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L'élément africain dans la langue capverdienne

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Description

Le capverdien est la langue maternelle de plus d'un million de personnes, vivant en République du Cap-Vert ou originaires de ce pays. Le créole capverdien tire une grande partie de sa substance du portugais, mais il contient de nombreux mots et structures grammaticales issues de diverses langues africaines. Ce livre fait le point sur l'importance de cet élément africain présent dans la langue capverdienne.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2008
Nombre de lectures 220
EAN13 9782296202672
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

premieres pages afric.qxp 14/09/2008 10:32 Page 1
L’élément africain
dans la langue capverdienne
(variété de Santiago)
Africanismos
na língua caboverdiana
(variante de Santiago)premieres pages afric.qxp 14/09/2008 10:32 Page 2
Ouvrage publié avec le concours
du Centre culturel français de Praia (République du Cap-Vert)
Publicado com o apoio
do Centro Cultural Francês da Praia (República de Cabo Verde)
Fiche technique
Titre : L’élément africain dans la langue capverdienne
Africanismos na língua caboverdiana
Auteur : Nicolas Quint
Préfacier : Manuel Veiga
Traduction française de l'ouvrage : Louise Boideron
Traduction française de la préface :Anne-MarieAbrial
Traduction portugaise de l'ouvrage : Mafalda Mendes
Relecture du texte français et mise en page : Laurent Quint
© L’Harmattan, 2008
ISBN : 978-2-296-06036-4
EAN : 9782296060364premieres pages afric.qxp 14/09/2008 10:32 Page 3
Nicolas QUINT
L’élément africain
dans la langue capverdienne
(variété de Santiago)
Préface de Manuel VEIGA
Ministre de la Culture de la République du Cap-Vert
Africanismos
na língua caboverdiana
(variante de Santiago)
Prefácio de Manuel VEIGA
Ministro da Cultura da República de Cabo Verdepremieres pages afric.qxp 14/09/2008 10:32 Page 4
Agradecimentos
Apresente obra é uma edição bilingue francês-português de um artigo,
que redigieminglês,intitulado«African wordsandcalquesinCapeverdean
Creole (Santiago variety)». Esse artigo (no prelo) está prestes a vir a lume,
numa versão mais condensada do que a que aqui se apresenta, sob a
chancela das edições Battlebridge (Londres), numa antologia consagrada
aos africanismos em diversas línguas crioulas e cujo título anunciado é
Black through White, African words and calques in Creoles and
transplanted European languages.
Quero deixar os meus agradecimentos a todos os que tornaram possível
a publicação bilingue deste trabalho de investigação, em particular a:
- Manuel Veiga, ministro da Cultura da República de Cabo Verde, que
muito me honrou ao prefaciar este livro;
- Sylvie Guellé, directora do Centro Cultural Francês da Praia
(República de Cabo verde), pelo seu empenho neste meu projecto editorial
e pelo financiamento, concedido pela instituição que dirige, da tradução
portuguesa e da produção desta publicação;
-AngelaBartensePhilipBaker,directoresdaobraBlackthroughWhite,
que amavelmente autorizaram a publicação das versões francesa e
portuguesa deste artigo;
- Louise Boideron e Anne-Marie Abrial, pelas suas traduções para a
língua francesa, respectivamente do artigo e do prefácio;
- Mafalda Mendes, que realizou a tradução deste artigo para a língua
portuguesa;
- Laurent Quint, que realizou a paginação e composição final do
manuscrito.
Desejoaindaagradeceratodososcaboverdianosque,hájámaisdetreze
anos, continuam a acolher-me com tanta amabilidade nas suas ilhas e a
revelar-me os segredos da sua fascinante língua crioula. Espero muito
particularmentequeestapublicaçãobilinguefrancês-portuguêsfaciliteaum
maior número de caboverdianos o acesso aos resultados das minhas
investigações.
Nicolas QUINT
Villejuif, 04-09-2008premieres pages afric.qxp 14/09/2008 10:32 Page 5
Remerciements
Le présent ouvrage est la double traduction (en français et en portugais)
d’un article, intitulé «African words and calques in Capeverdean Creole
(Santiagovariety)»etécritoriginellementenlangueanglaise.Cetarticleest
sur le point de paraître– sous une forme un peu plus condensée que celle
qui a servi de base au présent ouvrage – aux éditions Battlebridge
(Londres), dans un recueil consacré aux africanismes dans diverses langues
créoles et dont le titre annoncé est Black through White, African words and
calques in Creoles and transplanted European
languages.
Jetiensàremerciericitouteslespersonnesquiontrendupossiblelaprésente publication bilingue de ce travail de recherche, en particulier :
-Monsieur Manuel Veiga, Ministre de la Culture de la République du
Cap-Vert, qui m’a fait l’honneur de préfacer ce livre ;
-MadameSylvieGuellé,directriceduCentreCulturelFrançaisdePraia
(RépubliqueduCap-Vert),pour sabienveillanceenversmonprojetéditorial
etpourle soutienfinancier que soninstitutionaaccordéàla
traductionportugaise et à l’élaboration de cette publication ;
-Madame Angela Bartens et Monsieur Philip Baker, directeurs de
publicationdu recueilBlackthroughWhite, quim’ontaimablementautorisé
à publier les versions française et portugaise de cet article ;
-Mademoiselle Louise Boideron et Madame Anne-Marie Abrial,
pour
leurstraductionsenlanguefrançaise,respectivementdel’articleetdelapréface qui lui est associée ;
-Madame Mafalda Mendes, qui s’est chargée de la traduction
portugaise de l’article ;
-Monsieur Laurent Quint, qui a effectué la mise en page définitive du
manuscrit.
Je tiens enfin à remercier tous les Capverdiens qui, depuis déjà plus de
treizeans,continuentdem’accueilliravec tantdegentillessedansleursÎles
etdeme révélerles
secretsdeleurfascinantelanguecréole.J’espèreenparticulier que cette publication bilingue français - portugais permettra au plus
grand nombre d’entre eux d’avoir accès aux résultats de mes recherches.
Nicolas QUINT
Villejuif, le 04-09-2008premieres pages afric.qxp 14/09/2008 10:32 Page 6
OUVRAGES DE NICOLAS QUINTSUR LE CAP-VERT
Aux éditions L’Harmattan :
1. Œuvres originales :
Dictionnaire français - cap-verdien, 1997.
Les îles du Cap-Vert aujourd’hui, perdues dans l’immensité, 1997.
Dictionnaire cap-verdien - français, 1999.
Grammaire de la langue cap-verdienne, 2000.
Le capverdien : origines et devenir d’une langue métisse, 2000.
Parlons capverdien, langue et culture, 2003 (+ double CD illustration
sonore, 2008).
2. Traductions du capverdien en français :
SemedoAires, Lobu ku Xibinhu ku Nhordés / Compère loup, Compère
lièvre et le Bon Dieu, 2005 (+ CD illustration sonore, 2008).
Semedo Aires,Lobu, Xibinhu ku Nha Tiâ Gánga / Le loup, le lièvre et la
sorcièreTia Ganga, 2005 (+ CD illustration sonore, 2008).
SemedoAires,Gó ki pórka dja torsi rábu / Le cochon qui tord la queue /
Agoraéqueaporcatorceorabo,2007(+CDillustrationsonore,2008).
Chez d’autres éditeurs :
Lexique créole de Santiago - français,Praia /Paris :Éd.del’auteur,1996.
Dicionário de caboverdiano - português, Lisbonne : Verbalis, 1998
(CDrom / papier).
[en collaboration avec Mafalda Mendes, Fátima Ragageles & Aires
Semedo], Dicionário prático português - caboverdiano, Lisbonne :
Verbalis, 2002.
Le créole capverdien de poche, Chennevières-sur-Marne :Assimil, 2005.
Kapverdisch (Kiriolu) Wort für Wort, Bielefeld : Reise Know-How, 2007.Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 1
Africanismos
na língua caboverdiana
(variante de Santiago)
L’élément africain
dans la langue capverdienne
(variété de Santiago)Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 2
AÁrvore e os Ramos
Prefácio
CrioulodeCabo Verde(CCV)é umaárvorecommuitos ramos.OE isto em diversos aspectos.
Na sua formação contou com o contributo de várias línguas,
embora depois tenha conquistado a sua própria autonomia e tenha
construído o seu génio próprio.
Na sua actualização, no chão das ilhas, ele teve e tem a cor, o
sabore,às vezes,o sentirdoambiente, sem queaárvoredeixede ser
ela mesma.
Nos estudos de diagnóstico e de anatomia da árvore têm
participado tantocaboverdianos quenosdãooolhardedentro,como
estrangeiros que nos trazem o olhar de fora.
Aárvore, o CCV, é uma só, mas os ramos são vários.
Aparticipação de Nicolas Quint (N.Q.) no estudo do CCVé uma
espécie de ramo que injecta mais vitamina na seiva da árvore ou,
então, uma espécie de janela por onde entra algum ar para a
oxigenação de tecidos.
Como locutor nativo do CCV, como cidadão, mas também como
governante, gostaria de louvar e de agradecer o interesse académico
do N.Q. em relação ao CCV, na sua actualização santiaguense.
Se não sufrago, inteiramente, todas as afirmações do autor (por
exemplo algumas contidas na obra Les Îles du Cap Vert
Aujourd’hui, perdues dans l’immmensité), devo reconhecer que oProjet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 3
L’arbre et ses branches
Préface
ecréolecapverdien(Ccv)est unarbreauxbranchesnombreuses.LEt cela par plus d’un aspect.
Lorsde saformation,ilafaitappelàlacontributiondeplusieurs
langues,mêmesiparlasuiteilaconquissonautonomieetaconstruit
son génie propre.
Au cours de son développement sur le sol des îles, il a reçu et il
continue de recevoir la couleur, la saveur et parfois même le parfum
quiimprègnecetteatmosphèredanslaquelleilaétéplongé, sans que
pour autant l’arbre cesse d’être lui-même.
Aux études de diagnostic et d’anatomie de l’arbre, ont
participé aussi bien des Capverdiens, qui nous offrent un regard venu de
l’intérieur, que des étrangers, qui nous apportent un regard venu de
l’extérieur.
L’arbre, le créole du Cap-Vert, est unique, mais ses branches sont
diverses.
LaparticipationdeNicolasQuintàl’étudeducréoleduCap-Vert
est une de ces branches, qui injecte de nouvelles vitamines dans la
sève de l’arbre, ou bien encore on peut concevoir cette participation
comme une sorte de fenêtre par où entre un peu d’air pour
l’oxygénation des tissus.
En tant que locuteur natif du Cap-Vert, en tant que citoyen de ce
pays, mais aussi en tant que membre de son gouvernement, je tiens
iciàexprimermesélogesetmagratitudeence quiconcernel’intérêt
manifestéparlechercheurNicolasQuintpourlecréoleduCap-Vert,
et plus particulièrement pour la variété santiagaise de cette langue.
Sijene souscrispasentièrementà
touteslesaffirmationsdel’auteur (par exemple certaines des assertions contenues dans son
ouvrage Les Îles du Cap-Vert Aujourd’hui, perdues dans l’immen-Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 4
Prefácio
N.Q. tem contribuído, grandemente, não só para o conhecimento
científico do CCV, em Cabo Verde, como também para a divulgação
desse mesmo conhecimento junto da comunidade científica
internacional.
Por tudoisto,emnomedoscaboverdianosedoGovernodeCabo
Verde, gostaria de prestar-lhe as minhas homenagens.
O presente trabalho é mais um contributo para o conhecimento
científico do CCV, na sua actualização santiaguense.
Apertinência do estudo é grande e isto porque existiram e ainda
existem algumas vozes a inflacionar a origem lusitana do CCV e a
subestimar o seu lado africano.
O próprio Baltasar Lopes, uma autoridade cultural muit o
reconhecida em Cabo Verde, não estaria suficientemente informado
quando, a propósito da origem do CCV, disse:
«…nunca encontrei traço linguístico que se me tenha imposto
comoprovindonecessariamentede um substratoafricano.Apenasno
léxico se nota a ocorrência de vocábulos a que, como disse atrás,
atribuo origem africana, na impossibilidade de lhes encontrar étimo
português, mesmo da fase arcaica ou média da vida do idioma. No
entanto, mesmo essa contribuição vocabular, de tão magra que é,
quando confrontado com a origem reinol da quase totalidade do
tesouro vocabularcrioulo,não tem,ameu ver, significado relevante,
no que concerne o influxo da subjacência não românica»
(cf. O Dialecto Crioulo de Cabo Verde, INCM, Lisboa, 1ª ed.,
1957, p 39).
ON.Q. vemprovar,deformacientífica,aquilo quealgunsdenós
já sabíamose queoutrosdesconhecemoufingemdesconhecer: que a
nível lexical a influência que o CCV recebeu da língua portuguesa é
vasta, é expressiva e é mesmo decisiva; que, a nível da construção
semântica, o peso da influência local e ambiental é grande; e que a
nível morfo-sintáctico a influência africana é expressiva, é mesmo
decisiva.
4Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 5
Préface
sité), je dois reconnaître que Nicolas Quint a grandement contribué,
non seulement au progrès des connaissances scientifiques
relatives
aucréolecapverdienenRépubliqueduCap-Vert,maisaussiàladiffusion de ces connaissances au sein de la communauté scientifique
internationale.
Voilà pourquoi, au nom des Capverdiens et du Gouvernement du
Cap-Vert, je tiens à lui rendre le présent hommage.
L’ouvrage de Nicolas Quint que je préface aujourd’hui est une
contribution supplémentaire à la connaissance scientifique du créole
du Cap-Vert, dans sa variété santiagaise.
La pertinence de cette étude est d’autant plus grande qu’on a
entendu et qu’on entend encore quelques voix qui insistent de façon
excessive sur les origines lusitaniennes du créole du Cap-Vert, et
sous-estiment sa composante africaine.
Baltasar Lopes lui-même, une autorité culturelle des plus
reconnues au Cap-Vert, ne devait pas être assez informé lorsque, à propos
des origines du créole du Cap-Vert, il écrivait :
«Je n’ai encore jamais trouvé de trait linguistique qui se soit
imposé à moi comme venant forcément d’un substrat africain. C’est
seulementdanslelexique quel’on relèvelaprésencede
termesauxquels, comme je l’ai dit plus haut, j’attribue une origine africaine,
n’étant pas parvenu à découvrir pour les termes en question un
étymonportugais,ycomprisenportugaisancienouclassique.Toutefois,
cette contribution lexicale elle-même est si réduite que lorsqu’on la
confronte à l’origine lusitanienne de la quasi-totalité du vocabulaire
créole,ellen’apas,àmonavis,d’importance significative,au regard
du fonds roman de ce même créole. »
(Cf. O Dialecto Crioulo de Cabo Verde, INCM, Lisboa, 1ª ed.,
1957, p 39).
Nicolas Quint vient prouver scientifiquement le fait suivant, que
quelques-uns parmi nous connaissaient déjà et que d’autres ignorent
oufontsemblantd’ignorer
:auniveaulexical,l’influencequelalangue portugaise a exercée sur le créole capverdien est considérable,
significative et même décisive ; au niveau de la structure
sémantique,lepoidsdel’influencelocaleetenvironnementaleestgrand ;et
auniveaumorphosyntaxique,l’influenceafricaineest significativeet
même décisive.
5Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 6
Prefácio
O CCV é sim, com toda a garantia científica, uma língua
afroportuguesa, diria mesmo uma língua afro-latina.
É incontestável que o léxico do CCV, de forma expressiva, quase
que generalizada (uns falam de mais de 95%, outros de 99%) é
português.
Porém, se o léxico é importante numa língua, o que de facto a
caracteriza e confere génio próprio é a sua morfologia e, em algum
sentido, a sua sintaxe e a sua construção semântica.
Concordo com todos os exemplos de influência lexical africana e
os da construção semântica apresentados pelo autor. Tenho reserva
quanto a «kundindem» («kundindin» na minha realização). Segundo
o autor, é a única parte do corpo humano que conservou a origem
africana. Sem poder provar, creio que também os nomes do sexo
1(masculinoefeminino):«biróti»paraopénis;«katóta»paraa vulva;
«krika» para o clitóris; e ainda «bófi-bófi» para os pulmões,
provavelmente têm uma origem africana ou uma reconstrução local.
Como provável recriação local temos ainda «gran» (ou «óbu») para
os testículos.
Não restam dúvidas, porém, que é na morfologia que o CCV
bebeu mais da influência africana. Concordo com a quase totalidade
dos exemplos dados pelo autor.
Tenho porém, algumas reservas quanto à hipótese de o termo
«sakédu»terorigememalgumalínguaafricana,comodizoautor.Do
meu ponto de vista, «sakédu», muito provavelmente, terá provindo
de «estar quedo», em português, De igual modo, não sufrago a
afirmação, segundo a qual, o CCV exibe apenas dois tempos
morfológicos,opassadoeopresente.Ofuturo, também,fazparteda
morfologia do CCV.
Amodalidade verbal«ta»podeactualizar tantoopresentecomo o
futuro, de acordo com o contexto em que surge.
Gostaria, ainda, de reforçar o que o autor disse a propósito da
1Eufemisticamente, existe também a expressão «pitada» que, em S.vicente se
actualiza na expressão «kaixinha».
6Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 7
Préface
Le créole capverdien est effectivement, au regard de la science,
une langue afro-portugaise, je dirais même une langue afro-latine.
Ilestincontestable quelelexiqueducréoleduCap-Vertest,dans
une large proportion, voire même presque complètement (à 95 %
pour certains, à 99 % pour d’autres), portugais.
Mais si le lexique a son importance dans une langue donnée, ce
quicaractérise vraiment unidiomeetluiconfère songéniepropreest
sa morphologie et, dans une certaine mesure, sa syntaxe et sa
structure sémantique.
Je suis d’accord avec tous les exemples d’influences lexicales
africaines et de calques sémantiques que présente l’auteur. J’ai
quelques réserves à propos du terme«kundindem » (« kundindin »
dansmonpropreparler):selonl’auteur,c’estlaseulepartieducorps
humain qui ait conservé une forme d’origine africaine. Sans pouvoir
le prouver, je crois que les noms des organes sexuels (masculins et
1féminins):«biróti» pour le pénis;«katóta » pour la vulve ;
«krika » pour le clitoris; ainsi que«bófi-bófi » pour les
poumons, ont probablement une origine africaine ou qu’ils constituent
descréationslocales,àl’instarde«gran »(ou«óbu
»),termesutilisés pour désigner les testicules.
Mais il n’y a pas de doute que c’est dans la morphologie que le
créole capverdien a bu le plus d’influence africaine. Je suis d’accord
avec la quasi-totalité des exemples donnés par l’auteur.
J’ai cependant quelques réserves quant à l’hypothèse de l’auteur
selon laquelle le terme« sakédu » tirerait son origine d’une langue
africaine. De mon point de vue,« sakédu » provient très
probablement de«estar quedo » en portugais. De même, je conteste
l’affirmation selon laquelle le créole du Cap-Vert ne présente que deux
temps morphologiques, le passé et le présent. Le futur fait lui aussi
partie de la morphologie du créole capverdien.
La modalité verbale« ta» peut exprimer aussi bien le présent
que le futur, en fonction du contexte où elle apparaît.
Je voudraisaussiconfirmerce
queditl’auteuràproposdelamor-
phologieverbaleducréole,unemorphologieprochedeslanguesafri1Par euphémisme, on utilise aussi le terme«pitada » qui, à S. Vicente, se réalise
sous la forme«kaixinha ».
7Projet2_4.qxp 14/09/2008 10:29 Page 8
Prefácio
morfologia verbal do crioulo, uma morfologia próxima das línguas
africanas originárias, com um extracto do meu livro (Le créole du
Cap-Vert : Étude grammaticale descriptive et contrastive, Paris,
Karthala – IPC, 2000, p. 28), extracto esse proveniente de um artigo
deJeanDoneuxeJean-LouisRougé,publicadona revistaPapia,em
1993, sob o título de «Gramática das Línguas do País, Gramática do
Crioulo». O mesmo aborda a actualização dos aspectos realizados e
não realizados no CCV e em algumas línguas africanas.Analisemos
o quadro a seguir:
Aspecto não realizadoAspecto realizado
Mandjaku bu tsëp bu ka tsëp
CCV es bai es ta bai
Português partiram partem/partirão
Francês ils partirent ils partent/partiront
Balanta bë tooh bë ka tooh
CCV es bai es ta bai
Português partiram partem/partirão
Francês ils partirent ils partent/partiront
Mandinga a taata a bi taato
CCV el bai el ta bai
Português partiu parte/partirá
Francês il partit il part/partira
Buy a luuhi a an duuha
CCV el trabadja el ta trabadja
Português trabalhou trabalha/trabalhará
Francês il travailla il travaille/travaillera
Sua a dokoto a log dokoto
CCV el trabadja el ta trabadja
Português trabalhou trabalha/trabalhará
Francês il travailla il travaille/travaillera
Todos estes exemplos reforçam a hipótese segundo a qual tanto o
português como algumas línguas africanas teriam influenciado
fortementeagénesedoCCV.AestruturaverbaldoCCVedaslínguas
africanas acima referidas é, praticamente, idêntica.
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