Les Femmes Criminelles de France

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388 pages
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Description

Le crime au féminin est plus rare que celui perpétré au masculin. Il concerne une minorité des crimes de sang jugés chaque année depuis plus d'un siècle et demi dans notre pays. Avant l'abolition de la peine capitale en 1981, la criminelle est également beaucoup moins condamnée à mort. Et quand elle l'est, la grâce lui est le plus souvent accordée. Parfois, à l'issue de son procès, même si la preuve du crime a été admise par les jurés, elle sort libre du tribunal, car déclarée non coupable. Il y a donc une singularité de la perception de la criminelle par la société.


Serge Cosseron et Jean-Marc Loubier dressent pour nous le portrait de « femmes criminelles » qui tuèrent par jalousie, cupidité, vengeance, désespoir ou calcul, pour des raisons personnelles ou politiques, ou bien encore sur un coup de folie, de la moitié du xixe siècle aux années 1990. S'appuyant sur des archives judiciaires, des récits, des témoignages, des rapports d'expertises médicales et psychiatriques, ils font œuvre d'historiens en explorant dans sa crudité et sa violence cet univers du crime qui ne cesse, aujourd'hui encore, de fasciner et d'intriguer.


Dans cet ouvrage, nous croiserons des femmes dont les noms restent gravés dans nos mémoires, comme Simone Weber, condamnée pour avoir tué son ancien amant, les sœurs Papins, auteurs d'un double meurtre sur leurs patronnes, Violette Nozière, parricide et empoisonneuse, ou Marie Besnard, la « bonne dame de Loudun », mais également beaucoup d'autres dont on avait jusque-là oublié les forfaits...


Les auteurs : Serge Cosseron, après avoir suivi des études d'histoire contemporaine spécialisées dans l'Allemagne des années 1930 et travaillé au journal Le Monde, s'est lancé dans l'édition, créant et animant plusieurs structures. Auteur notamment d'ouvrages consacrés à Napoléon et à l'Allemagne contemporaine, il a également publié aux éditions Larousse, en 2007, un Dictionnaire de l'extrême gauche. Dans Les Femmes Criminelles de France, il a rédigé plus particulièrement les chapitres consacrés aux femmes dont les crimes revêtent un caractère politique.


Jean-Marc Loubier fut un temps professeur de lettres, avant de devenir journaliste (La Dépêche d'Évreux, Paris-Normandie, Radio France, TF1). Depuis 2005, il se consacre exclusivement à l'écriture de livres. On lui doit notamment des biographies d'Arletty, de Louis Jouvet, de Michel Simon, de Pierre Brasseur, de Louis de Funès, de Patrick Dewaere ou encore de Marilyn Monroe, un livre d'entretiens avec les comédiens Simone Valère et Jean Desailly (Un destin pour deux), deux albums, l'un sur Annie Girardot et l'autre sur Marlon Brando...

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Date de parution 02 novembre 2012
Nombre de visites sur la page 46
EAN13 9782812917417
Langue Français

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De Borée ÉDITIONS
Autres publications des auteurs
Serge Cosseron Un rebelle dans la révolution, Allemagne 19181921,Spartacus, 1988 L’Europe de 1815 à nos jours. Une histoire et une chronologie commentée (avec Philippe Faverjon), La Manufacture, 1991 Des Allemagnes à l’Allemagne,Hatier, 1993 Les Grandes Batailles de l’Empire,Philippe Auzou, 1999 Les Grandes Campagnes de l’Empire,Philippe Auzou, 2000 Napoléon, Joséphine, un mariage pour la gloire,Acropole, 2000 Galilée, 22 juin 1633, la science en question,Acropole, 2001 Les Mensonges de Napoléon,France Loisirs, 2002 e Les Mensonges du III Reich,France Loisirs, 2005 Dictionnaire de l’extrême gauche,Larousse, 2007
JeanMarc Loubier 150 recettes gourmandes pour garder la forme,en collaboration avec le docteur Françoise Halphen, Jacques Grancher, 1985Louis Jouvet, biographie,Ramsay, 1986Michel Simon ou le roman d’un jouisseur,Ramsay, 1989Louis de Funès, le berger des roses,Ramsay, 1991De Verre et d’éclats,Alliage 21, 1996Un destin pour deux,entretien avec Simone Valère et Jean Desailly, Ramsay, 1996 (prix SaintSimon 1997)Pierre Brasseur, l’éternel milliardaire,Bartillat, 1997Georges Simenon  Joséphine Baker, l’amour sauvage,France Loisirs, 2000Mata Hari, la sacrifiée,Acropole, 2000
Louis Jouvet, le patron,Ramsay, 2001
Lauren Bacall  Humphrey Bogart, un amour sans nuages,Acropole, 2002
Patrick Dewaere, la frayeur de vivre,Michel Lafon, 2002
Jean Gabin  Marlène Dietrich, un rêve brisé,Acropole, 2002
Joséphine, un amour de Simenon,Durante Éditeur, 2003
Marilyn Monroe, le mythe éternel,Mondadori, 2010
Annie Girardot, un talent généreux,Mondadori, 2011
Marlon Brando, l’insoumis,Mondadori, 2011
Lettres à... Marilyn,préface de Brigitte Lahaie, Autres Temps, 2011
La Petite Fille qui dansait rue de l’Abreuvoir et autres histoires courtes,Cide, 2012
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des GrandsAugustins, 75006 Paris.
©De Borée, 2012
Avant-propos UI SONTELLES? Qui sont ces femmes qui, un jour, eurent à affronter la justice des hommes pour avoir tué un amant, coupQlpmene,tottusmipoidefolie?une rivale, un enfant, un mari, un ennemi politique ? Ontelles agi par cupidité, par vengeance, par déses r, par calcul, par jalousie ou, sur un Telles sont les premières questions que nous nous sommes posées afin de dessiner les portraits de ces femmes criminelles du milieu du e XIXannées 1980. Pourquoi les noms de certaines d’entresiècle aux elles sont à jamais gravés dans la mémoire collective, comme Hélène Jégado, les sœurs Papin, Violette Nozière, Marie Besnard, Valérie Subra ou Florence Rey ? Autant d’interrogations auxquelles nous nous sommes efforcés de répondre en contant leur parcours familial, social, professionnel ou politique, jusqu’à ce jour où elles décidèrent de passer à l’acte. Au terme d’un choix souvent délicat, et sans vouloir tomber dans le sensationnel, nous avons retenu quelquesunes de ces femmes parmi des centaines d’autres, dont les actes nous sont apparus « exem plaires » et révélateurs d’une époque où il ne faisait pas bon tomber enceinte de son patron sous peine d’être renvoyée surlechamp et d’être rejetée par sa propre famille ; où il convenait de faire un beau mariage avec un homme plus âgé, riche mais… violent ; où il fallait subir l’autorité parentale sans regimber ; où il convenait de se laisser dominer par un mari volage ; où il était d’usage de ne pas entraver la carrière politique de son époux, quitte à être humiliée parce que devenue moins belle et moins désirable… Sans vouloir revenir sur la chose jugée, même si, dans certaines affaires, à l’instar de celles de Marie Lafarge ou de Paule Guillou, il nous a semblé que le doute n’est pas à exclure, nous avons souhaité donner au lecteur toutes les
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clés lui permettant de comprendre comment ces femmes qui donnent la vie peuvent l’ôter d’un coup de revolver, d’une pincée d’arsenic, d’une pression sur le thorax d’un enfant… Nous avons aussi privilégié l’exploration psychologique de ces criminelles, dont certaines n’ont jamais avoué leurs méfaits, ce qui conduisit à des procèsfleuve qui passionnèrent les foules. À l’issue de nos investigations, il appert que ces femmes ne sont pas nées criminelles. Toutes ont subi, à des degrés divers, à un moment ou à un autre de leur existence, un traumatisme profond qu’un simple déclic, verbal ou physique, a réveillé, les amenant à commettre l’irré parable. Ici un secret de famille, là une insupportable misère, ailleurs un besoin impérieux de faire partie de l’élite… Certaines de ces femmes, comme Camille Tharault, ont attiré la sympathie ; d’autres, comme Violette Morris, ont suscité le dégoût. Quelques autres ont inspiré des écrivains, des dramaturges ou des cinéastes faisant d’elles des héroïnes excusables ou à la triste figure. Il y a celles, aussi – le cas d’Henriette Caillaux est en ce domaine remarquable –, davantage connues en raison de la célébrité de leur victime ! Puis, il y a celles que l’histoire a tout simplement oubliées à cause de la « banalité » de leur crime ou de leur personnalité falote. Pourtant, leurs histoires n’en sont pas moins intéressantes. Enfin, pour enrichir cette « anthologie » du crime, nous avons choisi de revenir brièvement sur des affaires qui ne firent pas la une des journaux, mais où se côtoient également des drames de la jalousie, de l’alcoolisme, des actes gratuits ou prémédités, des infanticides ou encore des pièges tendus aux futures victimes. En nous appuyant sur des archives judiciaires, des rapports d’exper tises médicales et/ou psychiatriques, des comptes rendus d’audience, des récits, des témoignages, etc., nous avons tenté de faire œuvre d’historiens sans prétendre à l’exhaustivité, afin d’explorer dans sa crudité et sa violence cet univers du crime qui ne cesse, aujourd’hui encore, de fasciner et d’intriguer.
8 - Avant-propos
Cour d’assises de la Corrèze, 3 au 19 septembre 1840
Marie Lafarge,
une coupable innocence L LUI AVAIT PROMIS une vie de château en Limousin. Au lieu de cela, elle se retrouve dans une « salle déserte, du GIlandier, près de Beyssac, en Corrèze, elle n’a que ses larmes pour affreusement froide, sans meubles, sans porte ni fenêtre ». Il lui avait promis le luxe, mais à son arrivée dans le moulin se consoler. Quand elle entre dans ce qui, au dire de son futur époux, deviendra son havre de paix, elle découvre une « vaste chambre à alcôve avec cinq chaises parsemées le long d’un papier qui réunit toutes les nuances existantes ». Elle croyait faire un beau mariage avec un homme de cinq ans son aîné, pourtant, elle va de déconvenue en déconvenue. On lui avait dit qu’il était riche; il est quasiment ruiné. On lui avait dit qu’il était un « prestigieux » maître de forges ; il n’est en réalité qu’un médiocre industriel embarrassé dans ses affaires. On lui avait assuré qu’elle serait la bienvenue ; elle ne rencontre que l’hostilité de la part d’un contremaître et surtout de sa bellemère, une femme revêche et acariâtre. Il s’en faut de peu qu’au premier jour de son arrivée dans cette demeure lugubre et inhospitalière, elle ne tente de mettre fin à ses jours, car… elle n’aime pas cet homme qu’on l’a forcée à épouser. Cet homme s’appelle Charles Lafarge. Elle, c’est Marie la douce. Marie la rêveuse. Marie l’innocente. Marie qui pour rait bien être la descendante naturelle de Philippe Joseph d’Orléans er et petitenièce de LouisPhilippe I , roi des Français. Elle, c’est Marie Cappelle, épouse Lafarge, accusée, à tort ou à raison, d’avoir empoi sonné son mari en glissant dans un gâteau, qu’elle lui envoya à Paris un jour de novembre 1839, de la « mortauxrats ».
Marie Lafarge se procura de l’arsenic en affirmant au pharmacien Eyssautier : “ Je suis dévorée par les rats. Vérité ou mensonge ? Le doute subsiste encore.
10 - Marie Lafarge