Parlons tcherkesse
213 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Parlons tcherkesse

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
213 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Plus connus en français sous le nom de Circassiens, les Tcherkesses se répartissent en divers groupes dont les Kabardes, qui ont donné leur nom à une république autonome russe du Caucase (la république de Kabardino-Balkarie). La vie des Tcherkesses fut l'enjeu de luttes continuelles entre les Russes, les Perses et les Turcs. Voici un aperçu de la richesse de leur culture et de l'originalité de leur langue.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2009
Nombre de lectures 609
EAN13 9782296242197
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Parlons tcherkesse
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www. librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-10484-6
EAN : 9782296104846

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Amjad Jaimoukha
Michel Malherbe


Parlons tcherkesse

Dialecte kabarde


L’Harmattan
Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

Dernières parutions


Parlons moba, langue du Nord-Togo , Pierre REINHARD, 2009.
Parlons shanghaïen , Feng LI, 2009.
Parlons bunun , Rémy GILS, 2009.
Parlons suédois , Corinne PENEAU, 2009.
Parlons agni indénié , Firmin AHOUA et Sandrine ADOUAKOU, 2009.
Parlons otomi , Yolanda LASTRA, 2009.
Parlons luo , Neddy ODHIAMBO et Michel MALHERBE, 2009.
Parlons marquisien , Edgar TETAHIOTUPA, 2008.
Parlons arawak , Marie-France PATTE, 2008.
Parlons khakas , S. DONIYOROVA, D. ARZIKULOVA, C. DONYOROV, 2008.
Parlons bamiléké , Dieudonné TOUKAM, 2008.
Parlons manadonais , Chrisvivany LASUT, 2008.
Parlons yaqui , Z. ESTRADA FERNANDEZ, A. ALVAREZ GONZALEZ, 2008.
Parlons kihunde , Jean-B. MURAIRI MITIMA, 2008.
Parlons grec moderne , Cyril ASLANOV, 2008.
Parlons lü , Tai Luc NGUYEN, 2008.
Parlons karimojong , Christian BADER, 2008.
Parlons azerbaïdjanais , Kamal ABDOULLA, Michel MALHERBE.
Parlons manjak , Carfa MENDES et Michel MALHERBE.
Parlons arménien , Elisabeth MOURADIAN VENTUTINI et Michel MALHERBE.
Parlons romanche , Dominique STICH, 2007.
Parlons gallo , Nathalie TREHEL-TAS, 2007.
Parlons lobiri , Fané MAÏMOUNA LE MEN, 2007.
Parlons pijin , Christine JOURDAN, 2007.
Parlons maori , Michel MALHERBE, 2007.
Parlons soundanais , Viviane SUKANDA-TESSIER, 2007.
Parlons oromo , Christian BADER, 2006.
Un peuple à l’histoire incroyable
Plus connus en français sous le nom de Circassiens, les Tcherkesses se répartissent en divers groupes dont les noms sont encore moins familiers. Ainsi les Kabardes, qui ont donné leur nom à une république autonome russe du Caucase (la république de Kabardino-Balkarie), les Adyghées ont aussi leur république et les Tcherkesses proprement dits qui se partagent avec les Karatchaïs la république de Karatchaevo-Tcherkessie. Jadis ils vivaient surtout d’élevage mais bon nombre d’entre eux servaient comme mercenaires dans les armées des empires perse, romain ou byzantin, où ils étaient très appréciés pour leurs qualités guerrières. Ils ont constitué une bonne partie des troupes ottomanes des mamelouks et, à ce titre, ont occupé des fonctions très importantes. Cependant, leur influence politique a atteint un sommet lorsque, en 1382, un Tcherkesse mamelouk monte sur le trône d’Egypte et y installe la dynastie des Burdjite qui subsistera jusqu’en 1517.
Dans le Caucase, la vie des Tcherkesses a été profondément troublée par les guerres successives qui s’y sont déroulées. Durant plusieurs siècles, aux XVI ème et XVII ème , la région fut l’enjeu de luttes continuelles entre les Russes, les Perses et les Turcs. En 1864, les Russes l’envahirent, ce qui provoqua l’exode de 400.000 Tcherkesses, soit la très grande majorité de la population, qui s’exila en Turquie et dans d’autres parties de l’empire ottoman. Elle s’efforça d’y maintenir sa culture. Au total, on peut évaluer à près de 5 millions le nombre des Tcherkesses mais seulement un million d’entre eux habitent leurs terres traditionnelles.

La diaspora tcherkesse

Après la première guerre mondiale, les communautés tcherkesses se retrouvèrent réparties entre les divers nouveaux pays du Proche-Orient issus de l’éclatement de l’empire ottoman : la Syrie, la Jordanie et la Palestine mais aussi le Kossovo ou la Bulgarie. Ces pays eurent divers comportements à l’égard de la communauté tcherkesse. Ainsi les Tcherkesses de Bulgarie ont quitté le pays dès 1878, lors de l’indépendance du pays. Il n’y reste que 1.300 personnes. Ceux du Kossovo sont rentrés dans le Caucase russe en 1998. Aujourd’hui de un à deux millions de Tcherkesses vivent en Turquie. Une autre communauté importante de 130.000 âmes habite la Jordanie. En Syrie, on en compte près de 100.000, en Iraq 10.000 et environ 4.000 en Israël. Quelques centaines de Tcherkesses habitent divers pays d’Europe ou d’Amérique.
Ceux qui sont restés en Russie sont au nombre d’environ 2 millions dont la moitié habite toujours les républiques du Nord du Caucase et les autres dans le reste du pays. Les Tcherkesses du Caucase constituent 24,2% de la population en République des Adyghés, 60 % en Kabardino-Balkarie et 11,3% en Karatchaïevo-Tcherkessie.
Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, les Tcherkesses peuvent voyager à l’étranger, ce qui a permis de rétablir des liens culturels avec la diaspora.
Quelques précisions sur les communautés de la diaspora
En Turquie , les Tcherkesses sont surtout dans les provinces de Samsun, Kahramanmaras, Kayseri et Düzce. D’autres se sont assimilés. Jadis, On les trouvait en grand nombre au sein des mamelouks. La dynastie des sultans burjites a été fondée par des mamelouks adyghéens. Les femmes tcherkesses, réputées pour leur beauté, étaient souvent choisies pour le harem des sultans surtout à partir du XVIII e siècle

En Syrie , la moitié des 30.000 Tcherkesses étaient établis sur les hauteurs du Golan, occupées par Israël depuis 1973. Ils ont déménagé à Damas ou ont émigré aux Etats-Unis.

En Jordanie , les Tcherkesses occupent une place importante. Ils ont largement contribué jadis à la prise de pouvoir de la dynastie hachémite et à la fondation de la capitale, Amman. Certains Tcherkesses sont des officiers de hauts grades dans l’armée. Les associations tcherkesses sont actives et des écoles enseignent la langue et l’histoire en plus des programmes officiels.

En Israël , on les trouve dans deux villages de Galilée, Rihania et Kfar Kama. Ils font leur service militaire dans tsahal et sont mieux considérés que les Arabes israéliens. La langue est enseignée et le folklore conservé. Cependant, nombreux sont les Israéliens qui ne connaissent pas cette petite communauté que les Turcs ont fait jadis venir du Caucase pour défendre les frontières de l’Empire Ottoman.
République Kabardino-Balkar
Superficie 12.500 km 2
Population 901.494 hab. (2002)
Ethnies Tcherkesses (60%), Russes (25%), Balkars (10 %)
Langues russe, tcherkesse (le karatchaï et le balkar constituent une seule et même langue, proche du turc)
Capitale Nalchik 269.641 hab. (2008)
République de Karatchaevo-Tcherkessie

Superficie 14.100 km
Population 439.470 hab. (2002)
Ethnies (Tcherkesses) (11,3%), Abaza (7,4%), Karachai (38,5%), Russes (33,6%)
Capitale Tcherkessk 116.300 hab. (2007)
Langues russe, tcherkesse (le karatchaï et le balkar constituent une seule et même langue, proche du turc)
République d’Adighée



Superficie 7.600 km 2
Population 447.109 hab. (2002)
Ethnies Adighéens (Tcherkesses) (24,2%), Russes (64,5%), Arméniens (3,4%), Ukrainiens (2%)
Capitale Maïkop ( Мыекъуапэ )153.468 habitants
Première partie : description de la langue
Les langues du Caucase

Les linguistes distinguent trois groupes de langues qui n’existent que dans le Caucase. Ces groupes se situent au Nord-Ouest, au Nord-Est et au Sud-Ouest de cette chaîne de montagnes. Les langues les plus caractéristiques et les plus connues de ces groupes sont, dans l’ordre, le tcherkesse, le tchétchène et le géorgien. Les linguistes se posent la question d’une lointaine parenté entre les langues des deux groupes du Nord et semblent renoncer à en trouver une avec celles du groupe du géorgien. Il s’agirait, en tout cas, d’une parenté remontant à 5.000 ans ou plus, c’est donc une question purement académique. Dans le même ordre d’idées, une parenté de ces langues avec l’ancien sumérien fait l’objet de recherches. A titre d’information, l’encadré ci-dessous donne une liste des langues du Caucase, tous groupes confondus.
LES LANGUES PARLÉES AU CAUCASE
FAMILLE CAUCASIQUE (ibéro-caucasique)
Groupe caucasique du nord-ouest (adyghé-abkhaze-ubykh)
Langues adyghées :
Tcherkesse (adyghé)
Tcherkesse (kabarde)
Langues abkhazes :
Abaza
Abkhaze
Ubykh (disparu)
Groupe caucasique du centre-nord (vaïnakh)
Batsbi (Tsova-Tushian)
Ingouche
Kist
Tchétchène
Groupe caucasique du nord-est (langues du Daghestan)
Langues avaro-anda :
Avar
Andi
Akhvakh
Bagvala (Kvanada)
Botlikh
Godobéri
Karata
Tchamalal
Tindi
Langues lako-darghiennes :
Darghien
Lak
Langues lesghiennes :
Agoul
Artchi
Boudoukh
Khinaloug
Kryz
Lesghien ou lezgi
Oudi
Routoul
Tabassaran
Tsakhour
Langues tsèzes (dido) :
Bejita (Kapouchti)
Guinoukh
Gounzib
Khvarchi
Tsèze

Groupe caucasien du sud (langues kartvèles)
Géorgien
Mingrélien
Langues zanes :
Laze (Tchane)
Svane

FAMILLE INDO-EUROPÉENNE
Arménien
Groupe iranien
Langues iraniennes du nord-est :
Kurde
Talyche
Langues iraniennes du nord-ouest :
Ossète
Langues iraniennes du sud-ouest :
Persan (fårsi)
Tate

FAMILLE TURQUE
Groupe du sud-ouest (oghouz)
Azéri
Groupe du nord-ouest (qiptchaq)
Karatchaï-balkar
Tatar de Crimée
Koumyk
Nogaï

FAMILLE SÉMITIQUE
Aïssor
Ecriture et prononciation
Ecrit jusqu’en 1923 avec les lettres arabes, le kabarde a connu des essais d’écriture latine de 1928 à 1937, date à laquelle il a définitivement adopté l’alphabet cyrillique, complété et modifié pour répondre à la phonologie très particulière de la langue. En particulier, on a introduit le signe I qui marque les sons dits éjectifs. L’écriture du kabarde peut paraître déconcertante et le nombre élevé des consonnes laisse perplexe. Pour aider le lecteur, un CD Rom reprend certaines pages du livre et permet d’entendre les sons de ces consonnes dans le contexte des phrases du livre.
L’alphabet kabarde comprend 60 lettres, dont 19 s’écrivent avec deux signes (digraphes), 5 avec 3 signes (trigraphes) et une avec 4 signes (quadrigraphe).



Cet alphabet est donné en majuscules. Les minuscules correspondantes aux 33 lettres cyrilliques du russe :



sont parfaitement identifiables et sont :



Le lecteur sera surpris de constater que la même lettre Э se trouve deux fois dans l’alphabet. Le premier Э ne se trouve jamais à l’initiale, il a un son proche d’un a court ou du e muet français. Le second Э , au contraire, ne se trouve qu’à l’initiale et a le son è. Il ne s’emploie qu’avec des mots empruntés à des langues étrangères.

Valeur des lettres
Les lettres suivantes se prononcent de façon presque identique à leurs correspondantes en français : a=a / б=b / B=v / r=g (dur comme dans gamin, jamais j comme dans girafe ) д=d / ж=j / з=z (comme dans zouave ) / и=i (c’est un i long comme ee en anglais) / к=k / л=l / м=m / н=n / o=o / п=p / p=r (roulé comme en russe) / c=s / т=t / y=ou / ф=f / x=kh (comme la jota espagnole ou le ch allemand) / ц=ts / ч=tch (comme dans Tchad ) / ш=ch (le sh anglais) / ы=i (c’est un i bref, au son différent de son homologue russe) / ю=you / я=ya .
Les lettres suivies d’un I sont suivies d’un arrêt glottal.
En ce qui concerne les autres lettres, nous renonçons à faire une description phonologique précise qui serait fastidieuse et de peu d’intérêt pour notre objectif de compréhension du mécanisme de la langue. Nous recommandons au lecteur de se reporter au CD Rom prévu pour acquérir une bonne prononciation de la langue.
Cependant voici quelques indications destinées à aider le lecteur, sans prétention d’exactitude phonologique.
гy est un g dur suivi d’un son ou / w très court (comme dans g ou aille mais en plus bref).
гъ correspond au r parisien grasseyé
гъу est la même lettre que la précédente mais suivie d’un ou très bref.
дж est l’équivalent de dj en français ou de j en anglais (dans John )
дз se prononce tout naturellement dz .
e se prononce ye à l’initiale et è dans le corps d’un mot. Il n’est jamais en finale.
жь est un j alvéo-palatal.
й est une demi-voyelle équivalente au y français
ку se lit comme kw
кІ se prononce comme tch suivi d’un arrêt glottal
кІу est un ку avec un arrêt glottal après le к .
къ équivaut au ق arabe habituellement transcrit q . C’est une sorte de k guttural prononcé en arrière de la gorge, inconnu en français.
къу est la lettre précédente suivie d’un ou bref.
кхъ est un къ suivi de хъ , c’est-à-dire d’une jota espagnole (voir ci-dessous)
кхъу est la lettre précédente suivie d’un ou bref
лъ est un l mouillé
ху est un x suivi d’un ou bref.
хъ est la jota espagnole ou le خ arabe
хь est un h fortement expiré, comme le lettre arabe ح du mot Mohammed
хъу est la lettre хъ suivie d’un ou bref
щ n’a pas la valeur shtch qu’elle a en russe ; c’est seulement un ch français (sh anglais) mais alvéo-palatal. Le prononcer comme ш n’empêche pas la compréhension.
Iy enfin, est un arrêt glottal suivi d’un ou très bref.
Les voyelles ю et ë ne sont utilisées que dans les mots empruntés à d’autres langues.

Usage des majuscules
L’habitude est semblable à celle du français, mais différente de celle de l’anglais : les noms propres seuls prennent des majuscules dans le corps d’un texte, les noms de peuples, des jours de la semaine et des langues s’écrivent en minuscules. Une phrase ou un vers de poésie commence par une majuscule.

Alphabet adyghé
A titre d’information, nous présentons au lecteur l’alphabet employé par le tcherkesse occidental (ou adyghé) qui diffère sensiblement de celui du kabarde.



D’une façon générale, le tcherkesse connaît une évolution dialectale entre l’Est de la zone (dialecte kabarde) où les voyelles sont plus différenciées et les consonnes moins nombreuses et l’Ouest (dialecte adyghée) où les voyelles sont moins nombreuses (surtout e et ы ), et où les consonnes sont plus nombreuses. Dans certains dialectes et selon divers spécialistes, leur nombre peut atteindre un record de 50 (dont 18 digraphes) à 66.
Noter que l’abkhaze est une langue différente qui ne fait pas partie des dialectes circassiens.

L’accentuation
En tcherkesse, les mots portent une accuentuation qui suit les règles suivantes :
si le mot se termine par un schwa э , appellation que les linguistes donnent à l ’e muet, l’accent tombe sur l’avant-dernière syllabe.
Exemples :
д а дэ , grand-père
д а хэ , beau
етху а нэ , cinquième

Cependant dans les mots empruntés, pour la plupart au turc ou à l’arabe, qui se terminent par le э, l’accent est sur la dernière syllabe comme dans мыхьэн э , signification, ou dans тэрэз э , balance .
Les mots empruntés au russe gardent l’emplacement de leur accent.

Si le mot se termine par une autre voyelle ou par la semi-voyelle й , l’accent est porté par la dernière syllabe.
Exemples :
хьэмбыл y , poumon
гъуэжьку и й , tourbillon
бал и й , cerise .

Si le mot se termine par une consonne (syllabe fermée), l’accent est le plus généralement sur la dernière syllabe.
Exemples :
дыжь ы н , argent (métal)
дэрбз э р , tailleur

Les verbes au passé, dont la finale est un a , ont l’accent sur la dernière syllabe.
Exemples :
жыІ а ( щ)
il a dit
дышэжь а ( щ)
nous avons travaillé
уедж а ( щ)
tu as étudié

Les terminaisons des cas et celle du pluriel хэ que nous verrons plus loin, n’affectent pas l’accentuation. Pour les autres suffixes, s’ils sont considérés comme une partie intégrante du mot, les règles générales s’appliquent.
Le groupe nominal
Les noms tcherkesses distinguent deux genres, humain et non humain. Le genre ‘humain’ comprend les noms qui répondent à la question хэт? qui ? On y trouve les noms de professions ou de nationalité.
Il existe un singulier et un pluriel mais pas d’article.
Le pluriel des noms se forme grâce au suffixe - хэ , sans exception.
Exemples :
щІалэ , garçon, donne щІалэхэ , garçons
бзылъхугъэ , femme , donne бзылъхугъэхэ , femmes
нэ , œil , donne нэхэ , yeux etc.

Le tcherkesse comporte des cas nominaux au nombre de quatre :
nominatif (ou absolutif), ergatif-oblique, instrumental-directionnel et spécifique (ou adverbial-transformatif).

Le nominatif
Le nominatif répond aux questions
хэт ?
qui ?
ou
сыт ?
quoi ?
Il a le suffixe -p : щІалэр , (le) garçon ; щІалэхэр , (les) garçons , бзылъхугъэр , (les) femmes . C’est le cas que prennent les sujets des verbes intransitifs ou les compléments d’objet direct [le -p marque aussi le caractère défini du nom comme l’article défini en français].
Il a le suffixe -p : щІалэр , garçon ; щІалэхэр , garçons , бзылъхугъэ femme . C’est le cas que prennent les sujets des verbes intransitifs ou les compléments d’objet direct.
Exemples :
щІалэр йоджэ
le garçon lit (sujet)
сэ тхылъыр къэсщтащ
j’ai pris le livre

L’ergatif ou cas oblique
Il se caractérise par le suffixe -м . Il s’emploie dans de nombreuses occurences qui correspondent au datif, au génitif ou à l’accusatif. C’est le cas employé pour les compléments de lieu, de temps ; le - м marque aussi le caractère défini du nom comme l’article défini en français.

Exemples :
щІалэм garçon , щІалэхэм garçons
сэ щІалэм тхылъ естащ
j’ai donné un livre au garçon
(je / au-garçon / livre / ai-donné)

щІалэхэм я топыр къэсщтащ
j’ai pris le ballon des enfants
(aux-enfants / leur / ballon / ai-pris)

фызыр къуажэм кІуащ
la femme est allée au village
(femme / au-village / est-allée)

щІалэр унэм нэсащ
le garçon est arrivé à la maison

On l’emploie aussi pour le sujet des verbes transitifs.
лІым мащэр къитІащ
l’homme a creusé le trou [ лIым мащэ къитІащ = l’homme a creusé un trou ]

къуалэбзухэм щыпІэр ябгынащ
les oiseaux ont déserté la localité

сэ егъэджакІуэм упщІэ естащ
j’ai posé une question au professeur
(je / au-professeur / question / ai-donné)
сэ къалэм сыІщыІащ
j’étais en ville.

си адэм бийр иукІащ
mon père a tué l’ennemi
си адэр бийм иукІащ
l’ennemi a tué mon père

L’instrumental-directionnel
Il répond aux questions хэткІэ? par qui ? / сыткІэ? avec quoi ? / дэнэкІэ ? où ? dans quelle direction ?
Il se caractérise par le suffixe -кІэ.

Comme son nom l’indique, il exprime :
L’instrument de l’action :
(сэ) къэрэндащкІэ сотхэ
j’écris avec un crayon

On l’emploie aussi pour dire dans quelle langue on parle :
адыIгэбзэкIэ , en tcherkesse / en langue tcherkesse .

La direction de l’action :
дэ къуажэмкІэ докІуэ
nous allons vers le village

Le cas spécifique
Il s’emploie quand il s’agit d’une partie d’un ensemble, comme le partitif du français. Il porte le suffixe -y ou -уэ :
фошыгъуу зы килограмм къэсщэхуащ
j’ai acheté un kilo de sucre
(sucre-de / un / kilo / j’ai-acheté)
комвайным гуэдзу гектар щэщІ Іуихащ
la moissonneuse-batteuse a récolté 30 hectares de blé
On l’emploie quand le sujet acquiert une qualité ou pour indiquer l’appartenance à une profession.
Ашэмэз професорру щылэжьащ университетым
Ashemez travaillait comme professeur à l’université

Le complément du nom
L’ordre est l’opposé de celui du français. La connexion est rendue par la particule и ou я au pluriel.
Exemple :
la rive du Terek
Тэрч и Іуфэ
le chapeau du vieillard
лІыжьым и пыІэ
(vieillard / du / chapeau)
la situation des Tcherkesses
адыгэхэм я щытыкІэр
Les postpositions
Le tcherkesse emploie des postpositions au lieu de nos prépositions.
папщІэ
pour
деж
près de / à (pour un lieu ou une date)
игугъу
au sujet de
икІуэцІкІэ
pendant / durant
ипэ
avant
ипІэкІэ
à la place de
къэскІэ
jusqu’à
кІуэцІ / кІуэцІкІэ
dans / à l’intérieur
лъандэ (рэ)
depuis
нэблагъэ
à peu près (avec les nombres)
нэмыщІ
excepté / sauf
нэужь / нэужькІэ
après
пщІондэ
jusqu’à (pour l’heure)
фІэкІ / фІэкІа
excepté / sauf
хуэдиз
à peu près
щхьэкІэ
grâce à / à cause de
щІагъ
sous
япэ
en avant de ( пэ signifie nez)

Parfois on trouve des postpositions composées avec и (qui devient я au pluriel) comme :
и пэ (кІэ)
avant
и дежкІэ
pour / à côté de
и (я) гъусэу
avec
и (я) пащхьэ
en face de / en présence de

Exemples d’emploi des postpositions :
ар уи деж нэкІуащ
il est allé vers toi
ди эрэм и пэкІэ
avant notre ère (B.C.)
ар фи деж щыІaщ
il était avec vous (pl.)
ар унэм деж щытщ
il se tenait près de la maison
пэш кІуэцІым щІэсын
s’asseoir dans la pièce
тІощІ нэблагъэ
à peu près 20
пщІы хуэдиз
à peu près 10
абы лъандэрэ
depuis lors
илъэсым икІуэцІкІэ
pendant l’année
дэ абы игугъу тщІащ
nous parlions de lui
къэрал кІуэцІым
à l’intérieur de l’Etat
нобэ къэскІэ
jusqu’à aujourd’hui
уэр фІэкІ
excepté toi
жыг щІагъым
sous l’arbre
стІол щІагъым
sous la table
уи адэм и пащхьэ (м) тутын уемыфэ !
ne fume pas en présence de ton père
еджакІуэхэм я пащхьэм
devant les étudiants
Les adjectifs
On distingue les adjectifs qualitatifs (qui peuvent prendre des degrés de comparaison, comme beau ) et les adjectifs relatifs (comme en bois , anglais wooden ). Les adjectifs qualitatifs se placent après le nom, les adjectifs relatifs avant.

facile
тынш donne
voyage facile
гъуэгу тынш
tâche facile
къалэн тынш

De plus, les adjectifs s’accordent en nombre et prennent le même suffixe de pluriel que les noms : - хэ
дахэ
beau
дахэхэ
beaux
дэгъуэ
bon
дэгъуэхэ
bons
Іей
mauvais
Іейхэ
mauvais (pluriel)

щІ алэ дэгъуэ
bon garçon [garçon bon]

хъыджэбз дахэ
belle fille [fille belle]
хъыджэбз дахэхэ
belles filles

цІыху Іущ
personne sage
цІыху Іущхэ
personnes sages.

гъущІ гъуэгур
le chemins de fer [fer route]
гъущІ гъуэгухэр
les chemins de fer

пхъэ Іэнэ
table en bois
пхъэ Іэнэр
la table en bois

Certains adjectifs se forment à partir de noms. Ainsi, à partir du mot псы , eau , le suffixe - Іэ donnera псыІэ , humide.

Le comparatif et le superlatif
On forme la comparatif avec нэхърэ нэхъ ; la combinaison des deux mots signifie ‘ plus que ; dans une comparaison, le mot avec la désinence – est celui auquel on compare. бзэгур джатэм нэхърэ нэхъ жанщ
la langue coupe plus qu’un sabre
(la-langue / le-sabre / plus que / est-coupant)

мо унэм мы унэр нэхърэ нэхъ инщ
cette maison est plus grande que celle-là

нэхъ , seul, signifie plus.
Exemples :
нэхъ Іув
plus épais
нэхъ дахэ
plus beau

Pour former le superlatif absolu, l’équivalent de très est дыдэ qui se place après l’adjectif :
псынщІэ
rapide
псынщІэ дыдэ
très rapide
нэхъ псынщІэ
plus rapide
мы маршынэр нэхъ псынщІэщ
cette voiture est plus rapide
Les pronoms
On distingue des pronoms personnels, démonstratifs, possessifs, interrogatifs, relatifs, définis, indéfinis et négatifs. qualificatifs et interrogatifs
Les pronoms personnels sont

сэ
je
уэ
tu
ap
il / elle
дэ
nous
фэ
vous
ахэр
ils / elles

Ces pronoms peuvent porter les quatre cas : nominatif, ergatif-oblique, instrumental-directionnel et spécifique.
Voici les formes des divers pronoms aux différents cas :

Première personne du singulier
nominatif
сэ
ergatif / oblique
сэ
instrumental-directionnel
сэркІэ
spécifique
сэру

Deuxieme personne du singulier
nominative
уэ
ergatif / oblique
уэ
instrumental-directionnel
уэркІэ
specifique
уэр

Troisième personne du singulier
nominatif
ap
ergatif / oblique
абы
instrumental-directionnel
абыкІэ
spécifique
ару

Première personne du pluriel
nominatif
дэ
ergatif / oblique
дэ
instrumental-directionnel
дэркІэ
spécifique
дэру

Deuxième personne du pluriel
nominatif
фэ
ergatif / oblique
фэ
instrumental-directionnel
фэркІэ
spécifique
фэру

Troisième personne du pluriel
nominatif
ахэр
ergatif / oblique
абыхэм
instrumental-directionnel
абыхэмкІэ
spécifique
ахэру

ap , est employé comme sujet des verbes intransitifs.
Exemples. :
ap матхэ
il / elle écrit
ap мэлажьэ
il / elle travaille

aбы , est employé comme sujet des verbes transitifs.
Exemples.:
абы адыгэбзэр едж
il apprend le tcherkesse
Les démonstratifs
Il en existe plusieurs séries selon la proximité qu’ils indiquent.
Si l’objet ou la personne désignée est à proximité, le démonstratif est мы / мыр (au nominatif), ce… ci / celui-ci .
Si l’objet ou la personne désignée est à proximité de l’interlocuteur, on emploie мо / мор (au nominatif), ce… là / celui-là .
Si l’objet ou la personne désignée est hors de vue des interlocuteurs, on emploie a.
Exemples :
мы унэхэр
ces maisons
мо жыгыр
cet arbre

Ces démonstratifs se déclinent aux différents cas vus ci-dessus.
Au singulier, on a :
nominatif
мы(р) / мо(р)
ergatif / oblique
мыбы / мобы
instrumental-directionnel
мыбыкІэ / мобыкІэ
spécifique
мыру / мору

Au pluriel, on a :
nominatif
мыхэр / мохэр
ergatif / oblique
мыбыхэм / мобыхэм
instrumental-directionnel
мыбыхэмкІэ / мобыхэмкІэ
spécifique
мыхэру / мохэру
Les adjectifs possessifs
Ils ne se déclinent pas et sont placés et sont toujours placés avant le nom qu’ils qualifient. Ce sont :
mon / ma / mes
си
ton / ta / tes
уи
son / sa /ses
и
notre / nos
ди
votre / vos
фи
leur/leurs


Exemples :
ma maison
си унэ
vos chevaux
фи шыхэ

Pronoms possessifs
Les pronoms possessifs se déclinent comme des noms.

Au singulier de la première personne ( le mien ), on a :
nominatif
сысей(р)
ergatif / oblique
сысейм
instrumental-directionnel
сысей(м)кІэ
spécifique
сысейу

Au singulier de la seconde personne ( le tien ), on a :
nominatif
ууей(р)
ergatif / oblique
ууейм
instrumental-directionnel
ууей(м)кІэ
spécifique
ууейуэ

Au singulier de la troisième personne ( le sien ), on a:
nominatif
ей(р)
ergatif / oblique
ейм
instrumental-directionnel
ей(м)кІэ
spécifique
ейуэ

Au pluriel de la première personne ( le notre ), on a :
nominatif
дыдей(р)
ergatif / oblique
дыдейм
instrumental-directionnel
дыдей(м)кІэ
spécifique
дыдейуэ
Au pluriel de la seconde personne ( le votre ), on a :
nominatif
фыфей(р)
ergatif / oblique
фыфейм
instrumental-directionnel
фыфей(м)кІэ
spécifique
фыфейуэ

Au pluriel de la troisième personne ( le leur), on a:
nominatif
яй(р)
ergatif / oblique
яйм
instrumental-directionnel
яй(м)кІэ
specifique
яйуэ

On note que le pluriel des pronoms possessifs s’obtiennent en ajoutant le suffixe - хэ du pluriel à la forme du singulier.
Exemples :
сысейхэр
les miens
фыфейхэр
les vôtres
Le verbe
Le système du verbe tcherkesse est très complexe. Il est relativement régulier mais il synthétise quantité de notions qui sont exprimées en français en dehors du verbe grâce à des adverbes, des auxiliaires ou d’autres procédés. Efforçons nous de clarifier toutes les particularités qu’il présente.
Comme le verbe français, le verbe tcherkesse se conjugue. Il exprime le temps, la personne, le nombre etc. Il se place généralement à la fin de la phrase.
En revanche, les verbes se caractérisent par d’autres originalités comme le pluri-personnalisme, c’est-à-dire qu’un seul verbe exprime non seulement le sujet, comme en français, mais aussi d’autres personnes qui seraient en français exprimées en dehors du verbe comme le complément direct ou les compléments indirects. Un seul verbe peut ainsi donner des informations sur quatre personnes différentes. Nous reviendrons plus loin sur le fonctionnement de ce pluri-personnalisme.
Une première distinction fondamentale concerne les verbes transitifs et intransitifs. Un verbe transitif (c’est-à-dire avec un complément d’objet direct) peut avoir son sujet au cas ergatif et le complément d’objet au nominatif ou bien le contraire. Le choix est une question d’habitude.

Verbes d’action et verbes d’état
Les premiers expriment une action, même s’il n’y a pas de mouvement.
Exemples :
кІуэн , aller
жыІэн , dire
жэн , courir .
Les verbes d’état expriment, comme le nom l’indique, une situation
щыиын être (debout), щысын être (assis), щыІэн être (en général)
Les verbes d’action se caractérisent par le préfixe o -qui apparaît au présent entre la marque du sujet et le radical du verbe.
Exemples en tcherkesse [kabarde] littéraire :
je vais
сэ с-о-кІуэ
je travaille
сэ с-о-лажьэ

L’infinitif
Il se caractérise par la désinence - н
Exemples :
kIуэн
aller (racine кIуэ ).
щІэн
savoir (racine щІэ )

L’impératif
Au singulier, il est formé par le radical du verbe sans désinence ou avec le suffixe - т
къэуш!
réveille-toi !
kIуэ!
va !
къыщІыхьэ!, къыдыхьэ!
entre !
тIыс!
assieds-toi !
щыс!
reste assis !
къэтэдж!
lève-toi !

гъуэлъы т !
couche-toi !
къэтэджы т !
lève-toi !
жыІэ т !
dis donc !
тхэ т !
écris !

L’impératif négatif (prohibition) se forme grâce à l’infixe - мы -
Exemples :
жыІэ
dis / parle donne : жу мы Іэ
ne dis pas
къакІуэ
viens donne укъэ мы кІуэ
ne viens pas
Les différents temps
Le passé
Il existe trois formes de passés. L’une correspond à un passé composé ou à un imparfait français. La seconde marque une action ancienne dans le passé ou qui ne s’est produite qu’une fois. La troisième indique une action qui s’est souvent répétée dans la passé et se traduit plutôt par un imparfait français. Le premier passé se forme en ajoutant au radical du verbe le suffixe ащ.

сэ тхылъым седжащ
je lisais le livre / j’ai lu le livre
уэ тхылъым уеджащ
tu lisais le livre / tu as lu le livre
aбы тхылъым еджащ
il lisait le livre / il a lu le livre
дэ тхылъым деджащ
nous lisions le livre
фэ тхылъым феджащ
vous lisiez le livre
aбы хэ м тхылъым еджащ
ou тхылъым еджа хэ щ
ils lisaient le livre

On remarque qu’à la troisième personne du pluriel apparaît le suffixe - хэ , caractéristique du pluriel. Il a la particularité de pouvoir se placer à la fin du pronom si celui-ci est exprimé ou à la fin du verbe.

cэ тхылъыр зджащ
j’ai lu le livre (et j’ai fini)
уэ тхылъыр бджащ
aбы тхылъыр иджащ
дэ тхылъыр дджащ
фэ тхылъыр вджащ
aбыхэм тхылъыр яджащ

Formes négatives
Elles se caractérisent généralement par le suffixe - къым mais il existe un autre suffixe, - ххэ , qui marque, en association avec - къым , une négation absolue.

сыкІуэ ххэ нкъым
je n’irai (sûrement) pas

сэ тхылъым седжакъым
je n’ai pas lu le livre
уэ тхылъым уеджакъым
aбы тхылъым еджакъым
дэ тхылъым деджакъым
фэ тхылъым феджакъым
абыхэм тхылъым еджакъым
ou тхылъым еджахэкъым

La deuxième forme de passé correspond grossièrement au passé simple français. Elle exprime une action achevée, parfois dans un passé assez lointain.
Elle se forme, à partir du passé précédent, en ajoutant, avant la désinence ащ , l’infixe - гъ -.
Exemples :
сэ сытхагъащ
j’ai écrit (il y a longtemps)
уэ утхагъащ
ap тхагъащ
дэ дытхагъа
фэ фытхагъащ
ахэр тхагъащ

Formes négatives
сэ сытхагъакъым
je n’ai pas écrit (il y a longtemps)
уэ утхагъакъым
ap тхагъакъым
дэ дытхагъакъым
фэ фытхагъакъым
ахэр тхагъакъым

Une troisième forme de passé exprime que l’action s’est répétée à plusieurs reprises ou qu’elle a duré longtemps.
Ce passé se forme grâce au suffixe - рт .
Exemples :
сэ жысІэрт
j’ai persisté à dire
дэ дылажьэрт
nous avons travaillé
ap еджэрт
il a lu plusieurs fois

Formes négatives
сэ жысІэртэкъым
je n’ai pas continué à dire
дэ дылажьэртэкъым
nous n’avons pas travaillé
ар еджэртэкъым
il n’a pas lu plusieurs fois

En kabarde moderne et dans le style poétique, on peut trouver des verbes sans l’infixe - p - сэ абы сыщылажьэт (par opposition à сыщылажьэрт ), je travaillais là-bas Cependant on ignore souvent cette forme.

Pour récapituler, avec le verbe aller , кІуэн , on aura les trois formes de passé suivantes (tous les verbes acceptent ces trois formes) :
сэ хьэщІ эщым сыкІуащ
je suis allé à l’auberge
сэ хьэщІэщым сыкІуагъащ
je suis allé à l’auberge (jadis)
a лъэхъэнэм сэ хьэщІэщым сыкІуэрт
je suis allé à l’auberge (durant cette période, souvent dans le passé)

Futur
On distingue deux futurs selon qu’il s’agit d’un futur certain ou incertain. Dans le premier cas, la désinence est - ущ qui s’attache à l’infinitif du verbe.
сэ сылэжьэнущ
je travaillerai (sûrement)
уэ улэжьэнущ
ар лэжьэнущ
дэ дылэжьэнущ
фэ фылэжьэнущ
ахэр лэжьэнущ

Dans le deuxième cas, celui d’un futur incertain, la désinence est simplement - щ :

сэ сылэжьэнщ
je travaillerai (peut-être)
уэ улэжьэнщ
ар лэжьэнщ
дэ дылэжьэнщ
фэ фылэжьэнщ
ахэр лэжьэнщ

A la troisième personne du pluriel, on peut dire aussi лэжьэнхэщ (avec introduction de la désinence du pluriel хэ )

A noter que le -щ final ne s’emploie pas dans les formes négatives ou interrogatives :
Exemples :
улэжьэну?
vas-tu aller travailler ?
сылэжьэнукъым
je n’irai pas travailler

Le pluri-personnalisme
Quelques exemples montreront en quoi consiste cette particularité commune aux verbes de bon nombre de langues du Caucase comme le géorgien.
le cheval court est une phrase où n’intervient qu’une seule ‘personne’, le sujet du verbe.
En revanche, le verbe faire est un exemple de verbe bi-personnel car on fait nécessairement quelque chose, il y a donc un sujet et un objet.
Le verbe donner , е-ты-н, quant à lui, est tri-personnel car l’on donne quelque chose à quelqu’un.
Dans le mot :
къызэтыт
donne-moi
le verbe donner (quelque chose à quelqu’un) est (къ)етын à l’infinitif (terminaison - н ) ; le préfixe къэ - indique la direction dans laquelle se fait l’action ; la lettre - з -indique un datif de la première personne du singulier ( à moi), elle se place avant le verbe et constitue une variante phonétique du - c - du pronom personnel. La racine du verbe est - т -, quant au - т en finale du mot, il a un rôle emphatique.

On aura de même