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Les Mnong des hauts plateaux (Centre Viêtnam)

De
478 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1993
Lecture(s) : 276
EAN13 : 9782296271760
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Les Mnong des Hauts-Plateaux

Collection

«

Recherches asiatiques» dirigée par Alain Forest

Solange THIERRY, Le Cambodge des contes, 1986. Jacques POUCHEPADASS,Planteurs et paysans dans l'Inde coloniale, 1986. Yoshiharu TStJBOI, L'empire vietnamien face à la Chine et la France, 18471885, 1987. Stein TO~NESSON, 1946 .",déclenchement de la gue"e d'Indochine, 1987. :Paul NESTEROFF, Le développement économique dans le nord-est de l'Inde: le cas du Nagaland, 1987. NGO KI~I CHUNG, NGUYENDUC NGHINH, Propriété privée et propriété collective dans l'ancien Viêt-Nam (traduit et annoté par Georges Boudarel, Lydie Prin et Vu Can), 1987. Alain FOREST et Yoshiharu TSUBOI (eds.), Catholicisme et sociétés asiatiques., 1988. Brigitte STEI~~fA'IN, Les marches tibétaines du Népal. Etat, chefferie et société traditionnels à travers le récit d'un notable nepalais, 1988. Jean-Louis ~IARGOLIN,Singapour 1959-1987. Genèse d'un nouveau pays industriel, 1989. Ghislaine LOYRE,A la recherche de 1'1siam philippin: la comllluntluté maranao,

1989.

Gérard HEUZE, Inde, la grève du siècle, 1989. Patrice ~fORLAT,La répression coloniale ail Vietnam, 1990. Alain FOREST, Eiichi KATO, Léon VAi."TIER~IEERSCH (eds.), Bouddhisnzes et sociétés asiatiques: clergés, pouvoirs et sociétés, 1~90. Rémi TEISSIER DU CROS,Les Coréens, frères séparés, 1990. Guilhem FABRE,Genèse du pouvoir et de l'opposition en Chine: le printemps de

Yan'an, 1942, 1990. tion au développement, 1991.

-'

TRINH Van Thao, Vietnam: du confucianisme au conzmunislne, 1991. Françoise CAYRAC-BLANCHARD, Indonésie, l'armée et le pouvoir: de la révolu. .

Yuzô rvlIZOGUCHIet Léon VANDER~IEERSC}I(eds.), Confucianisllle et sociétés asiatiques, 1991. . Alain FOREST, Yoshiaki ISHIZAWA et Léon VANDER~IE.ERSCH(~ds.), Cultes populaires et sociétés asiatiques, appareils cultuels et appareils de pou-

voir, 1991.
Maurice Louis TOURNIER, L'imaginaire

.

et la syrnbolique dans la Chine. an. .

cienne, 1991.

Alain FOREST, Le clllte des génies protecteurs all Canzbodge. Analyse et traduction d'un corpus de télnoignages sur les neak ta, 1992. Pierre BUGARD, Essai de psychologie chinoise: petite chronique sur bafnbou,

1992.

.

.

Chantal DESCOURS-GATIN,Quand l'opilll11 finançait la colonisation en Indochine, 1992. Jacqueline ~IATRAS-GUNet christian TAILLARD (textes rassemblés par), Habitations et habitat d'Asie du Sud-Est continentale: pratiques et représentatiol1s de Cespace, 1992. Thu Trang GASPARD,Ho Chi Minh à Paris, 1917-1923, 1992., Nelly KROWOLSKY (textes rassemblés par), Autour du riz: le repas chez quelques populations d'Asie du Sud-Est continentale, 1992.

Collection "Recherches Asiatiques" dirigée par Alain Forest

Albert-Marie MAURICE

Les Mnong des Hauts-Plateaux (Centre -Vietnam)

*
Vie Matérielle
Préface de Georges CONDOMINAS

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

Collection

c

Recherches IIsiatiques » (mite)

Trllvaux du Centre d'Histoire de III Péninsule 1ndochinoise

.

et Civilisations

Pierre-Bernard LAFONT et Po DHARMA, Bibliographie
(Collec~,

du Viêtnom, 1989. -.

Histoire

des frontières

de la péninsule

Campa et cam, 1989. indochinoise. I. Les frontièr~s .

Charles FOU~"lIAUJ Annom-Tonkin 1885-1896. Lettrés et paysans vietnamiens face à la conquête coloniale, 1989. Le Dai-Viêt et ses voisins (traduit pa~ Bui Quang Tung et Nguyên Huang, revu et annoté par N~yên Thé Anh), 1990. KHING Hoc Dy, ContrIbution à l'histoire de la littérature khmère. Yol.I : littérature de l'époque "classique"(XVème-XIXème siècles), 1991. KHING Hoc Dy, Ecrivains et expressions littéraires du Cambodge au XXo siècle (Contribution à l'histoire de la littérature khmère, vol. 2), 1992.

Pierre-Bernard LAFONT (sous la direction de), Péninsule indochinoise: études
urbaines, 1991. NGUYENThé Anh, Monarchie et lait colonial au Yiêt-Nam. Le crépuscule d'un
. .

ordre traditionnel (1875-1925), 1992.

Michel JACQ-HERLGOUAC'H,Etude historique et critique du Journal du voyage 4e Siam (1687-1688) de Claude Céberet, 1992. Michel JACQ-HERLGOUAC'H, La civilisation de ports~entrepôts du Sud-Kedah (Malaysia), yo-XIVosiècles, 1992.

.C.H.C.P.I.,

22, avenue du Président-WUso"h, 75116 Paris.

@ L'Harmattan, 1993 ISBN 2-7384-1569-5

TABLE DES MATIERES

Situation du pays mnong en Indochine (carte) _ _ _ _ _ _.. _ _.. _ _ _ _.. _ _.. _.. _ _ _ _ Remarq ues préliminaires _ _ _ _.. _.. _ Les Mnong-parmi d'autres
Ca r te : Ha u ts- P la tea u x __ .. ____ .. __ __ _ .. __ .. _ .. _ .. __ .. __ .. _ .. __ .. .. _ .. .. _ .. .. ..

6 7
8

A van t-propos

_.. __ _ _.. __ _.. _

_.. _.. __ _ _

_.. __ _.. _ _

__.. _.. _

9

Titre premier:

LE MILIEU PHYSIQUE
.. __________ .. .. _____ .. _ __ _ _ _ _ ____ .;. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

I.
II.

GE

0 L OG

IE..

_

..

____________

17

CLIMAT
A. Pluies.

___ _

_ _ _ .... __ .. _ .. ___ ...._.. _ .. - C. Vents.

__..

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.._.. _ .. ...... Carte.

_ ___

....

_ _ _ .. .

19

- B. Température.

- Tableaux.

III.

AS P E cr GE OG RAP H I QUE _ _ .. _ _ _ .. .. _ _ .. _ _ _ _ _ .. .. .. _ .. _ .. .. .. _ .. .. _ .. _ _ _ _ _ .. A. Remarque. - B. La délégation du Dak-Dam. - C. La délégation du

25

Haut-Ch/ong. - D. La Srépôk. -~E. La lorêt claire du Nord.
Plateau central." G. Le versant du Donnai... H. Hydrographie.

..

F. Le

Titre deuxième:
IV.
ET H N I Q U ES

LE MILIEU HUMAIN
_ _ __ _ __ __ .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 31

GR

0 U PES

.. ..

A. Présentation. - B. Les voisins: Stieng, Cau Maa,. Bih , Rhadé. .. C. Sous-groupes mnong : au Nord-Est, le nord du HaU:t-Chlong. Le sud du Haut-ChIong. Le Dak-Dam. - D.lmportance et conclusion.

v.

DONNEES ANTHROPOBIOLOGIQUES A. Essai de classification. - B. Quelquesmensurations.- C. Les sens des
Pnong.

39

..F. Diverses autres réflexions.

- D. Mutilations

dentaires.

- E. Quelques

résultats

d'hématologie.

2

LES MNONG

DE L*OUEST
_ _.._.

VI.

APERÇU

HISTORIQUE

___

__ __

__ _..

_.. ___

61

A. Généralités. - B. Des vestiges préhistoriques. - C. La mémoire des Cham. - D. Relations avec le Cambodge. - E. Premières reconnaissances. - F. Quelques épisOdes au Darlac. - G. Du côté du Cambodge. - H. Les débulS de timplantation française. - I. Henri Mailre. - J. La période d*allente. - X. La pacification. - L. La reconnaissance de novembre 1933. - M. Les opérations en Cochinchine... N. Extension des opérations. - O. Rébellion au Cambodge... P. La paix chez les Mnong. - Conclusion.

VII .

__ ETABLISSEMENTS HUMAINS.. A. Généralités. - B. Limites de taire mnong el densités de population.. C. Mode essentiel d*existence et déplacements.- D. La forêt claire du nord. - E. Le plateau central. Toponymie. - F.Le versant méridional du plateau central. - G. Elémenes d*une élude des changements de villages dans le Haut-Chlong. - H. Démographie. - COllclusion.

95

Titre troisième: VIII
LA MAISON _ A. Préliminaires. - B.
__

ASPECTS TECIINIQUES
___

_..

135

L'abri.

- C. La case du mir.- D. Choix de

l'emplacement. - E. Rites particuliers. - F. Construction. ~1aison : Façade latérale. Façade longitudinale. Fenêtre. Toiture. Faîte du toit. Organes annexes du toit et grenier. Partie basse. Trottoir et décorations. Barrières et enclos -d'animaux. - G. La défense des vi/lages. - JI. L'occupatioll de la maison. Le contenu de la maison mnong : mobilier, poterie, vannerie. - Essai de conclusion.

IX

LE

VILLA

GE

__ ___ __

_.. _

_ __. _ _.. _.. ..

.

197

A. Généralités. Présentatioll. .. B. Le mot bôn. - C. Description. - D.

Caractères de la vie au vi/lage. -E. Les génies du village. - F. L'abandon du village. - Conclusion. Prière. Plans. Photographies. Planches.

X.

AGRICULTURE ET RITES AGRAIRES A. Présentation. - B. Le choix du mir. .. C. Essartage et préparation du champ. - D. Incendie. - E. Semail/es. - F. Les Gun. - G. Protection du mir. - H. Le rite njut njuh. - I. Remarques. - J. Moisson. .. K. Quelques techniques. - L. La fête de la récolte. .. M. Le retour de paille. - N. Les paddys. - O. Autres cultures. - P. Production. - Q. Le cerf-volant. - R.

225

Jlistoire du paddy. .. S. Au sujet des dieux. .. Conclusion. Prières. Figures.
__ _ _ _ _ ___ _ _ _ _ ____ _ _

XI.

A LI

MEN

TATI

0 N

..

..

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.. .. .. .. ..

..

.. .. ..

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..

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..

.. ..

.. .. .. .. .. .

299

Â. Généralités... B. Importance du riz... C. Les légumes... D. Préparation et repas. - E. Délicatesses. - F. Boissons." G. Autres éléments... H.

A proposdes haricots...I. Le sucre: abei/les el miel. - Conclusion.

, ~
TABLE DES MATIERES XII. LES MNONG ET LES ANIMAUX A. L' i/é phant : Origine des éléphants. Organisation des éléphants. Capture. Sacrifices. L'éléphant et le droit coutumier. L'éléphant et les voisins des Mnong. Conclusion. Pri~res pour l'éléphant. .. B. Les Mnong ,t /es buff/es. .. C. us Mnong et le tigre. .. D. Les Mnong et divers animaux. Cris pour les animaux. Prières. 3 313

XIII.

CHASSE

ET

PECHE

___ _ _ __

_

___ _ _ __ __ _ _

_

_

361

A. La chasse. .. B. Faune." C. Techniques: armes et pièges. Aspects subjectifs et religieux. Prières. Figures... La pêche. Figures.

XIV.

FEU ET Figures.

FORGE.

PIPE

ET

TABAC

393

XV .

LE

TISSAGE

__

_

_______________

______ ____ __ _.. _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _..

401

A. L'artisanat. .. B. Techniques de filature. .. C. La teinture. - D. Le tissage. .. E. Vêtements traditionnels et accessoires. .. F. Le pagne. - G. La couverture." H. Yestes. - I. Âccessoires. J. La musette... K. Turban.L. Vêtements importés. .. M. Le vêlement dans la vie sociale. .. N. Les motifs décoratifs du vêtement mnong. - Conclusion.

XVI.

LES

BIJOUX

MNONG

429

Remarque. .. A. La coiffure. .. B :Parure des oreil/es. - C. Les colliers. D. Parure des membres... Conclusion.

XVII.

LA JARRE Préliminaires. Catalogue. Comparaisons. - Préparation. Usage. Rôle social.

445

Titre quatrième: XVIII.

LE CYCLE DE L'EXISTENCE
459

LA

FAMILLE

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _.

A. Préambule. - B. Aperçu des Mpôl. - C. Généralités. - D. Fiançailles el remariage... E. L'inceste. - F. Un inceste mnong gar." G. Le mariage. - H. Grossesse et naissance. - I. L'avortement. - J. Le nom. - K. L'enfance. - L. A/liance. - M. Ese/aves el esclavage chez les Mnong : le mot, envoûtement et razzia. - En guise de conclusion. Prières et tableaux.

XIX.

LA MALADIE ET LA MORT I. LA MALADIE.A. Catégoriesde maladies. - B. Causesdiverses.- C. Endémies et épidémies... D. Affections pulmonaireset guérisseur... E. Dermatoseset lèpre. - F. Originedes maladies, aspect juridique. - G.

503

4

LES MNONG DE L'OUEST Qu,lqu~s ,ff,ts d, la colonisation. . H. La pharmacopée mnong. . i. Comparaisons.. J. Sur la fécondité. Prières. II. LA MORT MNONG.. K. Premiire "illi,. - L. Fabrication du clrculil. . M. Creusement d, la fossI. - N. Les interdictions. . O. La mise e" biè", ,nt",em,nt. Prières.

xx.

VIE

QUOTIDIENNE ET

CONNAISSANCES

529

A. Une JOUTnée. - B. La condition dl la femme. - C. Sur la di.,;sion du tra'ail.. D. La propriété. - E. Le comm,rce... F. Connaissanc,s et notio" du temps... G. L,s lImps anciens.

Titre cinquième:
XXI. LE CHEF.. ...... ..... . ..... .

LA VIE SOCIALE
....... ....... ....... ... ... .. . . ... ... . .. .
.;.

. . . . ... .. 539

Â. Généralités. . B. Le che' mnong vu par les premiers Européens. .. C. Le che/vu au trav,rs du Coutumier... D. Le choix du chet... E. Le rôle du chef.

XXII.

LA GUERRE Â. Quelques t,aits... B. Armes,t préparatifs." C. Le bouclier kheel.. D. Le déroulement des rites. .. E. Le sacrifice des a,mes. .. F. Les présages. ..G. La conduite des expéditions... H. Quelques faits. Prières. Figures.

549

XXIII.

LES COMMUNICATIONS Pistes, sentiers et ponts. INSTRUMENTS DE MUSIQUE Gongs, tambours, instruments à vent. Conclusion.

563

XXIV.

573

Titre sixième: xxv. LES

LA VIE INTELLECTUELLE

ET MORALE 587

CROYANCES

A. Préliminaires. B. Variations sur Ndu... C. Chez les Biat... D. Les génies. .. E. Des génies et des esprits. . F. L'âml!. . G. Quelques réflexions. .. H. Lieux sacrés. .. I. Sur les tas de pierres el de branchages. ..J. Eléments de cosmologie mnong. Données biat.

x

X V I .

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623

A. Généralités... B. Pratiques individuelles... C. Présages et rêves.. D.

Talismans el amulettes. .. E. Les sorciers ou magiciens. - F. Le Ciak,

TABLE DES MATIERES sorcier malfaisant. . G. Ordalies. . H. Quelques 'flets magiques. des croyances

s

XXVII.

LEGENDES ET MYTHES Prisentation. . Ao Yut. - Dak Rêt. .' Légende du Feu. . L'accouchement du singe. - Kra Bal. - Nao Ndrong. . Nao Mpring. - Ndu Pang Kong. - Jeune charbon et corne de boeuf sauvage. - M 'Bung Bang Ria. - Nao Bun Krong. - Chanson de l'orphelin et traduction (B. de Crèvecoeur) .

643

XXVIII.LE COUTUMIER MNONG PREH u Coutumier, recuei/li par le Lt Perazio. Présentation. LE CHEF, articles 1-20. - PRINCIPES et GENERALITES, art. 21-42. - LA FAMILLE, art. 43-64. VIE SOCIALE,art . 65-88. Table du Coutumier, p. 700. CONCLUSION D'ENSEMBLE ANNEXES Biblio graphie Cartographie Glossaire
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669

701

__. _. .. _. __. - -

707 716 718

Index
Ta b led es fi gu r es
Tab led es ca r tes. Table des photos
___ . __ . _ . ___ . ______ . _

4

732
_ . . __ . __ . _ . ____ . . . . ___ . _________ . . ___

. .

735

__ _ _ _______ ___ . __ _ . _ . . __ _ _ . _ . __ _ . __ _ __ ____ _ . _ __ . . . _ _ . . . . . ---__ __ __ __ _ _ _.. _ ___. _.. _.. _ ___ _.. ____. __ _ __ ___ __ __. _.

742 744
746

Répertoire

des tableaux

PREFACE
A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, l'Institut Indochinois pour l'étude de l'Homme était fondé à Hanoï par le Professeur Pierre Huard, directeur de l'Ecole Française d'Extrême-Orient (E.F.E.O.) et par Monsieur Paul Lévy. Dans le deuxième bulletin de l'I.I.E.H. paraissait, en 1939, une belle étude de 120pages (grand format) sur les Mnong cosignée par le capitaine Paul Huard (frère du chirurgien) et le lieutenant Albert Maurice. Celui-ci publiait la même année sous sa seule signature un autre essai sur la culture matérielle des Mnong dans les Travaux de l'Institut anatomique de l'Ecole Supérieure de Médecine de l'Indochine. Par la suite, il donnera régulièrement dans le Bulletin del'I.I.E.H. des articles sur les Mnong puis sur les Rhadés, notamment sur leur rites et leurs techniques de constrUction. Dorénavant, il se consacrera à ces derniers avec un article sur letirs rites agraires publié dans le B.E.F.E.O. et surtout la belle étude de 136 grandes pages écrite en collaboration avec l'administrateur Georges-Marie Proux, intitulée l'âme du riz qui constitue une livraison du Bulletin de la Société des Etudes Indochinoises. Tous ceux qui s'intéressent à l'ethnologie indochinoise tiennent le lieutenant Albert Maurice pour l'un des meilleurs spécialistes des populations qu'on appelait alors "les Moïs", un tenne péjoratif vietnamien haussé au rang d'ethonyme. En 1971, un visiteur discret et courtois me demande l'autorisation de suivre mon séminaire. TIme dit s'intéresser aux Montagnards. Comme pour les autres candidats, je l'interroge sur l'origine de cette curiosité: - J'ai vécu autrefois parmi eux. - Je n'ai pas saisi votre nom. - Albert Maurice. - Seriez-vous apparenté au lieutenant Maurice? Quel ne fut pas mon étonnement de me trouver en présence de celui que j'ai toujours considéré comme le pionnier des études mnong ! D'autant plus que je me trouvai devant un homme d'âge mûr alors que si on m'avait annoncé sa visite, je me serais attendu à rencontrer un vieillard. J'ignorai qu'il était entré à Saint-Cyr à dix-neuf ans et avait pris sa retraite en 1966 pour entrer dans l'enseignement comme professeur de mathématiques. Quoiqu'il en soit, il ne paraissait pas son âge. Par la suite, ce chercheur confirmé ayant acquis l'expérience de nombreuses années de terrain, montrera la même assiduité aux séminaires et aux soutenances de thèses en reprenant toutes ses études publiées sur les Mnong, d'en faire un ouvrage qui constituerait ainsi le recueil exhaustif de toutes les premières données rassemblées sur ce groupe austro-asiatique que l'explorateur Henri Maître n'avait visité qu'en partie, vingt ans auparavant. Je pensai que présenter cet ouvrage pour le diplôme de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, serait un bon stimulant. En fait, Monsieur Albert Maurice avait entrepris depuis quelques années la rédaction des notes recueillies lors de son séjour au Nord-Dahomey, en

- C'est

moi, mais je suis commandant

maintenant!

1947-1950. Le résultat: Atakora : Otiau, Otammari, Osuri, peuples du

nord Bénin, 1950, un ouvrage publié en 1986 par l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, pour lequel d'ailleurs, il n'avait pas demandé de consécration universitaire. Voici aujourd'hui Les Mnong des Hauts-Plateaux en deux volumes. Certes, on verra de jeunes ethnologues professionnnels de cette fin de siècle critiquer la notation des langues ou l'absence de certains sujets à la mode, faisant ainsi la preuve de leur manque d'esprit-scientifique. Car cet ouvrage est basé sur des notes prises entre 1935 et 1937, à une époque où l'ethnographie ne possédait pas encore l'outillage méthodologique qu'elle acquerra une quinzaine d'années plus tard. Cette oeuvre témoigne de la part de son auteur d'une curiosité, d'un flair et de dons d'observation remarquables. N'oublions pas que la collecte des notes ici exploitées s'ajoutait au travail administratif et d'exploration dont il était chargé. Nous sommes en présence d'une somme sur une société complétement transformée par une histoire dramatique: au choc du décloisonnement et de la modernité se sont ajoutées des décennies de guerre qui ont éliminé un grand nombre de ses membres dans ce terrible conflit qui ne les concernait pas. L'apport d'Albert Maurice est inestimable. n rejoint celui de ses grands prédécesseurs qui travaillaient dans le Nord-Indochinois, tels que Bonifacy et Lunet de la Jonquière. Pour l'énorme masse d'informations sur un peuple en voie de disparition, le pionnier des études mnong a droit à toute ;notre reconnaissance.

Georges CONDOMINAS

6
SIT U A T ION du PlNONG

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Carte n° 0

.

Remarques

préliminaires

Le présent travail s'efforce de dresser un tableau des Mnong occidentaux à partir, d'une part, de données déjà publiées et, d'autre part, de quelques renseignements et études restées inédites. A propos des premières, M. Georges Condominas m'a demandé de reprendre les chapitres parus en 1939 sous la double signature de Huard et Maurice. Pour cette partie j'ai essayé de les mettre à jour, en opérant quelques corrections et précisant plusieurs détails. Dessins et cartes ont été revus et, j'espère, améliorés; en raison du format de présentation, les croquis géographiques sont souvent présentés en deux moitiés. Toutefois le principal intérêt de cet ouvrage résidera, je pense, dans la mise à jour et l'exploitation des notes recueillies, il y a cinquante ans, par le capitaine Jean Boucher de Crèvecoeur, le médecin-lieutenant Pierre Prost et moi-même. Après mûre réflexion, j'adopte le parti de l'invariabilité des noms de peuples, transcrits en français et non fixés par un long usage, et je crois suivre ainsi la règle couramment, sinon unanimement, observée autrefois (vers 1930) ? Ce parti me semble le plus clair, le plus simple, il n'entraîne pas d'ambiguïté et résout les questions d'accord en nombre et en genre toujours délicats (par exemple le féminin de Mnong, de Stieng, de Gar, etc. ?). Qu'il me soit permis également de solliciter l'indulgence des linguistes, touchant la transcription des mots vernaculaires, et celle des puristes pour certaines maladresses de style. Quant aux notes, je les ai limitées au maximum et je me suis conformé à l'usage actuel en ce qui concerne les références des auteurs cités. Je demande, enfin t que le lecteur éventuel tienne le plus grand compte de l'époque à laquelle, de 1933 à 1939 environ, ces éléments ont été enregistrés. Depuis ce temps les moyens techniques ont accompli de fulgurants progrès, et les idées et méthodes de l'Ethnographie ont considérablement évolué.

8
Ethnies Sud montagnardes

du
Indochinois

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Carte n° 1

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Avant

-propos

Il est des rencontres curieuses à travers le temps. Le 13 janvier 1898, au Collège Saint-Pierre-Fourier à Lunéville un ancien élève de cette maison présentait une relation de son existence de « missionnaire en Cochinchine orientale au pays des Banhars ». Le jour même, un élève de Seconde rédigeait un résumé de cette causerie, l'agrémentant de quelques naïfs croquis. Le prêtre des Missions Etrangères s'appelait Guerlach et le jeune garçon était mon père. Après avoir songé à préparer Saint-Cyr, celui-ci devint ingénieur électricien. Influencé par l'exemple d'un grand-oncle, officier marsouin de 1895 à 1904, je réalisai en quelque sorte, trente ans plus tard, le rêve paternel et si je ne connus que très peu de temps le pays des Banhar, je vécus au cours de trois séjours chez leurs frères Rhadé et Mnong. Vingt ans après le massacre de la mission Maitre, la France avait décidé d'effacer de la carte d'Indochine les dernières zones échappant encore à son autorité. A la suite des capitaines Maillard et Marchand, sous le commandement du chef de Bataillon Nyo, lè capitaine Paul Huard, avec la Première Compagnie du Bataillon montagnard du Sud-Annam mena les dernières opérations de pacification entre le Plateau des Herbes et le Donnai chez les Mnong et les Stieng. Il construisit en avril 1933 le Poste Maitre et en devint le premier capi.

taine délégué.

Simultanément avec les travaux de piste, les tournées et l'action médicale et sanitaire, le capitaine Huard commença l'étude générale des populations, animant l'équipe de ses collaborateurs, Officiers, SousOfficiers, Tirailleurs rhadé précieux connaisseurs des coutumes des hauts plateaux, et interprètes. Arrivé à Ban Mé Thuot en octobre 1935 j'y passai un an, commencai à apprendre le rhadé et je fus ensuite affecté à Poste Maitre. Au pays mnong, au cours des tournées et travaux de piste auxquels je participai, je recueillis divers renseignements d'ordre ethnographique. Ces notes se trouvaient dans la ligne envisagée par le premier Délégué. Les capitaines d'Uston de Villereglan, puis Jacquet avaient successivement pris le commandement de Poste Maitre: le deuxième me conseilla de

10

LES MNONG DE L'OUEST

communiquer mes notes au capitaine Huard, son camaraèe, devenu rédacteur à la Revue des Troupes Coloniales. Celle-ci avait publié des articles relatifs au pays mnong en 1936, 1937 (Cne Huard) et 1938. 1939 (Cne de Crèvecoeur) (voir Bibliographie). Ecrits en collaboration avec Huard, « Les Mnong du Plateau Central Indochinois (1ère série) » parurent dans les Bulletins et Travaux de l'Institul Indochinois pour l'Etude de l'Homme, récemment créé sous l'impulsion de Paul Lévy et Pierre Huard (1939). Grâce à ce .dernier, les Travaux de l'Institut Anatomique de Hanoi publièrent un premier complément (1939, tome VI) relatif à la chasse et la pêche, au feu et à la forge, le même bulletin avait fait paraître du capitaine Huard une présentation des Mnong et de leurs voisins (1938, tome III). Poursuivant son idée, il avait conçu un vaste plan de recherches comportant un grand nombre de questionnaires pour approfondir, préciser et étendre les premiers résultats. Cette enquête s'adressait ou devait toucher les coloniaux en service dans la région (voir lluard et Maurice, 1939, p. 148). Mais nous étions alors en 1939, la Deuxième guerre mondiale allait commencer à gronder, à détruire, à semer la mort. De lourdes tâches, tragiques, s'imposaient; le malheur de nos armées en 1940 avec son cortège de deuils, de dissensions. de séparations s'abattit sur nous. L'Indochine, d'autre part. vécut son destin dans un isolement quasi total. A l'issue du conflit universel, ce fut pour subir cette longue guerre qui se prolonge sous des formes sournoises et larvées, orchestrée par des idéologues pervers et inhumains. La situation actuelle. ne permet pas de reprendre le vaste projet de jadis. Toutefois il nous reste quelques éléments, sans doute dignes d'intérêt, il ne sera pas question de rivaliser avec les brillants résultats des chercheurs actuels, mais en raison des circonstances ces « bribes » ont acquis... les ans en sont la cause... un certain prix. Il est aussi de notre devoir de les rassembler en hommage à tous ceux qui ont peiné, souffert et combattu, à ceux qui ont aimé ces « Montagnards » et les ont estimés, pensant que leur action, au service de cet Empire de la IIIè République, améliorerait leurs conditions d'existence et les libérerait des énormes contraintes d'une nature souvent hostile. Pour ce faire je reprends ici ces lignes datant de 1939 du capitaine Huard:
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Ce travail n'eût pas été possible sans l'affectueuse collaboration de nos camarades de la 1ère Compagnie du Bataillon de Tirailleurs du Sud-Annam et de la 2ème Compagnie du Bataillon de Tirailleurs Cambodgiens qui, pendant notre séjour à la tête de la Délégation du Dak Dam (mars 1933juin 1934) et après, ont procédé pour nous dans des circonstances parfois difficiles à des observations objectives. Qu'ils trouvent ici l'expression de notre grati tude. En leur nom qu'il me soit permis de rendre hommage à la mémoire du lieutenant Perazio, commandant le Poste de Bon Jeng Drom en 1934-1935, prématurément disparu après avoir donné en pays mnong, chez les Boloven et les Kha, les preuves d'une valeur exceptionnelle.

AVANT-PROPOS

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Notre souvenir fidèle s'adresse aussi à nos infatigables et dévoués tirailleurs rhadés, jarais et autres montagnards qui ont grandement facilité le contact des centaines de villages mnongpar leur connaissance du terrain et leur respect discipliné de coutumes assez proches de leurs propres usages.

Plus particulièrement, les lieutenants Bouteleux et Perazio avaient étudié les Mnong Preh, Budong (ou Pou Thong) Ti Pri et Bouneur, le second notamment avait recueilli le coutumier des Preh. Le capitaine Brunet et le lieutenant Rougé ont apporté leur contribution sur les Rehong et les Biat. Les Mnong Nong des environs de Poste Maitre furent observés par le lieutenant Dupuis, le docteur Nouaille-Degorce et le sergent-chef Aptel ; ils s'intéressèrent également aux Mnong du sud (Prang et Dip). M. Gerber, délégué de Budop, communiqua des notes sur les Stieng de l'est, voisins des Nong, et le capitaine Monbrun sur les Mnong orientaux: Rlam, Gar et Lac. Le lieutenant Rives avait levé à la montre et à la boussole avec une remarquable précision les pistes de la région que le capitaine Huard avai,t parcourues lui-même notant au passage des observations de tous ordres. Quant à mes notes et photographies, vieilles de cinquante ans, je les ai rassemblées, un peu au hasard des tournées ou des visites de villages, lors d'entretiens avec les villageois, dans une certaine ignorance des travaux des anciens. « Ma recherche» fut donc plutôt spontanée et naïve, indépendante de tout a priori. Ces « bribes » présentent bien des lacunes: que de questions (simples) regrettons-nous de ne pas avoir posées à nos interlocuteurs! Que de détails aimerions-nous pouvoir préciser aujourd'hui! Je ne sais à quelles personnes je dois le plus. Le général Huard m'a non seulement conservé mes notes de terrain, mais encore fait profiter de nom breuses remarques et de multiples rapprochements relatifs aux populations de l'Asie du Sud-Est et c'est avec une profonde émotion qu'il me faut évoquer le souvenir de son frère, le professeur Pierre Huard dont la science et l'érudition, l'immense intelligence n'avaient d'égales que la gentillesse et la bienveillance. Avant l'achèvement de ce travail le général Jean Boucher de Crèvecoeur nous a quittés le 7 juillet 1987. Il fut entre 1934 et 1938 capitaine-délégué du Haut-Chlong, l'actuel Mondolkiri du Cambodge. Il étudia le milieu biat (ou pnong) avec beaucoup de pénétration: je lui dois de nombreux textes et renseignements qu'il me communiqua avec la plus grande sympathie. Son action administrative fut puissamment prolongée, étayée par celle du médecin-lieutenant Pierre Prost dont le constant souci était la protection sanitaire et médicale des populations, en collaboration, souvent, avec les guérisseurs mnong dont il analysa la pharmacopée. A cette même époque le poste Deshayes avait pour chef mon camarade de promotion Emeyriat ; je le remercie de m'avoir permis de consulter photographies et renseignements sur cette région où il séjourna plus de trois ans.

12

LES MNONG DE L'OUEST

Avec beaucoup d'indulgence, Georges Condominas m'a parfois qualifié de pionnier dans cette recherche relative à ces frères des Mnong Gar, il a suivi et encouragé, corrigé ce travail; je lui exprime ma très vive reconnaissance en y ajoutant ma particulière gratitude du profit dont j'ai bénéficié, de la chaude et sympathique ambiance de son

séminaire de l'Ecole des Hautes Etudes en SciencesSociales. .
M. Pierre-Bernard Lafont, de l'Ecole Francaise d'Extrême-Orient, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et son ami Po Dharma, spécialiste des questions cham, m'ont recu avec une grande bienveillance et permis de consulter nombre de documents. En demeurant dans le cadre de cette Ecole Pratique, je dois exprimer ma reconnaissance à Madame Solange Thierry qui m'a incité à étUdier plus profondément quelques thèmes importants. Je présente également mes vifs remerciements à M. le professeur Lucien Brumpt qui s'est intéressé aux lents progrès de cette étude. Madame Perrot, conservateur des archives de l'Institut Pasteur, m'a fort aimablement communiqué articles et notes du Docteur Yersin, et je l'en remercie bien vivement. En résumé, que toutes les personnes, celles que je crains d'oublier, trouvent ici l'expression de ma profonde gratitude, y compris surtout celles disparues de ce monde! Qu'il me soit permis d'évoquer la mémoire de Paul Guilleminet dont les conseils me furent si précieux lors de mon deuxième séjour en Indochine. Ma pensée se tourne enfin vers ces Montagnards dont nous ignorons le sort et l'existence actuels et dont les esprits, je crois, avaient admis notre présence et compris notre volonté de sauvegarder leur personnalité et d'améliorer leurs conditions de vie.

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Titre premier

LE MILIEU

PHYSIQUE

I

Géologie

Cette description élémentaire de la géologie de la région où demeu:' rent les Mnong occidentaux n'est pas présentée dans un vain dessein de prouver quelque déterminisme. Restent les liens étroits entre les structures du sol et la végétation à travers les aléas du climat et l'évolution propre à chaque zone géographique comme le montre l'ouvrage de M. Maurice Schmid: sur le Massif sud-annamitique et les régions limitr 0ph es (1974). Ce court exposé consistera essentiellement en un croquis, reproduction simplifiée de la carte géologique régulière au I/S00.000° pour la moitié sud; pa'rue en 1937, elle est due aux travaux sur le terrain des Ingénieurs Saurin, Bonelli et Gubler. Je me suis servi pour la moitié nord des Etudes géologiques sur l'Indochine du Sud-Est d'Edmond Saurin, Bulletin du Service Géologique de l'Indochine (1936). Notre domaine a été particulièrement étudié par cet ingénieur auquel on doit la dénomination de plateau du Haut-Chlong (reprise par Schmid) à distinguer de la Délégation administrative du royaume cambodgien. Comme points de repère nous avons situé quelques localités ou postes et esquissé en tireté le tracé des principaux cours d'eau. Nous ignorons la véritable histoire orogénique de ces pays, ce n'est pas notre but ici. Mais il semble qu'à la suite d'énormes éruptions volcaniques une immense nappe de laves se soit répandue sur le socle d'ère primaire déjà modelé par les plissements hercyniens et comportant une pénéplaine de schistes et de grès. Quoi qu'il en soit le trait essentiel de la région est le développement considérable des nappes basaltiques, en particulier à r'ouest d'une ligne allant de la courbe nord-ouest du Donnai (Daa Deung) et orientée vers. le nord-est (voir cartes n° 4 et n° S) et au sud d'un tracé très sinueux entre Deshayes et Bon Jeng Drôm. Au nord et à l'est s'étend une bande de grès et de schistes (étiqueté Anthracolithique) large vers la Srépok, plus étroite en allant vers le sud où elle est bordée par une zone appartenant au Moscovo-Ouralien. La limite de cette zone est flanquée du massif granitique du Nam Nung et d'une petite nappe de basalte. Mais c'est la Mousson qui joue le rôle essentiel!

II

Climat
Le climat des hauts plateaux est déterminé par le phénomène bien connu de la mousson. En hiver le continent asiatique, centre de hautes pressions, provoque le mouvement des masses d'air froid vers la périphérie et les vents résultants soufflent, ici, du nord-est renforcés par l'alizé. Sur la mer de Chine ils se chargent d'humidité et celle-ci est arrêtée par la rencontre de la chaîne annamitique, la côte reçoit alors son lot de précipitations tandis que le Darlac jouit d'un temps sec et clair. Et, en gros, des dispositions in verses caractérisent la saison estivale avec, semble-t-il, plus d'irrégularités à cause des alizés. Cette mousson d'été apporte les pluies sur le pays mnong (cf. Sion, Asie des Moussons, fig. 1 et 3). A. Pluies Les vents venant du Sud-Ouest, lourds de la vapeur d'eau recueillie sur le golfe du Siam et leurs nuages déversent sur les collines et les massifs d'abondantes précipitations. Nous disposons de relevés portant sur quatre années (1934-1937) concernant le Poste Maitre et celui de Bon Jeng Drôm (voir plus loin). Des indications fragmentaires, relatives à 1937, (juin-novembre) montrent une progression des quantités recueillies au Poste Deshayes (2.195 m/m) à Le Rolland (2.802 m/m) et Gatille (3.227 m/m). Bu Plôk présentant une plus forte hauteur de pluies. A Le Rolland, le degré hygrométrique varie en saison des pluies entre 95° et 100°, ne s'abaisse à 80° qu'en cas de soleil. En saison sèche, il est seulement de 60°, 70°, remontant la nuit à 100°, degré qui se maintient à ce chiffre dans les vallées encaissées (cf. Farinaud et Prost, 1939, p. 4). La carte des précipitations, adaptée de M. Schmid (1974, p. IS) montre que le centre de région reçoit plus de 3 mètres (par cm2), on peut en déduire que le massif du Nam Nung dont plusieurs sommets dépassent les 1.500 m d'altitude est au moins aussi arrosé, toutefois la nature granitique de cette chaîne est peut-être moins favorable à la mise en réserve de ces quantités d'eau que les terres rouges basaltiques du Yok Laich (carte n° 6).
.

20

LES MNONG DE L'OUEST

L'examen des graphiques confirme cette idée, énoncée à partir des souvenirs des habitants, de l'irrégularité des précipitations au Nord Dak Dam. D'autre part cet examen montre aussi l'existence d'une petite saison sèche, assez nettement à Bon Jeng Drôm, moins clairement à Poste Maitre: il faudrait le détail des jours sans pluie pour en décider vraiment (cf. également Schmid 1974, p.15). B. Température L'altitude du plateau central corrige fortement les effets de la latitude. En hiver, les températures nocturnes sont assez basses, descendant jusqu'à 4° ou 5° tandis que dans l'après-midi le thermomètre « grimpe» facilement au-dessus de 20°, mais il faudrait nuancer en fonction du site local; en effet, il y a certainement de grosses différences entre le microclimat des crêtes dénudées du plateau et celui des vallées encaissées intercalées entre les longues chaînes d.e collines
he r be uses.

La température maximum varie entre 23° et 28° à Le Rolland contre 26°3 et 32°5 à Deshayes. Les écarts extrêmes des minima vont de 15°6 à 19°4 dans le premier poste et de 16°6 à 22°2 dans le second (Farinaud, 1939 ).

En effet, en été, malgré l'influence d'une insolation plus verticale,les effets d'une évaporation intense atténuent les variations de température oscillant donc comme il a été noté au Haut Chlong entre 15° et 25° en viron. C. Vents En l'absence de données précises rappelons sommairement que la mousson, d'une grande régularité, souffle du nord-est vers le sud-ouest en hiver et en sens contraire durant l'été. Ce schéma grossier est valable pour les parties'élevées de la région, il ne tient. pas compte des deux intersaisons où la direction des vents fluctue fortement, ni des caractères locaux du relief. Pour conclure simplement ces quelques indications relatives au climat, soulignons l'importance du point de vue du calendrier t chez les Mnong, de cette alternance de la pluie et du vent. Cette succession des deux saisons commande le rythme de la vie plus que le mouvement apparent du soleil,. toutefois le mot (celui que nous connaissons) exprimant la saison est celui d'origine khmère (1) signifiant le mois et aussi la lune, khe ou khai.

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Carte n° 7

III

Aspect géographique
A. Remarque (carte n° 7)

Ces limites sont relatives aux années précédant de peu la deuxième guerre mondiale, on peut supposer qu'elles étaient encore valables jusqu'aux années 1960 et suivantes, mais l'extension de la guerre révolutionnaire à la région des Hauts Plateaux a naturellement bouleversé ce tableau dans une mesure qui nous échappe.
B. La Délégation du Dak Dam

La Délégation du Dak Dam avait pour « frontières » au nord et à l'est le cours de la Srépôk, en le remontant depuis le confluent duDak Dam jusqu'à une dizaine de kilomètres au nord de Bôn PIao Sieng : un petit poste de miliciens, détaché de celui du Lac (Dak Lak) était
implanté dans ce village (en 1935

- 38).

Cette limite suivait ensuite la ligne de crête entre Dak Pri et Dak Droh, puis celle de partage des eaux entre les affluents de la Srépôk et ceux du Donnai, passait par le sommet du Chu Nam Gu et rejoignait le cours moyen du Dak Nong jusqu'à sa rencontre avec le Donnai (Dak Deung ou Daa Dong c'est-à-dire eau grande). Ce fleuve était la borne sud de la circonscription. Et, à partir du confluent du Donnai avec le Dak Rmlé, la Délégation avait pour frontière précisément celle entre l'Annam et la Cochinchine épousant approximativement le tracé de la future Route Coloniale 14 entre le bassin des Dak Rtih, Dak Nong et celui du Song Bé (Dak Glun) en remontant jusqu'au Noeud dit des Trois Frontières (Annam, Cambodge et Cochinchine). Puis la limite occidentale de la Délégation suivait la frontière cambodgienne, marquée par le cours du Dak Dam déjà évoqué (voir cartes n° 19,20,21 et 22 au chap. VII). Les habitants de cette aire appartenaient tous à l'ethnie mnong avec des différences de modes d'existence, mais une assez grande homogénéité de la langue et des coutumes. Beaucoup de similitudes, de même,

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LES MNONG DE L'OUEST

existent entre les Maa et leurs voisins de la rive droite du Donnai au point que Boulbet assimile les Prang à ceux qu'il a plus spécialement étudiés. La corne nord-est de la Cochinchine
.

Il n'y. avait, non plus, pratiquement aucune discontinuité entre les

Mnong des environs de Poste Maitre et ceux des hautes vallées du Dak Glun, du Dak Jol et du Dak Rkeh, au nord d'une ligne allant de Bu Nor (à une dizaine de kilomètres au sud de la chute Lens Rlu sur le Dak Glun) jusqu'au confluent du Dak Ka et du Dak Hoyt. La haute vallée de .cette dernière rivière était du reste peuplée de Mnong Rehong, très' proches de leurs frères Biat du Haut Chlong. Il faut tenir compte que ces limites comportent une certaine marge d'incertitude, en eff~t, il y a entre les divers groupes interpénétration réciproque et les villages situés dans ces zones présentent des caractères de métissage incontestables. Tout à fait remarquable à cet égard la région entre Dak Rhlapp et Donnai était le confiuent où se rencontraient Mnong, Maa et Stieng, objet de nombreuses observations de Boulbet. c. La délégation du Haut Chlong
(région devenue partie de la province de Mon.dolkiri

)

Cette circonscription de la province cambodgienne de Kratié était en majeure partie peuplée de Phnong Biat. Au nord-ouest cependant deux petits îlots, Thmonn au nord, Krôl au sud se distinguaient de le~rs voisins par une khmérisation déjà prononcée. Selon le capitaine de Crèvecoeur les Rehong seraient le produit d'un métissage mnong-stieng. Le mot« Pnong » nous semble être la déformation, légère du reste, du nom que se donnent eux-mêmes les Bu Nong et il ne paraît pas que ce terme soit employé par les Cambodgiens poùr désigner les autres populations archaiques tels les Saoch, Samré, etc, et même vis-à-vis des Stieng où l'influence khmère a été importante {voir Ch. Histoire, paràgr. I, Van WusthoO. Approximati.vement, le Oak Hoyt séparait Biat et-Stieng et formait la limite sud de la Délégation qui ensuite passait un peu au sud .de La Palkei, remontait vers le nord-ouest pendant une soixantaine de kilomètres, puis se dirigeait ensuite au nord en restant en moyenne à une cinquantaine de kilomètres du Mékong, suivant le cours du Dak Rouak, puis celui. de la Srépôk. Cet affiuent très important du grand fleuve indochinois mérite une mention particulière.

ASPECT GEOGRAPHIQUE

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D. La Srépôk Dévalant des massifs du Chu Yang Sinn et du Lang Bian, les eaux du Krong Knô ou fleuve mâle rejoignent celles du Krong Ana, le fleuve femelle à une vingtaine de kilomètres au sud-sud-ouest de Ban Hé Thuot. Le Krong Ana draine l'est du Darlac et il est aussi le déversoir du Dak Lak. La région de ce confluent des deux Krang constitue une vaste région marécageuse. Ensuite on voit ce grand fleuve retenant encore, coulant dans la plaine, cette force violente et ensuite impétueuse qu'il a acquise aux sommets de la chaîne annamitique. la Srépôk est en pleine vigueur, elle franchit une série de rapides puis la superbe chute de la Dray Sap (en rhadé dray chute, sap poussière) dans une gorge resserrée par un bond de vingt mètres, puis à une quinzaine de kilomètres de là, sur un front de cent mètres. ses eaux largement étalées se précipitent en une masse tourbillonnante d'une hauteur de dix mètres, offrant le majestueux spectacle de la Dray Hling (hling verser). Cette brève évocation ne peut que renvoyer le lecteur à la remarquable description de Maitre, premier explorateur européen à avoir descendu et reconnu en détaille cours de la Srépôk (1912, pp. 368, 379). Celle-ci borne au nord la partie septentrionale du domaine des Mnong de l'Ouest. E. La forêt claire du Nord Ce plateau gréseux s'élève doucement d'une altitude moyenne de 150 mètres sur les rives du fleuve à plus de 900 mètres au Yok Laich, le 'Plateau des Herbes découvert par Maitre, vers le Noeud des Trois Frontières. La forêt claire, naguère baptisée forêt-clairière, s'étend monotone jusqu'au Mékong vers l'ouest; vers le sud sa limite est imprécise, sinueuse, autour du 14° grade de latitude« grosso modo », et elle est bornée en altitude par la courbe de niveau d'environ 600 m. C'est le domaine du grand gibier: éléphants, gaurs, boeufs sauvages, grands cervidés y vivaient (y vivent 1) à l'ombre claire des hautes diptérocarpées dont les larges feuilles, tombées à la saison sèche~ craquaient sous les pas. Bien d'autres espèces y croissaient: le ktruôl (rhadé) Lagerstroemia caractéristique au tronc blanchâtre et martelé, des Shorea, des Strychnos, etc. M. Schmid, pour la région de Bon Jeng Drom, précise l'existence de « formations basses constituées presque exclusivement de Penlacme siamensis, de Dipterocarpus tubercu/atus, hauts de quelques mètres » (1974, p 86). Ce savant distingue les différences de la strate inférieure suivant la nature de's roches sous-jacentes, grès ou basaltes, généralement. Le long des rivières, la jungle allongée des galeries forestières est le repaire des fauves: tigres, panthères, chats et lynx, chiens sauvages à la réputation détestable. De nombreux oiseaux volent dans la ramure où s'aventurent plus bas, les paons à la magnifique palc~tte irisée, des

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LES MNONG DE L'OUEST

merles, des perruches bavardes, les calaos à l'énorme bec et une foule de moineaux et de divers passereaux. Cette forêt claire présente deux grands aspects bien différents suivant l'époque de l'année. Aux premiers orages de la fin du printemps tout reverdit promptement, le sous-bois d'une multitude d'espèces et surtout cette herbe bambou si caractéristique offrant de plantureux pâturages aux animaux de la brousse.
F. Le Plateau central

Une profonde chape de basalte recouvre dans une large zone le socle de grès anciens et depuis des millénaires le lessivage des intenses pluies de la mousson a puissamment érodé la roche violacée et noirâtre dont les escarpements des chutes révèlent partiellement la puissance. Elle a été transformée en cette terre rouge dont les vertus attirèrent ailleurs les planteurs de thé, de café et d'hévéas. Ce travail de la nature, toujours recommencé, se marque vigoureusement par l'existence des rlam, effondrements à bords verticaux, sorte de falaises pourpres sous les rayons du soleil couchant et dont le dessin en fer à cheval découpe soudain le plateau. Si l'on examine cette région de beaucoup plus haut, elle présente une structure ramifiée en étoile montrant l'importance du Yok. Laich comme centre de dispersion des eaux. Les parties hautes, latéritisées, sont couvertes de prairies graminéennes ; elles se ramifient en crêtes ou en ballons étirés entre lesquels se creusent de profondes vallées dont les pentes boisées, couvertes de grande forêt, présentent un sous-bois de fourrés presque impénétrables de rotins et de bambous principalement. Les fonds de ces vallées s'élargissent parfois en vastes étendues marécageuses où serpentent les rivières, avant de s'en échapper par de belles cascades, antres des génies.
G. Le Versant du Donnaï et le bassin du Song-Bé

La région méridionale du pays mnong est formée, à l'est des vallées aboutissant plus ou moins. directement à la Daa Deung (Donnai> et à l'ouest d'une grande partie du bassin du SongBé ou Dak Glun. Si quelques grands plateaux gazonnés subsistent au sud du massif du Nam Noung, cette zone ne présente presque plus de ces clairières herbeuses des crêtes en raison, sans doute, de l'altitude plus faible. La forêt dense et les épaisses bambousaies couvrent de larges espaces: la véritable jungle se rencontre en maints secteurs avec les grands fûts de bambou

femelle ngor croissant en faisceaux obliques, encombrés en outre de
broussailles et d'épineux rotins. C'est le domaine d'une faune particulière, mais aussi celui privilégié des sangsues. Citons Maitre:

ASPECT

GEOGRAPHIQUE

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La marche... est rendue atroce par les ignobles sangsues; sur le tapis de feuilles sèches étendu sur le sol. on les voit grouiller et agiter leur fil visqueux et brun, se hâtant vers les jambes de la proie qui passe... (1912, p. 37)

Les grandes rivières venues du nord se rejoignent, Dak Rtih, Dak Ndrung et Dak Nong avant de se jeter dans la profonde saignée tracée par le Donnai à travers les gneiss et les granits des cantons prang, cop et maa. Plus à l'ouest une ramification de plusieurs cours d'eau draine ce canton dans un sens presque parallèle au cours de la Daa Deung. En effet, cette région du plateau s'incline doucement vers l'occident. Plusieurs peuplements de palmiers trêa assez fournis apporte une note de contraste dans le paysage. L'aspect de cette région sud-ouest du pays mnong est assez différent, peut-être en raison du sous-sol basaltique. La mosaique des cultures et jachères forestières est beaucoup plus fine que sur le versant du Donnai et la densité des villages bien plus grande.
H. Hydrographie

On peut distinguer deux 'grands secteurs hydrographiques dans la région étudiée; au sud la Daa Deung (Donnai> draine les pentes méridionales du massif du Nam Noung et du Plateau Central tandis que les nombreuses rivières du versant septentrional se jettent pour le plus grand nombre dans la Srépôk, l' Ea Krong des Rhadé, le Krong Kaé des Mnong ou Sé Bang Khan des Laotiens. mais le Mékong recoit directement plusieurs de ses affluents qui arrosent l'ouest du pays biat. Le centre de cette région est véritablement le château d'eau d'où proviennent la plupart des cours d'eau. Ceux du nord traversent la forêt claire, ils ont, au moins dans la pa~tie septentrionale de leurs cours, très souvent l'allure de torrents et les pluies plus rares au nord du parallèle du Dak Mil, pour fixer les idées, ne contribuent pas à leur procurer un débit très régulier. Ce caractère se retrouve dans une certaine mesure dans les variations du débit des rivières du sud et au changement de saison, lors des premiers orages, le niveau s'élève rapidement pour baisser aussi vite, mais laisse en témoignage, accrochés aux branches des arbres riverains ou plus haut sur les pentes, une quantité de débris végétaux. Cependant ces cours d'eau du sud de la région présentent une plus grande régularité que ceux du nord; la plus forte abondance des précipitations sur le versant méridional du plateau, la nature des roches plus perméables et la forêt dense entretenant une humidité presque permanente assurent plus de continuité au débit des rivières non exemptes de crues puissantes au changement de la mousson.

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GROUPES

ETHNIQUES

MNONGS OCCIDENTAUX

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Carte n° 8

Titre deuxième

LE MILIEU

HUMAIN

IV

Groupes ethniques

Voir carte n° 8 A. Présentation Dans ce court chapitre je m'efforce de situer les divers sous-groupes rnnong en présentant d'abord les ethnies voisines, et puis en donnant une sorte de catalogue notant sommairement quelques traits les distinguant les uns des autres, mais, remarque importante, ces indications sont datées de 1938 environ; la comparaison avec celles de Henri Maitre (1912, pp. 408, 409) montre une certaine stabilité que l'on peut prolonger, sans doute, jusqu'aux années 1950. Les choses ont certainement bien changé au cours des trois dernières décennies mais nous manquons totalement de renseignements sur la situation actuelle (1988). B. Les Voisins Dans l'ensemble des Montagnards du Sud Vietnam, les Mnong constituaient un groupe très important, sinon par leur rtombre, certainement par l'étendue de leur territoire. Leurs sous-groupes présentent quelques différences dans les dialectes, les techniques, les observances religieuses; malheureusement le manque de données détaillées ne permet pas une grande précision dans la détermination de leurs limites géographiques. En effet appartenant linguistiquement à l'ensemble des parlers môn-khmèrs, et donc. aux culture:s austroasiatiques certains groupes ont souvent adopté des usages étrangers: ainsi les Mnong de Bandon comprennent et pratiquent la langue rhadé et contruisent sur pilotis. De même les Biat du nord ont subi les influences jaraï et laotiennes, tandis que ceux de l'ouest connaissaient quelque imprégnation cambodgienne.

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LES MNONG DE L-OUEST

1. Les Stieng

Appelés Kojieng par les Mnong, les Stieng occupaient vers 1935, la région comprise entre le Dak Jerman, au nord-ouest de Budop et le cours moyen du Donnai, formant le côté occidental de la boucle de cette puissante rivière. Ils ont certainement des affinités ancestrales avec leurs voisins khmer, mais depuis le début du dix-neuvième siècle ils connaissaient de plus envahissants et encombrants voisins avec les Vietnamiens et la création de vastes plantations d'hévéas, entraînant l'emploi de nombreux tonkinois, accentua encore l'implantation de ces derniers. Il faudrait une connaissance approfondie des Stieng pour déterminer s'ils ont été plus marqués par leurs voisins cambodgiens que les Pnong dont ils diffèrent assez peu physiquement et culturellement. Les descriptions laissées par divers auteurs, souvent par contraste avec le type vietnamien, insistent sur leur beauté corporelle, leur musculature forte et souple permettant une agilité vigoureuse, leur regard direct, et supposé d'une grande franchise. Les femmes seraient moins belles, elles portaient souvent la ceinture en T, et non la jupe, comme la ceignent la plupart des Montagnardes, d'où le prétexte pour leurs. frères du Dak Dam à des plaisanteries faciles. Ils habitent presque essentiellement le bassin moyen du Song Bé ou Dak Glun, région de grande forêt où les terres rouges surmontant la nappe de basalte permettent de plus riches cultures. La limite nord de leur domaine peut être fixée approximativement à une ligne partant de 8re Khtum et passant par le confluent du Song Bé et du Dak JoI. A l'est, les Budêh (ou Dip, avec une nuance péjorative) sont le résultat du « métissage» de Nong, Preng et Maa. Et ces populations mé~angées se sont montrées les plus rétives à la pênétration française (Maitre, 1912, p. 180) et devaient confirmer cette attitude lors de la rébellion de 1934 (voir chapitre VI). Le marquis de Barthélemy, vers Bon Kil, avait éprouvé en 1900 l'opposition résolue des villageois (à une vingtaine de kilomètres environ de Nui Bara, ou Song Bé). L'installation de la mission Paul Patté, en 1904, avait été éphémère. En résumé l'ethnie stieng jouait pour les-Mnong de la région des Trois Frontières le rôle d'un efficace bouclier protecteur. Le capitaine Huard, en 1938, remarque l'oubli même de la résistance des Mnong et de leur identité en somme, au profit, si l'on peut dire, des Stieng au point que les opérations décidées en 1933 portaient le titre de « Pénétration en pays stieng »( 1938, p. 264). Le P. Azémar a vécu durant cinq ans chez les Stieng de Brôlam, près des sources de la rivière de Saigon, c'est-à-dire à l'ouest du pays stieng. Il écrit: « La tribu stieng, la seule que je connaisse, est bornée au sud par la tribu des Beunong, à l'ouest par le Cambodge, à l'est par d'autres peuplades voisines du Binh Thuân » (1886, p. 121). Cette assertion semble assez singulière, car peu d'années après cette

GROUPES ETHNIQUES

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époque, Maitre parcourait non seulement la région au nord de Brolam, peuplée par les Mnong Biat ou Pnong, à l'est par d'autres sous-groupes mnong. Toutefois il est intéressant de noter, d'après ce texte, la présence de populations« beunong »au sud du pays stieng et la grande parenté des dialectes chrau du Donnai inférieur, à quelque distance à l'est de Bien Hoa, nous paraît un élément de preuve de l'existence sinon des Mnong dans cette région, du moins de groupes très proches d'eux (cf. Neis, 1881).
2. Les Cau Maa

La vallée encaissée du moyen Donnai n'est pas pour les Prang et les Maa de la rive gauche la frontière, difficile à franchir, qu'on pourrait imaginer à l'examen de la carte. De multiples traits communs techniques, familiaux, littéraires montrent leur parenté proche et Boulbet a, de plus, montré leurs liens d'alliance (1967, pp. 91,92). Autant que je puisse en juger, les langues des uns et des autres sont aussi très voisines, ne contredisant pas à cet égard la proximité géographique. De ce côté sud, l'espace de parcours difficile en raison de la topographie et de la végétation, peuplé également de gens farouchement attachés à leur liberté, constituait aussi pour les Nong une zone de protection d'une 'profondeur importante. La région située aux confins du Haut-Donnai et des délégations du Lac et du Dak-Dam est mal connue de nous. Le Dr Iouin (1949, p. 182) a donné quelques indications sur une petite communauté des Mnong Rbut groupant à l'époque deux villages au sud du pays bih. 3. Les Bih Ce groupement reste, à nos yeu~, très énigmatique; leur costume et leurs ornements, en particulier, sont assez différents de ceux des Rhadé ; ils sont souvent tout à fait semblables à ceux des Mnong. Comme leurs voisins Rlam, la majeure partie des Bih cultivent la rizière inondée et leur habitation est bâtie sur pilotis. La comparaison, grâce aux lexiques inédits de Besnard (400 mots environ recueillis vers 1906) et d'Antomarchi (550 mots vers 1930) des mots rhadé et bih montre une presque identité du vocabulaire, une dizaine de termes seulement sont très différents et une faible proportion dérivent les uns des autres par un changement de l'initiale rappelant le passage du jarai au rhadé d'un point de vue formel et non d'une possible évolution historique. En bref, les Bih forment entre Mnong et Rlam une sorte de groupe frontière au sud des Mnong Dih Bri ; il est possible que ce groupe bih soit le produit d'un « métissage» de Mnong anciens et de Rhadé nouvellement chamisés.

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LES MNONG DE L'OUEST

4. Les Rhadé

.

Tandis que les Bih occupent les deux rives de la Srépôk, les Rhadé, à l'est et au nord-est de ce fleuve, constituent une ethnie fortement différente par la langue, le principe matriarcal de leurs coutumes, sans en exclure, pour autant, un fond commun très ancien de termes, de techniques et sans doute de croyances semblables. En raison probablement de la relative uniformité du plateau du Darlac, de la structure ordonnée de leurs villages, d'une grande constance des divers parlers locaux de leur domaine, les Rhadé nous paraissaient présenter une homogénéité bien plus grande que les groupes mnong. Nous aurons l'occasion de revenir au cours des chapitres ultérieurs sur quelques points les distinguant ou les rapprochant les uns des autres, et les premiers sous-groupes que nous évoquons en sont un exemple. c. Les sous-groupes mnong 1. Au Nord-Est Les Dih Bri (ou Ti Pri> peuplaient en 1937 huit villages de la rive gauche de la Srépôk, celle-ci les sépare du pays rhadé, en amont et en aval de la chute Dray Hling, ils comprennent le rhadé et construisent leurs cases sur pilotis. Maitre (1912, p. 409) pensait y trouver les restes de la tribu perong, ils auraient été les hommes à tout faire du Khunjonob : il plane à nos yeux quelque incertitude sur leur patrie originelle. Maitre la situe dans la vallée du Ya Xer, ses cartes mentionnent un Bon Xer à 25 kilomètres au sud de Bandon, mais sauf erreur pas cette rivière, par contre la carte du Service Géographique (1953) fait figurer tout près de ce site un Dak Sirr, entre Dak Klau et Dak Winn (voir cartes). Enfin en 1937 les trois villages situés dans cette région étaient attribués à la tribu burung et ce nom nous semble bien. être le même que Perong. Ainsi je rectifie l'hypothèse, suggérée par la proximité du pays bih, évoquée par Maitre à propos de ces pirates et assimilant le Ya Xer au Dak Sur (ou Cor, voir Ch. VI). Quoi Qu'il en soit, ces fractions mnong sont très proches les unes des autres et aussi des Mnong Budong ; appelés Pou Thong par leurs voisins rhadé dont ils parlent la langue et leurs cinq villages (en 1937) établis sur la rive droite de la Srépôk. Ils constituaient un véritable groupe charnière où se rencontraient les ethnies jaraï, rhadé et même quelques Laotiens. Ceux-ci semblaient y avoir constitué une sorte de base ou de relais pour la chasse du rhinocéros menée vers le sud, la cueillette de produits rares de la forêt. Bandon jouait aussi le rôle, sinon de marché, certainement de lieu privilégié pour diverses tractations, les échanges de jarres, gongs, tissus, contre éléphants, peaux et cornes de cervidés, cire, etc. Ce rôle

GROUPES

ETHNIQUES

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était facilité par l'existence des pistes charretières menant des rives du Mékong à la moyenne Srépôk.

2. Le Nord du Haut Chlong Cette région nord de la délégation duDak Dam présentait en Annam des caractères tout à fait analogues à ceux du secteur nord de la délégation du Haut Chlong, le secteur du Poste Deshayes où vivaient plusieurs groupes. Les Biat sont au nombre de 755 adultes, soit 80 %de la population. Ils paraissent plutôt dégénérés par rapport à leurs frères du Plateau. 'Ils souffrent de maladies d'yeux, d'hydrocèles, de syphilis. Ils sont moins courageux, disposent de moins de céréales, mais possèdent plus de bétail et d'éléphants. Dans le nord, quelques-uns cultivent la rizière humide. Les Thmonn forment un dixième de l'ensemble (87 hommes). Ils ont une réputation de férocité, ils ont été récemment soumis (indication de 1937) et se rattacheraient aux Jarai si l'on observe leurs parures et leur musique. Ils habitent un pays de collines couvertes de grandes forêts épaisses. On leur reproche plusieurs assassinats de commerçants. Par contre ils se rapprochent des autres Biat dont ils portent le chignon, et des vêtements de teinte et d'aspect identiques. Possédant peu d'animaux et peu d'éléphants, ils parlent le mnong. Ils peuplent la petite région comprise entre le Prek Prah, au nord, et le Prek Krieng au sud. Les Kroll sont deux fois moins nombreux que les Thmonn, 46 hommes ont été recensés, soit environ un vingtième de la population totale, forment le prolongement des Kroll de Sréchis. Vêtus à la « cambodgienne », ils parlent un dialecte mixte. Sédentaires, de caractère docile et craintif, ils possèdent plus de bétail que les Pnong. Ils ont aussi les mêmes croyances, mais sont fortement imprégnés de coutumes khmères. De petits groupes lao habitent en divers villages du Secteur; ils épousent fréquemment des femmes mnong, pratiquent généralement le commerce ou la chasse, deviennent parfois assez riches, ils connaissent bien le pays et vivent en harmonie généralement avec les Mnong. Le lieutenant Rougé avait signalé un groupe encore plus restreint, les Chrey, restes infimes d'une famille dont le dialecte diffère du mnong, ils ne se distinguent pas autrement de leurs voisins biat ; depuis l'assassinat de Maitre, ils ne se sont que rarement mêlés à leurs voisins du sud. Nous n'avons pu les situer géographiquement avec précision (Huard, 1938,p.267).

3. Le Sud du Haut Chlong Mais la majorité des Biat du Haut ChIong, au nombre de plusieurs