L'écriture du roi Njoya

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Cet ouvrage ressuscite un héritage culturel qui se présente aujourd'hui comme un patrimoine national au Cameroun : l'écriture a ka u ku du roi Njoya. La guerre linguistique qui opposa l'administration coloniale française au peuple bamoun entre 1916 et 1933 s'acheva par la mort en déportation du roi Njoya, promoteur du système d'écriture de sa langue. Symbole de souveraineté intolérable en territoire soumis, ce système d'écriture autonome connut une interdiction exacerbée en pays bamoun.

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Date de parution 15 juin 2015
Nombre de visites sur la page 137
EAN13 9782336384818
Langue Français

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Emmanuel MATATEYOU(ed)
L’ÉCRITURE DU ROI NJOYA Une contribution de l’Afrique à la culture de la modernité
LITTÉRATURES ET SAVOIRS
L’écriture du roi Njoya
Littératures et Savoirs Collection dirigée parEmmanuel Matateyou Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature fiction mais également des essais produisant un discours sur des savoirs endogènes qui sont des interrogations sur les conditions permettant d’apporter aux sociétés du Sud et du Nord une amélioration significative dans leur mode de vie. Dans le domaine de la création des œuvres de l’esprit, les générations se bousculent et s’affrontent au Nord comme au Sud avec une violence telle que les ruptures s’accomplissent et se transposent dans les langages littéraires (aussi bien oral qu’écrit). Toute réflexion sur toutes ces ruptures, mais également sur les voies empruntées par les populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux défis à relever.  La collectionLittératures et Savoirs est un espace de promotion des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce qui permet aux critiques de dire désormais que la littérature africaine est une science objective de la subjectivité. Romans, pièces de théâtre, poésie, monographies, récits autobiographiques, mémoires... sur l’Afrique sont prioritairement appréciés. Déjà parus Emmanuel Célestin MBARGA,La sacoche mystérieuse, 2015. Maboa BEBE,Ewande. Amour, peurs, espoir, 2014. TOMA de l’EAU,Soir au village ou Globalisphère, 2013. Léonard FOKOU,L’Aurore de l’Aurore, 2013. Germain DONFACK,La paix à tout prix, 2013. Sosthène Marie ATENKÉ-ÉTOA,Les poèmes de la passion, 2013. AYANGMA-BONOHO,Noire cité, 2013. SALTAIRE,Judas de jadis – Judas d’aujourd’hui, 2013. Herbert MOFFO KAZE,La dent du coq, 2013. Léonard FOKOU,L’Odyssée d’un enfant dans un monde en dérive,2013. Sophie Françoise BAPAMBE YAP LIBOCK,Le dévoilement du silence, 2013. Pierre HINIMBIO TAÏDA, Sur le chemin de l’espoir. La colère des esprits, 2013. Leonard FOKOU, The Eventful Life of a Child in a Lost World, 2013.
Emmanuel MATATEYOU(ed) L’écriture du roi Njoya
Une contribution de l’Afrique à la culture de la modernité
Du même auteur An Anthology of Myths, Legends and Folktales from Cameroon. Storytelling in Africa, Lewiston : The Edwin Mellen Press, 1997. Les nouveaux défis de la littérature orale camerounaise. Ndzana Ngazogo. Problématique d’une conciliation du réel et de l’irréel,Yaoundé, Presses universitaires de Yaoundé, 1999. Les merveilleux récits de Tita Ki,Yaoundé, Clé, 2001. Parlons bamoun,Paris, L’Harmattan, 2002. Dans les couloirs du labyrinthe, Paris, L’Harmattan, 2004. La Princesse de Massangam,Yaoundé, Éditions Tropiques, 2006. Palabres au Cameroun,Paris, L’Harmattan, 2008. Les Murmures de l’harmattan, Bamenda, Langaa RPCIG, 2010. Moundi et la colline magique, Paris, L’Harmattan, 2010. Le Prince Moussa et la grenouille,Paris, L’Harmattan, 2011. Sociétés secrètes et littératures au Cameroun. Contribution à une lecture anthropocritique de la poésie orale bamoun,Sarrebruck, Éditions universitaires européennes, 2011. Comment enseigner la littérature orale africaine ?,Paris, L’Harmattan, 2011. Ce qui tue l’homme, c’est ce qui sort de sa bouche,Bamenda, Langaa RPCIG, 2012. Madiba et le vieux lion,Yaoundé, Éditions Tropiques, 2013. La mer des roseaux,Paris, Teham éditions, 2014. © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04352-4 EAN : 9782343043524
PourPhilippe Mongbet
Comité scientifique
Jacques Fame Ndongo : Université de Yaoundé 2 Bongasu Tanla Kishani : Université de Yaoundé 1 Maurice Tadadjeu : Université de Yaoundé 1 Emmanuel Matateyou : Université de Yaoundé 1 Zachée Denis Bitjaa Kody : Université de Yaoundé 1 Elikia Mbokolo : École des hautes études en sciences sociales, Paris
Le roi Njoya Ibrahim
 u moment où le roi Njoya meurt le 30 mai 1933 à Yaoundé, le système d’écriture qu’il avait initié quelques décennies auparavant A avait atteint un niveau performatif louable. Si en 1895, le premier alphabet avait 510 signes, en 1933 l’alphabeta ka u ku, le tout dernier, n’avait plus que 70 symboles. Cette écriture subira trois grandes transformations qui la feront passer du stade pictographique au niveau idéographique et, plus tard, phonématique en moins de cinquante ans. Les premiers articles scientifiques qui signalent l’existence de cette écriture en pays bamoun datent de 1907 et sont l’œuvre du sociologue A. Van Gennep et du Pasteur Göhring. Si ces premières études survolèrent les travaux linguistiques de Njoya et son équipe de recherche, les renseignements réunis après la guerre de 19141918 par le lieutenant Clapot, Maurice Delafosse, le Professeur Labouret, et L. W. G. Malcolm révélèrent au monde entier la grande évolution de l’alphabeta ka u ku. Après la Deuxième Guerre mondiale, Idelette Dugast et M.D.W. Jeffreys consacreront une étude plus fournie en 1950 à e l’écriture des Bamum. Et ce sera tout. Pendant toute la moitié du XX siècle, ce système d’écriture qui est avec les hiéroglyphes égyptiens en Afrique le seul alphabet fonctionnel ayant permis la rédaction de plusieurs ouvrages et le développement d’une littérature dynamique, va connaître une période dormitive à cause des actions perverses liées à la colonisation. Cette étude est la toute première qui jette un regard croisé sur l’alphabet de Njoya. Linguistes, sociologues, philosophes, littéraires, sémioticiens, juristes, historiens, se donnent rendezvous ici pour éclairer davantage cette pépite de la culture africaine. Ce projet initié en 2002 à l’occasion du Nguon Festival, une fête de la démocratie qui est célébrée à Foumban tous les deux ans, vise à exhumer cette 1 écriture des cendres de l’oubli et se situe dans le prolongement de la renaissance africaine qui permettra aux uns et aux autres de se réconcilier avec euxmêmes en revisitant cette réalisation de génie et pouvoir avancer les pas assurés dans le sentier sinueux de la mondialisation, l’arbre ne s’élançant dans les airs qu’après avoir solidement enfoncé ses racines dans la terre nourricière qui lui donne vie. Aujourd’hui plus qu’hier, la maîtrise des sciences et de la technique passe par la maîtrise des langues ainsi que des écritures africaines : c’est la voie royale pour accéder à la modernité.
1 Dans cet ouvrage les contributeurs utilisent pour les uns « l’écriture shümom » et pour d’autres « l’écriture a ka u ku ». Les deux appellations désignent une seule et même réalité : l’alphabet inventé par le Roi Njoya.
Dans la première partie de cet ouvrage, l’attention est focalisée sur la naissance et l’évolution de l’écriturea ka u kuà travers le temps et l’espace. Il s’agit de dépasser le cadre de la naissance de cet alphabet et de la langue shümomanalyser le mouvement créatoriel de Njoya et son équipe de pour recherche dans un contexte où on s’attendait le moins à une telle prouesse. Quel est le destin actuel de cette écriture ? L’alphabeta ka u ku estil fonctionnel ? Peuton aujourd’hui l’utiliser pour écrire le français, l’ewondo, le swahili, l’anglais ou le polonais ? En examinant les multiples évolutions de cet alphabet, les différentes contributions de cette deuxième partie permettent de dégager ce qui fait l’originalité de ce système d’écriture qui s’adapte bien aux langues à ton que sont les langues bantoues. Comment l’intégrer au niveau des enseignements secondaires et de l’éducation de base ? L’expérience vécue par le roi Njoya et son équipe mérite d’être vulgarisée aujourd’hui en Afrique et dans le monde parce qu’elle participe de la contribution de l’Afrique à la construction de la modernité. Les jeunes Africains du continent ainsi que de la diaspora devraient apprendre l’écriturea ka u kuqui va, dans le dialogue entre cultures, éclairer le flambeau de la civilisation d’une flamme nouvelle qui rayonne sur l’universel. Dans la troisième partie, les chercheurs passent au laminoir d’une critique froide cet alphabet qui est considéré par plusieurs africanistes comme un précieux viatique pour le succès du dialogue des cultures qui exige que l’on soit soimême. Rester soimême, c’est une assimilation créative, une adaptation raisonnée ; rester soimême, c’est un dosage heureux bien étudié et une adaptation bien équilibrée entre ce qui est local et ce qui est universel ; rester soimême, c’est ressentir une juste fierté d’être ce que l’on est en même temps que l’on éprouve une véritable humilité pour accepter ce que les autres sont. Cet ouvrage permettra aux Africains de se redécouvrir parce que rester soimême, c’est aussi intensifier la lumière projetée sur l’avenir qu’on prévoit et qu’on prépare.
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Emmanuel Matateyou
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