Pour la (socio)linguistique

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Français
329 pages
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Description

Pour la (socio)linguistique réunit des contributions rédigées en hommage à Louis-Jean Calvet, qui lui ont été présentés pour la plupart lors d'une rencontre à Aix-en-provence en juin 2009. L.-J. Calvet répond au coeur même de cet ouvrage à certaines critiques ou à des désirs de poursuivre le cheminement et le dialogue. Ce volume aborde diverses facettes de la sociolinguistique et tente également d'expliquer comment l'on devient sociolinguistique, ne fût-ce qu'à travers l'interrogation des choix scientifiques effectués par L.-J. Calvet.

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Date de parution 01 novembre 2010
Nombre de lectures 816
EAN13 9782296447424
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Pour la (socio) linguistique
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13162-0 EAN : 9782296131620
Sous la direction de Médéric Gasquet-Cyrus, Alain Giacomi, Yvonne Touchard, Daniel Véronique
Pour la (socio) linguistique
L’Harmattan
Pour Louis-Jean Calvet
INTRODUCTION 1 ECHANGES POUR UNE SOCIOLINGUISTIQUE
Pour Louis-Jean Calvet…
Dans les pages que l’on va lire sont réunies des contributions rédigées pour Louis-Jean Calvet et pour la sociolinguistique (avec ou sans parenthèses). Un certain nombre de ces textes ont été énoncés en présence du principal intéressé lors de journées tenues à Aix-en-Provence les 25 et 26 2 juin 2009 . Ceci explique que nous ayons intégré à leur suite ses propres réactions aux communications entendues. Cette apparente entorse au dispositif huilé des hommages académiques se justifie d’autant plus que ni le projet des journées organisées « autour de » L.-J. Calvet et consacrées aux « questions vives en sociolinguistique », ni le présent ouvrage qui en est partiellement issu ne souhaitaient adopter une posture hagiographique, fort 3 éloignée de l’esprit du récipiendaire et du nôtre.
Au-delà, donc, de l’amitié qui lie nombre des participants et Louis-Jean Calvet dont ils souhaitaient porter témoignage, le parti-pris des journées de juin 2009 et du présent ouvrage est celui d’une discussion du travail de L.-J. Calvet pour la sociolinguistique. Les contributions réunies ici soulignent l’intérêt de son apport dans ce qu’elle a de stimulant mais aussi d’éclectique. Une partie des textes propose une rétrospection sans nostalgie, et invite à revenir sur une œuvre dans ce qu’elle a impulsé et continue d’impulser dans les différents champs de ce que l’on appelle la « sociolinguistique ». Ce moment de réflexion partagée n’est pas exempt de phases de critique, ou de réflexions épistémologiques sur la sociolinguistique et la linguistique.
1  Médéric Gasquet-Cyrus, Alain Giacomi, Yvonne Touchard, Daniel Véronique (Université de Provence). 2  Nous remercions très chaleureusement Absa D’Agaro pour l’aide inestimable qu’elle nous a apportée pour l’organisation de ce colloque ; Claude Bourgeois pour son travail préparatoire et ses conseils ; Julie Guenel, Brigitte Lacoche, Marine Rochefeuille, Vanessa Roux et Audrey Thomas pour leur contribution active et efficace au bon déroulement de ces journées ; et enfin Cécile Petitjean pour sa contribution à la mise en forme de cet ouvrage. 3 Signalons l’existence d’un volume foisonnant de textes plus orientés vers la vie de L.-J. Calvet, vers son parcours académique et ses rencontres scientifiques et amicales,Les boîtes noires de Louis-Jean Calvetparu en 2008, à Paris, chez Ecriture, sous la direction d’Auguste Moussirou-Mouyama.
10Pour la (socio)linguistique Dans cette introduction, nous rappellerons tout d’abord les grandes lignes du colloque qui fut à l’origine de cet ouvrage ; ces axes ont été dessinés en tenant compte du travail de L.-J. Calvet. Nous présenterons ensuite l’économie du volume d’hommages et les contributions qu’il réunit.
Un colloque à Aix…
Le colloque souhaitait réunir des chercheurs relevant de structures de recherche variées afin d’aborder la pratique et les cadres théoriques en sociolinguistique, à partir d’un certain nombre de questions vives. Il s’agissait de confronter leurs points de vue sur l’état et le devenir d’une discipline qui déploie ses activités depuis une cinquantaine d’années, en prenant comme point de repère le travail de L.-J. Calvet. Le colloque de juin 2009 s’est organisé autour de deux thèmes principaux : (1) les fondements d’une sociolinguistique et l’engagement citoyen ; (2) le marché aux langues et ses enjeux.
Les fondements d’une sociolinguistique et l’engagement citoyen
La sociolinguistique s’est construite dans la polémique scientifique contre les structuralismes – au sens large – en linguistique (Chomsky et Martinet, par exemple). Ses promoteurs ont interrogé les notions de « langue » ou de « compétence » pour démontrer leur incomplétude sans une réelle prise en charge de la dimension sociale de la langue ou pour y substituer d’autres notions comme celle de « pratiques langagières ». C’est dans ce contexte que des termes commelinguistique socialeet Gardin), (Marcellesi (socio)linguistiqueetsociologie du langageont été mis en avant.
L’interpellation des structuralismes linguistiques a conduit la sociolinguistique à aborder les langues et leurs terrains avec des concepts et des outils de description renouvelés (voir la notion d’individuation linguistique, la règle variable de Labov, l’étude des représentations sociales sur le langage et les langues), et à adopter des postures épistémologiques différenciées.
Ces positionnements dans la pratique d’une linguistique liée au social ont conduit cette discipline à s’interroger également sur la pertinence de son action dans la cité. L’engagement citoyen et ses rapports avec la pratique scientifique en sociolinguistique méritent d’être discutés, à un moment où l’implication de certains chercheurs les amène à être actifs dans des actions d’aménagement linguistique, ou ne serait-ce qu’en qualité d’« experts » sur des questions brûlantes qui traversent la société entière : parlers des « jeunes