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PANORAMA DES LITTERATURES AFRICAINES

De
203 pages
Y sont abordées les littératures de la plupart des langues enseignées à l'Inalco, notamment les littératures africaines, en langues africaines, orales et écrites restent encore mal connues. Cet ouvrage nous fait découvrir la littérature berbère, amharique, peule, haoussa, bambara, swahili, tigrinya et malgache mais également la littérature dogon et gbaya.
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PANORAMA DES
, LITTERATURES AFRICAINES

@ L' Harmattan/ INALCO, ISBN: 2-7384-8866-8

2000

Ursula BAUMGARDT et Abdellah BOUNFOUR (Ed.)

PANORAMA DES , LITTERATURES AFRICAINES

ETATS DES LIEUX ET PERSPECTIVES (Actes de la journée d'études du 28 novembre 1998)

INALCO 2, rue de Lille 75343 Paris Cedex 07

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

SOMMAIRE
Sommaire Présentation, par U. BAlJMGARDT A. BOUNFOUR et
1. Littérature orale dogon. Etat des recherches, par G. CALAME-GRIAULE 2. Littérature berbère: textes en prose, par D. MEROLLA 3. Littérature touarègue. Poésie et prose, par M. AGHALI-ZAKARA 4. Panorama de la littérature éthiopienne. Du monde grec à l'Afrique: quinze siècles de littérature écrite, par A. ROUAUD 5. Littérature peule, par Chr. SEYDOlJ 6. Nouvelles tendances en littérature peule : Présentation des textes de cinq auteurs haai-puiaar, par A. MOHAMADOU 7. La littérature haoussa, par B. CARON 8. Panorama de la littérature mandingue, par J. DERIVE 9. Panorama de la littérature par E. BERTONCINI swahili, 135
-

l III

1 15 27

37 63

77 93 109

10. La littérature orale des gbaya par P. ROULON-DoI<O

157 171 179

11. La littérature dans l'espace tigrinyaphone de l'Erythrée, par M.H. REVOL- TISSOT 12. Panorama de la littérature malgache. Etat des lieux et perspectives, par R NIRHY-I~.A.NTOET R" NARIVELO

]JRESENTATION U.BAUMGARDTetA.BOUNFOUR INALCO, Paris.
Malgré les efforts considérables de la recherche, les littératures africaines - en langues africaines - restent encore mal connues dans leur ensemble. En grande partie, ceci est dû à l'étendue du domaine de recherche et à leur complexité. Parmi les difficultés à élaborer une vue synthétique, on peut citer les frontières entre les aires géographiques, les barrières entre les disciplines de la recherche, la spécialisation linguistique, la dispersion de la documentation, les différences entre le domaine des littératures orales et écrites; ce sont là des obstacles considérables qui, de ce fait, rendent ces littératures difficilement accessibles. Confrontés à ces problèmes dans l'enseignement ainsi qu'à la nécessité d'une approche interdisciplinaire qui facilite l'accès aux étudiants et aux chercheurs intéressés par les informations sur les différents domaines, nous avons organisé 1 cette première journée d'études autour des littératures africaines le 28 novembre 1998 à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris. L'intérêt croissant des étudiants pour les littératures des langues africaines enseignées dans le Département Afrique de cet établissement2 et l'absence, à notre connaissance, d'ouvrage en français qui présente de manière synthétique et rigoureuse ces littératures3 nous ont orientés dans l'organisation de cette journée vers le thème de "Littératures africaines. Etat des lieux et perspectives" dont les actes sont la matière de ce livre4. Les contributions ainsi réunies et présentées dans l'ordre des interventions lors de la journée portent sur les
1 Les initiateurs du projet sont Ursula Bawngardt (INALCO, LLACAN-CNRS), Abdellah Bounfour (INALCO, CRE) et Meaza Revol-Tissot (INALCO). 2 Notamment l'amharique, le bambara, le berbère, le comorien, le haoussa, le lingala, le malgache, le peul, le swahili, le tigrinya, le wolof et le yoruba. 3 Si l'on excepte celui de A. RICARD (1995) qui a d'autres objectifs que ceux tC1. 2ue nous poursillvons Nous avons organisé plusieurs réunions avec les enseignants du Département Afrique de l'INALCO. C'est lors de l'une de ces réunions que la formulation du thème fut trouvée. Elle est reprise, ici, comme titre de l'ouvrage. Par ailleurs, nous avons fait appel aux chercheurs du Centre de Recherches Berbères (CRE) de l'INALCO et du Laboratoire Langue, Language et Culture en Afrique Noire (LLACAN) du CNRS dont certains enseignent à l'INALCO. Nous regrettons que le yoruba (notre collègue M. Sachnine était souffrante) et le wolof ne soient pas présents.

IV
littératures de la plupart des langues enseignées à l'INALCO, notamment la littérature berbère, amharique, peule, haoussa, bambara, swahili, tigrinya et malgache, mais également la littérature dogon et gbaya. Notre objectif est triple:
-

mettre à la disposition des étudiants en études africaines et à tout
précis pour

chercheur un ouvrage simple, synthétique et néanmoins faciliter l'accès aux différentes littératures africaines;
-

proposer une synthèse concernant les littératures présentées (genres

traditionnels et actuels, oraux et écrits), l'état de la publication des textes et leur diffusion ainsi que leur traduction en langues européennes et particulièrement en français, et, enf1tl, l'état de la recherche académique dans ce domaine; - dégager des perspectives de recherche. Rappelons, avant de présenter rapidement les contributions, quelques uns des ouvrages consacrés aux littératures en langues africaines. En ce qui concerne la documentation bibliographique dans le domaine de la littérature orale, on rappellera les travaux de GOROGI<ARADY (1981, 1992) et de MOI-ILIG et JUNGRAITHMAYR (1998)5 ; pour les littératures écrites en langues africaines, la bibliographie de LIMB et VOLET (1996) mentionne environ 650 entrées pour une trentaine de langues6 ; pour le berbère, on consultera CHAIŒR (1990) et CHAIŒR et BOUNFOUR (1994, 1996)7. En dehors des analyses par langue et/ou par genre littéraire, on citera, parmi les ouvrages qui présentent plusieurs littératures, GERARD (1971,1981, 1984), I<LlMA (1976), LINDFORS (1984) et ANDRZEJEWSKJ (1985)8. NGANDU
5 GOROG-l<ARADY V., Littérature orale d'Afrique noire. Bibliographie analYtique, Paris, Maisonneuve et Larose, 1981. GOROG-l<ARADY V., Bibliographie annotée. Littérature orale d'Afrique noire, Paris, CILF, 1992. MOHLIG W. J. G., JUNGRAITHNL\YR H., Lexikon der afrikanistischen Erzàh(forsî'hung, [Dictionnaire de narratologie africanisteL__ Cologne, I<.üppe, 1998. 6 LIl\1B P., VOLET J.-M., Bibliography /ifrican Literatures, Lanham/ of Londres, The scarecrow Press, 1996. 7 CHAIŒR S., Une décennie d'études berbères, Alger, Bouchène, 1990. CHAIŒR S. et BOUNFOUR A., Langue et littérature berbère. Chronique des études (1992 -199 3), Paris, INALCO, 1994. CHAIŒR S. et BOUNFOUR A., Langue et littérature berbère. Chronique des études ~1994-199 5, Paris, L'Harmattan/INALCO, 1996. GERARD A., Four African Literatures: Xhosa, Sotho, Zulu, Amharic, Berkely, University of California Press, 1971. GERARD A., African-Language Literatures, Washington, Three Continents Press et Londres, Longman, 1981.

v
NI<ASHAMA (1992) tente de répertorier les littératures dans les langues africaines et mène une réflexion sur le rapport entre ces langues et le français9. RICARD (1995) traite également des littératures en langues africaines et européennes et pose, entre autres, la question du rapport entre oralité et écriture; il s'interroge notamment sur les conditions d'émergence de littératures contemporaines écrites en alphabet latin 10. Enfm, les littératures écrites en alphabet arabe (qjamz) sont présentées, entre autres, par HODI<IN (1968) et HISIŒ1T (1973, 1975) 11. En ce qui concerne le berbère, on peut citer l'ouvrage de BOUNFOUR (1999) 12. Sans prétendre à l'exhaustivité - impossible dans un domaine aussi vaste - la journée d'études prend en compte les littératures orales et écrites et réunit aussi bien des spécialistes de l'Afrique du Nord que de l'Afrique de l'Ouest et de l'Est; les pays francophones et anglophones sont représentés, ce qui permet de s'interroger sur les contextes socioculturels, politiques et historiques de l'évolution de ces littératures (période coloniale / indépendance / post-indépendance, l'émergence de littératures écrites dans des contextes socio-historiques précis etc...). Par ailleurs, les influences étrangères sur ces littératures ne sont pas négligées (littérature arabo-musulmane sur la littérature haoussa, swahili et peule, le christianisme sur la littérature malgache et éthiopienne, par exemple). Les contributions, exposées avec simplicité et clarté par des spécialistes du domaine, situent chaque littérature aux plans géographique, historique et, parfois, sociologique et linguistique. Sont GERARD A., Essais d'histoirelittéraireafricaine,Sherbrooke, Naaman, 1984. I<LIMAV., Black Africa. Literature and Language, Dordrecht/Boston, D. Reidel Publishing Company, 1976. LINDFORS B., Rtsearch Priorities in African Literatures, Hans Zell Publishers, 1984. ANDRZEJEWSKI B. W., PILASZEWCZSS., TYLOCH W., Literatures in African Languages: TheoreticalIssues and Sample 5urvrys, Varsovie, Cambridge University Press, 1985. 9 NCANDU NI<ASHAMAP., Littératures et écritures en langues africaines, Paris, L'Harmattan, 1992. 10 RICARD A., Littératures d'Afrique noire. Des langues aux livres, Paris, CNRS Editions, I<arthala, 1995. 11 HODIUN Th., The Radical Tradition in the Literature Muslim in West Africa, of London, 1968. HISIŒ1T M., The Sword of Truth : The Life and Times of the Shehu Gusman dan Podio, London, 1973. HISIŒ1T M., A History ofHausa Islamic ~/erse.~ ondon, 1975. L 12 BOUNFOUR A., Introductionà la littératureberbère.1. La poésie, Paris-Louvain, Peeters, 1999.

VI
ensuite présentés les genres littéraires avec leurs dénominations dans les langues autochtones, suivis d'une revue critique des publications de textes, des études de ces textes ainsi que de ceux non encore publiés. Enfm, une bibliographie, parfois raisonnée, vient compléter chaque contribution. Le lecteur dispose alors d'une vraie introduction informative sur l'état actuel des publications de textes des littératures africaines étudiées et des ouvrages qui traitent de ces textes. Tout en s'articulant autour de ces questions communes, chaque auteur souligne des aspects particuliers. Ainsi Geneviève CALAMEGRIAULE, à propos de la littérature dogon, attire l'attention sur la nécessité d'éditer des textes dispersés voire inédits et de continuer à constituer de véritables corpus de textes littéraires. S'intéressant à "l'espace littéraire kabyle", Daniela MEROLLA pose le problème des intéractions entre différentes traditions littéraires, orales et écrites, dans un contexte multilingue. Mohamed AGHALI-ZAI<ARA nous donne des exemples d'intégration de faits socio-culturels nouveaux dans la poésie touarègue, comme le problème de la sécheresse, ou la réalité politicoguerrière. Parlant de la littérature éthiopienne, Alain ROUAUD décrit l'évolution d'une langue parlée et écrite vers une langue simplement écrite puis abandonnée, le guèze, et donne l'exemple d'une autre langue, l'amharique, qui à son tour, s'approprie l'écriture. Pourquoi certains genres sont-ils abandonnés dans une région, alors qu'ils persistent dans d'autres régions de la même aire culturelle, c'est la question abordée par Christiane SEYDOU à propos de l'épopée peule. Aliou MOHAMADOU s'intéresse à la création contemporaine en peul à travers cinq auteurs du Sénégal et de la Mauritanie et situe l'émergence de cette littérature écrite dans le contexte de l'immigration comme une tentative de réenracinement culturel. A propos de la littérature haoussa, Bernard CARON expose l'influence de l'indirect rule sur l'activité littéraire et constate que des politiques différentes adoptées par la colonisation anglaise et française ont entraîné une évolution différente de cette littérature au Nigéria et au Niger. Jean DERIVE présente un tableau détaillé des genres littéraires, de leur fonctionnement et de leur complémentarité dans la littérature orale bambara. Quant à Elena BERTONCINI, elle nous emmène en Tanzanie pour dresser un panorama de la littérature swahili et une description de la création contemporaine dans le domaine du roman et du théâtre. La littérature gbaya du Cameroun et de la Centrafrique, est, elle, essentiellement orale, très vivante, comme l'explique Paulette ROULON-DOI(O. L'inscription de la création littéraire dans son contexte historique, socio-culturel et politique est abordée par Meaza REVOL- TISSOT à travers l'exemple de la littérature tigrinya de l'Erythrée et ses nombreux

VII
textes contemporains, témoignant pour la plupart d'entre eux de la guerre qu'a connu le pays jusqu'à son indépendance. Enfin, pour terminer, et en se référant au cas de la littérature malgache, Ramamonjisoa NIRHY-LANTO et Rajaonarimanana NARlVELO soulignent la contradiction entre une activité littéraire croissante, et l'insuffisance des structures d'éditions. De ce panorama très riche et diversifié, trois domaines apparaissent clairemen t :
La publication des textes de littératures africaines

Certes, beaucoup de textes sont publiés, mais il y a encore des trésors à faire connaître au public. Les enquêtes en matière de littérature orale doivent donc être encouragées pour permettre de réunir de nouvelles données. Par ailleurs, il suffit de noter les thèses et les mémoires signalés dans les différentes bibliographies pour se rendre compte des richesses qui dorment dans les bibliothèques universitaires. C'est un travail difficile à mener à bien car il demande non seulement des compétences techniques mais il nécessite également des moyens matériels considérables pour bâtir un vrai programme de publication. Néanmoins, nos travaux soulignent la nécessité d'éditer, par exemple, des anthologies accompagnées d'orientations et de commentaires pour les littératures qui, souvent, n'en disposent point. La collection de la Bibliothèque des Etudes Africaines pourrait contribuer à cette tâche en accueillant de tels travaux. C'est d'ailleurs un des axes qui ont motivé sa créa tion.
La recherche Jpécifique de chaque domaine linguistique

Il est évident que le balisage des perspectives de recherche relève de la compétence des spécialistes de chaque domaine. Toutefois, des axes prioritaires apparaissent: de documentation, notamment concernant la "littérature - le travail grise" et les publications réalisées dans les pays africains; -l'approfondissement monographique pour chaque genre littéraire; - l'étude minutieuse des conditions d'émergence des littératures écrites, y compris l'analyse des raisons qui aboutissent au choix de telle ou telle graphie (alphabet latin ou arabe, par exemple).

VIII
Le
comparatisme

La richesse et la diversité des littératures africaines incitent à leur approche comparatiste, pour étayer, par exemple, des intuitions de convergence ou de divergence dont certaines peuvent constituer des programmes de recherche, notamment les problèmes soulevés par l'écriture: -l'existence ou la non-existence d'une littérature écrite pose la question des conditions d'émergence de l'écriture ou du maintien de l'oralité;
-

la coexistence de littératures orales et écrites dans le même domaine
qu'elles entretiennent

linguistique soulève la question des relations (liens intertextuels, par exemple) ;
-

la coexistence, enfin, de littératures écrites se servant de graphies

différentes permet d'approcher certaines fonctions socio-culturelles, comme la complémentarité des genres et des domaines thématiques. De même, les genres littéraires continuent à interpeller la recherche. Ainsi, l'absence ou la présence de genres littéraires spécifiques, comme l'épopée, la joute oratoire ou encore le mythe nécessitent une analyse globale et comparatiste. Par ailleurs, la déftnition d'un genre peut s'établir par la confrontation de plusieurs littératures: ce qu'on appelle "conte" ou "proverbe" en haoussa est-il le même objet en berbère ou en amharique? A-t-il la même place et le même fonctionnement dans les systèmes littéraires comparés? Pour aborder ces questions, nous avons choisi avec les participants de la journée d'études de consacrer notre prochaine rencontre en février 2000 à un genre spécifique: "Le proverbe: forme, fonctionnement, fonction, sens". Nous ne pouvons terminer cette présentation sans remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette journée: A. Bourgey, S. Chaker, G. Philippson et CI. Allibert pour leurs encouragements, le Centre de Recherche Berbère pour son aide logistique et, surtout, les participants qui ont répondu nombreux à notre invitation.

UTTERATURE ORALE DOGON
ETAT DES RECHERCHES

Geneviève

CALAME-GRIAULE CNRS, Paris

HISTORIQUE Les Dogon des falaises de Bandiagara, dans la boucle du Niger au Mali, ont fait l'objet de recherches intensives et de très nombreuses publications depuis 1931, date de l'arrivée dans la région de la mission Dakar-Djibouti dirigée par Marcel Griaule. Avant cette date, deux études leur avaient été consacrées par des officiers de l'armée coloniale, Louis DESPLAGNES (1907) et Robert ARNAUD (1921). Le nom de Habé (sing. I<âdo), sous lequel ces auteurs les désignaient et qui leur est encore parfois appliqué, vient du terme peul signifiant «païens» et désigne en fait toutes les populations non musulmanes. Collectes de textes Parmi les travaux antérieurs à 1931 et concernant plus précisément la littérature orale, il faut signaler les premiers contes publiés en traduction française sous le nom de «kâdo» dans l'ouvrage de F.V. EQUILBECQ (1913-1916). Ces contes sont au nombre de huit (sur dixsept annoncés), la plupart recueillis à Bandiagara et dits par des élèves de l'école d'origines ethniques variées; il Y a parmi eux un Malinké, et plusieurs sont désignés comme «rimâdio », en particulier un certain Amadou Ba, plus connu sous le nom de Amadou Hampaté Ba. Ce terme de « rimâdio », déformé du peul, désigne en général et de façon assez vague des « descendants de captifs» ; on ne sait pas quel sens lui donne EQUILBECQ (Hampaté Ba était peul), mais de toutes façons il semble qu'il y ait peu de Dogon d'origine parmi ses informateurs. Les contes présentent des thèmes assez répandus, dont certains sont attestés chez les Dogon; certains mots dogon reconnaissables sont glissés dans la traduction (yebem, hogon, koutorou, etc.). Leo FROBENIUS (1921-1928) a publié également des contes dogon en traduction allemande dans son grand Atlantis (cf. GOROG-l<ARADY, 1981). L'un d'eux, présenté comme «légende », est donné en traduction française par Wilhelm STAUDE dans son article (1967) ; il s'agit d'un récit relatif aux ancêtres et aux migrations, avec le motif connu du flls mal aimé qui réussit à

2
apporter à son père la queue d'un animal rare alors que tous ses frères échouent. Les mots dogon cités sont très approximatifs. Marcel Griaule, élève de Mauss et pionnier de l'ethnographie de terrain en Afrique, avait toujours eu conscience de l'importance des problèmes de langue; ses premiers travaux en Ethiopie avaient d'ailleurs été menés avec une très bonne connaissance de l'amharique et du guèze. Cependant il concevait plutôt la linguistique comme une science auxiliaire de l'ethnologie; le travail se faisait en équipe, au sein de laquelle la présence d'un linguiste était indispensable. Les ethnologues ne recevaient pas à l'époque une véritable formation linguistique et ne disposaient sur le terrain que des Instructions (1928) de Marcel COHEN. Quant aux textes de littérature orale, ils étaient surtout considérés comme importants pour les renseignements qu'ils pouvaient fournir sur la société et les institutions. On s'efforçait donc de noter la langue et de recueillir des textes comme compléments des enquêtes ethnologiques, mais sans les étudier pour eux-mêmes en tant qu'expression littéraire. C'est pourquoi les textes en rapport avec les institutions religieuses (prières, mythes) sont les plus nombreux au début. Marcel GRIAULE publie, à partir de sa rencontre avec les Dogon, de nombreux textes religieux, notamment des prières, des mythes en langue secrète et des chants de masques (1938a). Michel LEIRIS, étudiant en 1931 la cérémonie soixantenaire du s.(gi , décrit la langue secrète et recueille également des textes mythiques (1948), tandis que, à partir de 1936, Germaine DIETERLEN note les traditions relatives aux ancêtres et aux migrations ainsi que de nombreuses prières liées au culte des ancêtres (1941). Cependant dès ses premières enquêtes Marcel Griaule s'intéresse aux jeux d'enfants et note leurs chants et comptines, ainsi que les "jeux oraux" tels que devinettes et litanies (1938b), et plusieurs de ses collaboratrices vont commencer à s'intéresser aux textes pour euxmêmes: en 1935 Solange de GANA Y travaille sur les devises (1941), Deborah Lifszyz et Denise Paulme recueillent contes, proverbes et devinettes (LIFSZYC et P AULME, 1936, 1938 ; LIFSZYC, 1938, 1940). La thèse de Denise P AULME (1940) contient de nombreux textes, surtout des prières et des chants rituels. Toutes ces publications d'avant la guerre donnent généralement une transcription plus ou moins précise du texte dogon original et un mot-à-mot. Les missions Griaule s'interrompirent en 1939 et ne reprirent qu'en 1946, avec une équipe plus réduite. C'est l'année de la mémorable rencontre de Griaule avec le vieux chasseur aveugle Ogotemmêli, qui lui révèle la cosmogonie dogon et le mythe de la création du monde, dont on ne connaissait jusqu'alors que quelques fragments. Ces entretiens ont

3
été relatés dans Dieu d'eau (1948), ouvrage célèbre sans cesse réédité et réimprimé depuis sa parution (voir aussi GRIAULE, 1996). A partir de cette date, les recherches de Griaule se concentrèrent sur les Dogon, le mythe et la vision symbolique du monde. Après la mort d'Ogotemmêli, d'autres savants vieillards prirent le relais et révélèrent d'autres niveaux de la connaissance. Lors de la mort prématurée de Griaule en 1956, un vaste ouvrage était en chantier, en collaboration avec Germaine Dieterlen ; intitulé Le Renard Pâle (du nom d'un des principaux personnages du récit), il devait exposer l'intégralité du mythe de la création avec toutes ses variantes. Seul le premier volume a été publié jusqu'à présent par Germaine Dieterlen (GRIAULE et DIETERLEN, 1965). Un second est actuellement en préparation. Il faut noter que cet immense mythe n'est jamais récité de façon continue et qu'il n'en existe pas de «texte» proprement dit. Il fait l'objet d'enseignements partiels, adaptés aux différents niveaux de connaissance des versions résumées de certaines séquences apparaissent ici et là, par exemple dans des invocations en langue secrète ou dans des prières. Aux récits des différents événements mythiques s'ajoutent des commentaires et des gloses; le texte dogon d'un grand nombre d'entre eux se trouve dans Le Renard Pâle. Sur un autre plan, l'interprétation symbolique des contes peut introduire un enseignement concernant différentes parties du mythe. C'est en 1946 que j'ai effectué ma première mission chez les Dogon, dans le but initial de travailler sur la langue et de commencer l'élaboration d'un dictionnaire du t~r:) s~:, le parler de la région de Sanga (CALAME-GRIAULE, 1968), sur lequel s'est concentré mon travail ultérieur, avec des sondages comparatifs dans les autres zones dialectales (CALAME-GRIAULE, 1956). Les enquêtes linguistiques m'amenèrent rapidement à recueillir des textes de littérature orale, dont les premiers échantillons furent des petits contes d'animaux dits par des enfants, des devinettes et des proverbes. Ces contes enfantins, courts et d'apparence anodine, constituent des cycles dont le plus connu est celui de « Lièvre et Hyène» ; ils mettent généralement en scène deux animaux se jouant mutuellement des tours et dont le plus intelligent triomphe par la ruse de l'autre, stupide et glouton. L'année 1954 fut le début de mes enquêtes sur la notion de « parole », dont l'importance était apparue dans les révélations d'Ogotemmêli à Marcel Griaule. Ces recherches devaient aboutir à la rédaction de ma thèse (1965). Parmi les différents niveaux qui apparaissent dans la classification dogon des «paroles », la littérature orale occupe évidemment une place de choix. Je continuai donc à recueillir des textes, surtout des contes (par goût personnel), en constatant qu'au fur et à

4
mesure de mes progrès dans la connaissance de leur langue et de leur culture, les Dogon me donnaient des récits de plus en plus longs et complexes (y compris des contes à personnages animaux) et que par ailleurs ils ne me disaient plus qu'ils étaient réservés aux enfants. Un certain nombre de ces contes ont été publiés, soit avec le texte original soit en traduction seule (voir ci-dessous) ; la publication de l'ensemble du corpus est en préparation. Mon ouvrage sur la «parole» (1965) contient de nombreux exemples des différents genres littéraires oraux, contes, chants, devises, prières, devinettes, proverbes (pour les chants, cf. aussi CALAME-GRIAULE et CALAME, 1957, disque sur lequel sont enregistrés chants funéraires, chants d'enfants, chants de mariage et chants de travail; voir aussi CALAME-GRIAULE, 1990a). Des anciens membres de l'équipe Griaule, seule Germaine Dieterlen a continué, à l'occasion de ses enquêtes sur le mythe, à collecter des textes dogon, en particulier des prières, dont certaines sont publiées avec des commentaires (1965, 1987) ; elle a aussi recueilli auprès du griot spécialiste le long texte en dialecte jamsay de la devise d'intronisation du Hogan d'Arou, chef religieux de tous les Dogon; il est publié avec texte original, traduction et commentaires (1982). Il faut noter que les nombreux filins de Jean Rouch tournés chez les Dogon contiennent des textes, essentiellement chants, devises, prières et récitations funéraires, ainsi que des déclamations en langue secrète, dont la traduction est donnée en voix off par le cinéaste. Parmi les enquêteurs non ethnologues ayant recueilli des textes à l'occasion d'enquêtes linguistiques, il faut citer les missionnaires catholiques, en particulier I<ERVRAN et PROST (1969), I<ERVRAN et al. (1982-1985) et LEGER (1971). Deux thèses récentes contiennent d'importants corpus de textes dogon: celle de Denis DOUYON (1995) sur la littérature orale qui entoure les manifestations relatives à l'institution du mà1Ju (<< parenté à plaisanterie» ou «alliance cathartique ») dans la région d'Iréli, et celle
d'Eric

JOLLY

(1995)

qui,

pour

son

étude

sur

la bière

de mil

dans

la

société dogon, a recueilli de nombreux textes de contes et de chansons à boire, essentiellement dans le parler tève ka. Le corpus d'Eric Jolly est en préparation pour publication dans la collection des «Classiques africains» .
L4nabsesetink~rétahons Denise Paulme n'est pas retournée chez les Dogon après sa mission de 1935. L'ensemble du corpus de contes recueilli avec Deborah Lifszyc n'est pas publié, mais a été exploité ponctuellement dans une série

5
d'articles comparatifs (cf. Bibliographie et en particulier 1976). Christiane Seydou a analysé quelques contes de mon corpus (PAULME et SEYDOU, 1972, SEYDOU, 1980). Pour ma part, j'ai publié une étude générale sur la littérature orale en tant que catégorie particulière de la « parole» dans mon ouvrage (1965, pp. 445-501). Cette étude, qui présente de nombreux exemples de textes en version originale, analyse les différents genres et leurs caractéristiques formelles, ainsi que leurs fonctions sociales et symboliques révélées en particulier par leur utilisation dans l'enseignement et par les règles et interdits qui entourent la performance ainsi que la manière dont se déroulent les échanges (c] aussi 1970 et 1995). Quelques années après avoir recueilli mes premiers contes d'animaux, j'avais obtenu d'un informateur un premier aperçu de la possibilité de mettre les contes en relation avec les grands thèmes de la pensée mythique (CALAME-GRIAULE, 1954). A partir de 1961 (<< L'Homme-hyène »), j'ai commencé à publier des analyses de contes, soit comparatives regroupant des versions d'origines diverses autour d'un même thème, soit à propos d'un conte unique avec ses variantes (pour ces publications, cf. Bibliographie et en particulier le recueil d'articles publié en 1987). J'ai utilisé une méthode ethnolinguistique combinant différentes approches et privilégiant la relation langue/culture: enquêtes de terrain sur les interprétations proposées par les Dogon eux-mêmes et sur leur vision du monde, analyse structurale, analyse linguistique et stylistique, comparatisme (cf. Bibliographie, notamment 1990b et 1987, « Introduction générale »). La recherche du sens, qui occupe une place importante dans mes analyses de contes, implique le décodage de tous les éléments du contexte naturel, culturel et social qui interviennent dans le texte, en partant du principe qu'aucun de ces éléments n'apparaît par hasard mais est choisi en fonction de sa place dans le système de représentations symboliques qui est une des clefs de la pensée dogon. En ce qui concerne la forme et le style, j'ai publié, outre les indications qui figurent déjà dans Ethnologie et langage, deux analyses approfondies, l'une d'un texte poétique (1967) et l'autre d'un texte de conte (1971). Mes enquêtes sur le style oral et la gestuelle des conteurs ont été menées plus tard chez les Touaregs et les Isawaghen du Niger et n'ont concerné que relativement peu les Dogon; des indications figurent dans Ethnologie et LAngage et surtout dans l'article de 1971.

6 LEs GENRES
Il n'existe pas en dogon de terme général pour désigner la littérature orale. Cependant les Dogon ont une conscience claire de la différence entre la « parole ordinaire» (sà: si/a) de la communication courante et la parole littéraire ou poétique qu'ils rangent dans la catégorie de la « bonne (belle) parole» (sà: £du), qu'on dénomme aussi « parole douce, agréable» (sà: £:/u). L'idée de style peut être exprimée par celle de « choix» (s?J:y£guru £du, « le bel agencement des paroles »). La distinction entre prose et poésie peut être trouvée dans le rapprochement des deux termes sà: et mi:, qui peuvent être traduits au sens large par « parole» et « voix », mais dont le champ sémantique est vaste. Ainsi s3:, qui désigne la parole articulée et porteuse de sens (dont le support sonore est mi:, la «voix »), peut se traduire selon les contextes par « langage », « discours », « langue », « dialecte », « propos» et même «mot» (cf. CALAME-GRIAULE, 1965). Quant à mi:, il s'applique à tout ce qui est son organisé et harmonieux (par opposition au «bruit », Jll]e), il désigne aussi le timbre, l'intonation, la note de musique et finalement la musique elle-même, dont la parole poétique est très proche, la fusion s'opéran t dans le chant.
Les genres poétiques

Le style poétique se caractérise par des recherches de sonorités (sélection et combinaison des phonèmes), le choix et la disposition des termes, la simplification des formes grammaticales, la souplesse de la syntaxe, la construction rigoureuse, la structure rythmique, l'importance de la forme énigmatique au niveau des images et des symboles. La récitation poétique se fait sur un rythme plus rapide, un ton plus élevé et plus déclamatoire que la parole courante ou la narration. La parole poétique est une de celles qui ont sur les auditeurs l'effet le plus bénéfique. Selon la conception dogon de la parole, c'est elle qui contient dans ses composantes symboliques la plus grande quantité d'« huile» (ni:), substance provenant du sang et conférant à la parole son charme et ses qualités esthétiques (cf. CALAME-GRIAULE, 1965). La devise (tigE) s'ajoute aux noms d'un individu pour achever de le définir. Une même personne en possède plusieurs qui la situent aux différents niveaux sociaux; les puissances surnaturelles, les lieux géographiques, certains objets, les animaux et les plantes ont aussi des devises. Leur longueur est variable, leur forme toujours poétique. Dans la région de la falaise, elles ne sont pas formulées dans le parler courant mais dans le dialecte jamsay, parlé dans la plaine et considéré comme

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plus archaïque et plus poétique que les parlers locaux. On salue les individus de leur devise à l'occasion des travaux collectifs ou chaque fois qu'on veut les honorer. La récitation de la devise a pour effet d'exalter la personne de l'intéressé et d'augmenter sa force vitale, en le rattachant au passé prestigieux de son groupe. Pour dire «réciter la devise », on emploie un verbe spécial de même racine: tigi tlg£f£. La prière (ge ou aga sà:, « parole de la bouche ») est à ranger dans les genres poétiques car elle emploie les mêmes procédés stylistiques. En fait, elle a beaucoup de points communs avec les tigÉ, et des fragments de devises sont souvent intégrés dans les prières. La qualité poétique de la prière est censée provoquer chez les puissances surnaturelles auxquelles elle s'adresse une réaction favorable qui va les disposer à exaucer les demandes des hommes. Il existe des chants (ni:) pour toutes les circonstances de la vie et ils sont nommés selon les circonstances de leur exécution. Ex. chants de la fête des semailles (bûlu ni:), chants de mariage (yà J"i: ni:) ; chants de culture (volû ni:) ; chants de la grande calebasse (kodu péle ni:), exécutés par les vieilles femmes de la famille à la mort d'une parente (CALAMEGRIAULE 1990a), etc. Les chants rituels sont en jamsay comme les devises, ou en tomba s~:, dialecte du centre du plateau, proche de celui de la falaise mais présentant des traits plus archaïques. Le chant est le seul genre littéraire pour lequel la création est considérée comme possible (ni: kana, « chants nouveaux »). Ces chants sont composés dans le dialecte usuel; beaucoup sont satiriques, tels ceux inventés par des femmes pour se moquer ou se venger de leur mari (CALAME-GRIAULE, 1965 : 497-498). De nombreux textes de chants ont été publiés depuis les premiers travaux sur les Dogon (voir ci-dessus). L'efficacité poétique du chant est considérablement augmentée par la musique. C'est le chant qui de toutes les formes de « paroles» contient le maximum d'« huile» (ce qui selon les Dogon explique la quasi-homophonie des deux termes ni:, « huile» et ni:, « chant »).
Les genres narratifi'

Contrairement à une idée assez répandue, les textes en prose (c'est-àdire non poétiques) utilisent des procédés stylistiques qui les distinguent de la communication courante. La fonction expressive est dominante et se manifeste dans les choix lexicaux (fréquence des termes descriptifs, emploi des idéophones, des onomatopées, des exclamations dans les dialogues, etc.). Au niveau morpho-syntaxique, on remarque l'emploi privilégié de certains aspects verbaux, le style indirect (utilisant des formes pronominales spéciales), la structure de la phrase, la fortune faite

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à certains monèmes de fonction ou à des expressions qui deviennent des mots à tout faire. La répétition, procédé fréquent, ne joue pas le même rôle incantatoire que dans la poésie; la récurrence de termes, de groupes de termes ou de morceaux entiers du discours souligne l'importance des éléments, ou est une marque d'intensité, ou rappelle aux auditeurs ce qui a été dit auparavant (récit dans le récit) ou encore répond à une intention comique. En ce qui concerne les contes, ils sont encadrés par des formules fiXes de début et de fm, de sens souvent énigmatique, qui marquent le changement de niveau dans le discours et amorcent l'enchaînement des récits dans la veillée. Tous les genres narratifs utilisent le parler courant, sauf lorsque des chants interviennent dans le récit. Les récits considérés comme rapportant des faits réels, historiques ou objet de croyance, sont appelés sà:, « parole », terme qui a été déf111iplus haut. Ces récits peuvent être dits dans la journée (contrairement à ceux qui traitent de sujets fictifs, qui ne peuvent être narrés qu'après le coucher du soleil) ; les contraintes concernent plutôt le choix des auditeurs, car l'enseignement traditionnel, et plus particulièrement celui du mythe, est gradué selon l'âge et le degré de connaissance des jeunes. On distinguera ainsi: - « parole ancienne» (S.1: ry) qui désigne aussi bien la tradition que le p récit historique et le mythe; « parole étonnante» (S.1:tà:nie), expression qui désigne: 1) des récits affabulés dont le contenu est symboliquement en rapport avec le mythe et sont considérés comme « vrais », à la différence des contes (élumry-Ià:, na néfJ, « ce n'est pas un conte, c'est la vérité ») ; 2) les proverbes. L'emploi de sà: pour désigner un genre qui emploie (comme les devinettes) des procédés du style poétique, s'explique par la nature de la parole proverbiale, qui exprime ce qui est considéré comme une vérité valable en tous temps et peut être actualisée à n'importe quel moment. Les récits racontant des faits considérés comme fictifs sont regroupés sous le terme élum£, qui désigne aussi les devinettes. Le terme est aussi un verbe: élum£ èlum£, « dire un conte» ou échanger des devinettes. On distinguera ainsi: - « elume courants, ordinaires », devinettes (élum£ sila); - « elume étonnants », contes (élum£ tà:nie); « chant », chantefables (comprenant des parties chantées) appartenant plus spécialement au répertoire des femmes (élum£ ni:), Les enfants se posent les devinettes à n'importe quel moment pour les apprendre. Les veillées où l'on conte sont généralement ouvertes par un échange de devinettes entre les enfants. Les adultes les pratiquent aussi,