Les escapés

-

Livres
163 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

9 avril 1917. Nous sommes au pied des collines de l’Artois. Les Canadiens sont à la veille de la grande offensive de la crête de Vimy. Perdu dans les lignes allemandes, le médecin québécois d’origine française Henri Labat se retrouve face à Hermann Kruger, un Allemand blessé. Les deux hommes se connaissent bien. Ils se sont rencontrés onze ans plus tôt, dans cette même région. C’était lors de la catastrophe minière de Courrières, en 1906, qui avait fait près de 1 100 morts. Henri et Hermann avaient participé aux secours. Ils étaient amis mais aussi rivaux pour conquérir le cœur d’Isabelle, dont le mari mineur venait de disparaître dans la catastrophe.

Avec Les escapés, Paul Daudin Clavaud signe son second roman. Journaliste et formateur dans le domaine de la communication et des médias, il a réalisé beaucoup de documentaires et écrit plusieurs scénarios de fiction pour la télévision et le cinéma. Son écriture s’inspire de l’Histoire et de ses nombreux voyages.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2015
Nombre de visites sur la page 8
EAN13 9782813816702
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
ESCAPÉS ES L  
LAVAUD C Paul Daudin Clavaud AUDIN D Lesescapés AUL P E ROEditionsMANS S u t t o n
E S EditionsSutton
Les escapés
E S
À mon grandpère
TÉ M O I G N A G E SE T RÉ C I T S
Les escapés
Paul Daudin Clavaud
E S E ditionsSutton
De nombreux ouvrages ont été publiés sur votre région. Un catalogue de plus de 2 700 titres est disponible sur simple demande auprès de votre libraire ou aux Éditions Sutton et sur www.editionssutton.com
Éditions Sutton 28, rue des Granges Galand 37550 SaintAvertin
er Première édition 1 trimestre 2015 © Éditions Sutton 2015 Tous droits réservés. Crédit photographique, droits réservés pour les ayants droit non identifiés.
er En vertu de la loi n° 92597 du 1 juillet 1992 portant création du code de la propriété intellectuelle, l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété intellectuelle exclusif et re opposable à tous (1 partie, art. L. 1111). Par ailleurs, toute reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adap tation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (art. L. 1224). Toute édition ou reproduction d’une œuvre de l’esprit faite en violation des droits de l’auteur, tels que définis par la loi, est un délit de contrefaçon puni d’un emprisonnement et d’une amende (art.L.3351 à 3). La copie strictement réservée à l’usage privé de la personne qui la réalise est autorisée, ainsi que les analyses et les courtes citations, sous réserve de la mention d’éléments suffisants d’identification de la source (art. L. 2113).
ISBN978-2-8138-1670-2 er Dépôt légal : 1 trimestre 2015 Imprimé en Espagne par Romanyà Valls.
Sommaire
Au pied de la crête de Vimy, 8 avril 19177 Méricourt, 10 mars 1906915 avril 1917158Épilogue161
AU pîEd De Là cRTe De VIy, 8 avrIl 1917
Au milieu de la boue grise et des arbustes calcinés, le camp des Canadiens ressemblait probablement – mort pour mort – à celui des Allemands au sommet de la crête de Vimy. Un cadavre en uniforme émergeait de la terre. Un masque à gaz en piteux état emprisonnait encore une tête qui devait l’être tout autant. Au centre de ce champ de désolation, au bord des vestiges d’une route, quelques arbres bourgeonnants protégeaient un écrin de verdure où stationnait une ambulance surmontée d’un étendard canadien. À proximité, trois soldats en uniforme bri tannique flanqué d’une feuille d’érable sur la manche jouaient aux cartes pour tuer l’ennui.  Soudain, un casque canadien atterrit au milieu du jeu de cartes, faisant sursauter nos joueurs. L’un d’eux s’en empara et le relança vers un groupe de deux autres Canadiens qui en taquinaient un troisième – un Québécois – auquel ils avaient subtilisé la coiffe pour jouer au frisbee.  Dans l’ambulance aux portières ouvertes, le médecin capitaine Henri Labat, âgé de 35 ans, était assis côté pas sager et rédigeait son carnet de guerre. Il ne relevait la tête que pour observer – telle une forteresse imprenable – les collines de l’Artois perdues dans la lumière :« En ce dimanche de Pâques, c’est l’accalmie avant la bataille. Ce
5
n’est pas la paix pour autant, même si, depuis la fin de la matinée, nos canons, qui ont déversé en une semaine sur l’ennemi des centaines de tonnes de bombes, se sont tus. Ces explosions incessantes qui auraient pu nous rendre fous autant que les Allemands, n’avaient qu’un seul but : prépa rer notre grande offensive qui est pour demain. Nous avons reçu l’ordre de reprendre, quoi qu’il en coûte, la crête de Vimy. Les Allemands y sont installés depuis 1914 et en ont fait une véritable forteresse. À l’aube, nos troupes, composées de 30 000 Canadiens, déferleront des tranchées pour monter à l’assaut. La suite ? Seuls ceux qui survivront pourront la raconter. Ce que je crains le plus, en tant que médecin, ce sont les gaz. Les Allemands en ont utilisé sur nous à Ypres. Leurs effets sont si désastreux. Ceux qui n’en meurent pas restent infirmes ou aveugles. Cela peut durer quelques heures, quelques jours ou toute une vie… »
Le capitaine fut interrompu par un bruit sec contre la carrosserie. Le casque, lancé de nouveau par les deux Canadiens, avait rebondi sur l’ambulance avant de tom ber sur le sol. Labat referma son carnet, sortit irrité du véhicule et ramassa la coiffe. Il s’apprêtait à la relancer, mais se ravisa et examina l’objet. Il lui en rappelait un 1 autre : une barrette de mineur . Ses pensées et ses souve nirs le ramenèrent onze ans en arrière, le 10 mars 1906, dans le bassin minier de Courrières. Le jour où tout avait basculé…
1. Le casque du mineur.