Résonance de la langue anglaise
156 pages
Français

Résonance de la langue anglaise

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Description

Cet ouvrage évoque une expérience d'appropriation de la langue anglaise en milieu naturel et en classe de langue dans un "Migrant Center" de Melbourne (Australie). Il aborde aussi un enseignement de langue française à des étudiants australiens de différents niveaux. Cette approche de l'apprentissage spécifique de l'anglais et du français permet de tirer des réflexions sur le processus d'apprentissage des langues.

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Date de parution 01 décembre 2012
Nombre de lectures 17
EAN13 9782296511934
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Victor Allouche
RÉSONANCE DE LA LANGUE ANGLAISE
Apprentissage et réflexions
RÉSONANCE DE LA LANGUE ANGLAISE
Victor ALLOUCHE RÉSONANCE DE LA LANGUE ANGLAISEApprentissage et réflexions
DU MÊME AUTEUR
Aux Presses Universitaires de la Méditerranée (PULM) : Vécu de langues en milieux australiens(2006) L’écrit en FLE : Travail du style et maîtrise de la langue(2011) Chez L’Harmattan : Approche interprétative des discours de presse(2012) Une didactique des actes de discours et des séquences(2012)
© L'HARMATTAN, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00510-2 EAN : 9782336005102
A Nada, ma femme, qui m’a fait rencontrer l’Australie.
PréfaceDe la forme naît l’idée. Gustave Flaubert. La didactique des langues, après avoir franchi les barrières 1 que lui imposait une approche mécaniste des langues - ou qu’elle avait cru bon d’adopter pour se libérer des chaînes par lesquelles l’hypothèse cognitive traduction/réflexion l’immobilisaient - a cru, un temps, s’approcher davantage d’une démarche réaliste en mettant en œuvre les actes de parole, les démarches actionnelles, les compétences, les « cribles culturels » des apprenants… Sans prendre en compte en profondeur l’irréductible rencontre avec laforme même des vocables de la langue étrangère, son pouvoir d’attraction et ses 2 effets . C’est de cela qu’il s’agit dans l’ouvrage de Victor Allouche. Et c’est important. L’apprentissage d’une langue étrangère, plus particulièrement le milieu propre à celle-ci, s’apparente au choc que peut créer la rencontre vraie avec l’œuvre d’art. Celle-ci, en effet, travaille en nous des terres ignorées, fouaille, tisonne nos mémoires anciennes, ramenant à la vie des adhérences tues, suscitant des résurrections inattendues, ouvrant la porte à des émotions imprévues, nous transformant…
Chacun de nous a fait cette expérience, au moins au plan grossier des « faux amis » : ainsi du verbe espagnolsalir(sortir) traduit commesalir (souiller) en français, ou esp.proprio (de soi) compris comme fr.propreà salir, souiller), qui (opposé
1  Ce qu’elle n’a jamais fait en réalité, comme j’ai pu le démontrer dans ma Thèse d’Etat (Enseignement de la grammaire aux Etrangers, ss dir. J. Peytard, 1981, Besançon), la DDL ayant pris appui sur l’essor de la linguistique structurale théorique pour quitter, non sans difficulté, les ombrages peu productifs des textes littéraires à traduire, de la grammaire à ingérer et d’une méthode directe fondée sur une conception de la langue comme un étiquetage des choses de la vie… 2  Parmi les motivations d’étrangers étudiant le français, sa « musicalité » est souvent invoquée.
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répond à esp.limpioDe même, esp. (propre). fama (réputé, fameux) est ressenti comme apparenté au fr.affamé… Comme ces homophonies trompeuses, ces découpages perturbants les séquences (du bout d’un doigt tremblantlaisse entendreboudin, c’est ouvert:c’est tout vert, quant àpétulant,concupiscentet l’on connaît la traduction que Queneau donna du célèbre vers de Keats :a thing of beauty is a joy for ever:un singe de beauté est un jouet pour l’hiver… Et qu’est-ce qu’unchien de fusilon le décompose en ses éléments  quand ? Cela demeure bien sûr dans le domaine circonscrit des confusions dues à des analogies formelles, dont peut rendre compte une explication pédagogique. Mais qu’en est-il des attractions et des répulsions plus mystérieuses, des nébuleuses qu’évoque Victor Allouche ? Quelles profondeurs inconscientes sont mises en œuvre, attirantes ou bouleversantes, en quoi sont-elles susceptibles de favoriser ou de bloquer l’activité d’apprentissage ?
Victor Allouche, fort de son expérience de linguiste et de didacticien du Français Langue Etrangère, enrichie de celle de l’apprenant de la langue anglaise qu’il fut, en milieu australien, revient sur un vécu qu’il a su transformer en matière première d’une interprétation articulée autant au champ de la linguistique qu’à celui des notions de la psychanalyse. Car si nous pouvons prendre conscience de ces rapprochements involontaires que nous faisons entre des formes analogues, nous identifions souvent moins leurs effets pour la construction d’une grammaire et d’un lexique intériorisés, et pour l’appropriation de la langue. Celle-ci intègre nécessairement ce rapport subjectif profond et mystérieux avec, d’abord, le signifiant, la matière phonique organisée de nouvelle manière - et souvent opaque. Le signifiant est alors ce corps de la langue étrangère qui résiste souvent, parfois nous égare, et qui, heureusement, aussi, se livre à nous, en ces moments où nous avons enfin l’impression d’habiter ce qui n’est plus tout à fait un outil, mais bien une partie de nous-mêmes, neuve, où vient se travailler différemment qu’en notre langue native, la toujours présente signifiance. Encore faut-il que la forme, résistante, tant dans sa perception que dans sa profération, enfin s’efface pour que s’écoule la substance du sens nouvellement articulée dans les
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champs lexicosémantiques de la langue étrangère, se nouant aussi à des sensations, des expériences, des valeurs, éventuellement des comportements nouveaux.
Appropriation : telle est sans doute le nœud de la réflexion de Victor Allouche, puisqu’il prend ici comme objet de réflexion les champs délaissés des approches de la DDL, approches simplistes et idéalisantes, structuralistes/notionalistes, réduites à des régularités internes (structures morphosyntaxiques) ou cognitives (notions) ou comportementales (actes de parole) sans souci de la dimension éminemment subjective de cet immense dérangement qu’est l’accès à une langue étrangère. La personne qui apprend une langue étrangère se trouve inévitablement confrontée à plusieurs obstacles : a)La rencontre avec la barrière accentuelle. Le Français qui conquiert une nouvelle langue tend à transporter avec lui les coups de massue qu’il assène vigoureusement à la fin de chaque séquence syntagmatique, ce qui peut amuser un hispanophone, certes, mais tend aussi à obscurcir la communication. Surtout dans des langues où l’accent est susceptible de modifier la signification (lalana, en malgache, selon la position de l’accent, signifie rue ou loi). b)La segmentation des unités signifiantes (mercantileĺmère quand il…, Iĺil la pèle…) et leur forme contextuelle (on peut connaître le motrobe, sans le reconnaître dans :une robe trop courte où, désonorisé, [b] est produit comme un [p]. c)Le syncrétisme phonémique, dû au crible phonologique. Comment un Français pourrait-il se douter que les deux prononciations du « che » allemand distinguent l’église de la cerise (Kirche/Kirsche) ? d)Les attractions formelles entre les langues, que nous avons déjà évoquées. Mais elles peuvent même se produire entre les différentes langues connues. Ainsi, un étudiant Malgache propose de comprendrepolygame
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