Elles étaient de quelles couleurs tes vacances ?

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Une série de tableaux souvenirs décrits magnifiquement avec des mots colorés, un verre de limoncello à la main.




ALORS, ELLES ETAIENT DE QUELLES COULEURS, Nonno ? demande Augustin, philosophe de 3ans et demi, à mon retour de villégiature. Nonno ? c’est bibi, son grand-père, chromatiste socio affectif. Ça m’a interpellé quelque part, et aussi un peu plus loin, d’ailleurs. Du coup, j’ai peint aussi sec des moments arc-en-ciel, des histoires estivales ou septentrionales, des dégradés en noirs de blues, des camaïeux de roses charnels, des bleus à l’âme et à la mer. Consécutivement j’ai extrapolé le futur pas simple, le passé décomposé, le présent pas vraiment cadeau. Ces vacances sont parfois en congé de vraisemblance, sauf ce scooter monté par des gros nazes, sauf ce moribond hédoniste de terril morigénant les cons en rouge euphorique, sauf ce héros en tongs flapies pestant in petto contre la nature sous marine violette et urticante...




José Noce manie la plume et le pinceau avec un égal bonheur. La relation de ses pérégrinations est des plus savoureuses comme ses encres sur papier qui fourmillent de détails sous le foisonnement de la couleur.

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EAN13 9791023404005
Langue Français

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José Noce Elles étaient de quelles couleurs tes vacances ? Nouvelles
CollectionMélanges
À TITI et TINTIN La nuit ça dure trop longtemps… ATTILIO (6 ans) Elles étaient de quelles couleurs tes vacances, Nonno ? AUGUSTIN (3 ans)
Préface en forme d’avertissement aux lecteurs Je vois la vie en rosse. Jules Renard (Journal) Ce soir je voudrais dépenser tout l’or de ma mémoire. Pierre Reverdy (Main d’œuvre) Elle était blanche comme ne sont pas les cygnes. Roger Nimier (Les Indes Galandes) 1.
Camping des flots bleus Loin, c’est la porte à côté Claude Roy La banalité est le déguisement adopté par une volonté très puissante d’abolir la conscience. Amos Oz Apparemment, des alignements de bureaux vides. Tout au fond de la grande salle, un officier était encore là, laborieusement occupé à rédiger un rapport. Et, plantée devant le distribut eur automatique, une femme policier chauve buvait son café presque chaud. Voilà en tout cas ce qu’il était encore autorisé à voir, et qui ne serait certes pas perdu pour tout le monde !
On était pile un an plus tard, jour pour jour… Ils pouvaient donc légalement enfin repartir en vac ances. Lentement, le paysage se mit en marche. Sur le miroir écran serti dans le tableau de bord s upérieur défilait un long ruban de macadam surpeint de traces anciennes. Parfois des v éhicules improbables y faisaient une brève apparition. Il fallut convenir, haut et fort, que la dépense en valait la chandelle. On entendait en effet distinctement, en relief interne, les enchevêtrements sonores des vitesses, le bouclage des ceintures de sécurité , le glissement chuinté des stations radio, le gribouillis parasitaire, nostalg ique, et une à une les chansons vocales acoustiques qu’ils avaient jadis aimées, co mmandées depuis un an exactement. Au fur et à mesure qu’il sentait la tête de son épo use pressurer son bras droit en secousses, il constatait le dégradé artistique d’un fondu de lumière qui noyait imperceptiblement l’intérieur de nuit. Une nuit de bord de mer. Comme ils en avaient eux-mêmes connues jadis, entre le Touquet et Hardelot, quand ça existait encore, bien avant cette putain d e troisième guerre intercontinentale. Une banderose comme un ruban de cerf-volant découpant l’horizon en tranche napolitaine. Et merde, tout lui revenait… Malgré les cachets mnémophages, le sirop stop stres s, leurs soleils jaunes en gélules… Inévitablement, la même transpiration liquéfiait ses vêtements d’opérette. Il lâchait un peu le volant et pleurait, les yeux o uverts, en faisant croire assez maladroitement comme d’habitude qu’il souffrait d’une malencontreuse poussière. Mais il se ressaisissait et souriait, condescendant , à l’approche des aires d’autoroute. Il n’y manquait rien, les salauds, pensa-t-il, avec un pincement au cœur, tout en réglant furtivement ses deux capsules enregistreuse s logées dans son piercing auriculaire fabriqué tout spécialement pour la rout e, pour et par un ami gastronome… Les poubelles débordées de cannettes. Les pubs polychromes en vrai papier fripé. D’ailleurs les gosses exultaient déjà sur les siège s, avec des bouées canards en bandoulières et des bonbons pour la route, chers vi eux gadgets imparfaitement dépoussiérés, clonés à l’identique sur les reliquats prélevés dans le stock d’après-guerre. Des vieilles affaires de protocole, des affaires d’apparat, d’apparence… Ils partaient en vacances, et pourtant, l’éclair d’ un regard, on put lire deux vides mornes de fatalisme aigre. Quand les portières claquèrent, deux soupirs rageurs et las s’y fondirent.
Les odeurs d’essence et d’asphalte réchauffé. Les distributeurs de boissons chaud-froid. Le ballet des sigles fluo (fourchettes et couteaux, tasses de café, lit…), autant d’objets obsolètes dont ils avaient eu bien du mal à expliquer la véritable fonction aux rejetons. Il n’y manquait rien. Ils sont vraiment forts ! Se surprenait-il à penser à chaque fois. Mais à quoi bon ? Se rembrunissait-il aussi sec. >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Table Préface -1) - Camping des flots bleus. 2) - Luxe et luxation. 3) - Un petit coin de paradis. 4) - Mer morte. 5) - Salle d’attente. 6) - La toussaint au soleil. 7) - La vie en rose. 8) - Le blé des terres brûlées. 9) - Bagagli smarriti. 10) - Raids dingues. 11) - Les vacances des Mères Noël et &. 12) - Une nuit sur le Mont Chauve. Cet ouvrage fait l’objet d’une version papier aux éditions du Horsain. http://horsain.wordpress.com
L’image de la couverture est signée José Noce -o-Pour consulter le catalogueSKA (Romans et nouvelles) Une seule adresse : http://ska-librairie.net Et le blog : http://skaediteur.net