261 pages
Français

Action et langage

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Description

Centré sur les conditions de l'action collective et de la formation de ses acteurs, et tirant parti de l'expérience des mouvements protestataires et utopiques liés à la crise argentine de la dernière décennie, cet ouvrage entreprend de refonder la pragmatique en lui incorporant la thèse (venue de Benjamin et Arendt) d'une force illocutionnaire non conventionnelle qui déjoue les jeux de langage établis et institue l'horizon d'une "violence non violente".

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Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 167
EAN13 9782296704176
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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ACTION ET LANGAGE Des niveaux linguistiques de l’action aux forces illocutionnaires de la protestation
La Philosophie en commun Collection dirigée par Stéphane Douailler, Jacques Poulain, Patrice Vermeren  Nourrie trop exclusivement par la vie solitaire de la pensée, l'exercice de la réflexion a souvent voué les philosophes à un individualisme forcené, renforcé par le culte de l'écriture. Les querelles engendrées par l'adulation de l'originalité y ont trop aisément supplanté tout débat politique théorique.  Notre siècle a découvert l'enracinement de la pensée dans le langage. S'invalidait et tombait du même coup en désuétude cet étrange usage du jugement où le désir de tout soumettre à la critique du vrai y soustrayait royalement ses propres résultats. Condamnées également à l'éclatement, les diverses traditions philosophiques se voyaient contraintes de franchir les frontières de langue et de culture qui les enserraient encore. La crise des fondements scientifiques, la falsification des divers régimes politiques, la neutralisation des sciences humaines et l'explosion technologique ont fait apparaître de leur côté leurs faillites, induisant à reporter leurs espoirs sur la philosophie, autorisant à attendre du partage critique de la vérité jusqu'à la satisfaction des exigences sociales de justice et de liberté. Le débat critique se reconnaissait être une forme de vie.  Ce bouleversement en profondeur de la culture a ramené les philosophes à la pratique orale de l'argumentation, faisant surgir des institutions comme l'École de Korcula (Yougoslavie), le Collège de Philosophie (Paris) ou l'Institut de Philosophie (Madrid). L'objectif de cette collection est de rendre accessibles les fruits de ce partage en commun du jugement de vérité. Il est d'affronter et de surmonter ce qui, dans la crise de civilisation que nous vivons tous, dérive de la dénégation et du refoulement de ce partage du jugement. Dernières parutions Edgar MONTIEL,L'humanisme américain, 2010. Julián FERREYRA,L'ontologie du capitalisme chez Gilles Deleuze, 2010. Amparo VEGA,Le premier Lyotard : philosophie critique et politique, 2010. Patrice PIERRE,Les élites politiques et le peuple dans la e France du XIX siècle. L'ordre face au désordre, 2010. Huguette DUFRENOIS,Le rationnel voilé ou comment vivre sans Descartes, 2010. Mercè RIUS,Quatre Essais sur Sartre, 2009.
Francisco NAISHTAT ACTION ET LANGAGE Des niveaux linguistiques de l’action aux forces illocutionnaires de la protestation
© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296124943 EAN : 9782296124943
À Pascale
Se tenant aux antipodes de tout réductionnisme monologique et causal, l’enjeu du déplacement pragmatique qui est proposé ici par rapport à l’action est d'en exhiber la complexité de ses jeux de langage. En traitant la protestation comme force illocutionnaire inscriteinformellementles arènes dans publiques, on dégage à la fois son essence dialogique et sa puissance politique, ce qui libère sa compréhension à la fois des corsets monologiques durational choiceet de l’institutionnalisme del’agir communicationnel. Si la protestation peut ainsi être posée comme suspension du continuum temporel, elle accueille en son sein l’altérité : sa force illocutionnaire relève en effet non seulement des agents mais aussi des spectateurs, des publics ouverts, soit qu’ils se l’approprient, en sanctionnant son pouvoir illocutionnaire, soit au contraire qu’ils la révoquent.
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