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Une pédagogie de la spiritualité amérindienne

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Description

Depuis des temps immémoriaux, les Aninishinaabe, peuples autochtones d'Amérique du Nord ont eu recours à l'art comme langage symbolique pour transmettre les enseignements de leurs ancêtres. Les interprétations multiples offrent la possibilité de porter un nouveau regard sur soi et son appartenance au Cercle de Vie.

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Date de parution 01 septembre 2013
Nombre de lectures 21
EAN13 9782336324418
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Dolorès Contré Migwans
UNE PÉDAGOGIE DE LA SPIRITUALITÉ AMÉRINDIENNE
NAAKANAHGAYWIN
Une pédagogie de la spiritualité amérindienne
NAA-KA-NAH-GAY-WIN
Dolorès Contré Migwans
Une pédagogie de la spiritualité amérindienne
NAA-KA-NAH-GAY-WIN
Publications et illustrations du même auteur Landry,Gilles,Les Autochtones,Lettres en main, Montréal, 2010. Reproduction de plusieurs œuvres,Dola, La Femme-du-Cielet du corpus les 13 lunes.Contré Migwans, Dolorès, Baribeau, T., Bédard, Berque, Bilen, Dorion, Duclos, Paquerot, Perreux,Les jeux de l'eau, de l'homme et de la nature, miroirs franco-québécois, Préface Olivier Meïer, La Dispute/ Snédit, Paris, 2008. Collaboration et illustration. Contré Migwans, Dolorès, Larocque E., Bringhurst, R., « Quand le e soleil rencontre la 13 lune »,Langues autochtones,Revue ellipse mag, no. 78. New Brunswick,Canada, p. 36, 2006-07. G. Pineau, D. Bachelart, D. Cottereau, A. Monneyron, (coord.),Habiter la terre : Écoformation terrestre pour une conscience planétaire, Paris-Budapest-Torino, L’Harmattan, 2005. Reproduction de l’œuvre Akien page couverture. Sauvé, Lucie,Éducation relative à l'environnement - Regards, Recherches, Réflexions,vol. 5, numéro sur « Cultures et territoires: ancrages pour l'éducation relative à l'environnement», Université de liège (GREFE) et Université du Québec à Montréal. Reproduction de l’œuvreMtigooken page couverture.Contré Migwans, D.,Poisson-volant voulait devenir oiseau-Mouchedans Gatti, Mauricio,Littérature amérindienne du Québec : écrits de langue française, Éditions Hurtubise HMH, Montréal, 2004. p.64. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30299-7 EAN : 9782336302997
Kije-Miigwetch ! Mes remerciements
À mon directeur de recherche, Pascal Galvani,qui a su me diriger avec compétence et sensibilité. Aux directeurs d’école, enseignants-es, orthopédagogues, animateurs de vie spirituelle et élèves qui ont généreusement accepté de se prêter à l’expérience de ce partage en me permettant de les filmer, de les photographier, de les enregistrer et de citer leurs commentaires.
À Corinne Pellevoizin, ma grande amie et correctrice, qui a su comprendre la culture autochtone et plusieurs concepts linguistiques afin de les rendre clairs aux yeux du lecteur.
Sans oublier, mesDodem, Esprits-Protecteurs qui m’ont guidée dans ce travail d’introspection, de réflexion et d’analyse, pour mieux maîtriser l’art de transmettre.
Introduction
1 Naa-ka-nah-gay-win*signifie la manière autochtone d’être et de faire. Cela inclut rêver, réfléchir, parler, ressentir les choses en interrelation avec la Création et les êtres vivants, pour agir dans 2 son environnement. Ce livre raconte comment je suis arrivée, par une démarche de recherche, à mettre en théorie des savoirs et savoir-faire qui découlent de ma pratique de transmission émanant de la cosmovision* autochtone.
Naa-ka-nah-gay-windemeurera notre cadre de référence privilégié et notre fil conducteur tout au long de ce parcours, qui prend aussi la forme d’une œuvre visuelle, mariant la transmission orale et le symbole propre à l’expression de l’artiste que je suis. Que cela soit à travers ma production artistique, ou durant le développement d’une approche pédagogique et de méthodes de recherche, il s’agit toujours de la même démarche créatrice. Cette dernière est basée sur un mode intuitif, réflexif et exploratoire qui peut nous mener à des découvertes inattendues. L’interprétation qui découle de ce processus ouvrira la voie, je l’espère, à une approche fondamentale au-delà des disciplines et des cultures.
1 Les mots marqués d’un astérisque sont expliqués dans le lexique.2  Cet ouvrage est tiré de mon mémoire de maîtrise en Études des pratiques psychosocialesdéposé à l’Université du Québec à Rimouski en 2008 sous le titre : « Naa-ka-nah-gay-win,une manière de transmettre la cosmovision autochtone par les arts vivants : étude d’une pratique métissée en contexte éducatif interculturel ».
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Lorsque j’ai terminé mon baccalauréat en enseignement des arts plastiques (diplôme universitaire équivalent à une licence en France), j’ai émis le souhait de faire une maîtrise qui tiendrait compte non seulement de notions théoriques, mais aussi de l’expérience pratique en éducation. Je désirais découvrir des méthodes qui puissent mettre en relief l’intelligence dans l’action et valoriser les savoirs expérientiels qui en découlent. Les années se sont écoulées, durant lesquelles, en tant que membre des Premiers Peuples*, j’ai aussi reçu des enseignements traditionnels, que j’intégrais graduellement à des savoirs et à des outils utiles à la pédagogie. Je me suis inspirée à la fois des méthodes alternatives du système d’éducation courant et de la manière traditionnelle autochtone pour finalement développer ma propre approche de transmission des arts vivants.
Sur le plan méthodologique,Naa-ka-nah-gay-winse penche sur une étude du geste*, en d’autres mots mes propres méthodes d’intervention, afin de mieux comprendre la dynamique de transmission, dans le but d’améliorer l’efficacité de ma pratique. Celle-ci se caractérise par une pédagogie utilisant des symboles mettant en corrélation un monde imaginaire et des objectifs, favorisant l’apprentissage dans une dynamique participative, reproductible dans différents contextes interculturels.
Après quelques années de pratique, je me suis interrogée sur les facteurs de réussite et d’échec durant le processus de transmission des arts vivants, afin d’espérer un résultat satisfaisant entre mon intention, mes objectifs et ce que je professe ou accomplis en pratique. Plusieurs exemples concrets seront examinés attentivement afin d’arriver à expliciter et à formuler les savoirs et savoir-faire sous-jacents. En portant un regard particulier sur des moments forts de ma pratique, ce processus de découverte m’a conduite à une intégration de ma construction identitaire, de mes savoirs et de mes acquis, dans le but de consolider ma démarche.
J’invite le lecteur à se familiariser avec plusieurs méthodologies en croisement : l’approche phénoménologique devient une voie
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de passage entre le mode de l’oralité et celui de l’écriture. L’heuristique et la praxéologie en recherche-action permettent de « suspendre le moment » pour réfléchir aux stratégies employées. J’ai aussi recueilli des données, qui sont passées sous le filtre de l’analyse, pour laisser le sens émerger grâce à une stratégie de mise en relation expérientielle.
Cette étude d’analyse réflexive m’a amenée à approfondir deux concepts de la pensée grecque : lamètis*,une « intelligence de lien », à la fois intuitive et pratique, qui agit dansKaïros,le moment propice, qui est le second concept.Toutefois, j’effectue des rapprochements avec la pensée autochtone,en y associant des expressions, telles queMnopi*,« moment favorable » qui le agit dans le temps présent. Ce lien révélateur interculturel permettra d’approfondir la façon dont lamètisme guide et entre en action dans ma pratique de transmission. Enfin, l’analyse révèlera qu’un travail de synchronicité est essentiel entre la mètisetKaïrosouMnopi,qui est le moment propice !
Dans cette préoccupation de la transmission, il va de soi que j’ai fait face à certaines difficultés. La première vient du fait que je suis issue d’une société nomade de tradition orale* qui intègre le symbole visuel, ce qui crée un écart entre l’écriture et l’oralité. La seconde correspond à un mode de transmission holistique et expérientiel, lié au territoire, contrairement au modèle d’éducation systémique courant. La troisième tension que j’observe se situe entre le rythme naturel et celui imposé par la montre qui régit les milieux dans lesquels nous travaillons.
Telle sera ma démarche de recherche. Toutes les composantes se mettent en place en interrelation les unes avec les autres et le lien prend tout son sens. En fait, nous découvrirons ensemble comment le phénomène de la transmission des arts vivants peut se vivre dans un cadre identitaire interculturel pour ensuite se dynamiser dans un maximum d’efficacité. J’introduirai tout d’abord le lecteur par mon récit de vie racontant mon origine métissée, suivi d’un récit lyrique permettant une immersion dans la vision du monde autochtone. Puis nous nous familiariserons avecla transmission dans le contexte
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