MYTHOLOGIE DE LA LUTHERIE

MYTHOLOGIE DE LA LUTHERIE

-

Livres
96 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L'art musical, et plus précisément l'examen de la machinerie instrumentale productrice de son révèle un certain nombre d'images et de preuves qui conduisent l'auteur à penser qu'elles ne sont ni innocentes ni complètement artificielles mais réellement les veinures éternelles comme celles qui persistent dans le marbre et témoignent d'une existence profonde, obscure et pénétrante. Puis pour étayer cette théorie, huit contes fantasques et symboliques apporteront l'image des impondérables qui échappent à la raison mais caressent notre sensibilité.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 01 octobre 2000
Nombre de lectures 37
EAN13 9782296419667
Langue Français
Signaler un abus

MYTHOLOGIE DE LA LUTHERIE

Collection Sémiotique et philosophie de la musique dirigée par Joseph-François Kremer

Prenant en compte les nouvelles méthodologies d'analyse comme principe d'approche de l'œuvre musicale, cette collection propose, dans le domaine de la recherche des significations, de réunir les notions de tradition et de l'actuel. Les ouvrages présentés au lecteur appartiennent à un courant d'investigation phénoménologique, tout en éclairant un vaste panorama de questionnement interdisciplinaire. Celui-ci est vivifié par la reconnaissance d'un principe d'analogie utile à la réception des perceptions. Nous serons sensibles aux stratégies d'élaboration de différentes poétiques, qu'elles puissent être littéraires, picturales, musicales, philosophiques ou simplement inscrites dans une rhétorique de l'expression. Notre démarche éditoriale nous offre la possibilité à partir de contextes compositionnels, théoriques et géopolitiques d'extraire de nombreuses situations sémiotiques. Ces publications apporteront, au départ d'éléments réflexifs nouveaux, des fondements à une psychologie du musical qui tenterait d'allier le sensible à la raison.

Déjà parus

Daniel BANDA, Beethoven: Fidelio, une écoute ressentie, 1999. François-Bernard MÂCHE, Un demi-siècle de création musicale, 2000. Joseph-François KREMER, Esthétique musicale, 2000. Patrice SCIORTINO, Mythologie de la musique, 2000.

Patrice SCIORTINO

MYTHOLOGIE DE LA LUTHERIE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Patrice Sciortino
Déjà publié:

L'Inventeur

d'imaginaire: éditionsIMD
A paraître:

Stigmates (recueil de poèmes) La Civile Tragédie (cycle théâtral de 21 pièces)

@ L'Harmattan, 2000

ISBN: 2-7384-9551-6

PREFACE
Il faut respecter l'évidence et pourtant se méfier de sa séduction qui occulte jalousement un fond révélateur. -C'est ainsi que le plaisir, la joie et l'admiration musicale se manifestent aux oreilles dans des parures que l'auditeur, quelle que soit sa culture, sait parfaitement nommer et analyser. Cependant les caractères secrets des œuvres sonores nous saisissent au premier chef par des voix que nous ne reconnaissons pas au titre de leur pouvoir. Le matériau instrumental constitutif de la lutherie, donc, l'origine substantielle qui garde dans ses racines élémentales et terrestres des qualités initiales indélébiles, remplit de son message et de sa grâce notre innocente ingratitude. Qu'elles soient faites d'air, de cuivre, de bois de crin ou d'électricité les vibrations dépassent en envoûtement le langage ou la technique qu'elles véhiculent et nous prennent le cœur avant que nous le sachions. Irais-je jusqu'à honorer la responsabilité de l'œil dans les arts du son? Voir l'instrument c'est déjà l'entendre! Souvenons-nous des peintres qui aiment aussi leur art au travers de la peinture, voire de son goût, des écrivains jouisseurs de l'encre sur leurs doigts ou du frémissement virginal du papier, des sculpteurs et 7

des architectes gounnands du poids savoureux de la pierre dans leur main. Les trajets d'allure anodine, parallèles ou souterrains envahissent notre sensation à notre insu. Suivons ce guide, il va nous renseigner sur nousmêmes. Patrice SCIORTINO

8

OUVERTURE
Quels que soient les méandres de l'histoire, le temps comme l'espace est traversé par des trajectoires puissantes et déterminées dont nous ne pouvons appréhender que certains chaînons. C'est parce que ces lignes sont discontinues que nous n'en percevons pas la continuité et c'est grâce à ce que nous appelons "mythes" que nous forgeons un schéma approximatif de la marche universelle. Comme un microcosme, l'art musical, et plus précisément l'examen de la machinerie instrumentale productrice de son révèle un certain nombre d'images et de preuves qui me conduisent à penser qu'elles ne sont ni innocentes ni complètement artificielles mais réellement les veinures éternelles comme celles qui persistent dans le marbre et témoignent d'une existence profonde, obscure et pénétrante.

9

PRELUDE
Les paradoxes: Que serait le mouvement sans une certaine conception de l'immobile, et que serait l'énergie sans le fléau pendulaire de l'inertie ! Ainsi chaque principe ne saurait s'épanouir sans la présence sournoise mais implacable de son contraire. D'autre part l'histoire nous enseigne que les causes ne sont jamais suivies des effets prévus. Ailleurs encore les religions sont la preuve vertigineuse que la croyance embrasse touj ours l'incroyable car c'est dans la nature de la foi de n'être fiable que pour et par elle-même. Enfin l'industrie qui cherche opiniâtrement à raccourcir le temps pour en gagner cohabite dans les sociétés avec l'art qui a décidé en revanche d'en perdre pour le rallonger vers un infini relatif. Alors le grand intérêt du paradoxe se manifeste audelà de lui-même car l'engrenage des contradictions, par ses fluxions, produit l'étincelle qui nous fait entrevoir le mystère, et la musique au même titre que la mécanique ou la biologie (l'une étant fabriquée, l'autre subie) est un catalogue de paradoxes autant 10

dans les principes de composition que dans les effets perçus dont elle tire même des procédés esthétiques. De nos cinq sens, seule l'oreille ne peut volontairement être obturée, comme si les informations qui y parviennent nous étaient imposées même dans le sommeil par un processus cosmique et cryptique. De tous les phénomènes de l'audition, la musique est le moins naturel qui soit et probablement le plus élaboré. Si on s'approche de sa construction anatomique le mécanisme de cette oreille est linéaire alors que la polyphonie musicale nous offre de multiples messages simultanés analysés par un système de mémoire immédiate et compilée qui globalise tout en respectant le détail. Ensuite et instantanément l'objet passe de l'état physiologique à l'estimation psychologique dans un lieu si complexe et nuancé que toute nomenclature serait imprécise. Cependant cette guirlande de secrets n'est rien en regard de ceux que mon inconsciente témérité se propose de dénoncer.

11