Le méroïtique

-

Livres
131 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Curiosité à l'égard de ce royaume de Kush qui, il y a 27 siècles donnait à l'Egypte sa XXVe dynastie de pharaons, ses "pharaons noirs", dont les impressionnants vestiges sont au cœur du désert nubien. Curiosité à l'égard de sa langue, cousine par l'écriture de l'égyptien ancien et qui lui est pourtant fondamentalement étrangère tant dans son organisation que dans son lexique. Rêve et imaginaire aussi, tant cette langue que l'on comprend encore trop peu ouvre des perspectives fascinantes au chercheur opiniâtre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2010
Nombre de visites sur la page 166
EAN13 9782296935730
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
 
      !"  ! # $  %&   '' #($  !#($  ) *!+,-         !!"  #!      !$ !   ! % .+ /0'1($ .     2' $0  '&& 3 )$ % )   $ 0  . *4567849:;-< $ = $  >$%  3 )?  3 )&   & '$&  00'@ +%  $$?  $ '< $  ($)  $ $& $  ($ )   % A  $< $&&($< < '< $< &< ''< &>$< < < % $ $ $  $   $$    ($  &<   1    %  )  )$ %# B $  ' < && )=  )'@ )    ($    $$ <  ) $$  $C ($  $ )  .<  )##  #< %   ($ $  D<  $ %   &@ "+ + .!+4: E  @    & "!!! !!'()*+,())(-@ )&@ . 4FFF@ 4G E !H!!H! $$ I@./ !  #@ .  2@ /!!@ +< + $ J774@ 45 E  @0#,/ #!" 1   23 1 . @ )&@ . J77:@ 49 E @  +@0!!$ !! 04" 5 !@ +@ +8$ J775@ 4; E 20"@!!  !! 1 ! @ $ $  $    2@ $0  @ $'@ )!' &$@ ! J776@ 46 E KL /8+!+@ 6 !!@ )&@ . J77F@ 4F E + !H@ "!  7  08!@ +@ +8$ J77F@ J7 8  @98 : !! !! ; ! $<! =>>?,=>>*@ )&< . J77F@J4 E 20"@!!  !! , ! @ $ $  $    2@ $0  @ $'@ )!' &$@ ! J77F JJ E !#/!"H@ 0&&"@ )!' &$@ ! J747
H$M!N!"N+O 
+@ O!M+$  ) '$&   !!  . @!   $ = $   MPPK8QK%
$%     $ )! $  ''   $ #($ $ )!#($  ) *!+!-© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’EcolePolytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296124615 EAN : 9782296124615
PREFACEUn an après le décès de son auteur en 1979, leMéroïtiquede Youri Zawa-dowski est publié, en langue russe, par les soins de son collègue et ami, l‟égyptologue Isidor Katznelson.Publier en français un ouvrage scienti-fique vieux maintenant de trente ans peut sembler discutable. L‟exercice relève pourtant d‟une triple préoccupation. Il s‟agit tout d‟abord de proposer un document de synthèse, jusqu‟alors quasiment inaccessible, rédigé à un moment où les études méroïtiques reprenaient de l‟ampleur et tendaient à une certaine cohésion. Il est ensuite l‟occasion de rendre hom-mage à un grand philologue de formation française, dont les intuitions à l‟aplomb de son immense savoir se sont largement affirmées au fil d‟une brillante carrière. L‟arabisant réputé a fait porter ses travaux les plus re-marquables sur la biographie et lhéritage créateur de trois des plus célèbres philosophes dOrient,Ibn Sīnā, al-Bīrūnīal-F et ārābī. Le philologue s‟est distingué par ses recherches sur les dialectes arabes du Maghreb, re-cherches qui l‟ont naturellement mené à la berbérologie et à l‟étude des langues libyco-berbères. Ce sont ces dernières qui paraissent l‟avoir con-duit, par un tour ordinaire de l‟esprit, à s‟interroger sur le ιproblème Mé-roéκ. Dernier alibi à cette édition française, il s‟agit d‟une contribution à l‟année de la Russie en France, de se risquer à vivifier modestement quelque passerelle culturelle, de celles qui trouvent toujours un chemin pour faire de la différence une richesse. La langue du royaume de Kush que, dans les années 1850, le chercheur allemand Lepsius désignait pour la première fois sous le vocable demeroi-tisch, préoccupe depuis longtemps la communauté des chercheurs. Philo-logues, linguistes et archéologues tentent patiemment de percer les secrets d‟une société dont les vestiges attestent de la dimension, sans que les textes qui nous en sont parvenus ne permettent toutefois d‟accéder à son enten-dement global. Car telle est la « question méroïtique » : le passage de la lecture de cette langue à son intelligence et à sa traduction. A l‟instar de l‟étrusque et de quelques autres encore, l‟idiome mystérieux que l‟on dé-chiffre mais que l‟on comprend trop peu, ouvre des perspectives fasci-nantes au chercheur tenace. Il reste que, faute d‟avoir mis à jour la ιpierre de Rosette » appropriée qui ouvrirait résolument les portes de la compréhension, cette ténacité peine à ne pas le céder au découragement. Pourtant, en dépit de l‟hermétisme qui perdure, le savoir, à pas lent, a ici aussi progressé. Si l‟intérêt des savants
e est avéré dès le début du 20 siècleςavec les travaux décisifs du philologue et égyptologue britannique Francis Llewellyn Griffith, incontestable fonda-teur des études méroïtiquesςil faut attendre l‟après-Seconde Guerre mondiale pour voir enfin la recherche véritablement décoller. A partir des années soixante, les choses paraissent même devoir s‟accélérer, car un re-gain d‟intérêt se fait jour dans les grandes universités européennes et amé-ricaines. De nombreux travaux donnent lieu à de nombreux articles, de nombreuses hypothèses, de nombreuses recensions. Il reste que chacun semble travailler seul, faute de moyen, faute de forum. C‟est alors que face à la lourdeurde la problématique, des réceptacles d‟échanges se mettent enfin en place et que le savoir parvient tant bien que mal à s‟organiser.Trois nécessités s‟imposent d‟emblée à la communauté des chercheurs : faire le point sur l‟acquis ς substance et hypothèsesς, le mettre en pers-pective et créer les espaces facilitant les échanges et favorisant la réflexion. En 1968, sous les auspices de Jean Leclant, professeur à la Sorbonne, et de Bruce G. Trigger, de l‟Université de Montréal, sont lancées à ParislesMe-roitic Newsletters, revue qui permet d'enregistrer les avancées duRépertoire d’épigraphie méroïtique(REM)et donne aux spécialistes de l'archéologie et de la philologie méroïtique un espace de publication qui leur faisait défaut. Ils y accueillent les contributions de tous les grands noms du moment dont celui de Fritz Hintze qui de son côté crée à Berlin en 1973 la revueMeroiti-ca, laquelle jusqu'aujourd'hui paraît de façon assez régulière, accueillant principalement les actes des congrès d'études méroïtiques ainsi que des monographies. Une impulsion est donc donnée. Méroé quitte les espaces périphériques et prend sa place entière dans le cortège des études des savoirs anciens. Ainsi, en février 1974, sous l‟égide de l‟UNESCO, un colloque est organisé au Caire sur le double thème du peuplement de l‟Egypte ancienne et le déchif-frement de l‟écriture méroïtique.Bien que n‟ayant que marginalement participé à ce colloque, la recherche russe n‟est pas restée sourde à ces sujets. Sous la houlette du philologue Youri Zawadowski et de l‟égyptologue, Isidor Kaznelson, une école d‟études kushites s‟est développée depuisla fin des années soixante au sein de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de l'URSS. Youri Zawadowski qui a été formé à l‟Institut des Langues orientales de Paris apparaît explicitement dans les études méroïtiques en 1971. Il publie alors dans laMeroitic Newslettersde Jean Leclant un texte assez court, intitulé Notule sur une possible contamination de l’alphabet méroïtique par le système libyco-berbère, réflexion qui semble établir une passerelle entre le travail de son auteur sur les langues libyco-berbères et son intérêt pour le méroïtique.
6
L‟année suivante, en 1972, il rédige pour la même revueSome Considerations on Meroitic Phonology, une recherche approfondie sur la phonologie mé-roïtique, la première du genre. En 1973, Kalznelson publie de son côté à Berlin, dans laMeroiticade Hintze,The Study of the History of the Napatan and Meroitic Kingdom : Present state and tasks. C‟est donc bien sur l‟impulsion de ces deux chercheurs que l‟Académie des Sciences de Moscou accepte de s‟impliquer de façon plus patente dans les travaux sur Méroé. Paraîtront ainsi entre 1977 et 1989 une série de quatre recueils rassemblant les travaux de différents scientifiques sous les titres successifs de : -1977 :Méroé - Problèmes d'histoire et liens culturels-1981 :Méroé - Histoire, histoire de la culture, langue de l'ancien Soudan-1985 :Méroé - Histoire, histoire culturelle et langues du Nord-Ouest africain et du bassin de la Mer Rouge-1989 :Hommage à I. Katznelson:« Problèmes d'histoire et des liens culturels dans l'antiquité et le haut Moyen-Âge »Deux articles de Youri Zawadowski sont publiés dans les deux premières livraisons :Analyse de la stèle de Tourajev à l'Ermitageen 1977 etProblème de l'article en méroïtique, en 1981, soit deux ans après sa mort. Il reste qu‟après celle-ci, survenue en 1979, le travail de l‟école russe sur le méroïtique deviendra plus discret. Les contributions seront essentiellement d'ordre historique et resteront quasiment limitées aux auteurs soviétiques. Ainsi, dans les années quatre-vingt-dix, la revue cessera-t-elle de paraître tant à cause de la désorganisation des institutions de l'ex-URSS qu'en rai-son de la disparition de ses fondateurs. Aujourd‟hui, tandis que Méroé intéresse un nombre toujours croissant de scientifiques, les laboratoires les plus dynamiques sont à Vienne où Inge Hoffmann publie depuis 1986 la revueBeitrage zur Sudanforschungle dont dernier numéro est paru en 2006 et à Paris où les travaux de Claude Rilly 1 s‟inscrivent dans la continuité de ceux de Jean Leclant. Claude Rilly qu‟il s‟agit de remercier chaleureusement d‟avoir accepté de commenter et d‟annoter le texte de Zawadowski à la lumière des acquis nouveaux en dépit d‟un emploi du temps qui ne s‟y prêtait guère.Un petit ouvrage de passage entre les mystères de Méroé et nos certitudes contemporaines, mais d‟espoir aussi quand le savoir parvient à nous ras-sembler autour de nos rêves et de nos interrogations. Marc Fontrier
1 Voir en particulier : Claude RILLY.La langue du royaume de Méroéun panorama de la plus ancienne culture écrite d’Afrique subsaharienne. Honoré Champion. Paris 2007
7
Musawwaratas-Soufra Nagaa
5ecat.
3ecat. Kerma Argo(Pnubs) îledArgo
Soba
SOUDAN
4ecat. Nuri
Karanóg Toshka
Akasha
Khartum
Faras WadiHalfa 2ecat.
Nil
i nc N l bla
Areika Shablul QasrIbrim(Primis)
Nilbleu
Soba
wadi Al aqi l
Sennar
TropiqueduCapricorne
Nil Méroé WadibenNagaa Basa Î E d R 6ecat.L   e ME OE
NUBIE SEPTENTRIONALE
Kosha
Khartum
Atbara
Aswan 1èrecat.
110 km
55
0
55
Kawa DjebelBarkal Napata El-Kurru
Le méroïtiqueest une langue qui durant l’Antiquité a été parlée sur le territoire de l’actuel Soudan, dans le royaume de Kush, à Méroé et Napata, ses capitales. Dans la première partie de cet ouvrage, on trouvera une histoire de l’ancien Soudan et un aperçu des étapes du déchiffrement des inscriptions mé-roïtiques. Les parties suivantes sont consacrées à une description de sa pho-nologie et de sa morphologie. Les inscriptions méroïtiques n’ayant pas été complètement déchiffrées jusqu’à nos jours, l’auteur n’a retenu en exemple que les textes qui se prêtent à une lecture suffisamment fiable.