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La catastrophe du lac Nyos au Cameroun

De
200 pages
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Ajouté le : 01 janvier 1995
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EAN13 : 9782296309623
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La catastrophe du lac Nyos au Cameroun

OLIVIER. LEENHARDT

LA CATASTROPHE NYOS

DU LAC

AU CAMEROUN 21 Août 1986
Des mœurs scientifiques et sociales

L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

Ouvrage de l'auteur
Le sondage sismique continu, Masson, 1972.

Traductions

de l'anglais

Prospection géophysique de Telford et al en 4 tomes, ERG, de 1981 à 1983. Traité de prospection sismique de Sheriff & Geldart, ERG, 1984. Sismique pour géologues, d'Anstey, ERG, 1986. Photographies: Page 1 de couverture - "Vue du lac vers le Nord, le dôme de grani~ surmonté de basalte et de projections'~ (Photo de l'auteur). Page 4 de couverture
fin de la saison des pluies" (1 er novembre

- "L'auteur estime la largeur d'une marmite
1989

- Photo

à la

P. Ciani).

Les figures de la page 1 de couverture et celles des bouées et les figures 2, 3, 5, 10, et 12 ont été publiées dans le numéro 96 de la revue Géologues organe officiel de l'Union française des géologues.

Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays.

Copyright @ O. Leenhardt, 1995 La Barbannerie, F. 78780 Maurecourt.

ISBN: 2-7384-3690-0

à Marguerite

TABLE DES MATIERES
Table. des figures Introduction

10 13 17 17 19 23 31 35 35 40 44 53 62 67 70

I - Le pays
1 - Que s'est-il passé à Nyos ?

2 - Le pays
3 - La Menchum 4 - Le lac Nyos Il

- La catastrophe
5 - L'alerte 6 - Les faits
7 - Les opérations de secours

8 - La solidarité nationale et l'aide internationale
9 - Premier bilan 10 - Les ré installations

Il - Fallait-il déplacer les sinistrés?

12 - Coût de la catastrophe

et protection civile

77 81 81 87 88 88 89 89 90 92 93 94 94 95 95 96 96 98 107 107 107 108 113 113 114 117 118 120 122 122

III Science sans conscience? 13 - Recherches antérieures: l'affaire du lac Monoun
14 - Les missions scientifiques a - La mission du service des mines de Bamenda b - La mission médicale israélienne c - La mission du ministère des mines d - L'équipe pluridisciplinaire camerounaise e - La mission française f - La mission italienne g - La mission américaine h - La mission suisse i - Les missions japonaises j - La mission britannique k - La mission allemande 1 - La mission de la Saint Sylvestre m - La mission Zogning de janvier-février 1987

-

15 - La conférence de Yaoundé IV - Les recherches
16 - Réalisations françaises a - La Nyossonde b - Les orgues de Nyos

17 - Recherches camerounaises a - Surveillance sismologique b - Projet Campus de magnéto-tellurique c - Inventaire des lacs maar
18 - L'âge du maar 19 - Les recherches en radioactivité 20 - Nouvelles bouées a - Les bouées US

b

- la bouée

japonaise

123 124 131 131 134 134 137 138 139 141 153 153 155 157 159 161

21- Le point cinq ans après v - Conclusions 22 - Un phénomène nouveau 23 - Les arguments en faveur de la thèse volcanique
a - Le problème de l'évent b - Contribution des observations médicales c - Les hallucinations d La température de l'eau après la catastrophe

-

24

- La

question du barrage

25 - Slaloms scientifiques? a - Pratiques morales b - Science et information: l'alerte c - Des diplômes français d - Apport de la coopération française e - Argent et recherche

Annexes Annexe Annexe Annexe Annexe Annexe I - Les sinistrés, répartition dans les villages II - Les aides III - Population des nouveaux villages IV - Problèmes médicaux V - Situation géologique du lac Nyos

164 164 164 165 165 169 175 18'7

Bibliographie Index

Légendes des figures Figure 1 - Le lac Nyos, Figure 2 - Le Cameroun et sa place en Aftique. Figure 3 - La Menchum
Figure 4 - Bathymétrie du lac Nyos selon les mesures de la mission américaine. Figure 5 - Les abords du lac Nyos, d'après la carte

12 16
24

27 30 43 85 97

américaine
Figure 6 - Les chemins du gaz (du rapport Tazieff). Figure 7 - Carte bathymétrique du lac Monoun, Figure 8 - Enregistrement de K. Kelts au lac Monoun. Sondeur de sédiments. Figure 9 - Mécanisme de la catastrophe dans l'hypothèse limnique Figure 10 Schéma des Orgues de Nyos(de la Drm).
Figure 11 - Enregistrement de K. Kelts au lac Nyos.

103 110 136

-

Figure 12 - Coupe du barrage dressée par J. P. Lockwood, avec la position des sondages électriques de la mission

Figure 13 - Plan des marmites, d'après la mission nigerio-camerounaise (1990). Figure 14 - Position et profondeur des marmites, selon Kfunpel (1992).

142 144 146

10

Figure 15 Coupe du barrage et pressions internes, KÜInpe1 (1992).

-

148
Figure 16 - Travaux à faire d'urgence sur l'exutoire, en attendant le dégazage, selon l'auteur. Figure 17 - Coupe stratigraphique de la face nord du lac

150 174

11

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Figure 1 - Le lac Nyos, vu des sommets granitiques de la rive ouest. Le déversoir se trouve en bas au milieu, le sommet à gauche est le dôme de pyroclastiques (Dessin de S. Morin). 12

INTRODUCTION
Fin août 1986, l'opinion s'est émue d'une catastrophe survenue au N-W du Cameroun: près de deux mille morts dans une vallée reculée. Les films qui suivirent, parfois sélectionnés pour en atténuer l'horreur, montraient les ventres ballonnés des boeufs blancs sur l'herbe verte. Avant même d'avoir vu ces images, la communauté internationale se manifestait par la solidarité des états, l'action des organisations humanitaires et les dons des particuliers. Aux envois des premiers secours se joignaient dans les aéroports les missions scientifiques! En effet, tout le monde était pris au dépourvu: presqu'aucune observation antérieure ne permettait de rattacher la catastrophe à un phénomène connu. Comment l'expliquer? Quelles mesures prendre pour éviter qu'elle ne se répète? Aujourd'hui, sur le terrain, les traces du drame sont presqu'effacées mais le doute sur son origine subsiste toujours dans les esprits. Survenue au mois d'août, dans une région reculée d'un pays africain en développement, la catastrophe de Nyos a agi comine un révélateur: au plan national, elle a testé la capacité camerounaise à faire face à l'imprévu et elle a accru sensiblement la conscience nationale, toujours tributaire de particularismes ethniques; au plan international, elle a mis en lumière la bonne volonté des gouvernements et de leurs opinions publiques à aider une population frappée par le malheur, mais aussi, elle a révélé diverses faiblesses de la communauté scientifique, en particulier son incapacité à appréhender rapidement un phénomène nouveau. Engagé moi-même comme coopérant à l'Université de Yaoundé dans la recherche des causes et des remèdes, il m'a 13

semblé que, à côté de ces tâches longues et complexes, il ne serait pas inutile de procéder à une mise au point du dossier Nyos. Cette rédaction a été lente: le dernier élément pris en compte est une réunion de septembre 1992 à Paris. Le voeu de ce petit ouvrage est d'aider chacun à reconnaître sa part de vérité. Qu'il permette de tirer profit d'une expérience nouvelle! Je remercie: mes collègues du département de physique de la Faculté des sciences de Yaoundé, E. Manguellé-Dicoum et T. KwendeBwani, qui ont eu l'idée de recherches originales et m'ont ainsi conduit à ce livre, A. Zogning, chargé de recherches au Centre géographique national de Yaoundé, un des rares Camerounais qui aient publié des observations originales, celui qui connaît le mieux Nyos - il m'a communiqué de nombreuses observations inédites et a bien voulu relire le manuscrit - E. Naah,directeur du Centre de recherches hydrologiques (Crh) de l'Institut de recherches géologiques et minières (Irgm) et son adjoint G. Tanyileke, qui m'ont ouvert leurs bibliothèques; A.-M. Ndongo, alors premier adjoint préfectoral du département de la Menchum : il a suivi de bout en bout les opérations dans leurs volets humains et administratifs - il m'a fait bénéficier d'inestimables renseignements d'ordre administratif; les missions diplomatiques française, israélienne, anglaise et allemande qui m'ont ouvert, assez largement en général, leurs dossiers; les pères Nielen, de Bafmeng, et Ten Hom, de Wum: ils n'ont pas été avares de leur temps pour m'expliquer les finesses ethniques locales et leur rôle dans les travaux de secours et de réintallation des sinistrés; Mr. Dean Yeohman, pilote d'Hélimission, qui m'a fourni des détails originaux sur la découverte de l'étendue du drame; le lieutenant-colonel (cr) R. Vanni, de la bouche duquel j'ai vécu la première semaine de la catastrophe; M. R.-J. Lique, alors de l'Agence France-Presse a bien voulu me fournir le dossier de ses services. M. J. P. Effouba Onana et Mme Claire Belinga m'ont permis de visionner les archives de la Cameroon Radio Télévision (Crtv) et mon collègue A. Beauvilain m'a encouragé à achever ce texte et l'a corrigé avec attention.

14

Ce dossier se termine par une bibliographie assez complète jusqu'à l'été 1992, date de mon départ du Cameroun. Quelques uns des textes cités étant pratiquement introuvables, j'en ai remis des photocopies à la Société géologique de France. Des dossiers originaux complets existent au Centre culturel français de Yaoundé, chez M. A. Zogning, à l'Institut Cartographique National de Yaoundé et chez M. E. Manguellé Dicoum, du Département de physique de la Faculté des sciences de la même ville. Les recherches effectuées sur le terrain ont été en majeure partie financées par le service culturel de la MCAC de Yaoundé que je remercie ici.

15

Seismes

historiques

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o 1 , Cameroun et sa place en Afrique. Figure 2 En cartouche, les cratons anciens, la dorsale médio-atlantique, la ligne de l'Adamaoua, prolongement de la faille transformante de Fatos et la ligne du Cameroun, rejeu d'un accident très ancien (birrimien).
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.

16

Première partie

LE PAYS 1 Que s'est-il passé à Nyos ?
Il s'est rapidement avéré que le lac avait relâché brutalement une grande quantité de gaz carbonique. Celui-ci, une fois et demie plus lourd que l'air, a "coulé" dans les vallées environnantes, asphyxiant les populations et tous les animaux, sans dommage, bien sûr, pour les végétaux. Mais comment? Deux thèses s'affrontent encore, neuf ans après, pour expliquer les causes de la catastrophe; elles sont irréductibles l'une à l'autre. La première est la théorie dite "phréato-magmatique", ou plus simplement volcanique: une nouvelle poussée du magma a vaporisé l'eau de la nappe phréatique, et les gaz (vapeur d'eau qu'on ne retrouvera pas et gaz carbonique) sous pression ont explosé. Le phénomène est imprévisible et, une fois qu'il s'est produit, on ne peut rien faire d'autre que d'attendre son retour. La seconde est la thèse limnique, ou "du renversement du lac". Du gaz carbonique d'origine magmatique sourd lentement du sol et se dissout dans les eaux du lac. Celles-ci peuvent en contenir d'autant plus que la pression, donc la profondeur de l'eau, est grande, jusqu'à environ huit litres de gaz par litre d'eau à 200 m de profondeur. Si, pour une raison quelconque, cette eau profonde est ramenée à une profondeur moindre, le gaz dissous se dégage en bulles qui montent à la surface. Une fois 17

amorcé, le phénomène s'auto-entretient jusqu'à la limite de solubilité du gaz: c'est ce qui se produit quand on décapsule une bouteille de bière. Il est possible de prévenir le retour d'une telle catastrophe en dégazant artificiellement le lac. Mais le problème n'est pas, neuf ans après le drame, de se mettre d'accord sur une des deux théories. Comme le phénomène n'avait guère encore été étudié, on manque de critères pour décider quelle est l'hypothèse valable. Nous verrons que, si les arguments scientifiques s'opposent, comme il est normal, ils ne sont pas absolument seuls en lice: les questions de personnes, de mentalités et de cultures jouent aussi un rôle. Pour ma part, je suis partisan de la thèse volcanique, pour des raisons qui apparaîtront plus bas. Le problème est d'éviter une nouvelle catastrophe que pourrait provoquer, d'une part, la concentration croissante en gaz venant des profondeurs de la Terre et, d'autre part, la fragilité du barrage naturel qui ferme le lac Nyos ! Deux raisons d'être pessimiste! Les débats scientifiques sont loin d'être terminés, malgré la poursuite des travaux sur le terrain. Peut-être le seront-ils avant une nouvelle catastrophe? On peut en douter, étant donné l'acharnement des parties en présence! Faut-il attendre cette extrémité pour présenter le pays, les faits, leur impact sur la société camerounaise et les laboratoires scientifiques, les recherches entreprises et l'étude des causes et des remèdes et risquer quelques conclusions? Un gros effort a été fourni par le monde scientifique dans les premiers mois qui ont suivi la catastrophe; il a été couronné par une conférence tenue à Yaoundé, en mars 1987. Cette conférence devait permettre au gouvernement camerounais de se fixer une ligne de conduite administrative. Devant l'impuissance d'une thèse à triompher de l'autre, les recherches ont repris, pilotées par presqu'autant de pays qu'il en était venu pour les premières études. Les vraies questions sont-elles posées? Le déroulement desdébats scientifiques donne un aperçu sur les pratiques d'un milieu bien humain! Au.. delà de ces réflexions, nous envisagerons les problèmes spécifiques au Cameroun, coût de la catastrophe et protection civile.

18

2 Le pays
Le Cameroun est un des pays moyens de l'Afrique, avec ses 475000 kilomètres carrés et ses quelques douze millions d'habitants, peu en comparaison des immenses Soudan, Algérie ou Zaïre, dont la superficie est de dix ou cinq fois supérieure, peu aussi par rapport au Nigeria et à l'Egypte, dix ou cinq fois plus peuplés. Mais c'est un des pays qui marchaient économiquement le mieux, à l'époque de la catastrophe. Même si la crise frappe là comme ailleurs, il avait su, dès l'indépendance, assurer son auto suffisance alimentaire! Le Cameroun se trouve au creux du Golfe de Guinée, et s'étend vers le NE jusqu'au milieu du continent: c'est un condensé de l'Afrique. Il contient cinq zones naturelles, le littoral, la forêt, la savane, les grassfields, riches prairies d'altitude, et la steppe. En venant de l'océan, on rencontre d'abord la province du Littoral avec ses terres basses, couvertes de forêt dense et de grandes plantations, ses côtes à mangroves ressemblent à tant d'autres côtes tropicales. Douala, chef-lieu de la province et grand port, est la capitale économique du pays. Dans les provinces du Sud, chef-lieu Ebolowa, de l'Est, cheflieu Bertoua, repaire des derniers Pygmées dans la forêt dense, et du Centre, chef-lieu Yaoundé, capitale administrative au climat facile aux Européens, règne la forêt dense; le relief s'y relève en une pénéplaine inachevée jusque vers neuf cents mètres d'altitude. Ce sont des zones de cultures vivrières et industrielles, d'exploitation du bois et habitat des ethnies Fang, différenciation locale des Bantou. Ici encore, peu de

19

particularités spécifiques par rapport aux régions semblables de l'Afrique, du N de l'Angola au sud du Sénégal. Passée la forêt, plus au nord, nous entrons dans le Cameroun à dominante musulmane, alors que le reste du pays est très largement christianisé. La province de l'Adamaoua, à l'altitude élevée, est le domaine de la savane arborée et des grands élevages; son chef-lieu, Ngaoundéré, est le terminus d'une voie ferrée reliée à Douala par Yaoundé. La province du Nord, chef-lieu Garoua, est sise dans une cuvette torride drainée par la Bénoué, affluent du Niger. Le développement de Garoua est récent. Les populations y sont plus parsemées: c'est une zone d'immigration intérieure où l'on aurait voulu acclimater le trop-plein des habitants de la province de l'Extrême-Nord. Celle-ci, chef lieu Maroua, s'étend jusqu'au lac Tchad. Son climat devient sahélien; la population souffre des sécheresses successives des dernières années. Ces trois dernières provinces sont touristiques par excellence: elles possèdent plus de la moitié des parcs nationaux du Cameroun; on y observe les passages des grands animaux; on y chasse. Ce sont à la fois les paysages du Sahel et les hauts lieux touristiques si célèbres de l'Afrique de l'Est. Les trois autres provinces ont des caractères plus originaux: elles contiennent l'essentiel des volcans camerounais. En partant de l'océan, le Sud-Ouest, anglophone, chef-lieu Buea, (un temps capitale de la colonie impériale) autour du MontCameroun est riche des gisements pétroliers exploités depuis une bonne douzaine d'années. L'Ouest, chef-lieu Bafoussam, c'est le pays Bamiléké, aux vertus si comparables à celles des Auvergnats, et des Bamoum (islamisés); la terre y devient rare tant la poussée démographique est importante et les modes de cultures traditionnels, qui ont fait sa richesse, pas toujours adaptés à cette situation nouvelle. La dernière province camerounaise est le Nord-Ouest, chef-lieu Bamenda, anglophone à nouveau, dans laquelle se trouve le département de la Menchum où se trouve le lac Nyos. Dans ces trois provinces montagneuses, les cultures sont riches. C'est de Foumbot que viennent, par exemple, les primeurs de Yaoundé, à plus de trois cents kilomètres. La colonie allemande, fondée en 1884, fut partagée, après la première guerre mondiale, en deux territoires sous mandat des 20