Parlons japonais

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Description

Le japonais est une langue fascinante, fruit d'un véritable choc culturel avec la chine. L'apprendre est ardu. Un guide est nécessaire pour assimiler son écriture, sa grammaire, son vocabulaire auxquels correspondent trois parties de l'ouvrage. Complété par une cassette pour maîtriser la prononciation et acquérir des phrases usuelles, ce guide est rédigé avec le souci de présenter les liens entre la langue et la culture japonaises.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 1997
Nombre de lectures 410
EAN13 9782296337817
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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PARLONS JAPONAIS@ Éditions l'Hannattan, 1997
ISBN: 2-7384-5274-4Pierre PIGANIOL
PARLONS JAPONAIS
Panormna de la langue
et
guide pour l'assimiler
L'Harmattan IoeL'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris -FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9'J
FONDATION
FR.ANCO
A) SEJAPON
SASAKAWA
FONDATION RECONNUE
D'UTILITE PUBLIQUE
Cet ouvrage a été réalisé avec le soutien
de la Fondation Franco-Japonaise Sasakawa.
27, rue du Cherche-Midi, 75006 PARISTable des matières
Avant propos
Entrée en matière
16Chapitre I : Le pays et la langue
17I. Données historiques
26II. La langue japonaise
34III. Bibliographie raisonnée
Première partie:
Les sons, leurs transcriptions, l'écriture
40Chapitre II : Les sons du japonais
41I. Le tableau des 50 sons
II. Les autres sons 44
III. Les consonnes G et N 45
47IV. Consonnes et voyelles doubles
49V. Conseils
Chapitre III : Les syllabaires oukana:
hiragana et katakana
I. Les 50 sons en kana 53
II. Nigori et maru 56
III. Les syllabes à voyelles yodisées 57
IV. Conventions pour voyelles longues 58
V. pour consonnes redoublées 59
VI. Conventions pour syllabes doublées
Complément:
60I. Sur l'origine des syllabaires
61II. Sur récriture des
62III. Transcription des mots étrangers
66Chapitre IV : Les kanji
I. Structure des kanji 74
79II. L'écriture des kanjiIII. Evolution et nombre p. 81
IV. Classification des kanji 84
V. Les clés traditionnelles 86
VI. Place des clés dans les kanji 94
VII. Mots de plusieurs kanji 101
Chapitre V : Apprendre à lire et à écrire 106
Première étape: maîtriser les kana 107
Deuxième étape: initiation aux kanji 112
Les outils nécessaires: 115
A- Ouvrages étymologiques 115
B- Les catalogues de kanji de la liste officielle 116
C- Les dictionnaires Il 7
Exemples de travail personnel 122
Deuxième partie: Grammaire 131
Chapitre VI : Quelques éléments de base de la
langue japonaise 135
I. Les noms 136
II. Les marqueurs de cas 137
III. Autres particules importantes 138
IV. Quelques pronoms 141
V. Les verbes 142
VI. La copule DA (neutre), DESU (polie) 143
VII. Deux autres verbes être 144
VIII. Les formes verbales 145
IX. Tableau des fonnes de la copule DA, DESU 147
X. Les adjectifs 151
XII. Les adverbes 152
XII. Les conjonctions 153
XIII. Liste des verbes-types de conjugaison 154
XIV. Les propositions déterminantes 157
XV. Les nombres 159
XVI. Le groupe KO, SQ, At DO 161
XVII. Les mots de la grammaire 167
XVIII. Les grammaires 170Chapitre VII : Les verbes
p. 174I. Morphologie
I. Classification des verbes 176
II. Les bases et leurs dérivées 179
III. Complément 196
N. Deux points à noter 196
197V. Bibliographie
Chapitre VIII.
II. Emploi des formes verbales 199
I. Le présent dans la proposition principale 200
II. Le passé dans 1a principale 205
III. Présent et passé négatifs 208
IV. Expression du futur ou de l'incertitude 211
V. Passé et présent positifs et négatifs dans les
subordonnées 215
VI. Expression du désir 219
VII. Le conditionnel 225
VIII. L'impératif 240
IX. La forme en -te: récapitulation 250
Chapitre IX.
m Les verbes dérivés sans modification de sens
I. La voix de la politesse 254
II. Passif, potentiel, causatif 255
III. Passif du causatif 257
N. Emploi du passif 258
V. du potentiel 261
VI. Emploi du causatif 262
VII. du passif du causatif 265
Chapitre X : Les noms 268
I. Marque du pluriel 269
II. Le genre des rloms 271
III. Les noms-adjectifs 272
N. Les quasi-naIns 273p. 281V. La nominalisation
VI. La structure des noms 288
VII. Les noms d'emprunts 293
VIII. Les noms abrégés 294
Chapitre XI : Les adjectifs 297
I. Les verbes-adjectifs 299
II. Les adjectifs à forme fixe 312
III. Les mixtes 314
N. Autres tournures adjectivales 315
V. La série KO, sa, A, DO 317
VI. Relations noms-verbes-adjectifs 318
VII. Comparatifs et superlatifs 322
Chapitre XII: Quelques verbes usuels 327
328I. Verbes de mouvement
331II. Donner et recevoir
III. Faire et devenir 336
N. Verbes transitifs et intransitifs 345
V. Verbes composés 348
VI. Verbes et noms 351
Chapitre XIII: Les particules 354
L Particules de première catégorie(marqueurs de cas) 356
II. WA et la notion de sujet 361
III. Les particules postposition 364
N. Les TO, YA, YORI 371
V. La particule finale KA 377
VI. Autres particules finales 381
Chapitre XIV : Interrogatifs et dérivés 384
385I. Tableau des mots interrogatifs
II. Les interrogatifs + KA 392
III. Les + MO 393
395N. Les interrogatifs + DE MO
Chapitre XV : Les conjonctions 397
398I. Les équivalents de "ET'
404II. Les de"NI"III. Les équivalents de "OU" p. 404
N. Les de "MAIS" 406
V. Les équivalents de "CAR, OR, DONC" 407
VI. Les conjonctions de subordination 411
Chapitre XVI : Les adverbes 441
I. Emploi des adverbes 442
II. Les adverbes vrais 444
III. Particules adverbiales 446
IV. Noms employés comme adverbes 459
V. Adjectifs comme 462
VI. Les adjectifs dérivés des verbes 463
Chapitre XVII : Les nOnlbres 467
I. Chiffres et nombres 469
II. Les particules numératives 473
III. Emplois des nombres cardinaux 476
N. Les nombres ordinaux 477
V. Les quatre opérations et les fractions 479
VI. Les expressions du temps 482
Vll. Questions portant sur grandeurs et quantité 490
Chapitre XVllI : Le reflet des structures sociales
I. Rappel d'exemples rencontrés 497
II. Préfixes et suffixes honorifiques 498
III. Le vocabulaire 503
Chapitre XIX : La ponctuation 517 XX : L'accentuation 520
I. Utilité de l'accent 521
II. Quelques règles simples pour les verbes 523
III. Autres terminaisons verbales 523
IV. Formes variables des adjectifs 526
Troisième partie: complément pratique 528
Chapitre XXI : Vocabulaire 529
I. Expressions de politesse courante 530p.532II. Le vocabulaire du temps
533III. Vocabulaire des transports
535N. Loisirs et culture
537V. Nourriture
539VI. Les noms de famille
541VII. Les prénoms
VIII. Quelques noms de lieux 543
544IX. Les noms de finnes
546x. Vocabulaire politique
549XI. La presse
Chapitre XXII: Ononlatopêes 550
552I. Esquisse de la symbolique des sons
553II. Statut grammatical des onomatopées
553III. Exemples commentés
559Chapitre XXIII: Variantes du japonais
560I. Dialectes régionaux
562II. La langue et la presse
III. Autres langages 564
Conclusion
566Prospective du japonais
568L'écriture du japonais
569Le vocabulaire
La langue et les dialectes régionaux 570
La langue et l'infonnatique 571
573L'ambiguité de la langueAVANT..PROPOS
LeJaponais est pour un Français une langue d'accès difficile,
d'abord parce qu'elle n'appartient pas au groupe indo-européen
et que nous ne trouvons aucun point commun entre son
vocabulaire et sa grammaire et ce à quoi nous sommes habitués
dans notre propre langue, ensuite parce que le Japonais est
hybride: le yamato, langue originelle du Japon n'était pas
accompagné d'une «écriture»; en adoptant en partie au moins
l'écriture chinoise les Japonais ont accueilli aussi un
vocabulaire très riche qut parfois fait double emploi avec le
leur. Notons aussi que l'écriture chinoise étalt particulièrement
difficlle à adapter au yamato.
L'étudiant en Japonais a l'impression d'apprendre plusieurs
langues à la fats ou plus exactement un complexe d'une
structure grammaticale de nature altaïque, d'un vocabulaire
où se mêlent des vocables venus du nord, de l'ouest et du sud
à des mots directement fournis par la Chine et de deux
écritures, l'une chinoise, l'autre (en falt deux autres), syllabique
qui en dérive mais d'esprtt très différent.
Rien d'étonnant donc à ce que le Japonais de cette collection
se caractérise par un nombre de pages bien plus élevé que la
moyenne, bien qu'aient été réduits les chapitres qui
normalement accompagnent la partie linguistique des autres
volumes de la collection et qui éclairent l'histotre. la géographie
et la culture des pays concernés, en donnant en outre de
précieuses infonnatlons pmtiques.
L'auteur a tenu à en garder la substance, bien que sous fonne
condensée, pour le Japonats, mais cette conclsionn'est Ici pas
trop gênante, car contrairement à beaucoup d'autres pays dont
la langue est analysée dans cette collection, le Japon a faitl'objet d'innombrables publications. auxquelles il est aisé de
se reporter, ne serait-ce que les articles des diverses
Encyclopédies.
L'enseignement du Japonais est longtemps resté peu explicatif,
même au Japon et l'auteur a cherché à éclairer les traits
essentiels de cette langue pour en faciliter l'accès. Ce livre est
donc à la fois un outil en lui-même et un guide utilisable en
accompagnement d'études de tous niveaux. A titre d'exemple
le lecteur pourra sans peine lire en public un texte préparé
par un secrétariat Japonais et transcrit à l'aide de notre
alphabet. Il est assuré d'être compris, car la prononciation du
Japonais est simple. aux antipodes de celles du chinois et parce
que lUi-même aura saisi la structure de ce qu'il dit.
Le mode d'emploi de cet ouvrage est multiple et est explicité
dans l'«entrée en matière. afin qu'il puisse faciliter aussi bien
un simple sUIVoldes mécanismes de la langue et de ses aspects
culturels qu'une étude approfondie d'un système de
communication très différent du nôtre.
Lejaponais reste une langue évolutive, encore incomplètement
unifiée et nonnalisée. De plus elle est soumise aux contraintes
de l'informatique et même de la mondialisation des échanges.
Une conclusion en forme de réflexion prospective s'imposait.
La collection, dont le but premier est de faciliter
l'intercompréhension des cultures se devaJt d'accueillir ce type
d'ouvrage dont la réalisation a été aidée par la Fondation
Franco-Japonaise Sasakawadont la mission est précisément
de briser les barrières culturelles qui peuvent séparer la France
du Japon. Qu'elle en soit Ici vtvementremerclée.ENTRÉE EN MATIERE
Pourquoi ce livre?
Comment ce livre?ENTREE EN MATIERE
Pourquoi ce livre?
Comment le lire?
Les pictogrammes ne remplacent pas toujours l'écriture et
le voyageur qui aspire à une certaine indépendance se doit
de ne pas être complètement «illettré» : il veut pouvoir
comprendre un minimum de repères courants: entrée,
sortie, arrivée, départ...
De plus un petit bagage de phrases simples et de formules
de politesse lui seront indispensables pour ses prises de
contact, et - l'appétit venant en mangeant - ce voyageur
souhaitera étendre ses aptitudes à des conversations plus
élaborées, et même être capable d'utiliser un dictionnaire.
A ce stade il aura découvert que le japonais est une langue
fascinante, marquée par la superposition avec interaction
de deux modes d'expression, japonais originel et chinois,
dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont totalement
différents au point de sembler incompatibles. Le voilà
«mordu», désireux de mieux connaître les mécanismes d'une
pensée qui se traduit par des texteS ou des discours dont
les structures lui sont en tous points «étrangères». Le
ceIVeau des japonais serait-il différent du nôtre?
Puis, aidé en cela par ses premières explorations d'un
monde linguistique qu'il ignorait, il se met à mesurer
combien riche est la culture du peuple qu'il côtoie, sa
littérature, son théâtre, son art, son architecture... Il a
d'ailleurs noté que la connaissance de cette langue lui seraitprofessionnellement utile, voire indispensable: le Japon
représente 10 % de la littérature chimique mondiale, et son
importance géopolitique n'échappe à personne.
APPRENDRE LE JAPONAIS
Apprendre à converser, à lire, à rédiger -et ceci à des stades
de plus en plus approfondis - n'est pas une tâche facile
quand il s'agit du japonais. Certes les outils disponibles ne
manquent pas: manuels, des plus élémentaires aux plus
complets. méthodes d'écriture et de lecture, grammaires et
dictionnaires. sont nombreux et feront l'objet de
bibliographies commentées au cours du présent ouvrage.
Ils ne peuvent remplacer un professeur, dont le rôle - fût-il
épisodique - reste indispensable, mais n peut être difficile,
en cours d'activité professionnelle, de suivre régulièrement
des «leçons». D'ailleurs tout étudiant, même solidement
encadré par un enseignement, reste quelque peu
autodidacte.
L'auteur reconnaît sa propre expérience dans le trajet du
voyageur cité plus haut. Il a noté avec soin toutes les
questions qui se sont posées à lui, questions auxquelles il
n'était pas toujours facile de trouver les réponses, même
parfois auprès de professeurs japonais. Etudier le japonais
exige plus que d'autres langues (et même que le russe). que
l'on dispose d'un .guide». Ce livre veut répondre à ce besoin
en aidant l'explorateur de ce «continent linguistique» original
à surmonter ses habitudes fCindoeuropéennesl pour mieux
le sensibiliser à tout ce qui lui est étranger dans lejaponais,
tant dans sa structure que dans son vocabulaire.
IlLa tâche était probablement impossible et le but n'est
assurément pas complètement atteint, et ceci d'autant plus
qu'il était exclu, dans un livre destiné à un vaste public. de
recourir aux concepts scientifiques de la linguistique.
Cependant les réactions de divers types de lecteurs du
manuscrit ont été suffisamment favorables pour que ce livre
soit édité en espérant qu'il sera aussi utile à ses lecteurs
qu'à celui qui l'a écrit.
LE GUIDE - MODE D'EMPWI
Il est conçu pour servir à de très nombreux types de
lecteurs, et la plupart des chapitres sont précédés non pas
d'un résumé, mais d'un «panorama- qui permet d'en
embrasser l'ensemble du regard et de localiser les «sites» à
visiter.
Cas n° 1. Premier voyage au Japon: on se pose deux
questions comment «fonctionne» cette langue? Comment
en acquérir des rudiments? Réponses: lire l'introduction
générale ainsi que celle qui ouvre la deuxième partie:
grammaire: puis lire les panoramas des chapitres des deux
premières parties (écriture - grammaire) ; revenir à
l'introduction. à la bibliographie commentée, et choisir un
petit ouvrage de conversation courante, si nécessaire.
Cas n° 2. La décision est prise d'aBer un peu plus avant. Il
faut alors assimiler complètement les panoramas, le chapitre
sur les kana ou syllabique, le chapitre introduction à la
grammaire. puis celui de la morph.ologie des verbes. On
complétera éventuellement par un manuel de conversation
plus complet ou par des leçons type Berlitz.
12Cas n° 3. Encore un pas de plus: assimilation du chapitre
kanji et choix d'un dictionnaire, guidé par la bibliographie
correspondante. On suivra les conseils pour l'établissement
d'un fichier de caractères, et on travaillera la seconde partie
(grammaire). A ce stade l'acquisition d'un manuel d'étude
plus complet pourra être utile. le guide répondant le plus
souvent aux nombreuses questions que ne manquera pas
de se poser l'étudiant (quel que soit son âge).
Cas n° 4. Toujours plus haut: l'assimiJation de la deuxième
partie se poursuit, notamment celle des répercussions des
structures sociales sur le langage, on aborde également les
notes de la troisième partie, auxquelles bien entendu on a
déjà jeté un coup d'oeil, mais qu'il faut maintenant
apprendre. A ce stade on complétera sa bibliothèque
japonaise par d'autres dictionnaires (plusieurs types en sont
nécessaires pour cette langue), probablement par un manuel
de niveau supérieur, et certainement par des conversations
avec un Japonais ou la fréquentation d'un cours.
Cas n° 5. Nous voici au niveau supérieur. L'étymologie des
kanji est indispensable, mais il est probable que dès le
niveau 3 on n'a pu s'empêcher d'acheter un ouvrage qui
explique la genèse des caractères. C'est avec un professeur
que l'on approfondira ses connaissances. Même dans ce
cas le guide sera utile, car le professeur ne peut tout dire
en même temps et est amené à différer certaines
explications. Par ses nombreux renvois le guide pennet de
profiter à l'avance d'un éclairage qui facilite la mémorisation
du cours de l'enseignant.
Ainsi l'étude du japonais est une véritable aventure: son
caractère insolite fait accepter sa difficulté et évite la
tentation de découragement. Elle demande du temps et nous
13ne pouvons espérer acquérir la maîtrise de cette langue en
moins de temps que les Japonais eux-mêmes - une dizaine
d'années - et si l'on veut devenir un «lettré....
Mais on peut affirmer ici que la patience est
récompensée!
REMERCIEMENTS
La rédaction d'un tel ouvrage est une tâche semée
d'embûches car rares sont ceux qui pourraient s'enorgueillir
de tout connaître du japonais. Parmi les personnes qui ont
accepté de relire le manuscrit je tiens à citer et à remercier
vivement:
Madame Morigawa Taeko que son origine coréenne a
rendue très sensible aux interactions entre le Japon et la
Chine,
Madwne Nasu Ikuko, professeur de japonais en
Ilede-France particulièrement attachée à la rigueur et aux
nuances de l'expressipn orale et écrite,
Monsieur Tanaka Masafumt normalien et chimiste,
soucieux de faciliter l'accès des Français à la culture
scientifique et technique du Japon, dont le prénom peut se
traduire par «histoire de la raison»,
Grâce à eux tous les exemples ont été pesés sous l'angle
de leur pertinence et de leur correction grammaticale pas
toujours facile à respecter quand on vise concision et
simplicité.
14Monsieur Michel Malherbe, directeur de la collection,
dont on connaît l'immense culture linguistique n'a cessé
de prodiguer de précieux conseils pour assurer la cohésion,
l'élargissement du champ et le caractère pratique de
l'ouvrage. Qu'il trouve ici l'expression de ma gratitude.
Enfm la Fondation Franco-Japonaise Sasakawadont
l'aide était indispensable pour pennettre la composition très
onéreuse d'un texte particulièrement complexe a bien voulu
apporter son soutien à l'éditeur, mais aussi ses conseils
éclairés à l'auteur qui exprime sa vive reconnaissance à
son Président, Monsieur Jean-Pierre Brunet aiDsi qu'à sa
Directrice, Madame Claire Gallian.
Enfm la plupart des ouvrages cités dans les bibliographies
ont été lus et souvent «travaillés» à fond. Ma reconnaissance
s'adresse donc aussi à leurs auteurs en regrettant que
souvent par nécessité de concision je n'ai pu reprendre la
finesse ou la rigueur de leurs exposés. En japonais une
simplification est souvent proche de la faute: certes elle
est comprise, mais «cela ne se dit pas», c'est-à-dire ne
respecte pas la tradition. Je regrette ces infidélités,
vis-àvis d'auteurs qui ont rendu mes études intéressantes et
agréables.
15CHAPITRE I
LE PAYS ET LA LANGUE
Le Japon est un archipel: plus de 3 000 îles - 28 000 km
de côtes - en majorité petites, voire microscopiques, à
l'exception des quatre principales: Hokkaido, Honshû,
Shikoku, KyÛShû qui constituent 97 oh d'un territoire de
370 000 km2, environ 2/3 de la France. Sa géographie est
tounnentée, zone de dislocation marquée par l'abondance
des séismes, elle ne présente pas de larges plaines -la plus
vaste est celle du Kantô, la région de Tôkyô, qui couvre
15 000 km2 soit cent fois la forêt de Fontainebleau - ni de
longues vallées. Le relief, souvent abrupt, ne fut pas propice
aux communications, il est modelé par des failles et plus
de 200 volcans dont une vingtaine se manifestent parfois
encore aujourd'hui, avec des aires de type phIégréen d'où
surgissent sources chaudes et fumerolles, soit au total
17 % de terres cultivables pour une population double de
celle de la France.
Ajoutons à cela une grande diversité de climats: l'île
d'Okinawa est proche du Tropique et Hokkaido peut
connaître des températures de -400 c.
Bref le Japon est une terre ingrate posée sur le dos d'une
tortue (ou de plusieurs) aux mouvements imprévisibles.
Comment une telle tectonique a-t-elle pu engendrer une
nation relativement homogène?
16I. Données historiques
A - On ne peut résumer des millénaires d'une histoire
complexe sans l'appauvrir et même la défonner. Nous
retiendrons essentiellement les faits qui éclairent la
fonnation de la langue, renvoyant pour le reste -passionnant
pourtant - aux innombrables publications et en particulier
aux chapitres «Japon» des diverses encyclopédies de langue
française.
La légende fixe l'origine du Japon en 660 avant notre ère,
avec l'apparition de l'empereur Jimmu, descendant de la
déesse Amaterasu. En fait un long passé précède cette date,
et les préhistoriens ne cessent d'explorer des millénaires
antérieurs. Avant même l'époque de la poterie (troisième
millénaire) le Japon est ouvert à diverses influences: au
Nord à celles des civilisations sibériennes, plus au Sud à
celles de la Corée et des civilisations mongoles et chinoises,
encore plus au Sud à celles de la Chine de l'embouchure
du Yang Tseu. le fleuve bleu: et tout au Sud de l'archipel
aux influences de l'Asie du Sud Est.
Pour constituer une langue à peu près homogène il faut
une présence centrale forte, si non par sa puissance
matérielle. du moins par son prestige. Fut-ce le rôle de
l'empereur Jimmu ? Ce qui est (presque) certain, c'est que
la langue naît d'une interaction entre des vocabulaires dont
certains venaient de J'Asie du Sud Est et des structures
grammaticales provenant des civnisations coréennes et
altaïques, et que la navigation a joué un rôle dans cette
synthèse.
La sédentarisation apparaît à peu près en même temps
17que la poterie, et les villages de chasseurs-pêcheurs se
multiplient. A la fin de cette période (troisième siècle avant
notre ère) la poterie reflète J'art chinois de la céramique et
des bronzes, alors qu'elle était auparavant caractérisée par
un motif de corde imprimée qui a donné son nom à cette
période: l'époque Jômon.
B - La sédentarisation agricole
Après des millénaires d'ouverture sur le monde extérieur,
d'intense brassage de populations, où s'affirme une
prépondérance culturelle mongolo-altaïque (grâce à leur
avance en matière grammaticale ?) se développe une
agriculture avec riziculture irriguée qui va se trouver
renforcée par une nouvelle arrivée de populations
mongoloïdes (IIème siècle avant notre ère). Celles-ci, plus
organisées et probablement plus dominatrices, implantent
plusieurs petits royaumes, dont l'un, après avoir soumis
les autres, s'installe dans le Kansai, la région de Kôbé ;
c'est à partir de là que se développe une expansion plus
unificatrice sur l'archipel. repoussant vers le Nord la seule
peuplade, également mongoloide, qui ne se soit pas prêtée
au brassage, les Ainous. Est-ce à cette époque que les
structures linguistiques de famille altaïque se fixent au
Japon?
Quoiqu'il en soit cette civilisation agricole se développe
jusqu'au troisième siècle de notre ère, aboutissant par
regroupement de nombreux petits états à la naissance d'une
unité plus forte, le royaume du Yamato, implanté au
sudouest de l'actuel Tôkyô, et solidement structuré dès le
cinquième siècle. Le mot yamato désigne ainsi un Etat,
une région, et la langue originelle du Japon.
18C - Les influences coréennes et chinoises
La période qui s'étend du IIème au VIème siècle est connue
sous le nom de période des grandes sépultures: Kofun
jidai (kojùn =ancien tombeau, jidai =âge. époque). C'est
l'âge du fer, avec tous les sens du mot: les potentats locaux
s'appuient sur des chefs de guerre, mais à échelle réduite
par rapport à ce que connaîtra le Japon autour des années
1500.
C'est au cours de cette période des grands tombeaux que
se produisent deux événements essentiels. la naissance d'un
shintoisme primitif, proche de l'animisme des peuples
altaïques, et l'affaiblissement de l'influence de la Chine, en
pleine décomposition depuis la fin de la dynastie des Han.
On ne peut éluder une question: comment le Japon, qui
avait eu certainement de nombreux contacts avec la Chine,
surtout aux temps de la splendeur des Han a-t-il pu
regarder sans la voir l'écriture chinoise, déjà plus que
millénaire, lui dont la langue n'était qu'orale?
On peut répondre, mais sans arguments solides, que la
langue japonaise était encore mal fixée et trop diverse, que
les contacts n'étaient pas pris au bon niveau, que les
autorités japonaises étaient encore trop morcelées.
Quand le pouvoir yamato se consolide, l'anarchie chinoise
ne lui pennettra pas d'établir des liens solides et fructueux.
C'est donc par la Corée que le Japon sera initié sérieusement
à la culture chinoise. Cette Corée lui a apporté le
confucianisme vers 400, puis le bouddhisme et de nombreux
éléments de la science et de la culture chinoise. La date
officielle de l'introduction du bouddhisme est538.
19Mais la Corée elle-même est devenue instable: beaucoup
de ses habitants émigrent au Japon, provoquant un
brassage de cultures, tandis que l'année japonais y installe
un gouvernement dit du Mimana qui s'effondre en 562,
date qui clôt la Kofun jidai. C'est le début de l'époque
historique, marquée par l'ouverture directe du Japon sur
la Chine, sur laquelle il avait compté sans succès pour
maintenir l'ordre en Corée.
L'influence chinoise se traduit par J'adoption d'une nouvelle
organisation de l'Etat, avec grille hiérarchique des
fonctionnaires, par l'arrivée de l'écriture chinoise
indispensable à un pouvoir central, par superposition à
l'animisme shintoiste primitif des «philosophies religieuses»
que sont le taoisme, le confucianisme et le bouddhisme qui
engendrent des attitudes spirituelles complémentaires et
nullement incompatibles, car ce ne sont en rien des religions
«révélées».
Dès 700 prennent forme les institutions impériales et
gouvernementales ainsi que le statut des terres agricoles.
L'Empereur décide en 710 de fixer sa capitale, jusque-là
multiple ou mobile, mais souvent à Naniwa - l'actuel
Ôsaka -, à Nara Ousqu'en 794). La Chine brille alors sous
la dynastie des Tang (618-907) : elle attire des colonies
d'étudiants et le chinois devient le «latin» du Japon, siège
d'une véritable explosion culturelle. Les temples jaillissent
du sol, avec leur architecture somptueuse. Peinture,
musique, danse et littérature trouvent dans les cours
impériales et seigneuriales un terrain propice à l'éclosion
d'oeuvres de premier ordre.
Certes le poids de la cour des Tang est considérable, mais
il n'empêche pas le Japon de cultiver, et ceci de plus en
20plus intensément, son originalité propre. Malgré l'invasion
du vocabulaire chinois, le fond linguistique yamato non
seulement subsiste, mais affirme sa richesse grâce à sa
transcription à l'aide de caractères chinois pris pour leur
seule valeur phonétique, et éventuellement simplifiés pour
fournir les «syllabaires» ou kana. Le rôle des dames de la
cour dans l'établissement de ces transcriptions a été
considérable.
Entre le yamato et le chinois émerge une synthèse -je
serais tenté de dire un «compromis» tant ces langues peuvent
sembler incompatibles - qui est à l'origine du japonais
moderne.
Bref les capacités d'assimilation du Japon, son aptitude à
prendre ailleurs des modèles puis à les transcender, sont
des qualités profondes de ce peuple: elles ne datent pas
d'hier!
Cette brillante période de Nara, à son apogée au milieu
du huitième siècle, porte en elle des germes de
transfonnations profondes. La puissance de l'Empereur est
minée à la fois par l'emprise excessive du bouddhisme, et
par la multiplication des privilèges seigneuriaux. D'autre
part se développe une réaction contre la prééminence de la
culture chinoise.
On assiste donc, après une tentative de reprise en main de
l'Empire par l'Empereur Kammu (781-B06) qui transfère
sa capitale à Heiankyô, l'actuelle Kyôto, pour s'éloigner
de la puissance des bouddhistes de Nara, à un éclatement
du pouvoir en une structure de fiefs. Des rapports subtils
et complexes s'établissent entre un empereur-symbole et
des familles puissantes comme les Fujiwara
21Cette période de Heian pour troublée et instable qu'elle
fut ne se signale pas par un recul culturel, bien au contraire.
L'identité japonaise s'affirme. La littérature produit des
chefs-d'oeuvre et tout enfant japonais d'aujourd'hui connaît
le Genji monogatari, la chronique du Prince Genji
(monogatari =récit, narraüon), qui date du XIème siècle.
En fait l'arrêt des relations avec la Chine (fin du neuvième
siècle) a contribué à libérer les forces créatrices d'inspiration
purement japonaise. Les acquits en provenance de Chine
ont été assimilés et décantés. Le Japon est pleinement
autonome.
D - La période féodale
La suite de l'histoire du Japon est mieux connue des
Français et nous ne la traiterons que sommairement. Une
langue et une culture originales ont émergé après ce
grandiose choc culturel entre l'archipel et le continent. La
page est tournée.
La fin de la période de Heian présente tous les caractères
d'une féodalité, mais celle-ci est peu structurée et la période
féodale proprement dite - 1192 à 1568 - corpmence quand
Yoritomo reçut de l'Empereur le titre de général en chef, et
ceci à vie. Le shogunat est légalisé (shôgun =généraO.
Yoritomo sut faire allégeance à l'Empereur, qui entérinait
ses décisions, ce qui ne l'empêcha pas de substituer à
l'administration impériale sa propre organisation.
Installés à Kamakura pour plus d'indépendance vis-à-vis
de l'Empereur, les shoguns développent un esprit de
chevalerie, incarné par les samurai, et entreprennent une
22profonde action unificatrice. Ils ont à lutter contre une
invasion chinoise, alors sous une dynastie mongole, invasion
repoussée en 1281. Suit une période troublée où la paix
n'apparaît qu'entre des guerres qui livrent le Japon à
l'anarchie et durent jusqu'au milieu du seizième siècle. avant
de déboucher sur une nouvelle réunification du Japon.
Curieusement cette période. qui fut très dure. a vu un
rapprochement avec la Chine qui apporte la philosophie de
la secte Zen, et une simplicité architecturale inspirée de
l'esthétique de la dynastie des Song, et ceci avant même
l'invasion de 1281. Il faudra attendre 1400 pour que les
relations avec la Chine se norma1isent.
E - Formation du Japon moderne
Le XYlème siècle est marqué par le risque d'une pénétration
occidentale: arrivée des Portugais (1643) et de Saint
François Xavier (1549). Le catholicisme, d'abord admis
comme contrepoids possible aux sectes bouddhiques, fut
repoussé à partir du début du siècle suivant. En fait cette
anivée massive de navires étrangers inquiétait le Japon; il
est vrai que même la compagnie de Jésus tentait d'établir
un monopole commercial, notamment sur la soie. D'où des
réglementations de plus en plus contraignantes pour les
navires étrangers.
Parallèlement s'achève la réunification du Japon (1615)
grâce à l'opiniâtreté du Shôgun Tokugawa. qui s'installe
à Edo, ancien nom de Tôkyô. D'où Je nom dEdo pour la
période qui s'ouvre en 1603. pour durer jusqu'à la fin de la
dynastie shogunaJe des Tokugawa en 1867.
Le Japon évolue considérablement au cours de ces deux
23siècles, mais en quelque sorte en marge du monde
extérieur: fenné à l'Espagne et au Portugal, le Japon n'ouvre
qu'un seul port à la Chine et à la Hollande. Corrélativement
se développe le commerce intérieur, màIgré la division en
fiefs rivaux et l'absence de monnaie commune: cependant
par manque de numéraire - les quantités d'or et d'argent
sont limitées - et en raison d'une organisation sociale
périmée qui écrase les paysans, une récession s'installe au
début du dix-neuvième siècle, et tous les éléments se
mettent en place pour préparer une guerre civile et
l'effondrement du régime: signature imposée de traités
commerciaux avec les Occidentaux à la suite des voyages
du Commodore américain Peny (1853-1854) et réouverture
du commerce extérieur, existence de forces armées
initialement destinées à la défense contre d'éventuels
envahisseurs et surtout opposition forte des seigneurs de
l'Ouest, plus proches de l'empereur, au shogunat dEdo.
Le Shôgun est mort fin 1866, l'empereur meurt en janvier
67.. Leurs successeurs sont le Shogun Tokinawa
Yoshinobu et l'Empereur Mutsuhito âgé de 14 ans. Le
Shôgun commet alors l'erreur d'abandonner sa charge,
pensant pouvoir prendre la direction d'un gouvernement
de rassemblement (décembre 67). Mais le 3 janvier 1868
un appel est lancé par la noblesse civile et militaire pour
restaurer l'ancien empire. C'est cette date qui est retenue
comme point de départ de l'ère Meiji (littéralement:
gouvernement de lumière), mais ce n'est pas avant le
printemps 1869 que l'opposition de Tokinawa Yoshinobu
sera maîtrisée. Ce sont les trois années charnières durant
lesquelles le Japon accomplit son virage vers la modernité.
L'Empereur Meiji régnera jusqu'en 1912. Le gouvernement
change de visage. Aux daimyô, seigneurs feudataires,
succèdent des préfets de divisions administratives. Les
24progrès sont foudroyants. La scolarisation se généralise
jusqu'au niveau universitaire. Un japonais moderne, plus
proche de la langue parlée, se codifie et assimile
d'importants concepts étrangers tout en se dégageant de
nombreux archaïsmes. Un exemple: le concept américain
de planification urbain, d'urbanisme, est accepté et transcrit
toshikeikaku (vale -plan ou projet).
Le Japon s'est donc ouvert sur l'extérieur et y puise ce qui
lui paraît utile. Mais cette entrée efficace dans l'ère moderne
ne doit pas faire oublier la faiblesse des progrès sur la voie
de la démocratie, lnalgré la rédacti9D d'une Constitution
(1885) et l'installation d'un Parlement à deux Chambres.
C'est aussi à cette époque que se développe le complexe
«milltaro-industriel» et qu'on assiste à l'expansion du Japon
~ guerre contre la Chine, occupation d'unepar les armes
partie de la Mandchourie, de Formose, guerre contre la
Russie, annexion de la Corée - ce qui préfigure le rôle de
l'Armée dans le Pouvoir au Japon, de 1912 à 1945, période
trop connue pour qu'on la sUIVole ici.
Alternances de périodes d'ouverture et de repli sur soi,
d'expansion impérialiste et de chaos intérieurs, l'histoire
du Japon est révélatrice des contrastes de l'âme d'un peuple
qui peut être sûr de lui ou apeuré, amère et un peu fleur
bleue, et brutal, prêt à s'enticher d'une culture étrangère,
mais aussi à affirmer à l'excès son identité.
Tenter de comprendre cette identité est un exercice
fascinant. On trouvera beaucoup d'éléments de réflexion
sur ce thème dans: Japon, les clés pour comprendre de
l'Alnbassadeur René Servoise (Plon, Paris, 1995), et l'on
s'intéressera aux différences entre le Bouddhisme originel
25et ce que le Japon en a fait. Il sera également intéressant
de rechercher pourquoi les adeptes du Zen ont pu exercer
une influence forte sur l'art, la littérature et plus
généralement la culture du Japon et comment cette attitude
a pu être adoptée et profondément transformée par les
Samourai qui en ont tiré leur code d'honneur.
Enfin le Français ne restera pas insensible au choc culturel
Chine-J apon, car à certains égards nous en avons connu
un de même nature. La Gaule, sans langue écrite a été
confrontée à la culture romaine véhiculée par le latin. «Le
chinois fut un temps le latin du Japon» est plus qu'une
image commode: nous voici conduits à revoir notre propre
histoire.
II. La langue japonaise
Sans points communs avec nos langues occidentales, tant
dans son vocabulaire que dans sa structure, le japonais
est une langue difficile pour nous. Elle ne présente
d'analogies qu'avec le corée~ les langues dites altaïques
- mongol, mandchou, des langues sibériennes - et même
avec le turc. La décrire avec les mots de nos grammaires est
nécessaire pour la compréhension, mais n'est pas facile et
paraît souvent artificiel. Voici ses principales originalités.
a) Lejaponais est peu riche en sons: cinq voyelles seulement
a, i, u (prononcé ou), e (prononcé é) et 0, combinées ou non
à douze consonnes, k et g, s et z, t et d, h (aspiré), b, p, m,
D et r.
Il s'y ajoute les sons yodisés ya, yu, yo et la syllabe wa,
26ainsi que les syllabes dont la consonne initiale correspond
à notre ch (comme dans chèque) ou à notre tch (comme
dans tchèque). Notons que le r japonais est intermédiaire
entre nos r et 1, et que le g se prête à quelques variations.
Et c'est tout.
Le syllabes sont courtes ou longues (de durée double). Il
arrive que le u et le i s'amuisent au point de n'être pas
prononcés.
L'accent tonique, peu marqué mais parfois indispensable à
la compréhension est un accent de hauteur (au sens
musical) et non d'intensité.
Ainsi le japonais est facile à transcrire avec l'alphabet latin,
la réciproque n'étant pas vraie. Notons toutefois que sa
phonétique a beaucoup varié jusqu'à une date assez récente.
b) Le japonais originel ou yamato était une langue parlée
sans écriture. Celle-ci est découverte chez les Chinois, via
la Corée, vers le quatrième siècle. Elle eut un pouvoir de
séduction considérable. La langue chinoise ainsi que la
littérature ou la science qu'elle véhicule envahit le Japon.
Mais si le chinois devient le «latin» du Japon, le yamato
reste vivant. Il va être écrit avec les caractères chinois pris
soit pour leurs sens, soit, après simplification éventuelle,
pour leur sons.
Les deux procédés sont utilisés conjointement dans la plus
ancienne anthologie japonaise au XVIIlème siècle. La
simplification des caractères chinois utilisés phonétiquement
donnera naissance à deux syllabaires équivalents, l'un par
schématisation de l'ensemble du caractère, le hiragana,
l'autre par réduction à l'une de ses parties, le katakana.
27Le hiragana. au début, a surtout été utilisé par les femmes
qui eurent ainsi accès à la littérature chinoise (ce syllabaire
s'est aussi appelé onnade =main defemme), tandis que le
katakana était utilisé par les scribes et secrétaires.
Aujourd'hui le hiragana sert à écrire une grande partie
des mots purement japonais et notamment les particules
grammaticales et les tenninaisons des mots variables, tandis
que le katakana est relégué à la transcription des mots
étrangers (autres que chinois) ou pour des effets spéciaux
(il remplace par exemple notre italique).
c) Un texte japonais actuel utilise les deux syllabaires
précédents et une sélection de caractères chinois, les kanji,
pris pour leur sens.
Ces kanji sont susceptibles d'une (ou de plusieurs) lecture
à la chinoise, dite ON (toujours notée en majuscules dans
les dictionnaires de kanji), ou d'une lecture à la japonaise
dite kun (toujours notée en minuscules dans les
dictionnaires de kanji), d'où une dualité de vocabulaire,
témoin de la forte interaction entre les deux cultures, en
gros du IVème au IXème siècle. Les lectures ON, prises en
Chine à des dates et en des lieux différents, et souvent
adaptées à la phonétique japonaise, ne correspondent donc
pas toujours aux lectures chinoises actuelles. La lecture
ON doit donc être considérée comme sinojaponaise.
Enfin le japonais a aussi créé des caractères à la mode
chinoise, mais que la langue chinoise ne connaît pas. Ils
n'ont évidemment que la seule lecture kun.
Pourquoi le japonais a-t-il adopté tant de vocables dérivés
du chinois? La séduction culturelle ne suffit pas à
28l'expliquer, ni même la satisfaction esthétique que provoque
le dessin des caractères.
En fait le yamato est polysyllabique, avec des mots parfois
très longs. Un kanji est monosyllabique (au sens chinois
du terme: la syllabe. dite d'une seule émission de voix peut
être très complexe) : il exprime donc un concept avec une
concision exemplaire. Cette concision a certainement été
un facteur de séduction. Mais il y en eut un autre: la langue
chinoise n'est monosyllabique qu'en apparence: ne
disposant que de quelques centaines de sons (ou syllabes).
le chinois ne pouvait éviter des ambiguïtés qu'en fabriquant
des «mots composés» par agrégation de plusieurs caractères,
ce qui, du même coup, permettait la création facile d'un
vocabulaire extrêmement riche et encore assez concis. Cette
commodité a été d'autant plus prisée que le vocabulaire
chinois était particulièrement riche notamment en matière
de sciences et de techniques.
Pour alléger le fardeau de l'alphabétisation, le
gouvernement japonais a décidé de réduire aux environs
de 2000 le nombre de kanji usuels mais au moins 1000 à
2000 de plus sont encore nécessaires au Japonais cultivé
ou spécialisé.
d) Le japonais ne distingue pas le masculin du féminin, ni
le singulier du pluriel (rares exceptions) et n'a pas d'articles.
Donc en général les noms sont invariables.
Le japonais possède cependant des mots variables: les
verbes et une grande partie des mots que nous pouvons
assimiler à nos adjectifs. Mais ces variations ne traduisent
ni le genre, ni la personne, ni le nombre et taberu signifie
aussi bien: «je mange», que: «vous mange2Jt, ou «elles
29mangent», 011plutôt, il recouvre simplement le concept de
«action de mange"..
Les ctenninaisonsl - employons provisoirement ce mot -
sont des adjonctions de «particules» qulintroduisent des
notions temporelles. ou des aspects de négation, de désir.
de probabilité. etc. S'il est commode de parler de
«conjugaison», gardons à l'esprit que le Japonais ne le
ressent pas du tout comme nous.
e) Le japonais utilise un grand nombre de petits mots,
souvent monosyllabiques, qui ont des rôles variés:
-expliciter la fonction d'un mot ou d'une séquence dans la
phrase
- établir une relation entre ce qui précède et ce qui suit
- traduire les attitudes psychologiques de celui qui parle.
etc.
Les grammairiens discuteront pour savoir si ces mots (ou
particules) sont étroitement liées au mot qu'ils suivent ou
s'ils restent plus ou moins indépendants. La question est
très importante du point de vue de la linguistique. de la
«structure» de la langue. Elle l'est moins pour celui qui
commence à apprendre la langue, car le japonais n'introduit
aucun blanc entre les mots. L'écriture. et même le discours
ne fragmentent pas le texte écrit sans vides, de haut en bas
et de droite à gauche.
Le japonais est parfois amené à écrire horizontalement et
de gauche à droite. mais cela sent l'occident, au point
qu'alors nos chiffres sont admis (voir notamment les
ouvrages scientifiques). Mais il est arrivé au début de l'ère
Me(ji qu'on écrive horizontalelnent sur des diplômes ou des
bâtiments, mais de droite à gauche.
30f) Le système de numération japonais est complexe, bien
qu'il n'utilise guère plus qu'une douzaine de caractères,
d'abord parce qu'il emploie un double vocabulaire, chinois
- ou plutôt sinojaponais - etjaponals, ensuite et surtout
parce qu'il fait appel à des spécificatifs qui précisent la
catégorie des objets dénombrés: plats, longs et cylindriques,
véhicules, livres, animaux, etc.
Ces spécificatifs font penser à notre expression: «trois têtes»
de bétail. La difficulté principale de la numération ne réside
en définitif que dans ces «unités de compte» qu'il faut
assimiler et qui ont parfois le fâcheux défaut d'interagir
plus ou moins avec le nombre qui les précède.
g) La structure de la phrase japoI1aise peut nous dérouter.
Le verbe principal est rejeté à)a fin et doit être sous une
forme «conclusive» : il ne peut être suivi que de quelques
particules dites «finales». Ce qui le précède doit être structuré
suivant des règles assez strictes rendues un peu plus
complexes du fait de l'inexistence de pronoms relàtifs. ce
qui impose de distinguer dans la variété des formes des
verbes et des adjectifs celles qui peuvent être qualifICatives
(ou détenninantes).
La phrase japonaise traduit donc un mode particulier,
original et efficace de la structuration de la pensée, qui tend
à reconstituer une globalité à partir d'un ensemble qui au
départ peut sembler disparate. Il existe même des mots qui
imposent de considérer la séquence qui les précède comme
un concept unique: ce sont les nominaliseurs.
h) Reflet de la structure de la pensée. le japonais l'est aussi
de la société qui utilise cette langue qui traduit les structures
sociales par un vocabulaire varié et par des formes
31différentes des mots variables suivant qu'on veut être
brusque, simplement poli, déférent, très respectueux. En
écoutant deux personnes parler d'une troisième il est aisé
de se représenter les rapports hiérarchiques des trois I
Une attitude confucéenne a certainement contribué à
développer ces règles de politesse qui portent en elles,
curieusement, une antinomie, d'un~ part en marquant les
distances entre interlocuteurs, d'autre part en respectant
l'identité de l'autre. L'insularité, la densité de certains
groupements humains ont certainement contribué à
l'établissement de ces règles de savoir-vivre sans lesquelles
la promiscuité serait génératrice de tensions.
Quant au langage féminin, il se distingue de celui des
hommes, même de nos jours, par des tournures adoucies,
par un vocabulaire parfois spécifique, par un emploi plus
fréquent de certaines particules. Il est donc déconseillé à
un homme d'apprendre le japonais auprès d'une femme,
sauf bien entendu si celle-ci est enseignante, car il serait
trahi par le style utilisé.
i) Le japonais est une langue qui a beaucoup évolué. Il
présente encore des différences régionales marquées, et un
gros effort est accompli pour développer un 5aponais
standarw. L'essor de la linguistique au Japon y contribue.
Certes unjaponais classique s'est formé dans le passé après
assimilation des outils de la langue chinoise. Il ne faut pas
sous-estimer l'ampleur du choc culturel qu'a représenté
l'adaptation de l'écriture chinoise au yamato.
Ni le grec ni le latin ne dépaysent beaucoup le français: ce
sont des langues très différentes certes, mais d'une même
famille. Rien de tel pour le chinois que découvre le japonais.
32Peut-être est-ce cette incompatibilité sous-jacente qui a
rendu le japonais si évolutif.
Il a fallu près de dix siècles pour aboutir à la langue
classique, et même l'emploi de la particule no, qui permet
de fonner une sorte de génitif et qui est si usuelle qu'on la
croit présente dans la langue depuis ses origines, n'a vu
son emploi se généraliser qu'il y a moins de trois siècles. Le
passage à un japonais préstandard à l'époque Meyi fut déjà
une opération importante, portant notamment sur la
simplification de l'écriture. Celle-ci fut continuée après la
dernière guerre, et le nombre des kanji offIciels fut réduit à
1850 en 1946, le total de leurs lectures ON et kun étant
ramené à 3000 environ pour faciliter l'alphabétisation. Par
la suite (en 1976 et 1981) on incorpora à cette liste officielle
une petite centaine de kanji additionnels, nécessaires
notamment pour écrire les prénoms et noms de famille.
Mais les linguistes japonais se penchent de plus en plus
sur l'avenir de leur langue: le déferlement de mots d'origine
occidentale, ainsi que le rôle croissant de l'infonnatique peut
accélérer une évolution qui ne peut se borner à une
réduction du nombre des caractères, d'ailleurs difficile à
maintenir. La réflexion japonaise actuelle est de portée bien
plus générale. Nous y reviendrons dans notre conclusion
qui sera essentiellement prospective.
j) On ne peut éluder la question de savoir si le japonais
utilise son cerveau de la même manière que nous. Un
bestseller japonais - Nihonjin no nô, le cerveaujaponais du
Professeur Tsunoda de rUIliversité médicale et dentaire de
Tôkyô - semble mettre en évidence des différences encore à
confirmer. Il nous force en tous cas à méditer sur les
structures du langage, sur le mode de classification des
33objets qui nous entourent et sur leur conceptualisatlon.
Conseillons ici à ceux qu'intéressent les mécanismes du
langage japonais l'ouvrage du linguiste Haruhiko Kindaiichi,
qui constitue une défense et une illustration de la langue
classique et fournit les principes de son évolution à venir
(une traduction anglaise en a été éditée sous le titre: The
Japanese Language, traduit par Umeyo Hirano, Ed. :
Charles E. Tuttle Co, Tôkyô et Rutland, Vermont, U.S.A.).
III. Bibliographie raisonnée
On ne citera ici que les «outils», manuels et méthodes,
utilisables pour apprendre la langue. On trouvera d'autres
bibliographies concernant les dictionnaires p. 117, les
grammaires p. 170, les verbes p. 197, les dialectes p. 560.
On peut classer les manuels suivant leurs niveaux; leurs
objectifs, leurs modes de transcription du japonais. La liste
qui suit, non exhaustive, ne constitue pas un palmarès,
encore que chaque ouvrage puisse être considéré comme
excellent dans sa catégorie; elle n'a d'autre but que de
permettre au lecteur de se donner les outils les mieux
adaptés à ses besoins, qui par nature seront évolutifs, en
espérant que le fait de «suivre le guide» lui facilitera la tâche
quel que soit son niveau de préoccupations.
A - Ouvrages exclusivement romanisés
Avec nos lettres usuelles. Ils préparent essentiellement à
la conversation. Même ceux qui sont élémentaires sont très
utiles à ceux qui n'ont que des ambitions limitées. Ce guide
34les complétera en les situant dans le contexte général de la
langue.
a) En langue française
Lejaponais tout de suite, de Hidenobu Alba, édité par
Langues pour tous, judicieux bien que très élémentaire, en
est un exemple. Plus ambitieux est Allo Allo, LeJaponais
parlé à la porté de tous.
Malgré son titre restrictif, l'Introduction à la grammaire
japonaise, éditée par les services culturels du Japon,
constitue également une bonne introduction à la langue,
en préparant en plus le débutant à une étude grammaticale
sérieuse.
b) En langue anglaise
Les ouvrages sont ici beaucoup plus nombreux. Nous en
citerons deux dont l'évolution est particulièrement
intéressante:
-EssentialJapanesede Samuel E Martin (Charles E. Tuttle
Co., Rutland, Vermont et Tôkyô) dont l'auteur a également
rédigé un monument: A Reference Grammar of Japanese
(Yale University Press), de 1200 pages grand format,
également exclusivement romanisée.
- Teach YourselfJapanese de C.J. Dunn and S. Yamada
(Hodder and Stoughton Ltd, Angleterre).
Ces deux ouvrages prennent l'étudiant à son début et le
conduisent à un bon niveau de grammaire et même de
conversation. Mais nous verrons que beaucoup de
particularités de la langue ne sont compréhensibles qu'à
travers son écriture. D'où l'évolution du Martin. D'autre
35part la pédagogie du langage parlé a fait de grands progrès:
D'où l'évolution du Teach YOUTseY:
Le Martin avait suscité un ouvrage de Roy A. Miller (aussi
chez Tuttle, en 1962) méthode progressjve de lecture et
d'écriture - syllabiques et caractères d'origine chinoise mais
sans leur étymologie - dont les textes sont ceux du Martin.
Il restait à en faire une synthèse, due à Hamako Ito Chaplin
et Samuel E. Martin: on a donc bien ressenti la nécessité
de ne pas séparer conversation et lecture. C'est leJapanese,
a Manuel oj Reading and Writing
Le Teach Yourselfa complètement refondu son texte pour
l'orienter fortement vers la conversation (avec cassettes),
sous les signatures de H. BaIlhatchet et S. Kaiser, mais
toujours avec la seule transcription romanisée, ce qui a
conduit à éditer dans la même série le Business Japanese
de Michael Jenkins et Lyne StrugneII (1992) orienté vers la
conversation (d'affaires) mais avec en p]us une bonne dose
d'écriture japonaise. Enfin un Teach Yourselfsimplifié pour
débutants a été publié en1996.
B - Manuels avec écriture japonaise
a) avec en plus la romanisation
- la Méthode Assimil en deux tomes (et un dictionnaire de
kanji), intelligente et remarquablement progressive par
Catherine Garnier et Mori Toshiko, et complétée par un
texte bilingue des mêmes auteurs: Pour mieux connaître le
Japonais. Il n'existe guère de meilleur ouvrage pour s'initier
seul au japonais. Le «guide» sera utile à ses lecteurs car la
Méthode AssimU ne peut développer ses explications que
progressivement, encore qu'elle le fasse remarquablement.
36-Le Manuel de Japonais de Kuwae Kunio en deux gros tomes
qui conduit l'étudiant beaucoup plus loin, avec de larges
bases grammaticales (édité par l'Akebonothèque, 1993). Cet
ouvrage magistral peut convenir à l'autodidacte mais sera
mieux utilisé en liaison avec un enseignement oral. de
Kuwae Kunia lui-même par exemple.
b) sans romanisation, maisen utilisant au début les seuls
syllabaires avec introduction ultérieure des caractères
chinois ou kanji, comme le font Tanaka Higashi et Kazuro
Oguma dans Parlons Japonais (Presses Universitaires de
Grenoble), très commode.
c) Il existe également un grand nombre de livres plus
élémentaires destinés au voyageur qui ne veut pas être
totalement illettré en se rendant au Japon. On admirera
souvent leurs trésors d'astuces pour être concis, pertinents,
utiles et grammaticalement corrects. Citons entre autres
Parlez Japonais en 40 ~ons de Hidenobu Aiba édité par
Pocket, Langues pour tous.
C - Manuels intermédiaires
Une solution originale est utilisée par Arimasa Mari dans
ses Leçons de Japonais (Taishukan, Tokyo 1972) : emploi
de la transcription romanisée et de l'écriturejaponaise,
celleci étant limitée à ses seuls syllabaires. Le texte, concis et
très pédagogique, est accompagné d'exercices, peu
nombreux certes, mais dont chaque phrase est très
judicieusement choisie. Mais il faudra bien se mettre un
jour à l'étude des caractères et le plus tôt sera le mieux. Le
présent ouvrage sera un précieux complément qui pennettra
d'aller plus loin, sans que l'effort soit excessif.
37D - Signalons enfin deux ouvrages que l'on trouve parfois
d'occasion, remarquables. mais en anglais:
- les Nagamuna Japanese Series, oeuvre considérable qui
répartit les difficultés en une multitude de fascicules
séparés. Naganuma Naoe fut directeur de l'Ecole de Langue
Japonaise de Tôkyô.
- les ouvrages dus à Oreste Vaccari et fison épouse, édités
par les auteurs: Japanese Conversation Grammar; (25ième
ed. en 1975) etBrush up yourJapanese(9ième ed. en 1969).
Ils ont ceci de remarquable de bien répondre à la plupart
des questions que peut se poser l'étudiant à l'exclusion près
de celles qui ont rapport avec la structure des caractères.
E - Certains des ouvrages cités dans d'autres bibliographies
de ce livre (Kanji, Grammaire,...) peuvent aussi être utilisés
comme manuels introductifs. C'est en particulier le cas de
l'Invitation au Japonais de Jean Mathieu et Colette Batsch
très séduisante.
Une remarque enfin sur notre transcription des noms
propres japonais, dans lesquels le prénom suit toujours le
nom de famille, au Japon du moins, mais pas forcément
dans une édition occidentale. Nous avons utilisé l'ordre qui
figure sur l'édition (pour commodité de commande) au risque
certain d'un manque d'homogénéité. Voir le chapitre: Noms
de famille et Prénoms p. 539.
38PREMIERE PARTIE
LES SONS
LEURS TRANSCRIPTIONS
L'ECRITURE
z;
Le Japonais vit à la fois hier. aujourd'hui et demainCHAPITRE II
LES SONS DU JAPONAIS
PANORAMA
Les sons dujaponais sont peu nombreux et, à quelques
exceptions près, très proches des nôtres etfaciles à prononcer
pour tUtFrançais. C'est pourqLWi nous n'utiliserons pas ici le
langage de la phonétique, par souci de simplicité, bien qu'U
aide à mettre en lumière beaucoup de faits intéressants. Ces
sons se prêtent donc bien à une représentation «romanisée.
à l'aide de notre alphabet.
Ils ont pour lejaponais plus qu'une simple valeur phonétique,
Us peuvent évoquer des sensations autres qu'auditives et
même des états d'âme (voir chap. XVIII). Ceci explique que la
présentation des sons dujaponais obéisse à une certaine
hiérarchie et commence par le tableau dit des 50 sons.
Celui-ci comporte les 5 voyeUes a, i, u (totYours prononcé ou),
e (toujours prononcé é), 0 et leurs combinaisons avec les
consonnes k, s, t, n, h, m, y, r, w. (C'est par commodité que
toutes ces lettres sont englobées sous le vocable de
consonnes, bien que le y (et même le w ou le h) mériterait
une dénomination spéciale).
Ces combinaisons ne posent que peu de difficultés, dues aux
interactions de i avec s et t et de u avec t et h (et dans une
moindre mesure de i avec 11).
Les consonnes elles-mêmes sont identiques aux nôtres, à
40l'exception du T, intermédiaire entre notre Tet notre l, enfait
plus près du l (un Japonais prononcefacUement notre l mais
a du mal pour le r) et, dans une moindre mesure, du n qui
parfois se rapproche du ng anglais.
Mais ce tableau est loin de rassembler tous les sons de la
langue. Rfaut y qjouter les syUabesfomtées par les 5 voyeUes
avec les consonnes sonores g, z, d., b, p ainsi que celles qui
résultent de la combinaison des syllabes en y avec les autres
consonnes (sauf W), ce qui souligne le caractère particulier
de la «consonne» y (semivoyelle).
Nous verrons au chapitre suivant que tous ces sons
supplémentaires n'ont pas bénéfICié d'une représentationpar
des caractères syllabiques spécifiques. On utüise alors les
caractères attribués aux sons du Tableau des 50 sons
(Gojûonzu, mot qui sera analysé plus loin), en leur qjoutant
une petite marque distinctive, ou en les combinant entre eux.
Ajoutons que la consonne n peut ne pas être suivie de voyelle,
que les voyelles petillent être brèves ou longues, que certaines
syUabes peuvent porter W1accent qui s'exprime par la hauteur
du son et non, en principe par son intensité.
Etudions maintenant les principaux sites de ce panorama.
I. Le tableau des 50 sons
Il importe de le connaître dans son ordre, qui sert à
structurer les dictionnaires, et à guider la construction des
formes variables du verbe. Il se lit, comme la plupart des
textes japonais de haut en bas et de droite à gauche. Un
41astérisque y signale les syllabes qui se distinguent des
nôtres, auxquelles sont consacrées des analyses spéciales.
Le tableau des 50 sons
yawa ra ma ha na ta sa ka a
hi. si.ri ml ni* ti* ki I
tu.ru yu mu hu* nu su ku u
re me he ne te se ke e
wo* ro yo mo ho no to so ko 0
Ce tableau, malgré son nom ne contient que 45 sons, car
certains sont tombés en désuétude: 5 cases sont vides. Il
est construit sur la base de 5 voyelles, alors que le japonais
ancien en possédait 8 (au moins), dont 3 ont complètement
disparu.
Toutes les syllabes non marquées d'un astérisque se
prononcent comme en français (sans aucun glissando à
l'anglaise), avec toutefois les différences suivantes:
e n'est jamais muet et se prononce plus proche de è
que de é
u (nous l'avons vu) se prononce ou
wa se prononce à l'anglaise (oua)
r se prononce, sans le rouler, et très proche du I, mais
sans contact de la langue avec la gencive.
Examinons les autres:
si. se prononce chuintée, presque comme chi, mais en
gardant un soupçon de s
tI* est également chuintée et correspond à notre tchi
tu. se prononce tsu, maisavec un son de u intennédiaire
entre ou et u
42hi* aspiré comme toutes les syllabes commençant par h
fait entendre un son chuintant légèrement dans le
cas de hi
bu* se prononce fu, ce qui est normal puisque h est
fortement aspiré
ni* est intennédiaire entre ni et gnl
wo* n'est là que pour mémoire, cat inutilisé; mais sa
graphie subsiste pour représenter la particuleo,
marque de l'objet direct, qui se prononce bien 0 et
non oua!
Ainsi le tableau tel qu'iJ a été écrit ne traduit pas exactement
la phonétique du japonais. Mais il faut le connaître sous
cette forme tout en gardant à l'esprit que si se prononce
chi, ti tchi, tu tsu et hu fu. Considérons que ces anomalies
relèvent d'habitudes (ou de facilités pour le japonais) de
prononciation, et s'il en est ainsi reconnaissons que ce
tableau répond à une logique simple. Il a été adopté pour la
transcription romanisée officielle japonaise dite
kunreishikl.
Il existe une autre transcription due à Hepburn qui
remplace si par shi, t i par chi, tu par tsu et hu par fu
(hebonshiki). Avantage: pas de risque d'erreur de
prononciation (encore que chi se prononce tchi I).
Inconvénient: la logique du tableau devient moins claire. n
faut maîtriser les deux modes de transcription. Bien que
nous préférions la transcription officielle nous utiliserons
celle de Hepburn, déjà très ancrée dans les habitudes
françaises, mais en rappelant parfois le kunreishiki entre
crochets [ J. Ash! [as!] =le pie!! laJwnbe.
Les transcriptions romanisées seront toujours en caractères
plus gras que le texte français.
43II. Les autres sons
a) Ce sont d'abord les sons voisés résultant de la
transfonnation des syllabes sourdes en k, s, t en syllabes
sonores en g, z, d. Pas de difficulté pour la série g : dansga,
gl, gu, ge, go, le g est toujours dur (prononcer ga, gui, gu,
gué) ni pour la série z issue de la série s :za, zl*, ZU, ze, zo
si ce n'est que le zi* se prononce ji comme on doit
logiquement s'y attendre et se transcrit zi en kunreishikl
et ji en hebonshiki.
Plus délicat est le cas de la série en d issue de la série en t.
Pas de difficultés pour da, de, do, mais di se prononce dji
et se transcrit zi en kunreishiki et ji en hebonskikl,
et du se prononce dzu et se transcrit zu dans les deux
systèmes. D'où quelques ambigüités (et en tous cas un
manque de logique). Mais il faut reconnaître que le d est en
général peu marqué, le plus souvent totalement absent, et
que le nombre de mots concemés n'est pas considérable.
b) A ces trois séries voisées nous associerons les sériesba,
bi, bu, be, bo et pa, pi, pu, pe, po, qui ne posent aucun
problème.
c) il reste enfin un grand ensemble de syllabes formées d'une
des consonnes précédentes (k, g, s, Z, t, n, h, b, p, m et r) à
l'exception de d et w, avec les syllabes «yodisées» ya, yu, yo
(yi et ye n'existant pas). Un exemple: kyo fonne une seule
syllabe, d'une émission de voix, doit être distingué dekio
qui comporte deux syllabes: kioku = la mémoire, tandis
que kyoku =composition musicale; la prononciation doit
nettement distinguer ces deux mots).
44Cet ensemble n'appelle de remarques particulières que pour
les syllabes en s, Z, t, dont voici la prononciation et les
transcriptions, toutes les autres transcriptions étant
simplement l'accolement de la consonne à ya, yu, yo.
Syllabe Prononcée Kunrei. Hebon.
s + ya cha sya sha
- + yu chou syu shu
- + yo cho syo sho
z + ya ja zya ja
- + yu ju zyu ju
- + yo jo zyo jo
t + ya tcha tya cha
-+ yu tchou tyu chu
-+ yo tcho tyo cho
(Pour mémoire, la série en d n'est pratiquement pas utilisée).
Toutes ces syllabes seront reprises dans des tableaux
synoptiques qui mettront en regard les kana qui les
expriment. L'affinement de leur prononciation ne peut venir
que de la parole d'un professeur ou de l'écoute de cassettes.
Deux consonnes méritent cependant une mention spéciale.
III. Les consonnes G et N
Le g est toujours prononcé dur comme dans gâteau, et
cette prononciation facile est en général celle du sud du
pays. Plus on monte vers. le nord, plus se manifeste la
tendance de le faire précéder d'un léger n, comme dans
l'anglais sing, sang, song, surtout s'il se trouve à l'intérieur
d'un mot. A l'initiale on pourra hésiter: il faudra écouter
attentivement, car c'est l'usage local qui fixe le son. Ainsi à
45Tôkyô, les monosyllabes ga (marque du sujet) et go (cinq)
suivent deux règles différentes, le ga seul étant proche du
son nga. Mais le g de ga (= la mite) se prononce comme
celui de go, sans n.
La prononciation du n est à peu près celle du français
dans na, nu, ne, no. Ni se prononce avec une nuance de
gni. Mais, en outre, n est la seule consonne qui peut ne pas
être suivie de voyelle. Ce n particulier auquel correspond
un caractère spécial ne figure jamais au début d'un mot:
on le rencontre après une voyelle ou syllabe normale, donc
après n'importe lequel des 50 sons, aussi bien dans le corps
des mots qu'en finale. Il est considéré comme formant
syllabe à lui seul et doit en avoir la durée.
Mais sa prononciation est variée, pas facile à représenter
par nos lettres, et dépendante de ce qui la suit:
- Pratiquement pas de problème de prononciation en finale
autre que celui de lui donner sa juste longueur:
- sonne un peu comme ng (mais long) devant k et g :
- sonne nettement comme un m devant m, p, b :
- pratiquement pas de difficultés quand il est suivi de
syllabes en t, 18, ch, d, ou (dU, c'est-à-dire d'une syllabe de
la quatrième colonne, ou qui en dérive:
- dans les autres cas, on a l'impression d'une nasalisatlon
prolongée, que seule l'écoute attentive permettra de
reproduire. En particulier après e, n est presque prononcé
en(g).
L'essentiel est de bien donner à ce n toute sa longueur,
celle d'une syllabe nonnaJe : en le faisant on est presque
amené à se rapprocher de la prononciation japonaise. Pour
éviter toute ambiguïté le n syllabique est souvent suivi d'une
apostrophe: sannin = trois hommes peut donc s'écrire
46san'nin qui compte pour 4 syllabes sa-n-ni-n. L'apostrophe
est indispensable quand n est suivi d'une voyelle yodisée
ou non: par exemple kanyû =entrer dans, s'qffùier à (quand
suivi de SUlU = faire) est un dissyllabique ka-nyû donc pas
d'apostrophe tandis que kanyû trisyllabique ka-n-yû exige
l'apostrophe: kan'yû = invitatioTL
IV. Consonnes et voyelles doubles
Toutes les syllabes rencontrées précédemment se
prononcent en principe de même durée (la langue est
rythmée comme par un métronome), même dans le cas où
elles sont constituées d'une seule voyelle, ou d'une consonne
suivie d'une voyelle yodisée (Nous verrons qu'il existe
cependant quelques exceptions).
Mais consonnes et voyelles peuvent être doublées:
allongées serait plus exact dans le cas des voyelles. Il est
important de bien faire entendre ces redoublements/
allongements, sous peine d'erreurs de vocabulaire.
Quand une consonne est doublée tout se passe à peu près
comme si elle terminait la syllabe précédente puis, après
une pause infime, commençait la suivante: on distinguera
ainsi ato =après de atto (at'ta) =en un instant. et kata =la
personne de katta =J'ai acheté. Attention à ne pas introduire
un e muet: motte se prononce mot-te et non motte-te
(motte =ayant).
Quand une voyelle est allongée, de durée double, c'est bien
sa durée et non elle qui est doublée. Tôkyô contient deux 0
longs, ce qui n'est pas une raison pour le prononcer
To-o47kyo-o !
La transcription officielle japonaise écrit cet allongement
en doublant la voyelle, ce qui peut induire en erreur. La
transcription Hepburn marque l'allongement par un trait
(parfois un circonflexe: ce que nous avons fait dans cet
Ot1vraee)au-dessus de la voyelle, sauf pour le i qui est doublé
(à cause des points), d'où â ii û ê ô.
Comme exemple d'erreurs possibles (très nombreuses !)
dues à la non prononciation de l'a1longement :
mo =deuil: mô =plus, davantage
koyO =emploi, utilisation; kôyô =feuilles d'automne
kuro = noir, kurô =peine. souçi
Mais il faut aussi éviter de confondre une voyelle allongée
avec une voyelle redoublée, et ne pas mettre de trait ou de
circonflexe quand il s'agit bien de deux voyelles consécutives.
Exemples: haari =fourmi ailée, prononcer ha-a-ri : haaku
=compréhension (ha-a-ku) : maatarashii =tout ne4fet non
mitarashii car ce mot est formé de ma =vra~ exact, et de
atarashi! =nouveau.
On aura noté que cette différence entre a long et a doublé
ne peut pas être marquée en transcription dans le cas de
i : dans lie = non. le i est allongé: dans kiiro il y a bien
deux i. L'écriture japonaise peut présenter une ambiguïté
de même nature: c'est la construction même du mot qui
permet de la lever (pas d'ambiguïté quand le mot est écrit
en kanji comme nous le verrons plus loin).
L'exception à la règle d'égale durée des syllabes est fournie
par les syllabes en i et u qui peuvent dans certains cas
faire croire à l'évanescence complète de la voyelle. Cela se
48produit, mais pas toujours, quand i ou u sont entre deux
des consonnes k, s, t, k. p, ou après l'une d'elles à la fin
d'un mot. Ainsi sukoshl, [sukosi] =peu, se prononce
presque skochi et utsukushil (utukusll] =beau, Jol~ se
prononce presque outskouchi. De même les terminaisons
verbales très fréquentes en -masu et -mashita (masita)
sonnent à l'oreille d'un occidental comme mass et machta
s'il ne fait pas très attention. S'il tend l'oreille il entendra
lui un soupçon de 'u ou de i ce qui explique que certains
Japonais n'acceptent pas que J'on mette le signe
d'amuïssement et écrive ü et 'te J'ai été surpris de noter
combien ce point de phonétique peut susciter de discussion.s
passionnelles. Il faut probablement rapprocher cette attitude
du Japonais à un sens profond de l'esthétique des sons qui
sera étudiée au chapitre «Onomatopée».
Pour mettre tout le monde d'accord, disons que certains
jsyllabes en et u peuvent être simplement chuchotées et le
v
lecteur aura noté que le signe n'implique pas que la voyelle
ait totalement disparu ni même qu'elle se soit assimilée à
un e muet! Notons d'ail1eurs que cette semiévanescence
dépend des individus: elle est en général moins marquée
par les femmes.
V. Conseils
Sans présenter de difficultés la prononciation japonaise
doit être correcte pour se faire comprendre. Le recours aux
cassettes est en général suffisant, mais rien ne remplacera
une conversation avec un Japonais, en particulier pour les
prononciations -assez variables suivant les mots - des g et
n et pour les cas et le degré d'évanescence de certains i ou
u.
49Le débutant préférera des manuels qui au moins au début
donnent en plus des transcriptions romanisées un aperçu
de la prononciation figurée. Mais seules les cassettes -ou
un interlocuteur - permettront de bien poser l'accent.
Celuici fait l'objet du chapitre XX. C'est un accent de hauteur au
sens musical du terme et non un accent d'intensité. n figure
rarement dans les manuels car il est difficile à indiquer: il
faudrait marquer les syllabes où la voix s'élève et celles où
elle baisse.
Ce «mouvement mélodique» n'est pas très marqué, mais il
est des cas où il doit être respecté sous peine de confusion
entre mots différents. Donc être autant que possible réceptif
aux nuances de l'accentuation! Il est curieux de noter que
dans la majorité des cas le Français a une tendance intuitive
à trouver le bon accent, ce qui ne doit pas l'empêcher de
porter attention aux homophones dont le sens dépend de
l'accent.
VI. Remarque
Ce chapitre n'a pas explicité la totalité des problèmes de
transcription romanisée (notamment pour les groupes:
consonne + y + voyelle). Le tableau complet des
transcriptions sera donné en regard des syllabaires au
chapitre suivant.
50CHAPITRE III
LES SYLLABAIRES
ou KANA
HIRAGANA et KATAKANA
PANORAMA
Quand les Japonais ont, via la Corée, découvert la culttue
chinoise, vers le quatrième siècle, Usfurent impressionnés
par les ressources de l'écriture, qu'ils ne possédaient pas. Ils
ont donc utüisé les caractères chinois, soit pour leur valeur
phonétique, soit pour leur valeur sémantique. Le choix des
caractères chinois à utiliser pour représenter les sons du
Japonais resta longtemps incertam ne serait-ce qu'en raison
du grand nombre d'homophones en chinois. D'autTepart la
prononciation de ces caroctères différait d'une région à l'autre
de la Chine et a évolué dans le temps. Enfin la graph-ie de
ces cQToctères est souvent très complexe, et demande à êtTe
simplifiée.
D'où trois démarches dont certaines ont duré des siècles,
pour aboutir aux syllabaires actuels :
al établissement du tableau des sons à représenter: la
démarche a subi l'irifluence cultureUe de l'Inde et si le tableau
des 50 sons est très ancien (U remonte à peu près à l'an
1000) nous avons noté qu'il ne rend compte que d'une partie
de la phonologie japonaise. Or ce sont les seuls sons qui
auront le privilège de recevoir uneforme écrite spécifrque.
51h) choix des caractères à utiliser. Ce sont les Kana,
étymologiquement «mots d'emprunb (pour écriture phonétique)
qui se sont répandus dès le septième siècle pOUTtranscrire
des poèmes. Leur nombre s'estflXé lentement sous l'influence
de laformalisation du tableau des sons et de la nécessité
d'aboutir à un ensemble cohérent de signes simpllfr.és.
c) choix des méthodes de simplification des caractères. Deux
ont été retenues:
- écriture cursive simplifiée des caractères retenus; c'est
l'origine des hiragana (k devenu g pour euphonie),
littéralement kana simples, conçus, dit-on, pour les femmes
jugées inaptes à maîtriser la complexité des signes du chinois
(à l'origine, ces hiragana se sont appelés .main de femme.).
Ils n'ont reçu que tardivement leur nom actuel lorsque leur
usage s'est imposé à tous.
- écriture simplifiée en ne conservant qu'une partie du
caractère initial; c'est l'origine des katakana, littéralement
kana partiels.
Retenons que ces syllabaires prennentforme vers lafm de
l'époque de Nara (754) et au cours de celle de He~Jusque
vers 1100, que les hiragana se sont imposés pOUTtranscrire
(en association avec les caractères chinois, ou kanji) la
langueJaponaise, que les katakana, utilisés par les 1wmmes
pour prendre des notes en matière de science, de philosophie
de religion, ont précédé de peu les hiragana et sont
aujourd'hui limités à la transcription de mots d'origine
étrangère non chinois et à quelques autres cas (voirplus loinJ.
Retenons aussi que leursformes déflTlitives sont récentes et
dues aux réformes de la période Meiji (1868-1912) ou plus
récentes (1946).
52I. Les 50 sons en kana
Le tableau donne pour chaque syllabe: la romanisation
selon Hepburn, son écriture en hiragana, en katakana en
dessous, puis celle du kunreishiki entre ( l, accompagnée
si nécessaire du rappel de la prononciation en écriture
françaiseo
Ce tableau ne comporte aujourd'hui que 45 cases pleines.
Il convient de lui ajouter le n après voyelle écrit Iv, ~ qui
compte toujours pour une syllabe. On a noté que les
différences entre les deux transcriptions sont peu
nombreuses. On maîtrisera sans peine les deux. Le n
syllabique Iv , ~ est transcrit n dans les deux systèmes.
Ce tableau doit être bien connu: il règle l'ordre du
dictionnaire et est utile pour la logique des formes verbales.
Il s'appelle en japonais (en anticipant sur ce que nous dirons
des syllabes en consonnes + y) fgozyuuonzu], gojûonzu
5, jû = 10, on =son et zu = tableauou a-i-u-e-o zu, où go =
(qui peut être remplacé par jun = ordre), tous ces mots
s'écrivant normalement en kanji. On risque encore de
rencontrer quelques [offiles obsolètes pouri et e (en fait wi
et we).
Pour faciliter la mémorisation on notera:
- e~ hiragana la nécessité de bien distinguer:
, 0 J3 ;a ;b , wa 'b
ta t:. , na 1:l ;
;sa ~ , chi 't
ha tt, ho ~1,ma î ;
ruo,ro0;
53re it, ne t1 ;
Q) ,nu tJ., me NJ .no
- en katakana la nécessité de distinguer:
U ? , wa ïJ ,ku 7
fu 7 , nu .5( ,su A
ha J \ , he ~
ma ~ , mu A et surtout les quatre signes
, tsu ~ , shi ~ , ce dernier seul étant tracé deno ./ ,so '/
bas en haut. Me :J. en est proche,mais il est barré. N )t après
voyelle s'écrit de bas en haut au contraire de so.
- que dans les deux syllabaires le he est le même ~ .
Rappelons que wa s'écrit ha tt et se prononce bien wa
quand il représente la particulewa (qui signale le thème de
la phrase), et que wo ~ ne sert que pour marquer l'accusatif;
il se prononce toujours et nous le transcrirons toujours
°
ainsi: et non WO,comme le fait Hepburn.
°
(Voir tableau page suivante)
54ya ma ha na ta sa ka awa ra
~~,j: ~1J~ à;~t~b G
)\ :; tJ 7T 4j-? 7 '7-\"'
[ka] [a][wa] [ya] [ma] [ha] [na] [ta] [sa]rra]
ri mi hi ni chi shi ki i
~(} ~: ~\".~I? ~L
....1) -, e
~~1T[Ii] [mi] [hi] [ni] [ti] [si] [ki] ri]
tcrn chi
ru mu fu nu tsu su ku uyu
..~<ob~~tr ~'0 9 J
)v .:L A A7 7~'J '7
[ru] [yu] [mu] [hu] [nu] [tu] [su] [ku] ru]
fou tsou ou
re me he ne te se ke e
').
;:{.tL i:J. l ~t-tt~-"
:) ~, ..:r-v .l'\. T
~I;[me] [11e] [ne] [te] [se] [ke]Ire] Ie]
é
o (wo) yoro ma ho no to so ko 0
...,.(f)~~J: ~ti è
i3\--t0 :J7 3 / ;f-~* ~'J
[0] fro] [yo] [ma] [ho] [no] [to] [so] [ka] 0
55