Quelle linguistique romane au XXI siècle ?

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Français
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Description

L'avenir de l'enseignement de la Linguistique Romane est aujourd'hui en jeu et dépendra de la capacité de la discipline à se réorienter et à montrer qu'elle a encore beaucoup à apporter à la Science et à la Société en général. Les travaux qui composent ce livre contribuent non seulement à alimenter une réflexion sur l'avenir de la discipline, déjà initiée depuis des années dans la communauté des Romanistes, mais également à mettre en évidence la fécondité de cette spécialité et l'intérêt indéniable qu'elle présente.

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Date de parution 01 octobre 2010
Nombre de lectures 125
EAN13 9782296262973
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Quelle Linguistique Romane
eau XXI siècle ?

Langue et Parole.
Recherches en Sciences du langage
Collection dirigée par Henri Boyer (Université de Montpellier 3)

Conseil scientifique :
C. Alén Garabato (Univ. de Montpellier 3, France), M. Billières (Univ. de Toulouse-Le
Mirail, France), P. Charaudeau (Univ. de Paris 13, France), N. Dittmar (Univ. de Berlin,
Allemagne), V. Dospinescu (Univ. "Stefan cel Mare" de Suceava, Roumanie), F. Fernández
Rei (Univ. de Santiago de Compostela, Espagne), A. Lodge (St Andrews University,
Royaume Uni), I.-L. Machado (Univ. Federal de Minas Gerais, Brésil), M.-A. Paveau (Univ.
de Paris 13, France), P. Sauzet (Univ. de Toulouse-Le-Mirail), G. Siouffi (Univ. de
Montpellier 3, France).

La collection Langue et Parole. Recherches en Sciences du langage se donne pour objectif
la publication de travaux, individuels ou collectifs, réalisés au sein d'un champ qui n'a cessé d'évoluer
et de s'affirmer au cours des dernières décennies, dans sa diversification (théorique et méthodologique),
dans ses débats et polémiques également. Le titre retenu, qui associe deux concepts clés (et controversés)
du Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure, veut signifier que la collection
diffusera des études concernant l'ensemble des domaines de la linguistique contemporaine : descriptions
de telle ou telle langue, parlure ou variété dialectale, dans telle ou telle de ses/ leurs composantes;
recherches en linguistique générale mais aussi en linguistique appliquée et en linguistique historique;
approches des pratiques langagières selon les perspectives ouvertes par la pragmatique ou l'analyse
conversationnelle, sans oublier les diverses tendances de l'analyse de discours. Elle est également ouverte
aux travaux concernant la didactologie des langues-cultures.
La collection Langue et Parole souhaite ainsi contribuer à faire connaître les développements les
plus actuels d'un champ disciplinaire qui cherche à éclairer l'activité de langage sous tous ses angles.
Rappelons que par ailleurs la Collection Sociolinguistique de L'Harmattan intéresse les recherches
orientées spécifiquement vers les rapports entre langue/langage et société.

Dernières parutions
Maurice TOURNIER, Des noms et des gens en république (1879-1914), 2010.
Catherine GUESLE-COQUELET, Les termes d’adresse en français. Comment aider
les non-francophones à en comprendre et maîtriser l’utilisation, 2010.
Isabelle OLIVEIRA, Nature et fonctions de la métaphore en science, 2009.
Carmen ALEN GARABATO, Teddy ARNAVIELLE et Christian CAMPS, La
Romanistique dans tous ses états, 2009.
Teddy ARNAVIELLE et Christian CAMPS (éd.), Discours et savoirs sur les
langues dans l’aire méditerranéenne, 2009.
Nathalie AUGER Nathalie, Fred DERVIN, Eija SUOMELA-SALMI (sous la dir.),
Pour une didactique des imaginaires dans l’enseignement-apprentissage des
langues étrangères, 2009.
Marie J. BERCHOUD (sous la dir.), Les mots de l’espace : entre expression et
appropriation. Contribution à une coordination des points de vue autour des
sciences du langage, 2009.
Carmen PINEIRA-TRESMONTANT (sous la dir.), La Présidentielle au filtre des
médias étrangers, 2008.
Sous la direction de

Carmen ALÉN GARABATO
Xosé Afonso ÁLVAREZ
Mercedes BREA




Quelle Linguistique Romane
eau XXI siècle ?
























































© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12526-1
EAN : 9782296125261


Présentation

Carmen ALÉN GARABATO
Xosé Afonso ÁLVAREZ
Mercedes BREA


La situation actuelle de la Linguistique Romane est très différente de celle que
ecette discipline a vécu pendant des décennies et depuis sa naissance au XIX
siècle lorsqu’elle était présente dans les universités de toute l’Europe. Une
explication pourrait venir de la ségrégation des philologies spécifiques
(catalane, française, galicienne, hispanique, italienne …) dans l'enseignement
supérieur, qui disposent de titres propres, et qui se sont ainsi éloignées de la
(trop traditionnelle pour certains) Philologie Romane : le nombre de jeunes
romanistes qui se forment dans les universités s’est ainsi fortement réduit.
L’avenir de l’enseignement de la Linguistique Romane est aujourd’hui en jeu et
dépendra de la capacité de la discipline à se réorienter et à montrer qu’elle a
encore beaucoup à apporter à la Science et à la Société en général.
Cependant, loin de s’éteindre, la recherche en Linguistique Romane vit
aujourd’hui des moments importants avec le cumul des savoirs hérités de plus
de deux siècles d’études, des bases méthodologiques de plus en plus solides et
le soutien des nouvelles technologies qui permettent de traiter toutes les
informations de façon optimale.
Cet ouvrage présente quelques uns des ambitieux projets que des équipes de
romanistes de toute l’Europe sont en train de développer. Face à la variété des
sujets traités nous avons opté pour une présentation alphabétique des
contributions, à partir du nom des auteurs. Elles sont précédées de courts
résumés rédigés dans une langue romane autre que celle de l’article. Nous
voulions ainsi symboliquement donner la parole dans cet ouvrage au plus
grand nombre de langues de cette famille.
7
On trouvera ici des informations sur l’enseignement de la Linguistique
Romane : une minutieuse carte de sa situation dans les licences, masters et
doctorats des principales universités européennes, une proposition de
réorientation méthodologique qui consisterait à prendre comme point de
départ la comparaison des langues actuelles face à la démarche traditionnelle
historique et comparée, ce qui compenserait les faibles connaissances de latin
de nos étudiants, et également l’expérience de l’enseignement des langues
romanes dans un pays de langue non romane, la Géorgie, à partir de stratégies
qui privilégient l’intercompréhension et l’indissociabilité du binôme
langueculture.
On examine aussi le rôle de la Linguistique Romane comme discipline qu’on
pourrait qualifier d'intermédiaire entre la monolinguistique et la linguistique
générale et sont proposées de nouvelles perspectives de développement : un
plus grand lien avec les études typologiques ou l'incorporation des derniers
modèles théoriques développés au sein de la linguistique générale. Il est par
ailleurs question de la définition et de la délimitation du concept de
stylistique, un domaine traité en abondance dans les études romanes durant le
XXe siècle.
Deux contributions concernent la sociolinguistique romane, un domaine
relativement récent mais qui a été spécialement fécond : l’une est consacrée
à la place (parfois discutée) de ce sous-champ dans la propre linguistique
romane, l’autre se centre sur les processus de reconnaissance, de
normalisation et de normativisation des variétés romanes minorisées.
Ne pouvait pas manquer, évidemment, l'attention aux nouvelles technologies,
un atout important non seulement pour la diffusion de la recherche, mais aussi
spécialement utile pour le traitement des données linguistiques. Il en est
question dans plusieurs contributions du présent volume et un travail
monographique est consacré à la présentation du système Pinakes Text dont
la pertinence pour un secteur important des études philologiques et de
linguistique romane est mise en évidence.
Finalement on décrit la situation actuelle dans plusieurs sous-champs
disciplinaires importants de la linguistique romane : l'anthroponymie,
8
l'étymologie, la géolinguistique et l’histoire linguistique de la Romania.
D’importants projets de recherche de portée panromane menés par des
équipes internationales ont été initiés dans ces domaines.
Il nous semble que les travaux qui composent ce livre peuvent non seulement
contribuer à alimenter une réflexion sur l’avenir de la discipline, déjà
développée depuis des années dans la communauté des Romanistes, mais
également à mettre en évidence la fécondité de cette spécialité et l'intérêt
scientifique indéniable qu’elle présente.
Nous exprimons notre reconnaissance aux auteurs qui ont accepté de
contribuer à cet ouvrage : des chercheurs et des enseignants-chercheurs
reconnus dans le domaine de la romanistique, appartenant à des Universités et
à des équipes de recherche d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, de France,
d’Espagne, de Géorgie et d’Italie.

9


Linguistique romane et sociolinguistique historique

Carmen ALÉN GARABATO
Université Montpellier III
ARSER-DIPRALANG-EA 739

Resumé :
Las relaciones entre la sociolingüística y la lingüística románica han sido
objeto de numerosos debates. Sin embargo, los romanistas tomaron en
consideración desde hace mucho tiempo, con mas o menos rigor científico,
los factores exteriores que han contribuido al desarrollo de las lenguas
romances. Por otra parte, los sociolingüistas que se interesan por las
lenguas románicas en situación de diglosia, especialmente los catalanes y
los occitanos, han interpretado la actualidad de sus lenguas a partir del
análisis de datos históricos.
La sociolingüística románica es una sociolingüística histórica que trabaja a
partir del análisis de corpus más o menos antiguos y a partir de los cuales se
puede comprender mejor la situación actual de las lenguas románicas.
Queda todavía por desarrollar el método comparativo en sociolinguistica,
que caracteriza, en mi opinion, esta disciplina.

« La philologie romane s’est méfiée, en général, de la sociologie et aussi de
l’histoire en tant que sciences pourvues de théories propres et de règles
méthodologiques sui generis » (Schlieben-Lange 1982: 209).
« Les romanistes qui se méfient de la sociolinguistique […] sont encore assez
nombreux » (Badia i Margarit 1984 : 285).
e eCes deux phrases prononcées respectivement lors des XVI et XVII Congrès
Internationaux de linguistique et philolohie romanes (Palma de Mallorca et Aix
en Provence) expriment bien les rapports compliqués entre philologie romane
et sociolinguistique.
11
Je centrerai cet article sur les trois points qui, me semble-t-il, pourraient
contribuer à clarifier ces rapports.
Quelle est la place de la sociolinguistique au sein de la linguistique
romane?
Quelle est la spécificité de la sociolinguistique romane par rapport à
d’autres sociolinguistiques?
La sociolinguistique a-t-elle un rôle positif à jouer dans le maintien et
la rénovation de la linguistique romane ? Si oui, lequel ?

1. Quelle est la place de la sociolinguistique au sein de la philologie romane?
Il faut dire que la philologie romane a intégré depuis très longtemps les
facteurs sociaux dans ses études. Brigitte Schilieben Lange se demandait en
1984 si la philologie romane ne serait pas une “sociolinguistique avant la
lettre” (Schlieben-Lange 1982 : 209): tout en regrettant un certain manque
d’approfondissement elle plaidait alors pour une “intégration encore plus
accentuée des aspects “sociolinguistiques” dans la philologie romane” (ibid
209).
Malgré la méfiance dont parlait A. Badia i Margarit, la synergie entre la
linguistique romane et la sociolinguistique a accompagné le développement de
la linguistique romane des dernières décennies.
Les réflexions faites par Lorenzo Renzi dans les « Introduzione » des trois
éditions de son manuel de philologie romane (1976, Introduzione alla filologia
romanza , Bologna : Società editrice Il Mulino; 1985, Nuova introduzione alla
filologia romanza , Bologna : Società editrice Il Mulino (con la collaborazione di
Giampaolo Salvi); et 2003, Manuale de linguistica e filologia romanza, Bologna,
Sociétà editrice il Mulino (avec Alvise Andreose)) montrent bien ce
cheminement.
Ainsi, déjà en 1976, après avoir insisté sur la variété des sujets d’étude du
champ filologia romanza et donné comme exemple « la lingua del fascismo in
Italia, o la lingua della televisione,ecc. » (Renzi 1976 :9), L. Renzi prône une
« linguistique romane » nouvelle en même temps qu’il « dénonce » la priorité
12
donnée aux études médiévales en Italie. Il se plaint, par ailleurs, d’une
etendance qui aurait pris la relève de la linguistique romane comparée du XIX ,
plus rigoureuse certes mais qui, au lieu de chercher à l’intégrer de façon
rigoureuse, aurait tourné le dos à la « perspective humaniste » et qui isolait
les langues du contexte dans lequel elles sont parlées :
La linguistica moderna, più rigorosa che ogni paradigma precedente, chiude per
sempre i rapporti con la prospettiva « umanistica ». E effettivamente la
linguistica non ha niente da guadagnare a intrattenere i rapporti tradizionali con
la letteratura, la filosofia, con signole ideologie ecc. Tuttavia chiudendo ogni
rapporto si confina in un limbo, nel quale veramente non si sa nemmeno più a
che cosa servono le lingue. L’assunzione di un rigore scientifico ha la
contropartita nell’abbandono di molte questioni interessanti. Queste sono
state, è vero, trattate nel passato spesso in modo improvvisato; ma, invece di
essere eliminate, dovrebbero essere anch’esse avvicinati in modo più scientifico
(Renzi 1976: 11-1, c’est moi qui souligne)
Dans l’introduction à son manuel de 1985 il maintient cette même ligne et
n’hésite pas à profiter des apports de la sociolinguistique et à se servir d’un
concept cher à certains sociolinguistes : la diglossie, pour décrire la situation
dans laquelle se sont trouvées pendant longtemps les langues romanes par
rapport au latin ainsi que la coexistence italien/dialectes en Italie (Renzi 1985:
236).
Presque 20 ans après, en 2003, il rappelle les circonstances dans lesquelles
furent rédigés ses deux ouvrages précédents et confirme son positionnement
entre structuralisme /générativisme et sociolinguistique :
Rispetto alle Introduzioni precedenti, con il mio allievo e collaboratore Alvisse
Andreose ho cercato di ripensare tutta l’opera. Devo confessare che il risultato
paradossale è stato quello di confermare in gran parte le scelte di fondo e,
conseguentemente, la struttura generale delle opere precedenti. Le
Introduzioni ricordate erano nate in un periodo di grande cambiamenti teorici
nella lingüística: diffusione dello strutturalismo, inizio dell’egemonia culturale
americana, nascita della Grammatica generativa e, al polo opposto, della
Sociolinguistica: una dualità, questa tra Generativismo e Sociolinguistica, a cui
un europeo, e in particolare un italiano, non si sentiva obbligato (Renzi et
Andreose 2003).
13
Ce choix, appliqué avec plus ou moins de rigueur scientifique, est celui de la
plupart des romanistes, qui ont intégré dans leurs recherches sur l’histoire de
la Romania ou des langues romanes des questions d’ordre social notamment
parce que « i problemi con cui ci si è misturati sono stato sempre, di fatto,
assai vicini a quelli della sociolinguistica » (Varvaro 1982: 194).

2. Quelle est la spécificité de la sociolinguistique romane par rapport à
d’autres sociolinguistiques?
Cette question renvoie à une autre plus générale (puisque « la
sociolinguistique est tout à fait inséparable de la linguistique tout court »
(Badia i Margarit 1984 : 285)) qui semble obséder depuis des années les
romanistes (conséquence sûrement de la « crise » dans laquelle se trouvent les
études de philologie romane dans les universités européennes) : celle de la
pertinence et de l’avenir de la linguistique romane au XXIe siècle et de ses
rapports avec la linguistique générale ou les linguistiques particulières ou
idiomatiques.
Comme l’affirmait J. Herman en 1980, lors du XVI Congrès International de
Linguistique et de Philologie romanes, dans une table ronde consacrée à la
sociolinguistique romane (dont les actes furent publiés en 1982) :
[…] pour compliqués que soient ressentis les problèmes sociolinguistiques dans
les communautés romanes, ils ne sont ni plus compliqués ni d’une nature
foncièrement différente de ceux que l’on rencontre dans les communautés de
langues germaniques, anglo-saxones, slaves, etc. (Herman 1982 :205)
Loin d’être un groupe isolé, les langues romanes sont nées et se sont élaborées
dans ce que l’on appelle le « domaine roman » mais dans des espaces
communicatifs divers et changeants, en contact avec d’autres langues, d’autres
familles linguistiques. Les phénomènes sociolinguistiques que l’on peut trouver
dans le domaine roman ne sont sûrement pas spécifiques à l’aire
romane (diglossie, insécurité linguistique, loyauté linguistique, rapports entre
norme(s) et variation) … mais la richesse de situations (situations de contact
entre langues romanes ou non-romanes, naissance de langues (créoles), mort
de langues (ex. le dalmate), substitution avancée (ex. l’occitan), normalisation
réussie (ex. le catalan), conflits normatifs (occitan, galicien, romanche ?...),
14
problèmes de nomination (et de délimitation) de langues (ex.
moldave/roumain, valencien/ catalan, galicien/portugais…) dans un domaine
que l’on peut si bien délimiter (géographiquement et chronologiquement), la
quantité et la variété de sources documentaires de différentes époques dont
on dispose… font du domaine roman un terrain d’études privilégié pour le
(socio)linguiste.
On peut chercher la spécificité de la sociolinguistique romane dans celle de la
propre linguistique romane. Rebecca Posner lorsqu’elle se demande dans son
ouvrage The Romance languages (traduit en Espagnol et publié en 1996 sous le
titre Las lenguas romances) pourquoi étudier « les langues romanes » en tant
qu’entité propre? y a-t-il quelque chose dans les langues romanes qui les
ferait être susceptibles d’être traitées comme une unité ? avance les trois
orientations propres à la linguistique romane:
Aunque hay muchas diferencias de detalle entre las lenguas romances que no
pueden ser explicadas sino en términos históricos (tanto sociales como
lingüísticos), son muchos los casos en los que la descripción del estado
sincrónico de una lengua pierde de vista dimensiones importantes si no se la
compara con las demás.
Y esto es verdad no sólo de las lenguas estándar, que se han influido y se han
robado terreno las unas a las otras, sino también de las lenguas no estándar,
que a menudo conservan , o crean, en evoluciones paralelas, características
desdeñadas por sus prestigiosas compañeras (Posner 1996 : 25)
Ces trois orientations sont également, me semble-t-il, celles de la
sociolinguistique romane : orientations historique, synchronique et comparée.

Une sociolinguistique “historique” qui éclaire l’étude des langues en
synchronie
Les apports de la sociolinguistique ont d’abord contribué à une meilleure
1interprétation de l’histoire externe de la Romania ou des langues romanes .
Comme l’a signalé J. Herman

1 B. Schlieben-Lange énumérait en 1982 les sujets de la philologie romane « qui
mériteraient une réinterprétation sociolinguistique » : la stratification du latin,
15
là où l’application de l’hypothèse sociolinguistique promet des résultats plus
fructueux qu’ailleurs tant du point de vue des recherches romanes que de celui
de la théorie sociolinguistique elle-même, c’est le domaine de la diachronie, et
en particulier de la formation des langues romanes (Herman 1982 : 205)
La sociolinguistique romane est une « (socio)linguistique de corpus » à
rattacher à la « sociolinguistique historique » (Romaine 1982, Gimeno
Menéndez 1983…) qui tient compte des « fundamentos generales e históricos
del cambio lingüístico a partir de las correlaciones entre factores lingüísticos y
sociales » (Gimeno Menéndez 1983 : 185).
Le domaine roman offre, par rapport à d’autres, des atouts indéniables dans
cette discipline car on dispose de sources documentaires diverses et
nombreuses qui témoignent non seulement de l’histoire interne du latin et
des langues romanes mais aussi des facteurs sociaux, politiques,
économiques… qui ont accompagné et influencé cette dynamique au sein de
différentes « communautés linguistiques » (Labov).
Ces données sont bien évidement de nature différente à celles d’une
sociolinguistique de terrain, mais permettent des analyses rigureuses aussi
bien quantitatives que qualitatives. Des techniques amplement utilisées en
sociolinguistique, comme celles de la lexicométrie (cf. l’analyse du texte
occitan de la période révolutionnaire, Alén Garabato 1998) ou les apports de
l’analyse du discours (Branca-Rosoff 2007) sont parfaitement applicables à ces
corpus historiques.
Ne pas prendre en compte tous les facteurs historiques peut mener à des
conclusions incomplètes ou inexactes, comme l’a mis en évidence A. Varvaro
en ce qui concerne différentes questions de linguistique historique traitées par
1les romanistes (Varvaro 1982).
Force est de constater qu’actuellement dans la plupart des manuels de
linguistique romane l’approche socio-historique est présente et appliquée de
façon rigureuse. Ainsi, je tiens à signaler le remarquable ouvrage de M.D.

substrat-superstrat-adstrat, la genèse des langues romanes écrites et la créolisation.
(Schlieben-Lange 1982 : 210)
1 La continuité ou pas du grec dans l’Italie méridionale et en Sicile, la fragmentation
linguistique de la Romania…
16
Glessgen : Linguistique romane publié en 2007, qui propose une présentation
ainsi qu'une histoire externe et interne des langues romanes à l'intérieur de
leurs espaces communicatifs. Son "Histoire externe des langues et variétés
romanes" prend en compte de façon systématique de nombreux "facteurs
extralinguistiques": l'espace et la démographie, le contact linguistique,
l'infrastructure et l'organisation socioculturelle, politique et économique, la
culture de l'écrit … pour nous offrir une histoire passionnante et complète de
la Romania dans son ensemble tout en situant chaque grande ou petite langue
romane dans un contexte de communication plus vaste que celui constitué par
son propre domaine linguistique. Cet ouvrage montre que l'histoire des
langues romanes ne peut pas être comprise sans prendre en compte tous les
facteurs sociaux qui les ont influencées et qui ont conditionné l'actuelle
configuration géolinguistique et sociolinguistique de la Romania.
Un autre exemple récent de cette démarche (socio)linguistique de l’histoire de
la Romania est le Manual de lingüística románica coordonné par J.E. Gargallo
Gil et M.R. Bastardas, publié en 2007 : même si les coordinateurs n’ont pas
prévu un chapitre intitulé « sociolinguistique » et ne citent pas ce mot dans
l’introduction, l’approche sociale est présente dans la plupart des
contributions, à commencer par celles qui traitent de l’histoire externe de
l’évolution des langues romanes (chapitres 3-7).
Mais l’approche historique est aussi présente depuis longtemps dans la
sociolinguistique qui s’occupe de la situation des langues romanes
1contemporaines , et de façon particulièrement importante dans les études des
dynamiques diglossiques. Il s’agit bien d’étudier en synchronie une situation
que ne peut se comprendre sans tenir compte de l’axe diachronique. Cette
double approche diachronique et synchronique est caractéristique de l’une des
premières écoles de sociolinguistique européennes… née justement en
domaine roman : l’école de sociolinguistique catalane (et occitane), qui a mis
en évidence dans les années 1970, à partir d’une analyse historique, la
dynamique vers la substitution ou vers la normalisation des situations de
contact de langues au sein d’une communauté.

1 Pas seulement dans la Romania, comme le montre William Labov lors de sa deuxième
étude sociolinguistique sur Martha’s Vineyard.
17
Et c’est justement à partir de cette conception dynamique du contact de
langues que l’on peut expliquer en synchronie une situation de diglossie : on
sait, à la suite des travaux de nombreux sociolinguistes de l’aire
occitanocatalane que l’absence de cette perspective historique induit les «
sociolinguistes américains » (Fishman, Ferguson) à considérer les situations de
diglossie comme étant stables (cf. Boyer 1986, Kremnitz 1981…). Il en va de
même pour la sociolinguistique dite Suisse, dont le “modèle consensuel” de la
diglossie est le résultat d’une analyse en synchronie de la communication
plurilingue.
Je signalerai en domaine occitan l’ouvrage Des Troubadours à l’Internet. Dix
siècles d’usages et d’images de l’occitan, qui se présente justement comme
une « Histoire sociolinguistique de l’occitan » (Boyer et Gardy 2001): les
études sur le désignant « patois », sur le texte occitan de la période
révolutionnaire, sur la textualisation de la diglossie, entre autres, montrent
bien cette double approche synchronique et diachronique.
Il s’agit pour la sociolinguistique occitane d’un travail d’analyse de textes
historiques qui sont mis “en situation dialectique, c’est-à-dire, dans la situation
même de [leur] production” (Lafont 1976) et qui révèlent ainsi le poids de
l’idéologie de la diglossie franco-occitane dans l’histoire de cette langue mais
aussi dans sa synchronie. Chaque situation discursive est considérée comme
“l’actualisation de comportements langagiers idéologiques implicites, ceux
mêmes que l’histoire de la diglossie explique et qui se reconduisent jusque
dans la situation d’enquête [...] L’intérêt de cette interprétation historique est
d’éclairer un certain nombre de faits que l’enquête sociolinguistique doit
aborder et, pour ainsi dire traverser » (Lafont 1979 : 508-510).

Une sociolinguistique comparée...
L’approche comparative a été, me semble-t-il, moins développée en
sociolinguistique romane. Mais la constatation n’est pas différente si l’on
prend en compte la « linguistique romane », comme l’ont constaté Glessgen et
Giolitto recémment : les études de linguistique romane de type particulier
(centrées sur une seule langue) sont quantitativement supérieures à celles de
type comparatif (Glessgen et Giolitto en 2007 : 376).
18
Les raisons pourraient se trouver dans une spécialisation de plus en plus
importante des chercheurs en philologie romane (comme dans d’autres
1disciplines) et la naissance et le développement des philologies particulières
(ex. à l’université de Santiago de Compostela jusqu’à une étape récente on
maintenait dans des sections différentes, voire des départements
indépendants les uns des autres (avec des diplômes différents) : la philologie
romane, la philologie galicienne, la philologie française, la philologie italienne,
la philologie hispanique et la philologie portugaise… ), liées parfois, au moins
en ce qui concerne l’Espagne des autonomies à l’émancipation des « autres
2langues » : catalan et galicien pour ce qui est du monde hispano-roman.
Comme l’affirme Glessgen :
La romanistique est une « invention » liée aux universités germanophones, et
son utilité est objectivement plus importante dans des sociétés alloglottes que
dans les pays romans, davantage intéressés par leur propre langue (Glessgen
2007 : 444)
Cette évolution, qui concerne aussi bien l’enseignement que la recherche en
linguistique romane, a conditionné le devenir de la sociolinguistique romane,
qui a délaissé souvent une approche comparée, qui pourrait pourtant faire
apparaître des modèles théoriques de portée plus généraleLes travaux de
Muljačić, entre autres, montrent bien les avantages de l’approche
comparative lorsqu’il s’agit d’établir des critères de différenciation entre
langues et dialectes, et qu’il analyse différents cas conflictuels dans la Romania
(mais aussi en dehors de la Romania) :
o método comparativo pode descubrirnos adoito as carencias se queremos
comprender mellor os casos individuais (Muljačić 1995: 23)




1 Ce problème avait été signalé par Mercedes Brea (Brea 1989).
2 A l’Université de Santiago de Compostela la Philologie Romane est une composante
du Département de Philologie Galicienne…
19
3. La sociolinguistique a-t-elle un rôle positif à jouer dans le maintien et la
rénovation de la linguistique romane ? Si oui, lequel ?
Tout d’abord il me semble que la sociolinguistique et la linguistique romanes
auraient beaucoup à gagner d’une approche comparative (et historique). Cette
orientation peut ouvrir de nouvelles perspectives et contribuer à la réflexion
et à la conception de modèles d’interprétation de faits linguistiques plus
généraux.
C’est ce que j’ai pu observer dans mes propres recherches sur la dynamique
des conflits diglossiques à partir de la comparaison du conflit franco-occitan et
du conflit castillano-galicien, et tout en appliquant les enseignements apportés
par les chercheurs d’un terrain linguistique du domaine roman : la
1sociolinguistique catalane .
L'étude en regard des cas galicien et occitan me semble spécialement
intéressante car elle permet d’analyser deux configurations sociolinguistiques
qui montrent deux moments d’une même dynamique diglossique (Alén
Garabato 2009b). L’occitan est proche de la substitution, le galicien est
toujours dans une étape incertaine encore loin de la substitution mais aussi de
la normalisation. On peut ainsi mieux apprécier toutes les forces qui œuvrent
dans l'instauration de ces dynamiques. D'autant plus que nous nous trouvons
face à deux langues minorées qui ont fait et qui font toujours l'objet de
représentations et de stéréotypes négatifs similaires, très différents de ceux
que l'on peut trouver à propos du catalan (en Catalogne espagnole). Ces
représentations rendent ces langues minorées (même lorsqu'elles ne sont pas
minoritaires, comme c'est toujours aujourd'hui le cas du galicien en Galice)
inaptes à la vie moderne et urbaine, non viables économiquement et
culturellement, et cela même lorsque elles ont été autrefois, comme c'est leur
cas, de grandes langues de culture utilisées pendant le Moyen Age dans des
domaines tout à fait prestigieux.
Il me semble que l'étude comparée et systématique des dynamiques des
conflits diglossiques de plusieurs langues peut conduire à des résultats
beaucoup plus riches que les études particulières sur telle ou telle langue.

1 Pour une version plus détaillée de mes recherches sur ces domaines, voir Alén
Garabato 2009b.
20
Lorsqu'une analyse comparée des configurations sociolinguistiques d'un
nombre important de situations de diglossie sera faite, le modèle proposé par
la sociolinguistique catalano-occitane, toujours globalement pertinent selon
moi, pourra être enrichi.

De nouveaux champs d’étude...
Au delà d’une sociolinguistique romane comparée qui reste à faire et dont les
apports seraient indéniables dans l’optique d’une sociolinguistique appliquée,
de nouveaux champs d’études sont en train de s’ouvrir au chercheur en
sociolinguistique romane. La sociolinguistique peut contribuer de façon
importante à la gestion des conflits linguistiques (cf. le processus de
normalisation du catalan en Espagne), qui, loin de s’être éteints semblent
epleinement d’actualité au XXI siècle. Et dans ce domaine de nouveaux défis
attendent les langues romanes.
Force est de constater que ces langues qui ont joué un rôle central dans
l’histoire de l’Europe (en prenant pour certaines la place laissée par le latin)
sont désormais soumises aux lois du marché (économique) mondial et ont du
mal à maintenir leur statut de langues internationales. La troisième révolution
écolinguistique dont parlait Baggioni (1997) est sans doute en train de se
produire. Les rapports de force entre les langues ont changé avec la
mondialisation (l’économie internationale, les nouvelles technologies de
1l’information et de la communication…) et le « poids des langues » se mesure
désormais par des facteurs multiples et souvent nouveaux comme l’ont signalé
entre autres A. Calvet et L.J. Calvet (2009).
Dans ce contexte d’ordre ou de désordre linguistique mondial les politiques
linguistiques s’avèrent les seuls instruments de réglage de cette nouvelle
« écologie » et « économie » des langues (Baggioni 1997).
Si traditionnellement on a considéré que la gestion des langues était une
affaire de souveraineté nationale, pour la première fois en Europe les
politiques étatiques sont soumises, directement ou indirectement, à des lois

1 J’emprunte l’expression aux organisateurs du colloque « Le poids des langues »
(Université d’Aix en Provence, 27 et 28 septembre 2007).
21
ou traités internationaux ou supranationaux et la question linguistique est
devenue ainsi une affaire dont les Etats peuvent être contraints de rendre
compte au delà de leurs frontières.
Des épisodes récents nous montrent toute la complexité de la construction
linguistique de l’Europe et méritent une analyse détaillée. Les politiques
linguistiques des /dans les institutions européennes ou les politiques
supranationales qui ont des répercussions dans la gestion étatique des langues
sont récentes et ont commencé à peine à faire sentir leurs effets sur la
dynamique sociolinguistique de l'Europe. Le sociolinguiste romaniste ne peut
pas ignorer ces nouvelles donnes qui jouent et qui joueront un rôle important
dans le « marché linguistique » européen, et dont les effets seront dans
l’avenir de plus en plus visibles.
On peut toujours se demander quel est l’avenir des « petites » langues
romanes en Europe mais on ne doit pas oublier que les « grandes » langues
romanes doivent conquérir et conserver leur place dans une Europe dont on
peut se demander si elle est de plus en plus multilingue (avec l’ouverture à de
nouveaux pays) ou monolingue (avec l’empire de l’anglais)…
eL’histoire de la Romania du XXI siècle devra tenir compte de toutes ces
politiques. L'analyse comparée des situations sociolinguistiques dans lesquelles
se trouvent les langues romanes ainsi que des effets de l’application des
politiques linguistique peut contribuer à une meilleure compréhension des
langues et de la / des société/s mais en même temps peut avoir une finalité
pratique car les connaissances acquises peuvent contribuer à une gestion
(communautaire, étatique, européenne, mondiale) des langues.


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26


Uno strumento al servizio dell’archiviazione, lo studio,
l’edizione e l’interrogazione di documenti digitali

Andrea BOZZI
ILC-CNR, Pisa

Valeriano SANDRUCCI
Dip. Informatica e sistemi, Università di Firenze

Résumé
Dans cette contribution l’on décrit les principes, les méthodes et les outils
informatiques qui ont été employés pour la mise au point d’un système de
traitement du texte et des images de documents, particulièrement anciens,
qui soit capable d’assister un éditeur critique dans la réalisation d’éditions
électroniques. L’application s’appelle Pinakes Text (PT) et se trouve en ce
moment dans une phase de développement avancé ; elle se base sur le web
et permet aussi le travail de plusieurs spécialistes de façon coopérative et
simultanée. La composante principale est un module qui vise la production
d’un working set de documents numérisés, la comparaison entre eux afin
d’en relever les variantes, l’enregistrement des informations dans l’apparat
critique, la création de plusieurs genres d’index (index des textes dont on a
fait la recension, index des variantes, etc.), la publication de l’édition critique
dans le réseau ou sur support papier. PT appartient à un système plus
complet pour la gestion intégrée d’objets numérisés (Pinakes) du domaine
du Cultural Heritage, c’est-à-dire données bibliographiques, archéologiques,
d’archives, de musée, etc. La méthode PT est développée d’après les
principes et les pratiques de l’open source ; elle s’adresse à une typologie
d’usagers ayant des intérêts pour la philologie et la critique textuelle et à
tous ceux qui visent à mettre à disposition sur le web des archives de textes
et d’images de documents intéressants du point de vue culturel, à l’aide
d’un puissant outil de consultation et d’annotation.

1. Nel corso del convegno CILPR 2004, erano stati presentati i primi risultati di
un progetto di filologia computazionale in fase di sviluppo presso l’ILC di Pisa
(Bozzi 2007). Il sistema aveva lo scopo di creare archivi digitali di fonti
manoscritte antiche e/o medioevali per favorire la produzione di edizioni
27
critiche di testi. Il progetto originario è stato effettivamente realizzato in forma
1prototipale in un ambiente stand-alone con la denominazione di Dyphilos . La
sperimentazione che ne è seguita ha fornito risultati interessanti che ci hanno
indotto a trasferire i moduli software già realizzati in un ambiente
tecnologicamente più adatto: il web, a nostro avviso, ne avrebbe potenziato ed
esteso l’utilizzo. Con questa relazione indicheremo le modalità e le principali
funzioni di una applicazione web based per la creazione di edizioni critiche in
formato elettronico che sia in grado di corrispondere alle seguenti esigenze:
 la prima e la più semplice, quella di assistere un singolo editore critico nella
consultazione dei documenti digitali recensiti, nella loro collazione e nella
predisposizione di apparati e annotazioni;
 la seconda, più complessa dal punto di vista tecnologico, quella di
predisporre un ambiente di lavoro cooperativo che si renda necessario
quando più studiosi operano su uno stesso corpus di dati (testi ed
immagini);
 l’ultima, ma certamente non di minore importanza rispetto alle precedenti,
quella di contribuire alla formazione di allievi che intendano avviarsi allo
studio scientifico del testo utilizzando documenti in formato digitale.
Un esempio di applicazione con caratteristiche simili a quelle che ci
prefiggiamo di ottenere è rappresentato da uno dei programmi che riteniamo
migliori nel settore della cosiddetta filologia computazionale. Si tratta di
quanto realizzato dal gruppo di ricerca coordinato da Kevin S. Kiernan,
dell’Università del Kentucky, già responsabile editoriale del progetto e-Beowulf
della British Library e che ha contribuito allo sviluppo del sistema EPT (Edition
Production Toolkit, poi diventato Edition Production Technology), usato per
l’eBoethius, l’edizione assistita da calcolatore della traduzione antico-inglese

1 Alcune prove sono state effettuate utilizzando manoscritti digitalizzati con testi
medico-farmaceutici di area occitana, messi a raffronto fra loro e con fonti latine. Il
sistema di indicizzazione automatica del testo e delle varianti, pur non ancora
sviluppato in forma completa, aveva tra l’altro consentito di facilitare la lettura e
l’integrazione di parole, evidentemente sconosciute ai copisti perché appartenenti a
un lessico specialistico (medico, botanico), che le avevano erroneamente trascritte
dalla fonte (Corradini 2007).
28
della Consolazione della Filosofia di Severino Boezio, eseguita da Alfredo il
1Grande (Kiernan et al. 2005) .
In questa occasione, invece, non riteniamo opportuno affrontare gli aspetti di
carattere metodologico e tecnologico che abbiamo in fase di realizzazione per
rendere compatibili dati e contenuti digitali tradizionalmente considerati
appartenenti a classi diverse: quella dei libri, quella dei documenti archivistici,
quella dei reperti archeologici e storici, ecc.. Intendiamo dire che la
compresenza, in un ambiente integrato e user friendly, di documenti digitali
anche di tipo non testuale che siano comunque correlati a documenti testuali
possa contribuire a formare un corpus di informazioni (paleografiche,
linguistiche, codicologiche, intertestuali, ecc.) che, analizzate dall’utilizzatore in
maniera comparativa, contribuiscono ad effettuare analisi più precise e a
formulare ipotesi maggiormente fondate. Se la nostra ipotesi, sottoposta a
verifica su dati concreti, verrà confermata da successo, essa, a nostro avviso,
rappresenterà un passo importante nella direzione di una filologia
computazionale.
Per l’esperienza positiva attualmente in corso sulle opere galileiane, abbiamo
elementi validi per sostenere che le nostre ipotesi di lavoro e le componenti
fino ad oggi realizzate siano molto efficaci per la preparazione di edizioni
online di testi di storia della scienza perché le parti discorsive vengono trattate in
stretta relazione alle illustrazioni alle quali si riferiscono (per esempio,
strumenti scientifici, formule, grafici, tabelle, disegni geometrici). L’ambiente
tecnologico consente di stabilire dei rapporti logici o di parentela non solo fra
varianti testuali ma anche fra testo ed elementi grafici e visuali (per esempio,
la descrizione di uno strumento scientifico e le parti dell’illustrazione che
mostrano specifiche funzioni dello strumento stesso). In questo caso il
concetto di « variante » potrebbe essere costituito, come in effetti accade
abbastanza spesso in testi a stampa antichi di opere di geometria dei solidi, da
una spiegazione testuale corretta rispetto ad un disegno o ad un grafico che
non è invece coerente con essa, e ciò capita magari solo in alcune edizioni o
ristampe, mentre è coerente in altre.

1 Si veda http://beowulf.engl.uky.edu/~kiernan/eBoethius/mainpage.html.
29