J'apprends le kabiye

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Français
296 pages
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Description

La langue véhicule la civilisation de la communauté qui la parle, son identité culturelle et ses valeurs socio-économique, politique et religieuse. Le projet MALT (Manuels d'apprentissage des langues du Togo) s'inscrit dans une dynamique de sauvegarde et de revalorisation des langues maternelles togolaises. Le manuel J'apprends le kabiye comprend 26 leçons et exercices, ainsi qu'un CD « duolingue » français-kabiye, anglais-kabiye et allemand-kabiye.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2017
Nombre de lectures 53
EAN13 9782140053788
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Honorine Massanvi GBLEM-POIDI

J’apprends le kaby
Langue Gur duTogo




























J’apprends le kabܻyܭ

Honorine Massanvi GBLEM-POIDI






























J’apprends le kabܻyܭ























































































































Langue Gur du Togo















































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-10186-6
EAN : 9782343101866

REMERCIEMENTS

Le présent manuel a pu voir le jour grâce à la volonté du Service de
CoopérationFrançaise et de l’Organisation Internationale de la
Francophonie au Togo de promouvoir les langues togolaises, volonté
qu’ils ont démontrée par la subvention accordée auProjetMALT
(Manuels d’Apprentissage desLanguesTogolaises) pour sa réalisation.
Nous en sommes très reconnaissants et vous en remercions
sincèrement.

Nos sincères remerciements vont également auMinistère de la
Communication, de laCulture, desArts et de laFormationCivique pour
son encouragement et son aide financière à la production de la version
vocale des leçons accompagnant les manuels duProjetMALT.
Nous sommes redevablesauPrAnnieRIALLAND,Directeur de
Recherche (émérite) auCNRS, spécialiste de langues africaines, pour
son appui scientifique dans la réalisation des manuels.

Toute notre reconnaissanceet nos remerciements auPrJacqueline
VAISSIERE,Directrice duLaboratoire dePhonétique etPhonologie,Paris
3, et auPrPierreHALLE,Directeur deRecherche auCNRS, pour l’intérêt
qu’ils ont témoigné en faveur duProjetMALT, sans oublierMme
AngéliqueAMELOT pourson appui technique à l’enregistrement du
français.

Pour terminer, nos remerciements vont auDrStephenPalakyém
MOUZOU, Enseignant-Chercheur à l’Université de Kara pour sa
contribution inestimable dans la réalisation et l'enregistrement de ce
manuel d'apprentissage dukabܻyܭl’appui du avecDrFrançois
LEBIKASSA, Enseignant-Chercheur à l’Université de Lomé, àMme
JuttaSIEBEL pourla traduction des leçons en allemand, àMesdames
AnnieRIALLAND,LynneFIORE etDoreenSEIFERT pourles
enregistrements en français, en anglais et en allemand,
respectivement, et enfin auDrNapoJérémiePOIDI pourle travail
harassant de montage des enregistrements en versions duolingues.

INTRODUCTION

L'Afrique Subsaharienne croupit toujours sous le poids de la
domination linguistique de ses anciens colonisateurs malgré
l'indépendance politique de ses pays. Tout est mis sur pieds pour
promouvoir les langues coloniales dans tous les domaines d'activités
au détriment des langues de ses peuples, ce qui constitue un frein à
son développement holistique. Depuis quelque temps, les
gouvernements africains sont en train de prendre conscience de cette
triste réalité, et, d'ores et déjà, quelques pays se sont engagés dans une
bonne politique linguistique visant à favoriser l'émergence des langues
de leurs peuples pour un développement durable de leur nation.
En effet, la langue véhicule la civilisation d’un peuple, d’une
nation, c'est-à-dire qu’elle exprime l’identité de la communauté qui la
parle, ses valeurs sociales, morales, scientifiques, technologiques,
culturelles et religieuses. Aucune civilisation ne peut s’affirmer au
travers d’une langue étrangère. Il y a donc une urgence d'innover et de
créer de nouvelles valeurs de civilisation par la redynamisation, la
promotion et la sauvegarde des langues maternelles ou locales, en vue
d'un changement radical vers un développement original, durable et
harmonieux.

1. Méthodologie
Le ProjetMALT sedonne la tâche de promouvoir les langues
togolaises, afin de leur donner, à long terme, un statut de langues
d'enseignement parallèlement à celles qui existent présentement. Nous
nous sommes donc inspirés de l'expérience de laFondation Mgr
Rapondaau Gabon qui, dans les années 90, a mis sur place un
programme d'enseignement des langues gabonaises au Secondaire par
des manuels intitulés "Rapidolangue", programme que nous avons
trouvé bien pertinent pour la sauvegarde de nos langues maternelles et
leur contribution active au développement politique économique et
social de notre pays. Rapidolangue issue de la méthodeASSIMILcréée
pour l'acquisition duSWAHILIsous le titre de "SWAHILI SANS PEINE" a
fait ses preuves en Afrique orientale.MALT estdonc un projet
multilingue qui vise l'apprentissage de toutes les langues togolaises à
travers une série de manuels didactiques intitulés"J'apprends le …".
Les trois points de suspension remplacent le nom de la langue dont il
sera question dans chaque manuel.

La méthode d’apprentissage de langues adoptée dans ce matériel
didactique privilégiel'approche communicative, l'oral avant
l'écriture. Les manuels sont conçus pour un apprentissage guidé (un
apprenant et son assistant, ou bien un groupe d'apprenants et leur
moniteur) ou individuel. Dans tous les cas, ils permettront à tous
d’avoir une bonne acquisition de la langue en faisant des exercices de
construction de phrases simples, de phrases complexes puis de
dialogues avant l’apprentissage de l’écriture. Les exercices ont été
soigneusement sélectionnés et construits afin de renforcer l'ancrage
mental et la rétention des notions nouvelles contenues dans les leçons.
Néanmoins, pour expliquer certaines notions clés du système de la
langue cible, c'est-à-dire les structures grammaticales de base qu'on ne
saurait présenter autrement, nous avons fait appel àl'approche
analytique.

2. Présentation du manuel
Le présent ouvrage intitulé "J'apprends leKABڞYڙ" est, avant tout,
destiné aux apprenants du secondaire qui désirent apprendre ou
renforcer leur acquisition dukabܻyܭ, du français, de l'anglais et de
l'allemand. Il vise également les locuteurs dukabܻyܭ désireuxde
renouer avec leur langue maternelle par ce moyen didactique. Il reste
enfin un outil très utile pour l'acquisition dukabܻyܭles par
missionnaires et volontaires expatriés, les résidents, les coopérants, les
hommes d'affaires et les touristes.

Le manuel est articulé en 26 leçons avec des exercices
d'application. Il est accompagné d’un CD, la version vocale des leçons
pour faciliter l'acquisition de l'expression orale par les locuteurs non
natifs ou les apprenants débutants.

Chaque CD contient trois enregistrements duolingues. Pour le
kabܻyܭpar exemple, on aura :
- français +kabܻyܭ
- anglais +kabܻyܭ
- allemand +kabܻyܭ

Avant d'aborder une nouvelle leçon, la version vocale doit être
écoutée, livre fermé, trois à quatre fois.

10

Chaque leçon met en exergue une réalité pertinente de la langue ou
de la culture pour une connaissance holistique du milieukabܻyܭ. Elle
débute, hormis la première, par la révision de la leçon précédente avec
les cahiers et manuels fermés. C’est le temps pour les apprenants de
s'exprimer en construisant des phrases isolées ou des dialogues. Le
niveau d’assimilation est à vérifier après chaque leçon et avant de
passer à une nouvelle leçon par les tests suivants :

Test 1Faire répéter exactement le dialogue d'une leçon, phrase par :
phrase, livre ouvert.

Test 2 :Faire lire un texte à haute voix, sans l'aide de l'enseignant.
S'appliquer à la réalisation des tons et intonations.

Test 3Contrôler la mémorisation de dialogues, livre fermé, sans :
hésitation ni faute.

Le fait de nous servir du français, de l'anglais et de l'allemand
comme point de départ dans ce manuel, s'explique par les raisons
suivantes :
- Le français pour sa valeur de langue officielle du Togo,
- L'anglais et l'allemand comme première et deuxième langue
vivante apprise au collège.

Il est vrai que l'espagnol représente aussi une deuxième langue et
aurait pu servir de point de départ dans ce manuel, mais le Togo ayant
été une colonie allemande avant la tutelle française, entretient une
relation particulière et privilégiée avec la langue allemande par
rapport aux autres deuxièmes langues dans l'éducation formelle au
Togo.

Nous terminons en disant qu’aucune œuvre n'est exempte
d’insuffisances ni d'imperfections. Nous présentons nos excuses pour
tout emploi qui se révèlerait fâcheux ou désobligeant. Nous sommes
ouverts à toutes remarques ou contributions destinées à l'amélioration
de ce manuel d'apprentissage dukabܻyܭ.

11

3. Présentation du peuple kabܻyܭet sa langue

3.1. Situation géographique
Le territoirekabܻyܭsitue autour de deux massifs au nord de la se
ville de Kara dans les préfectures de la Kozah et de la Binah dans le
nord du Togo.

Cependant, les deux tiers de la population sont de nos jours
dispersés dans les régions Centrale, Maritime et Plateaux,
principalement dans les préfectures de Sotouboua, de Blitta, de Kloto,
d’Ogou, d’Amlamé, de Wawa et de Haho. Il y a eu également une
émigration considérable vers le Ghana et, dans une moindre mesure,
vers le Bénin.

Selon le bureau des statistiques de Lomé, les locuteurskabܻyܭ
constituent plus de 23% de la population togolaise. La base de
données « Ethnologue », se basant sur les statistiques de 1991, évalue
la population à 489 200 résidents au Togo et 520 000 ressortissants à
l’étranger. Si l’on ajoute le taux de croissance annuelle, 3%, la
population actuelle dépasse aisément un million.

3.2. Aire d'extension de la langue kabܻyܭ
L’aire d’extension dukabiyİ estdiscontinue. Le foyer originel
situé dans la région de la Kara couvre les Préfectures de la Kozah et
de la Binah comme on peut le voir sur la carte ci-après.

12





















Source: GBLEM-POIDI M. et KANTCHOA L. (2012)

Il y a 15 cantonskabܻyܭdans la préfecture de la Kozah :
- Atchangbadè- Lama
- Awandjélo- Landa
- Tcharè- Pya
- Djamdè- Bohou
- Tchitchao- Sarakawa
- Kouméa- Soumdina
- Kpenzindè- Yadè
- Lassa


À l’origine, les deux cantons de Landa et de Kouméa constituaient
un seul canton (Kijang). Les populations de ces deux localités sont
toujours communément appelées par ce nom. Quant aux cantons
d’Atchangbadè, d’Awandjélo et de Kpenzindè, ce sont de nouvelles
créations. Avant, ils faisaient partie du canton de Lama.

Toutes les localitéskabܻyܭ, dans la préfecture de la kozah, sont
appelées par une double désignation : celui du canton, puis celui du

13

village (par exemple Tchitchao-Kagnindè, Piya-Hodo, Lama-Feying,
Tcharè-Wiyamdè). C’est pourquoi on voit l’appellation
«LamaKara » désignant le chef-lieu du peuplekabܻyܭsur les vielles cartes du
Togo. Lama est le canton ; Kara, le village.

3.3. Situation génétique
Lekabܻyܭappelé kabiyè, kabrè, kablè, cabrais, etc.) fait (encore
partie des langues de la branche gurunsi orientale de la famille gur
(voltaïque), membre du grand phylum Niger-Congo.

3.4. Parcours historique
Dans ce qui suit, vous trouverez le développement dukabܻyܭécrit
des débuts jusqu’au troisième millénaire, en ajoutant quelques points
de repères historiques qui sont pertinents pour le peuplekabܻyܭ.

1854est mentionné pour la première fois dans un« cauris » Le
ouvrage linguistique, c’est le «Polyglotta Africana» de
Koëlle.
1902de la déportation d’une première vague des DébutKabܻyܭ
par les pouvoirs coloniaux à Wahala et Aouda.
1906 Débutde la déportation d’une deuxième vague desKabܻyܭ
à Djabataorè (Sotouboua).
1914de l’époque allemande. Le Togo est alors divisé entre Fin
les pouvoirs français et britannique.
1922 Débutdu déplacement des populationskabܻyܭ vers
Atakpamé et Blitta pour servir de main d’œuvre dans les
travaux de construction de routes et de chemin de fer.
1925-39 Installationdes populationskabܻyܭpeupler des pour
régions quasi vides de la région centrale du Togo.
1932 LeR.P. AntoineBRUNGARD, prêtre missionnaire de la
Société des Missions Africaines, publie un premier
syllabaire enkabܻyܭ.
1940Le pasteur JacquesDELORD instaureson «Petit diplôme
kabiyè ».
1956Début de la diffusion des informations enkabܻyܭ àradio
Lomé.
1957Indépendance du Ghana; la partie anglophone du Togo
choisit de se rattacher à ce pays.
1960Indépendance du Togo.

14

1962-
70
1963

1967
1973

1975

1976
1977

1978

1981

1981-85
1995

1997

1999

GabrielMANESSYdans ses diverseskabrè »le « inclut
études comparatives des langues voltaïques.
Le premier coup d’État militaire sur le continent africain
est mené au Togo. Il est attribué au jeune
LieutenantcolonelEtienneEyadémaGNASSINGBE, lui-mêmekabܻyܭ.
LeGénéralGNASSINGBE Eyadéma devient Chef d’État.
Début des activités de la télévision togolaise (TVT) avec des
informations diffusées enkabܻyܭ.
Lekabܻyܭest retenu comme l’une des deux langues (avec
l’éwé) dites « nationales » du Togo.
JacquesDELORDpublie son ouvrage intitulé « Le kabiyè ».
Introduction du kabiyè dans l’enseignement scolaire de
quelques écoles pilotes; début de la diffusion des
informations en kabiyè dans la presse écrite ; naissance du
« Grouped’étude de la langue nationale Kabiyè»,
précurseur du Comité de Langue NationaleKabܻyܭ(CNLK),
devenu AcadémieKabܻyܭdepuis 2013.
LeR.P.RaphaïlADJOLA publieson ouvrage «Kabܻyܭ
Maݝ», première tentative d’élaboration d’un livret
pédagogique destiné au grand public.
RaymondVERDIERson ouvrage ethnographique publie
intitulé «Le pays kabiyè: cité des dieux, cité des
hommes ».
LeCNLKtravaille sur la standardisation de l’orthographe.
Naissance de l’ONG AFASA (Associationdes Femmes pour
l’Alphabétisation, la Santé et les Activités génératrices de
1
revenus ) dont l’un des objectifs est d’alphabétiser les
femmes des préfectures de la Kozah et de la Binah en
kabܻyܭ.
Publication d’une traduction intégrale de la Bible en
kabiyè.
Publication de trois ouvrages clés :
- la thèse deKéziéKoyenziLEBIKAZAen (soutenue
allemand en 1985) apparaît en français sous le titre
«Grammaire kabiyè : une analyse systématique.
Phonologie, tonologie et morphosyntaxe».
- un dictionnaire bilinguekabiyèfrançais, par leCNLKsous
la direction de ThomasMARMOR.


1
www.afasaafrica.com

15

- L’ethnologueCharlesPIOTpublie son ouvrage « Remotely
Global – Village Modernity in West Africa» ouvrant
le monde kabiyè à un auditoire anglophone.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le visiteur qui arrive à Kara pour la première fois est frappé par
l’aspect d’une ville en pleine croissance. Mais en fait, il s’agit d’un
phénomène assez récent. Le Palais des Congrès, le siège de la
préfecture, l’université, la cathédrale, le nouveau pont, la direction des
impôts, la direction de laLONATOsans parler des nombreuses écoles,
centres médicaux, églises et villas privées – tous ces édifices datent
d’une quarantaine d’années seulement. Il suffit de remonter trois
générations, et le voyageur de naguère pourrait traverser le petit
village de Kara sans même l’apercevoir. À cette époque-là, le grand
centre commercial desKabܻyܭétait plutôt le marché de Kétao.

La croissance de la ville de Kara n’est en effet qu’un signe parmi
plusieurs de l’ouverture d’un peuple qui a le plus longtemps résisté
aux forces extérieures. Il y en a bien d’autres: les téléphones
cellulaires dans les mains des maçons et menuisiers, les taxis-motos
« zed »,les chanteurs du rapkabܻyܭ àla télé, les défilés de mode au
Palais des Congrès, la multiplication des cybercafés, l’atterrissage de
l’hélicoptère présidentiel sur les terrains de lutte chaque mois de
juillet… Autant de signes extérieurs d’une modernisation robuste de la
culturekabܻyܭque leurs aïeux n’auraient jamais pu imaginer.


3.5. Profil du kabܻyܭdans l’éducation nationale
Depuis l’audacieuse tentative de réforme de l’éducation des années
1970, lekabܻyܭlangueavec l’éwé, du statut de « bénéficie,
nationale »(c’est-à-dire une langue promue dans l’éducation
formelle). Quant au secteur non formel pour les non scolarisés, ou
pour ceux qui ont quitté les bancs précocement), la même réforme a
privilégié quatre langues, à savoir lekabܻyܭ, l’éwé, le tem et le moba.

Du côté de l’éducation formelle, l’apprentissage dukabܻyܭdans la
plupart des écoles de l’état se limite uniquement aux régions où on la
parle comme langue maternelle, et ceci de façon très restreinte. En
effet, l’apprentissage ne commence que très tardivement : les matières

16

facultatives auBEPC, enseignées une heure par semaine, généralement
par les bénévoles.

Du côté de l’éducation non formelle, on met un accent particulier
sur l’éducation des jeunes femmes dans les milieux ruraux. Dans la
région de la Kara, plusieurs organismes y sont impliqués, mais on note
en général une plus forte motivation pour l’alphabétisation enkabܻyܭ
dans la diaspora que dans le territoirekabܻyܭlui-même.

3.6. Profil dans les médias classiques
Actuellement, plusieurs chaînes de télévision et de radio émettent
des émissions enkabܻyܭ:

3.6.1. Chaînes de télévision
- TVT (Télévision togolaise)
- RTDS (Radio Télévision Delta Santé)
- RTZ (Radio Télévision Zion)

3.6.2. Chaînes radiophoniques
-Radio Kara (station nationale, fréquence 91.5 FM),
-Radio Kozah (station privée, fréquence 105.5 FM),
-Radio Tabalaa (station privée, fréquence 97.0 FM),
-Radio Maria (station catholique, fréquence 89.5 FM),
-Radio Missionnaire (station protestante, fréquence 106.3 FM),
-Radio EI Safa (station musulmane, fréquence 94.3 FM).
Il faut ajouter à ces chaînes de radio et de télévision la vingtaine de
journaux dont le quotidien Togo-Presse et les quelques titres en langue
kabܻyܭpubliés par leCNLK.

3.7. Profil sur internet
L’avenir dukabܻyܭécrit dépendra en grande partie de sa présence
dans le cyberespace. Une recherche Google sur «kabܻyܭ» et ses
variantes orthographiques révèle environ 152000 pages web. La
plupart sont écrites en français ou en anglais et donnent des
informations à propos de la languekabܻyܭ. C’est déjà une potentialité
de développement considérable dont la langue a bénéficié. Mais pour
le moment, il y a très peu de sites écrits enkabܻyܭ. Voici le bilan des
liens existants au moment de la rédaction de ce livre :

17

- Blog sur la languekabܻyܭla culture etkabܻyܭ
kabiyetanaou.over-blog.com
- Groupe facebook « Fier d’être Kabyè »
- http : //www.facebook.com/group.php ?
gid=115298068481837&v=wall
- Déclaration universelle des droits de l’homme
- http : //www.ohchr.org/EN/UDHR/Pages/Language.aspx ?
LangID=kbp
- Nouveau testament enkabܻyܭ http : //www.bible.is/KBPABT/
- Prière bahaï http :
//www.bahaisite.org/writings/african/kabiye.html
- Articles des témoins de Jéhovah http :
//www.watchover.org/kab

3.8. L’orthographe kabܻyܭ
L'écriture utilisée dans ce manuel est celle proposée par leComité
de languekabܻyܭ. Elle est basée sur les symboles proposés par l'IAI
(InstitutAfricainInternational) et l’API (l’AlphabetPhonétique
International) à l'exception de [j] et [ܺ] notés respectivement [y] et [j].
Le principe de base d’une orthographe pratique est d’avoir un symbole
(une lettre) pour chaque son de la langue.

3.8.1. Lesconsonnes
Les consonnes enkabܻyܭau nombre de vingt-cinq (25). Il sont
s’agit de :b, c, d,ܩ, f, g, gb, h, j, k, l, m, n, ñ,ƾ, p, kp, r, s, t, v, w,ܵ,
yetz.

18

3.8.2. Lesvoyelles
Le système des voyelles en kabܻyܭcomplexe. Il y a neuf (9) est
voyelles fondamentales, neuf (9) voyelles longues et cinq (5) voyelles
pharyngalisées. Au total vingt-trois (23) voyelles pour la langue :

- Voyelles fondamentales :a, e,ܭ, i,ܻ, o,ܧ, u,ݝ
- Voyelles longues :aa, ee,ܭܭ, ii,ܻܻ, oo,ܧܧ, uu,ݝݝ
- Voyelles pharyngalisées :aܵ, eܵ,ܭܵ, iܵ,ܻܵ

Les voyelles fondamentales dukabܻyܭpratiquement comme sont
celles du français. La voyelle «a »dukabܻyܭ correspondaussi à la
voyelle «a »du français comme c’est le cas dans «papa »ou dans
« bras ».La voyelle«ܭ» dukabܻyܭà « correspondè, ê, ei, ai » du
français. La voyelle « e » dukabܻyܭcorrespond à « é » du français.

La voyelle «o» se prononce comme le« o » du français dans les
mots suivants : « eau »,« dos », « tôt ».

La voyelle «ܧ» est aussi identique à « o » ouvert du français dans
les mots tels que « porc », « sorte », « dot ».

La voyelle «u» dukabܻyܭcorrespond à « ou » du français comme
dans « toux », « soute » ou « goute ».

En dehors de ces 5 voyelles, toutes les autres ont des spécificités
propres aux langues gurunsi dont lekabܻyܭ.

3.8.3. Les tons
Le ton est aussi important dans lekabܻyܭ parléque les sons
représentés par les lettres de l’alphabet. Le ton joue un rôle très
important dans la grammaire. Souvent, c’est le ton seul qui distingue
des aspects verbaux et donne le sens correct d’une phrase. Quelques
fois c’est le ton qui permet de distinguer un mot d’un autre. Par
exemple :

- Kamaܵ[kàmáܵ] “lézard”
Ғ
- Kamaܵ[kámàܵ] “limite”
ғ
- Kamaܵ[kàmàܵ] “lieu sacré”
Ғ

19

Autrement dit, quel que soit le mot, il n’est compris que s’il est
prononcé avec son ton correct. Cependant, afin de se conformer aux
normes orthographiques de l’AcadémieKabܻyܭ, l’instance chargée de
la promotion de la langue, les tons n’ont pas été marqués. C’est
d’ailleurs ce qui justifie la version audio qui l’accompagne.

3.9. Orthographe et prononciation des mots
L’alphabetkabܻyܭ estbasé sur une analyse phonologique de la
langue. Chaque symbole orthographique commep, t, kp, ñ, e, iܵ etc.
représente un seul phonème (son utile). Lekabܻyܭ, comme d’autres
langues, est une langue avec des variations morphophonologiques
c’est-à-dire qu’un morphème peut être prononcé de différentes façons
selon le contexte phonologique (les sons avant ou après dans un
énoncé).

Par exemple, le pronom sujet de deuxième personne,ƾ-‘’tu’’ est
un morphème qui est toujours écrit d’une seule façon, mais qui se
prononce différemment selon le contexte. On écrit :
ƾpܭdܻܵ…on dit :[mbܭdܻܵ…]
ƾtiki …on dit : [ƾdiki …]
ƾkܧƾ…on dit : [ƾgܧƾ…]

En règle générale, les consonnesp, t, c, k, kp, fetsà l’initial d’un
nom ou d’un verbe deviennentb, d, j, g, gb, vetzelles sont quand
précédées d’un préfixe pronominal dans le dialecte de référence.

Il faut aussi noter que, lorsqu’on parle lekabܻyܭ, chaque fois que
deux mots sont prononcés ensemble sans hésitation, ce changement de
prononciation se réalise aussi au premier son du deuxième mot.

Par exemple : on écrit mentiki pܧܧtaa‘’je vais au marigot’’
ondit[mendikibܧܧdaa]
oubien [mendiki pܧܧdaa]

3.10. Harmonie vocalique
L’harmonie vocalique est un processus selon lequel le timbre
vocalique d’un affixe est toujours compatible, selon certaines règles
précises, avec celui du radical. C’est un type d’assimilation à distance.

20

La dimension d’harmonisation vocalique la plus remarquée en
kabܻyܭest celle qui oppose les voyelles [-ATR]ܻ,ܭ,ݝ,ܧ aux voyelles
[+ATR]i, e, u, o.La voyellea,elle, intervient dans les deux groupes.

En règle générale, la règle d’harmonisation s’applique au niveau du
mot phonologique. Cela signifie qu’un seul mot (qu’il soit composé de
plusieurs morphèmes ou non) contiendra soit des voyelles [-ATR] soit
des voyelles [+ATR]. Pour les voyelles [-ATR], nous avons les
exemples suivants :

- ܭvalݝ (garçon) initié" "jeune
- ñܻmܻyܭ "clé"
ғ
- hݝlݝnzݝݝ "blanchir"
ғ
- kpܭndܻnaݝ "emporter"

Pour les voyelles [+ATR], nous avons les exemples suivants :

- feveku "vapeurd’eau"
- kalimiye "poule"
- wiluu "pleurer"
- colonduu "se précipiter"

3.11. Lesgenres et les classes nominales
Lekabܻyܭcompte dix classes nominales réparties en six genres.

Tableau 1 : Tableau des flexifs nominaux enkabܻyܭ
Préfixes Suffixes
Genre 1Sg :ܭ-: Sg-ݝ
Pl :pa-: Pl-áa
Genre 2Sg :kܻ- Sg:-kݝ; -Ǡ
ғ ғ
Pl :ܭ-: Pl-ƾ
Genre 3Sg :ܩܻ- Sg:-ܩܭ; -yܭ; -ܭ
ғ ғ
Pl :a-: Pl-a
Genre 4Sg :ka- Sg:-ká ; -ܵá ; -wá ; áܵ
Pl :sܻ- Pl:-sܻ
Genre 5tܻ- -tݝ
Genre 6Pܻ- -m; -ݝ
ғ
Source : Kézié K. LEBIKAZA (1985 : 265)

21

Chaque genre est représenté par deux classes nominales, celle du
singulier et celle du pluriel. Chacune des classes nominales est
caractérisée par un affixe de classe. Le premier genre désigne presque
uniquement les humains. Le deuxième regroupe les noms désignant
les objets de grande taille pendant que le troisième réunit les noms qui
désignent une partie d’un tout. Les substantifs du genre 4 désignent les
objets de petite taille. Le genre 5 regroupe les substantifs qui
désignent une masse. Enfin sont réunis dans le genre 6 les substantifs
désignant des objets non dénombrables, les liquides et les objets
farineux.

22

PREMIERE LEÇON
FIRST LESSON
ERSTE LEKTION
WڞLڞTڶKADJALAڜ


Bonjour !
Hello !Good morning !
Guten Morgen! /Guten Tag !

(Réponse): Bonjour !
Good morning !
Guten Morgen !/ Guten Tag !

Bonjour (plusieurs personnes)
Good morning!
Guten Morgen! / GutenTag !

Comment ça va ?
How areyou ?(How doyou do ?)
Wie geht es dir / Ihnen ?

Je vais bien !
I’m fine !
Es geht mir gut !

Comment va Pierre ?
How is Pierre ?
Wiegeht es Peter ?

Il va bien.
He’s fine.
Es geht ihm gut.

Comment va …(autre nom en
langue) ?
How is Smith ?
Wie geht es Roben ?

:SALUTATIONS
:GREETINGS
:BEGRÛSSUNGEN
:SڙTڶ

ƽlܻwaalܭ?

Yaa !
Yoo !

ڙlܻwaalܭ?

Pܻcaܵ ܭzܻma ?

Mܭwܭalafܻya !

Pܻyܭwܭalafܻya ?

ڙwܭalafܻya

ڙsܧwܭwܭalafܻya ?
Koboyaܵwܭalafܻya ?

Comment va votre père/mère /frère/
sœur/oncle/tante/ cousin(cousine)?
How is your father/mother/sister
/uncle/ aunt/cousin ?
Wiegeht es Ihrem(eurem)
Vater/Ihrer (eurer) Mutter/ Ihrer
(eurer)Schwester/Ihrem(eurem)
Onkel/Ihrem (eurem) Bruder/ (eurer)
Tante/Ihrem(eurem)Vetter/Ihrer
(eurer)Cousine ?

Comment vont vosparents ?
How are your parents ?
Wiegeht es Ihren(euren)Eltern ?

Ils vont bien.
They’re fine.
Es geht ihnen gut.

Nous allons bien.
We’re fine.
Esgeht unsgut.

Vous allez bien ?
You’re fine?
Geht es Ihnen / euch gut ?

24

Ña caa wܭalafܻya ?
Ñoܩoo wܭalafܻya ?
Ñaܩalݝwܭalafܻya ?
Ñܧkܧܧwܭalafܻya ?
Ñe egbele wܭalafܻya ?
Ñe neƾwܭalafܻya ?
Ñܭ ܩܭtݝwܭalafܻya ?

Mܻ-ñܻma wܭalafܻya ?

Pܭwܭalafܻya.

ړܻwܭalafܻya.

ƽlܻwaalܭ?

DEUXIÈME LEÇON
SECOND LESSON
ZWEITE LEKTION
WڞLڞTڶNAALڙ

:QU’EST-CE QUE C’EST?
:WHAT IS THIS?
:WAS IST DAS?
: ڙBڙڙLڙ ?

Qu’est-ceque c’est ?
What’s this ?
Was ist das ?

C’est une chaise/chambre/porte/ mur/
livre/…
It’s a chair/room/door/ wall/book/…
Das ist ein Stuhl/Zimmer/eine Tür/ein
Buch

C’est une case/banane/pomme/ananas/
goyave…
It’s a hut/banana/apple/pineapple/…
Das ist eine Hütte/Banana/ein
Apfel/eine Ananas/eine Guajave…

Qu’est-ce que c’est ?
What’s this ?
Was ist das ?

Ce sont des chaises/bancs/ tabourets/
tables/ crayons.
These are chairs/benches/tables/pencils.
Das sind Stühle/Hocker/Tische/
Bleistifte.

Qui est-ce ?
Who is he ?
Wer ist das ?

C’est Paul/Pierre/Marie /Jacques /Fredi.
He’s Paul /Peter/ Marry/ James/Fredy.
Das ist Paul/ Peter/ Marry/ James/Fredy.

ڙbܭܭlܭ?

Pike kpelaܵ
Pike kuduyuu
Pike nܧnaܵ
Pike egli
Pike takayaܵ…

Pike nݝmݝݝ
Pike akܧܩݝ
Pike cݝcݝܩܭ
Pike atanga

ڙbܭܭlܭ?
ڙbܭpikewa ?

Pike kpelasܻ
Pike kpܧlܧ-waa
Pike kimamaƾ

Anܻܻ-lܭ?

Payaܵ-i seڙsܧhana
Payaܵ-i se Pܻyܭ
Payaܵ-i se Maarܻܻ
Payaܵ-i se Yakubu
Payaܵ-i se Aya

C’est le chef/le chef du village/
sorcier/charlatan.
He’s the chief/the village chief/ the
sorcerer/ magician.
Er/Das ist der Chef/das Dorfsoberhaupt/
der Zauberer/der Scharlatan.

C’est le maître/professeur/ élèves/filles/
garçons.
He’s the master/teacher/theyare the
pupils/they are the girls/they are our
parents.
Das ist der Meister/Leher/das sind die
Schüler/Mädchen/Jungen/unsere Eltern

ڙkܭwiyao
ڙkܭhaܩaa wiyaݝ
ڙkܭtܭtݝwiyaݝ
ڙkܭefelu
ڙkܭtܻݝ

ڙkܭwܻlܻyݝ
ڙkܭsukulubܻܵa
ڙkܭhalܻbiya
ڙkܭabalܻbiya

Pܭkܭ ܩa-caa naa
Pܭkܭ ܩañܻma


Vocabulaire supplémentaire à utiliser pour prolonger l’effet des
leçons.
Zusätzlicher Wortschaft, um die Lektionen zu vertiefen.

Tܧmpe lܭܭna wenaܭsܧzܻܵkpܭlܻkܻtݝlܭܭtݝyܧܧyܧ.

la brousse
bush
lakݝ
der Busch

l’épouse
wife
asܭyݝ
die Gattin

l’époux
husband
walݝ
der Gatte

le mari
husband
walݝ
der Ehemann

26

la femme
wife
die Ehefrau

la famille
family
die Familie

le chef de famille
head of family
das Familienoberhaupt

le chef de clan
head of the clan
das Oberhaupt des Klans

la femme de l’oncle
uncle’s wife
die Frau des Onkels

la femme du chef
chief’s wife
die Frau des Dorfoberhauptes

lesgrands-parents
grandparents
die Großeltern

l’enfant
a child
das Kind

le bébé
baby
das Baby

le cimetière
cemetery
der Palaverbaum

27

halݝ

hܧݝ

hܧݝ-caa

cejewiye-ñݝݝtݝ

egbele halݝ

wiyaݝhalݝ

yaajanm

cܧzܧnܭneze

pܻܵa ñܻܻ

naƾ-yܧܧ

la tombe
tomb
das Grab

l’arbre àpalabres
palaver tree
der Palaverbaum

la case àpalabres
palaver hut
die Palaverhütte

le banc
bench
die Bank

les toilettes
toilets
die Toiletten

la plantation
plantation
die Plantage

la concession
compound
das Elternhaus(?)

le vin
wine
der Wein

l’eau
water
das Wasser

le vin depalme
palm wine
der Palmwein

28

pܻlaݝ

pܻlaƾyܧܧ

pܻlaݝ

cejewiye tܧmܩܻ-hݝyܭ

awayܻ ܩܻlܻyܭ

hayܻm

ܩܻܵa

sݝlݝm

lܻm

pam