préparera l'indépendance. Un certain nombre de ceux-ci rejoindront la résistance appelée Pathet Lao (la patrie lao). Le 9 mars 1945, les occupants japonais mettront fin au pouvoir colonial français en Indochine: au Laos, au Vietnam et au Cambodge, ils emprisonnèrent les militaires et les civils français et firent proclamer par le roi l'indépendance du pays. Ce sont les Japonais qui dirigeront le pays jusqu'à leur capitulation, avec le prince Chao Phetsarat consacré premier ministre du gouvernement "Lao Issara" (Lao libre) le 28 mars 1945 à Vientiane. Ce mouvement avait été créé pour lutter contre les invasions étrangères. La capitulation japonaise du 15 août 1945 fit revenir en force le prestige de la France qui fut aidée par les Anglais déjà sur place en Birmanie. Chao Phetsarat déclara le 1er et le 15 septembre 1945 l'indépendance. L'armée française obligea le roi à démettre son premier ministre. Deux jours plus tard, Vientiane 36

riposta en proclamant un nouveau gouvernement du Lao Issara (Lao libre). Les Français ripostèrent par la suite en envoyant une armée pour reprendre Luang Prabang. Le gouvernement Lao Issara s'exilera en Thaïlande. Les dirigeants du Lao Issara se divisèrent: les uns avec Chao Souvannaphouma virent dans la France un soutien, les autres comme Chao Souphanouvong optèrent pour la résistance et le Vietminh. Le 13 août 1950, ils éliront un gouvernement en exil présidé par Chao Souphanouvong avec Chao Phetsarat pour chef d'Etat Ils prirent le nom de Front National Uni du Laos (Neo Lao Issara) groupant nationalistes et communistes décidés à libérer le Laos des Français: Pathet Lao (Etat Lao) c'est ainsi que ce nom restera synonyme de mouvement de résistance. Le 23 octobre 1953, par un traité d'Amitié et d'Association franco-lao, la France s'engageait à aider le Laos à lutter contr~ le Vietminh. La chute de Dien Bien Phu aboutit aux accords de Genève le 20 juillet 1954. Le 14 décembre 1954, le Laos est admis à l'ONU et Chao Souvannaphouma revient au pouvoir en 1956. Il engage des négociations avec son frère, dirigeant du Pathet Lao, qui aboutissent à l'entrée dans le gouvernement de membres du Pathet Lao, et des élections sont prévues pour le

4 mai 1958.

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A partir de ce moment-là, ce sont les Américains qui, à la suite de leur engagement dans la guerre au Vietnam, vont influer sur la politique du Laos en voulant protéger leurs arrières, et lutter contre les infiltrations du Nord Vietnam vers le sud par la piste Ho chi Minh qui passait par le Laos. Ils bombardèrent tout le Laos, en particulier la plaine des Jarres, et toute la région est du pays. La guerre civile se généralisa à travers tout le pays. En 1962 création d'un gouvernement de coalition comprenant le Pathet Lao (Lao Issara) - les centristes (neutralistes) et le parti de droite qui était à Vientiane. Cette coalition échouera dix ans plus tard. Le 23 juillet 1962, les accords de Genève préconisèrent la neutralité et la coexistence pacifique du Laos, sa non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, et son acceptation d'une aide provenant de tous pays sans préalable politique. De partout les aides affluèrent. C'est en 1970 que les bombardements américains furent les plus violents et meurtriers. 37