Cinquante ans de bilinguisme au Cameroun

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Pourquoi le bilinguisme officiel au Cameroun, en un demi-siècle, n'a t-il pas encore fait chuter la cloison linguistique entre les Anglophones et les Francophones ? Quel rôle joue l'Etat en tant que défenseur, promoteur et utilisateur du bilinguisme ? Que retenir de l'expérience des autres pays en matière de multilinguisme ? Quelle place pour les langues autochtones ? Quel devrait être le bagage linguistique idéal de l'Africain aujourd'hui ? Ces questions sont ici examinées avec lucidité.

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Date de parution 01 juin 2010
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EAN13 9782296256286
Langue Français

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CINQUANTE ANS DE BILINGUISME AU CAMEROUN
Quelles perspectives en Afrique ?
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Kengne FODOUOP,       , 2010. Joseph ITOUA,!  "# $%  &, 2010. OIFDD,'  (   , 2010. Hygin Didace AMBOULOU,)* +, 2010. Ingrid Alice NGOUNOU,!       , 2010. Romuald LIKIBI,,   -  & , 2010. Mbeng TATAW ZOUEU,       .2010. Paul KOFFI KOFFI,/$0      1 !(* 234562337, 2010. Wilson-André NDOMBET,(  (  '&*  2385 -  9, 2010. Etanislas NGODI,   -  (  *     : -       ' , 2010. José LUEMBA,  - 6;, 2010. Étienne Modeste ASSIGA ATEBA,      (  .2010. Paul Gérard POUGOUE, Sylvain Sorel KUATE TAMEGHE,        9  &  "/, 2010. O.I.F.2.D,'  (   , 2010. Pascal Alain LEYINDA,<$  (* =  $%  )%&  6:%%(, 2010.
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  " . /Décolonisation de l’Afrique ex-française Enjeux pour l’Afrique et la France d’aujourd’hui (ouvrage collectif coordonné par Alexandre Gerbi), Collection Points de Vue, Editions l’Harmattan, Paris, janvier 2010. /Meghegha’a Temi ou Le tourbillon sans fin(roman), Collection Encres Noires, Editions l’Harmattan, Paris, juillet 2009.0 !-12 3454 6/72   $$ $8& 9 76446 ( http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11857-7 EAN : 9782296118577
D E D I C A C E A la mémoire de Tegni Jean, Francisca,de Megni et de Megni Elisa, avec mon éternelle amitié. Je dédie ces pages aux Camerounais qui croient aux vertus du bilinguisme, et aux Africains qui sont conscients que l’avenir du continent est à un multilinguisme intégratif.
PREFACE Par Ebénézer NJOH MOUELLE Philosophe et homme politique camerounais e bilinguisme français-anglais, l’un des éléments fondateurs Lde la nation camerounaise depuis octobre 1961, est devenu l’une des marques distinctives de ce pays dans le concert des nations. A l’occasion des 50 ans d’indépendance du Cameroun et d’une quinzaine d’autres pays africains en 2010, il fallait penser à évaluer pour évoluer. En clair, il était nécessaire de dresser un bilan de ce bilinguisme, en vue d’anticiper sur les évolutions ou de suggérer de nouvelles orientions à la lumière de la globalisation des phénomènes socioéconomiques et des échanges culturels, en cours sous nos yeux. C’est dans ce contexte que se situe le présent ouvrage de Sa’ah François Guimatsia intitulé «Cinquante ans de bilinguisme au Cameroun. Quelles perspectives en Afrique ?». Avec ce titre et ce sous-titre, l’auteur met en exergue la consubstantialité entre le bilinguisme officiel camerounais et le multilinguisme africain à organiser. A l’ère des regroupements et de la mondialisation, les politiques locales et nationales, dans tous les domaines, devraient pouvoir s’insérer dans une vision beaucoup plus globale. Cette volonté d’élargir le champ des préoccupations, en passant du local au global, est d’ailleurs constante dans les trois articulations de cette réflexion sur le bilinguisme camerounais qui nous est ici proposée. La première partie du livre plante le décor à travers une évocation succincte mais bien ciblée de certaines situations de bilinguisme dans le monde. L’auteur fait des analyses intéressantes sur les multilinguismes canadien, suisse et belge – avec une édifiante incursion dans les situations démolinguistiques du Nigeria et de la nouvelle Afrique du Sud qui sont encore plus proches du Cameroun - pour montrer que le bilinguisme n’est pas une trouvaille camerounaise, mais un phénomène véritablement mondial, même s’il est diversement vécu d’un pays à l’autre. Les solutions et
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les approches adoptées par les autres pays devraient enrichir le cheminement bilingue du Cameroun. En outre, la scène linguistique africaine bouge constamment à la faveur des nouvelles considérations géoéconomiques, car ici les Etats comprennent bien, à l’instar de la Guinée Equatoriale, du Rwanda, du Nigeria, du Mozambique et du Ghana, que la langue de l’ancienne puissance coloniale ne leur suffit plus aujourd’hui dans leur sous-région. La deuxième partie du livre plonge le lecteur au cœur même du bilinguisme officiel camerounais en construction depuis un demi-siècle. Le phénomène est ici minutieusement décrypté et objectivement évalué de l’intérieur en quelque sorte, car l’auteur est un acteur engagé dans ce secteur depuis une trentaine d’années. Son analyse embrasse à la fois les aspects didactiques pratiques et le cadre institutionnel, les atouts, les faiblesses et le bilan de cette politique au double plan individuel et officiel, la perception et les attitudes assez contrastées des Francophones et des Anglophones, l’action de l’Etat en tant que moteur et promoteur du bilinguisme, sans éluder la situation des langues nationales dans ce contexte. Avec perspicacité et en puisant dans son expérience de formateur bilingue, l’auteur diagnostique les insuccès et met en perspective les enjeux et, surtout, il suggère des améliorations souhaitables afin de susciter l’adhésion populaire. Visiblement pour lui, bien au-delà de l’intégration nationale à l’intérieur, la politique du bilinguisme devrait devenir le socle sur lequel se construisent la compétitivité et la visibilité linguistiques des Camerounais à l’extérieur, dans une Afrique et un monde en mutation constante, où les langues jouent et joueront de plus en plus un rôle capital. La troisième partie de l’ouvrage, qui vient rappeler que l’auteur ne s’adresse pas uniquement aux spécialistes mais aussi au grand public, se veut encore plus pratique. L’auteur y examine et dissipe certaines appréhensions par rapport au moment du début de la construction du bilinguisme chez l’enfant, et souligne les avantages avérés du bilinguisme volontairement précoce, si le mode d’emploi est bien maîtrisé. Il se penche ensuite sur les difficultés bien réelles que rencontrent les adultes qui s’engagent sur le tard à acquérir une nouvelle langue étrangère, et leur propose ses originales «six clés du succès». C’est à la conclusion de l’ouvrage que l’auteur embraie véritablement sur le continent africain : en réalité le bilinguisme camerounais est un puissant facilitateur de l’intégration africaine, d’où la nécessité de l’approfondir, de le consolider et de l’intégrer dans une architecture politique cohérente, qui englobe aussi les langues nationales - dont l’importance est évidente au plan culturel - et même les autres grandes
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langues internationales, pour une visibilité linguistique camerounaise avérée ème en ce 21 siècle. Cette préoccupation de l’auteur rejoint d’ailleurs certaines de mes 1 idées personnelles sur la question . En effet, je crois que, étant donné les évolutions et le foisonnement des échanges observables dans le monde, le bilinguisme camerounais ne devrait pas s’envisager, ni dans sa forme ni dans son implémentation, comme immuable et éternel. Il appartient à la volonté politique camerounaise de l’ajuster selon les besoins, les intérêts et les aspirations du pays, notamment en le faisant évoluer vers un plurilinguisme visant à faire du Cameroun un carrefour linguistique dans le monde. Le stade suprême de cette évolution devrait consacrer la disparition, par exemple, de la distinction entre les lycées bilingues et les autres, puisque tous les lycées seront naturellement devenus bilingues, à l’image des Camerounais eux-mêmes.En mettant un accent particulier sur la vocation africaine du Cameroun à travers son bilinguisme - entre autres - ce livre vient rappeler et confirmer le rôle de premier plan que jouent les langues, aujourd’hui plus qu’hier, dans l’évolution des nations et dans l’épanouissement des individus. Etant donné qu’elles sont des données de l’Histoire, qui est elle-même en construction permanente, il nous appartient - aux Camerounais et aux Africains - d’orienter linguistiquement cette construction, sans attendre de subir les influences extérieures qui, dans le passé, ne nous ont pas toujours été favorables D’où l’intérêt et la pertinence des réflexions contenues dans cet ouvrage dense, digeste et agréablement enrichi par l’approche remarquablement transdisciplinaire de l’auteur qui, dans ses analyses comme dans ses conclusions, ne reste jamais cloîtré dans sa spécialité de linguiste. Au bout du compte, grâce à sa plume bien acérée et à sa vaste culture, il réussit à transformer un thème sociopolitique d’une brûlante actualité en un excellent objet de littérature. Yaoundé (Cameroun) le 17 mai 2010. 1 Voir notamment ma communication faite lors de la table ronde organisée à la Fondation Muna à Yaoundé le 2 février 2009 par les anciens élèves du Lycée Bilingue de Buea, et publiée dans mon site web www.njohmouelle.org.
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