La tribu s'agrandit

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« La tribu s’agrandit » est la suite de « Quelle galère ! ». On y retrouve Iris, Rose, Marguerite et Myosotis Ducresson ainsi que Dimitri, Hervé, Sylvain et Emeric Dujardin. Quatre filles et quatre garçons embarqués malgré eux dans la galère de la famille recomposée qui pourtant n’a pas que de mauvais côtés. Petits tracas de la vie quotidienne, chamailleries, compromis, moments de joie partagés, complicité, intimités de vies d’enfants et d’ados, premiers émois amoureux, complexités des relations recomposées, difficultés et hésitations des nouveaux parents face à cette « tribu » turbulente et sensible … Ils nous entraînent de découvertes en découvertes, de rebondissements en rebondissements. Humour, tendresse et émotion sont au rendez-vous.

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Ajouté le 28 novembre 2016
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Langue Français
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Chapitre 1 La rentrée des classes Les Ducresson et les Dujardin étaient installés depuis quelques mois dans leur nouvelle maison baptisée à l’unanimité « La Tribu ». C’était ce qu’on appelle communément une famille recomposée : Aglaé Ducresson et ses quatre filles, Iris, Rose, Marguerite et Myosotis partageaient dorénavant la vie de Fabrice Dujardin et de ses quatre fils, Dimitri, Hervé, Sylvain et Emeric.
Cette cohabitation n’avait pas été sans réticences de la part de certains, inquiets à l’idée de devoir changer leurs habitudes. Mais Aglaé et Fabrice, après avoir consulté leurs enfants respectifs, avaient décidé de tenter l’aventure. Quant à Mamita, la mère d’Aglaé, elle avait fait de son mieux pour aplanir les difficultés du nouveau couple, espérant que sa fille connaîtrait enfin les joies d’une union réussie.
Après un été un peu compliqué, tous les membres de cette nouvelle famille s’étaient appliqués à trouver un modus vivendi qui satisfasse le plus grand nombre d’entre eux. Il n’était pas aisé de faire vivre ensemble huit enfants ayant des activités et des goûts différents. C’était même parfois mission impossible ! La maison résonnait souvent des récriminations des unes ou des autres. Aglaé et Fabrice devaient arbitrer, trancher pour rétablir une harmonie toute provisoire.
Le costume de belle-mère ou de beau-père n’était pas toujours confortable à porter et Mamita était parfois appelée à la rescousse pour arrondir les angles. Etant la seule grand-mère des deux fratries, tous les enfants l’adoraient car elle ne faisait aucune 3
différence entre eux, consolant les uns, secouant les autres, dans une bonne humeur constante. Tous savaient pouvoir compter sur elle en toutes occasions, et ne se privaient pas d’ailleurs d’en abuser.
Les deux aînés, Iris et Dimitri, étaient les plus proches ; ils s’étaient connus au lycée avant de savoir que leurs parents étaient résolus à vivre ensemble. De fait, cela avait quelque peu compliqué leur relation. Ils avaient dû composer avec la nouvelle situation, pourtant, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les deux adolescents ne s’étaient pas montrés les plus opposés à cette union. Ils avaient su tirer parti de l’opportunité qui leur était offerte de vivre dans le même lieu, sans toutefois en abuser.
Les plus jeunes, Myosotis et Emeric, âgés de cinq et six, s’entendaient plutôt bien, même s’ils se chamaillaient parfois. Ils avaient l’un et l’autre grand besoin d’un père et d’une mère qui sachent les cajoler et les rassurer, combler le manque de l’absent ou de l’absente.
Myosotis n’avait pas eu de nouvelles de son père depuis son intrusion intempestive de l’été qui l’avait fort troublée. Quand le reverrait-elle ? Le souhaitait-elle d’ailleurs ? Elle l’ignorait.
Quant à Emeric, il savait qu’il lui faudrait attendre les prochaines grandes vacances pour revoir sa mère qui vivait aux Etats-Unis. Un an, c’était très long ! Elle lui manquait et il se raccrochait à Aglaé, et surtout à Iris, lorsqu’il était en mal de tendresse. Depuis sa tentative de fugue du mois de juillet, que les enfants avaient gardée secrète, il s’était particulièrement attaché à la jeune fille qui avait su se montrer douce, affectueuse et compréhensive.
Les quatre autres, Rose, Marguerite, Hervé et Sylvain, avaient toujours été plus réservés et peinaient encore à trouver leurs marques dans cette famille recomposée.
Le premier jour dans leur nouvelle école avait été éprouvant pour Marguerite et Sylvain à qui on avait demandé s’ils avaient des frères et sœurs. Marguerite n’avait cité que ses sœurs tandis que Sylvain, plus jeune d’un an, avait bafouillé lamentablement, ne sachant quoi répondre à son institutrice. Tous deux s’étaient consciencieusement
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évités dans la cour de récréation et à la cantine alors que les deux plus jeunes s’étaient spontanément retrouvés pour se raconter leur rentrée.
Fréquentant pour la première fois le même collège, Hervé et Rose avaient eux aussi hésité quand leurs professeurs principaux leur avaient fait remplir la traditionnelle fiche de renseignements. Devaient-ils mentionner leurs demi-frères ou demi-sœurs qui ne l’étaient d’ailleurs pas puisqu’ils n’avaient aucun parent commun ? C’était à ce genre de détail qu’on voyait la difficulté des uns et des autres à se positionner.
Il leur fallut plusieurs semaines pour trouver leurs marques dans leurs établissements respectifs et se faire de nouveaux camarades. Certains de leurs amis leur manquaient ; ils les voyaient moins souvent maintenant qu’ils avaient déménagé.
Pourtant un incident rapprocha Marguerite et Sylvain un jour qu’ils rentraient de l’école primaire. Dans le car de ramassage scolaire qui les ramenait comme chaque jour, la fillette fut prise à partie par un groupe de garçons narquois qui se moquèrent d’elle et de son prénom. Marguerite avait beau avoir l’habitude de ce genre d’attitude, elle se rebiffa et les envoya balader. Les garçons insistèrent lourdement et l’un d’eux lui
prit le livre qu’elle était en train de lire.
Contre toute attente, Sylvain qui se trouvait quatre rangées plus loin se leva et intervint pour la défendre. Il arracha le livre des mains de son agresseur et repoussa ce dernier sans ménagement. Puis il alla s’asseoir à côté de Marguerite pour bien signifier qu’on devait la laisser tranquille. Il lui rendit son livre en lui souriant.
Son attitude étonna tellement les garnements qu’ils n’insistèrent pas, d’autant plus que Sylvain faisait plus âgé que son âge et leur en imposait. Marguerite lui rendit son sourire et le remercia. Elle n’avait pas eu de frère pour la défendre jusqu’à présent et se dit que somme toute ce n’était pas désagréable, même si elle n’était pas du genre à se laisser faire.
Les jours suivants, Marguerite et Sylvain se rapprochèrent et un début de connivence s’installa entre eux. Sylvain n’était jamais très loin de sa « sœur » dans la cour de récréation ou dans le bus qui les ramenait chez eux. Il était plutôt fier de se
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montrer protecteur bien qu’il ait un an de moins que Marguerite. Cela le posait, lui donnait de l’importance, à ses propres yeux mais surtout à ceux de la fillette.
Après cet incident, les moqueries cessèrent.
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