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Edupreneurial Pivot

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Description

C’est ce qu’il croit faire juste – et non ce qu’il craint de faire faux – qui entraîne aujourd’hui le fait-école dans une impasse. Cette impasse l’empêche de répondre à l’accélération du changement. Cette impasse a un nom : c’est l’Education Cliff.


Seule une transformation des organisations scolaires, de l’intérieur, par le développement d’un nouvel état d’esprit permettra d’éviter l’Education Cliff. Comme toute organisation qui doit s’adapter aux contraintes du monde VUCA, le fait-école doit lui aussi pivoter et se transformer pour assurer sa durabilité.


Edupreneurial Pivot se base pour cette nécessaire transformation sur le développement, auprès de tous les acteurs du fait-école, d’un État d’esprit entrepreneurial adapté au domaine de l’éducation : l’État d’esprit édupreneurial.


Edupreneurial Pivot fournit plus largement des bases importantes à tous ceux que la question de l’État d’esprit entrepreneurial intéresse.


Edupreneurial Pivot démontre qu’il existe une convergence quasi parfaite entre l’État d’esprit entrepreneurial et les Compétences du XXIe siècle.


Edupreneurial Pivot s’adresse en priorité à tous les acteurs du monde de l’éducation qui se sentent appelés à agir, sans plus attendre, pour transformer le fait-école et qui veulent apprendre à faire la différence, de manière autonome, avec les moyens et les ressources à leur disposition.


Dans un essai accessible au grand public, la réflexion apporte, aussi souvent que possible, des solutions concrètes ; s’appuie sur des exemples tirés du réel ; et limite au strict minimum les références abstraites à la théorie pédagogique.

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Informations

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EAN13 9782376872658
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Hors Collection EDUPRENEURIAL PIVOT Transformation des organisations scolaires par l’État d’esprit entrepreneurial Dominique BOURQUI et David CLAIVAZ
136 boulevard du Maréchal Leclerc 14000 CAEN
© 2019. EMS Editions Tous droits réservés www.editions-ems.fr ISBN : 978-2-37687-265-8 (Versions numériques)
REMERCIEMENTS
Edupreneurial Pivot est une initiative libre, à laquelle beaucoup de libertés ont apporté leur concours. Nous souhaitons les présenter rapidement et les remercier chaleureusement.
En premier lieu, nous devons beaucoup à Gaël Letranchant, Directeur des Éditions Management et Société. Publier un essai interdisciplinaire rédigé en dehors de tout cadre institutionnel est une démarche courageuse. En nous accueillant hors collection, il met la liberté de son catalogue au service de notre projet.
Nous avons également été très touchés par la spontanéité et la disponibilité d’Alexandre Robert-Tissot lorsqu’il a accepté d’écrire la préface d’Edupreneurial Pivot. Alexandre Robert-Tissot est un compagnon de route de longue date de l’innovation en éducation, mais aussi un entrepreneur suisse confirmé. Personne n’est aussi bien placé que lui pour comprendre le pouvoir du pivot.
Le voyage au Canada que nous avons fait au mois de mai 2018 a été une grande inspiration pour nous. Nous saluons l’accueil chaleureux de Martha Rogers, Brent McDonald et de toutes les équipes de l’Upper Grand District School Board à Guelph (Ontario). Nous nous sommes présentés à eux électrons libres de l’éducation et c’est en amis qu’ils nous ont accompagnés.
Nous tenons également à saluer les organisateurs de deux événements dans lesquels nous avons commencé à partager nos idées il y a quelques mois.
À Montréal, nous remercions le Comité Scientifique du Colloque international en éducation du Centre de Recherche Interuniversitaire sur la Formation et la Profession Enseignante (CRIFPE), qui nous a permis de présenter notre travail dans le cadre de sa 5e édition : Enjeux actuels et futurs de la formation et de la profession enseignante, en mai 2018.
À Genève, nous remercions Nadia Balgobin, qui nous a, quant à elle, ouvert les portes de la Conférence internationale de la fondation Globethics (Ethics in Higher Education) au mois de juin 2018.
Nous remercions tous les directeurs et enseignants édupreneuriaux qui ont croisé notre route et prouvé que nous étions sur la bonne voie. Le site internet Edupreneurial Pivot (www.edupreneurialpivot.com) a été conçu pour leur rendre hommage en diffusant largement leurs portraits.
Enfin, nous devons une fière chandelle à notre première lectrice, Ilka Bourqui. Ses remarques de fond ont permis au livre d’évoluer vers sa forme définitive. Genève, janvier 2019
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS PRÉFACE INTRODUCTION. LA NÉCESSAIRE TRANSFORMATION DES ORGANISATIONS SCOLAIRES PREMIÈRE PARTIE. EDUCATION CLIFF Ouverture : D’où viennent les problèmes du fait-école ? Chapitre 1. Prudence : le problème du principe de précaution 1. Approche classique du risque : le paradigme du Safe Playground 2. Protection des données : le Cloud va tout simplement trop vite 3. Peur du Wifi et principe de précaution Chapitre 2. Précision : spécialisation, silos, rigidité 1. Du Curriculum struggle aux silos organisationnels 2. lllusion de la planification virtuose et règne de la rigidité Chapitre 3. Justice : le paradigme de la bonne note et la diabolisation de l’erreur 1. Rêve d’une école sans notes et réalité de la permanence des notes 2. Le vice de la bonne note
Chapitre 4. Égalité : la même école pour tous 1. Principe de l’éducation pour tous et goût du standard 2. Mise en échec des options 3. Le rendez-vous manqué de la différenciation Chapitre 5. C’est quand le fait-école fait « juste » qu’il fait « faux » DEUXIÈME PARTIE. ÉTAT D’ESPRIT ENTREPRENEURIAL Ouverture : Qu’est-ce qui marche quand le monde change ? Chapitre 6. Permanence de l’Agir entrepreneurial 1. Agir entrepreneurial et mythe de Babel 2. Définition de l’Agir entrepreneurial en quatre éléments Chapitre 7. L’État d’esprit entrepreneurial 1. État d’esprit, savoir, compétences 2. Définition et attributs de l’État d’esprit entrepreneurial
Chapitre 8. État d’esprit entrepreneurial et Compétences du XXIe siècle 1. Présentation des Compétences du XXIe siècle 2. Liste des compétences discutées Chapitre 9. L’État d’esprit entrepreneurial englobe l’ensemble des Compétences du XXIe siècle 1. Créativité 2. Curiosité 3. Connexion 4. Résolution de problèmes / Promoteur et Constructeur de relations 5. « Timely achiever » / Capacité à prendre des décisions qui prennent en compte des contraintes 6. Autres correspondances
Chapitre 10. Ce que permet l’État d’esprit entrepreneurial TROISIÈME PARTIE. LE PIVOT ÉDUPRENEURIAL Ouverture : Comment s’y prendre pour transformer le fait-école ? Chapitre 11. Contexte du Pivot édupreneurial 1. Le parc immobilier est vétuste et peu évolutif 2. La transformation de l’évaluation n’aura pas lieu à temps 3. L’attente de la redéfinition des programmes sera longue Chapitre 12. Nature de l’innovation dans le fait-école 1. L’État d’esprit édupreneurial face au triangle de l’innovation 2. Intégration des parents dans la relation d’apprentissage 3. Compétences socio-émotionnelles et intelligence biologique 4. Enseignement adaptatif, Intelligence Artificielle et Big Data 5. Développement des talents individuels Chapitre 13. Forme du Pivot édupreneurial 1. Transformation de l’agir scolaire 2. Définition et déploiement de l’État d’esprit édupreneurial Chapitre 14. État d’esprit édupreneurial 1. Le pivot du directeur 2. Le pivot de l’enseignant Chapitre 15. La technologie 1. L’État d’esprit édupreneurial au service de la technologie 2. Corriger la doxa par un outil détourné de l’entrepreneuriat Chapitre 16. La redécouverte du temps et de l’espace 1. Le Pivot édupreneurial peut être engagé dans les cadres existants 2. L’espace et le temps redécouverts CONCLUSION. LE PIVOT ÉDUPRENEURIAL EST EN MARCHE
PRÉFACE
Dès la fin du XIXe siècle, grâce à la révolution industrielle, les gouvernements des pays européens ont, à tour de rôle, créé et rendu obligatoire l’éducation publique pour tous, et sont parvenus à faire face à la demande de main-d’œuvre qualifiée à tous les étages de la pyramide de l’emploi.
Par contre, les curriculums académiques de l’enseignement public, la façon d’enseigner et la façon d’apprendre entre 1860 et 2019 ont peu changé, si on les compare avec l’évolution de la médecine durant cette même période.
Personne n’accepterait en 2019 de se faire opérer avec les instruments et les connaissances d’un médecin de 1860 !
Notre civilisation est entrée depuis quelques années dans l’ère de l’Intelligence Artificielle. Nous sommes à l’aube du tourisme sur Mars et nous découvrirons fort probablement, dans les proches années à venir, la vie dans d’autres systèmes solaires.
L’innovation, la recherche, ses résultats et le savoir de notre société ont évolué plus rapidement ces dernières 150 années qu’en 200 000 ans d’histoire de l’homme moderne (Homo sapiens). Cette évolution continuera à s’accélérer, et de façon exponentielle, à moins qu’un cataclysme majeur n’affecte notre planète.
Les modèles pédagogiques utilisés par la plupart des gouvernements ne sont plus conformes aux réels défis auxquels nos enfants seront confrontés en sortant de l’école.
De plus, notre système éducatif sanctionne à tout prix l’erreur, alors que dans la vie et dans l’entrepreneuriat nous apprenons et grandissons de nos erreurs.
Tout est encore pensé pour fournir à notre société des jeunes adultes formés, prêts à entrer dans une boîte prédéfinie de la pyramide de l’emploi du XXe siècle, alors que nous sommes au XXIe siècle depuis 19 ans. 25 % des emplois dans 20 ans, ceux-là mêmes qui seront occupés par des élèves nés aujourd’hui, n’existent pas encore.
L’OCDE a clairement ouvert la voie à l’évolution de notre modèle éducatif en définissant la liste des compétences que chaque élève devrait avoir en sortant de sa formation scolaire, pour affronter un marché du travail en perpétuelle évolution. Ces compétences dites du XXIe siècle doivent intégrer les curriculums scolaires de façon transversale et devenir une priorité pour toute institution éducative. Aussi élémentaire qu’indispensable : il faut développer l’esprit d’entreprendre chez nos enfants en construisant un vrai modèle pédagogique d’apprentissage de l’entrepreneuriat.
Ayant moi-même décidé de quitter le cursus scolaire à l’âge de 17 ans pour me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, je dois dire de manière rétrospective, après presque 30 ans à la tête de mon entreprise, que je suis toujours aussi heureux de me lever le matin pour aller travailler.
Les défis ont parfois l’air insurmontables : le stress, la pression, les heures incalculables, l’accomplissement de soi. D’un autre côté, imaginer une vision et la transformer en réalité, gagner, s’épanouir, ou encore faire partie des acteurs qui comptent dans notre société font partie de mon quotidien et je pense avoir atteint l’objectif du proverbe de Confucius : « Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ».
Ce qui me semble fondamental, c’est le changement d ’état d’esprit.
Ceci étant dit, recevoir une éducation académique pertinente aurait été une énorme valeur ajoutée. Dans une société où l’amateurisme a de moins en moins sa place, je tiens à préciser que je n’oppose pas l’esprit d’entreprendre aux connaissances « métier » que peut délivrer l’école dans tous les domaines, y compris celui de la formation à l’entrepreneuriat proprement dit.
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Pour conclure, ce qui me semble fondamental, c’est le changement d’état d’esprit que nous devons inculquer à nos enfants. Il doit passer du mode spectateur au mode acteur, décider au lieu de subir.
Les nouvelles générations doivent apprendre à devenir maîtres de leurs décisions. Nous devons absolument encourager une éducation où l’enfant, grâce à ses actions, peut générer un impact dans notre société et ainsi devenir un agent du changement.
Et pour construire l’école à même de relever ce défi, nous, acteurs dans le monde de l’éducation, sommes tous appelés à devenir entrepreneuriaux pour transformer les organisations scolaires et opérer le Pivot édupreneurial.
Alexandre Robert-Tissot
Entrepreneur et édupreneur suisse depuis plus de 20 ans
Spécialiste de la transformation digitale dans l’éducation,
CEO d’ART Computer SA.
I confess frankly that I should not be able from my present knowledge to produce material which would justify this paper if I were obliged to confine myself to reports of work finished and ready to hand down as a safe basis for final scientific conclusions. Charles H. Judd, 19101 INTRODUCTION. LA NÉCESSAIRE TRANSFORMATION DES ORGANISATIONS SCOLAIRES
Quand on a trois ou quatre ans, c’est normal de souhaiter que l’école disparaisse. Et puis, on s’habitue. On comprend à quoi sert l’école. Dans certains cas, on y prend goût. On y envoie ses propres enfants. On s’aperçoit qu’on espère beaucoup d’elle. On finit par s’y attacher. On n’a plus ni les idées, ni la candeur d’un enfant de quatre ans lorsque l’on apprend que pour Sugata Mitra, un des plus influents penseurs de l’éducation, l’école est obsolète : J’ai dit que les écoles telles qu’elles sont aujourd’hui sont dépassées. Je ne dis pas qu’elles ne fonctionnent plus. C’est à la mode de dire que le système éducatif ne marche plus. Il n’est pas en panne. Il est merveilleusement construit. C’est juste que l’on n’en a plus besoin aujourd’hui. Il est périmé2.
Sugata Mitra n’est en effet pas particulièrement inquiet de la disparition de l’école. Avec l’expérience « Hole in the Wall », il a mis en évidence que les enfants étaient capables d’apprendre ensemble, mais sans l’aide d’un adulte, grâce à un ordinateur mis à leur disposition. L’expérience de Sugata Mitra constitue une sorte de forme extrême d’un phénomène de plus en plus visible : les enfants sont capables de trouver sur internet des ressources pour apprendre en dehors de tout cadre scolaire. Autrement dit, l’école n’est plus la source unique du savoir ou des apprentissages, tel que le note François Taddei dans un interview au Café pédagogique : L’école a moins que jamais le monopole du savoir, loin de là : on peut s’interroger sur ses finalités dans ce contexte. Par les médias modernes, les élèves ont un accès à une pléthore d’informations. Dans ce nouveau cadre, le rôle de l’enseignant est peut-être moins de transmettre les informations que d’apprendre à les appréhender, à les critiquer, à les valider3.
Pire pour la crédibilité de l’école : certains enfants sont capables de faire bien plus avec le savoir qu’ils trouvent sur internet qu’avec celui qu’ils reçoivent en classe. Les exemples dans ce domaine se multiplient : enfants youtubeurs4, pré-adolescent développeur d’applications pour iPhone5, adolescent découvreur6 d’un test pour le diagnostic du cancer du pancréas. Ce n’est pas seulement au travers des accès nouveaux qu’elle donne au savoir que la technologie met en cause l’école. La technologie est également à l’origine de la vitesse avec laquelle le monde évolue aujourd’hui. Une vitesse qui fait craindre que l’école ne sera tout bonnement pas capable de s’adapter à cette évolution. Pour le World Economic Forum (WEF), la messe est dite, ou presque : The skills needed to work today change so fast that no education system can keep up with the constant need to reinvent how we work and live togetheri.
Pour prédire l’obsolescence de l’école, le WEF se base sur un argument différent de celui de Sugata Mitra : ce n’est pas la concurrence de la technologie qui menace l’école, mais sa propre lenteur, son incapacité à tenir le rythme dans un monde où le changement s’accélère constamment.
Nous reconnaissons que la technologie et la vitesse d’accélération du changement posent en effet de grands défis qui sont devenus des problèmes pour l’école.
Nous remarquons toutefois que ces deux éléments touchent massivement aussi de très nombreux autres secteurs d’activités : transport aérien, hôtellerie, télécommunications, musique, pour ne citer que ceux où les changements ont été les plus spectaculaires ces dernières années.
Contrairement à l’école, cependant, ces secteurs, après avoir connu des moments parfois très difficiles, ont su s’adapter et se réinventer pour aboutir à des résultats réjouissants. Voyages en avion moins chers. Ubiquité des services grâce à l’internet mobile. Choix infini de références musicales accessibles en un clic.
Nous pensons par conséquent que si la technologie et la vitesse d’accélération du changement posent de si grands problèmes à l’école, c’est qu’une partie du problème, et peut-être la plus importante partie du problème, est intrinsèque à l’école.
Nous pensons également que la tentation de laisser aller les choses, quitte à voir l’école disparaître en raison de son incapacité à s’adapter, est un leurre. Même appuyé sur la seule technologie, l’apprentissage a et aura toujours besoin d’un cadre que seule l’école peut offrir aujourd’hui.