Les enquêtes de Théo

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Inclus, une interview exclusive de l'auteur !
Agé de quinze ans, Théodule, qu’on appelait le plus souvent Théo, rêvait de devenir un grand enquêteur. Il passait tout son temps libre à lire des romans policiers et il était incollable sur le sujet. Tous ses camarades connaissaient sa passion pour les énigmes et se moquaient gentiment de lui dès qu’ils en avaient l’occasion.

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Ajouté le 22 octobre 2015
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Langue Français
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CHAPITRE 1
Lise a disparu
Agé de quinze ans, Théodule, qu’on appelait le plus souvent Théo, rêvait de devenir un grand enquêteur. Il passait tout son temps libre à lire des romans policiers et il était incollable sur le sujet. Tous ses camarades connaissaient sa passion pour les énigmes et se moquaient gentiment de lui dès qu’ils en avaient l’occasion.
Mais Théo n’en avait cure. Il était certain que l’occasion lui serait donnée un jour de prouver ses capacités de déduction et de démontrer qu’il pouvait devenir un nouvel Hercule Poirot, voire un Sherlock Holmes. Rirait bien qui rirait le dernier…
Théo était justement en train de relire « Le Chien de Baskerville » d’Arthur Conan Doyle lorsque le téléphone sonna. C’était son meilleur ami, Jonathan.
- Théo, c’est affreux ! Ma sœur Lise a disparu.
Théo crut d’abord à une mauvaise blague mais Jonathan avait vraiment l’air affolé.
- Comment ça ? Que veux-tu dire ?
- Elle n’est pas rentrée hier soir. Mes parents ont prévenu la police mais les policiers pensent qu’elle a fugué et ne veulent rien faire pour l’instant. Il faut que tu m’aides à la retrouver avant qu’il ne lui arrive malheur. Tu sais bien que ce n’est pas
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son genre de faire une fugue. Elle m’aurait sûrement mis dans la confidence, on ne se cache rien. Il lui est certainement arrivé quelque chose de grave.
- C’est bon, calme-toi. Je vais t’aider, bien sûr. Mais d’abord un peu de méthode. Dresse la liste de tous les endroits où elle aurait pu aller et de tous ses amis. Essayons de reconstituer son emploi du temps d’hier. Je te rejoins et nous ferons le point avant d’entreprendre quoi que ce soit. A tout de suite.
Théo raccrocha, inquiet mais excité à l’idée de mener sa première enquête. Enfin il allait pouvoir mettre en œuvre ses capacités. L’enjeu était de taille et il devait prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas mettre la vie de Jonathan et de Lise en danger.
Il prit son IPad et son IPhone et partit rejoindre son ami. Ses parents n’étaient pas encore rentrés du travail et la maison était vide. Il ne songea même pas à leur laisser un message. Il les appellerait plus tard si nécessaire.
Il retrouva son ami et ses parents effondrés. Ils avaient déjà téléphoné à tous les camarades de Lise. Mais aucun ne l’avait vue, elle n’avait appelé personne et n’avait envoyé aucun SMS depuis des heures ce qui ne lui ressemblait guère, elle qui usait et abusait de son téléphone à longueur de journée comme la plupart des ados de son âge. Son portable était éteint et tous les messages qu’ils lui avaient envoyés étaient restés sans réponse.
Tout cela était effectivement très étrange. Son vélo n’était pas dans le garage mais toutes ses affaires se trouvaient bien dans sa chambre. Il ne s’agissait certainement pas d’une fugue. Elle aurait sûrement emporté ses vêtements préférés et sa trousse de maquillage car elle était très coquette.
Les parents de Lise avaient également appelé tous les hôpitaux et toutes les cliniques des alentours. Elle n’avait été admise nulle part. Mais cela ne les rassurait pas pour autant.
Théo s’efforça de poser toutes les questions qu’un détective digne de ce nom aurait posées. Mais il n’avait pas beaucoup de réponses qui puissent faire avancer son
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enquête. Il demanda à voir la chambre de Lise en espérant y trouver un indice quelconque. Mais il n’y vit rien qui le mette sur une piste.
Il commençait à se dire que cela n’allait pas être facile de retrouver Lise. Il lui fallait au moins un indice….
Soudain son IPhone vibra. Il y avait un SMS. Il venait du portable de Lise et était laconique. « AU SECOURS ». C’était tout. Mais il avait au moins la certitude qu’elle était réellement en danger. Ce n’était guère rassurant et la mère de Lise qui lui avait arraché le téléphone des mains devint hystérique en voyant le message. Son mari et son fils eurent toutes les peines du monde à la calmer.
Théo se dit que la police pourrait peut-être localiser l’appel. Encore fallait-il qu’ils se décident à prendre l’affaire au sérieux.
- Retournez voir la police et expliquez-leur la situation. Jonathan et moi allons poursuivre nos recherches de notre côté, proposa Théo à Monsieur Durupt.
Puis il se tourna vers son ami.
- Allons dans tous les endroits où Lisa a l’habitude de se rendre. Quelqu’un l’aura peut-être vue et pourra nous donner un début de piste. Ne perdons pas de temps.
- Soyez prudents les garçons et tenez- moi au courant. Je vais retourner au Commissariat. Toi, Anna, reste ici au cas où Lise appellerait.
Les deux amis enfourchèrent leur vélo, bien décidés à retrouver Lise et à la ramener saine et sauve à la maison.
Comme Théo le lui avait demandé Jonathan avait dressé la liste des lieux à visiter en priorité. Lise avait disparu un mardi après midi. Personne ne l’avait revue après 15 h. Elle avait quitté le lycée après le cours d’Histoire, du moins on le supposait car aucun de ses camarades de classe ne l’avait vue sortir de l’établissement.
On était mercredi après-midi et le lycée était fermé. Mais le Proviseur accepterait certainement de les laisser entrer s’ils lui expliquaient la situation. Théo
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décida de faire une tentative. Il fallait avant tout vérifier si elle ne s’y trouvait pas encore. Le temps était compté.
Le concierge accepta de leur ouvrir la porte et Théo lui dit qu’ils devaient absolument voir Monsieur le Proviseur.
- C’est une question de vie ou de mort, précisa- t - il.
Intrigué, le vieil homme voulut en savoir plus mais Théo se montra volontairement évasif. Il valait mieux ne pas mettre trop de personnes dans la confidence. De plus il avait toujours trouvé Monsieur Berton étrange. Il préféra se montrer discret au cas où. De toute manière s’il était impliqué d’une façon ou d’une autre dans la disparition de Lise leur présence ici ne le surprendrait pas.
Le Proviseur, Monsieur Jacquot, accepta de recevoir les deux garçons. En fait il était déjà au courant de la disparition de Lise car Monsieur Durupt lui avait téléphoné. Il avait tout de suite effectué une visite complète de son établissement mais il accepta de laisser Théo partir à la recherche d’indices qui auraient pu lui échapper. C’était un excellent élève et il avait confiance en lui. Il ne cacha pas son inquiétude pour Lise. Lui non plus ne croyait pas à l’hypothèse d’une fugue. Cela ne lui ressemblait vraiment pas.
Théo et Jonathan fouillèrent méticuleusement tous les coins et les recoins du lycée qu’ils fréquentaient depuis le début de l’année scolaire. Lise, elle, était en première.
Ils ne trouvèrent rien mais Théo eut l’idée de jeter un coup d’œil au casier de Lise. Elle avait l’habitude de le fermer à clé même s’il était vide. Pourtant il était entrouvert. Ce n’était pas normal. Il regarda à l’intérieur et aperçut une petite carte portant ce message sibyllin : « Rendez-vous où tu sais à 18h ».
Pas de signature. Mais Théo eut l’impression qu’il connaissait cette écriture.
- C’est étrange ! s’exclama Jonathan. Je ne savais pas que ma sœur avait un petit copain.
- Qui te dit qu’il s’agit d’un amoureux ? demanda Théo que ce rendez-vous semblait à la fois décevoir et agacer.
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Jonathan regarda Théo et esquissa un pauvre sourire. Il se doutait bien que ce dernier n’était pas insensible aux charmes de sa sœur. Maintenant il en avait la confirmation.
La piste était bien ténue. Il n’y avait aucune précision sur le lieu du rendez-vous. Ils n’étaient donc pas beaucoup plus avancés. Mais Théo était d’un tempérament positif. Il prit la carte et la glissa dans sa poche. Si Lise l’avait laissée là, c’était peut-être intentionnellement. Il verrait plus tard le parti qu’il pourrait en tirer.
Théo n’était pas quelqu’un qui se laissait facilement décourager et la ténacité était l’une de ses principales qualités.
Mais il était tout de même perplexe. Il croyait bien connaître Lise et se rendait compte qu’il ignorait bien des choses sur elle.
Après avoir passé le lycée au peigne fin, les deux garçons décidèrent de continuer leurs recherches ailleurs. Qu’avait bien pu faire Lise de 15h à 18h, en supposant qu’elle se soit bien rendue à son rendez-vous ?
Jonathan avait emporté le Journal Intime de sa sœur, trouvé dans le tiroir de sa table de nuit. Il n’avait pas encore osé le lire, espérant que Théo et lui découvriraient un indice les mettant sur une piste. Il savait que sa sœur lui en voudrait d’avoir mis le nez dedans. Pourtant c’était peut-être le seul moyen de savoir où Lise avait bien pu se rendre. Ils jouaient contre la montre et n’avaient pas vraiment le choix.
Théo proposa de ne lire que la dernière page, espérant que ce serait suffisant pour faire démarrer leur enquête. Jonathan ouvrit donc le Journal en tremblant un peu d’émotion. Il avait l’impression de pénétrer par effraction dans la vie intime de sa sœur. Mais Théo semblait encore plus ému que lui.
Mardi 8 Novembre
C’était justement le jour de sa disparition. Cela ne pouvait pas mieux tomber.
« Voilà encore une belle journée qui commence. Je suis heureuse. Je vais faire mon premier essai aujourd’hui. J’espère que je serai prise. Je croise les doigts. Je t’en dirai plus ce soir. »
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Un essai ! Quel essai ? Dans quoi Elise s’était-elle fait embarquer ?
- Tu sais à quoi elle fait allusion ? demanda Théo à son ami.
- Pas du tout ! Quoi que ce soit, elle avait bien gardé son secret, répondit celui-ci, désappointé.
Jonathan était déçu que sa sœur ne se soit pas confiée à lui. Ils étaient pourtant très proches. Du moins Jonathan pensait qu’ils l’étaient.
- Il va falloir en lire un peu plus pour avancer, décida Théo.
- Soit.
Jonathan tourna la page lentement, le cœur serré. Il avait l’impression de remonter le temps.
- Fais vite, reprit Théo impatient.
Lundi 7 Novembre
« Il m’a laissé un nouveau message dans mon casier. C’est très excitant. Je suis impatiente de le revoir. Il m’a promis de m’aider à réaliser mon rêve. »
Ils n’étaient pas beaucoup plus avancés. En tout cas ce IL devait être un élève, à moins qu’il ne s’agisse d’un adulte. En tout cas cela avait un rapport avec la carte oubliée dans le casier.
Théo la sortit de sa poche et la regarda plus attentivement. Cette écriture… à qui pouvait-elle bien appartenir ? Elle lui était familière mais il ne parvenait pas à la replacer dans son contexte. Une chose était sûre. Il connaissait ce IL. Si seulement il pouvait se souvenir…
Théo se sentait trop impliqué pour avoir vraiment les idées claires. Plus le temps passait plus il avait peur pour Lise et cela ne l’aidait pas vraiment à réfléchir. Il devait retrouver son sang froid et raisonner calmement en prenant un peu de distance par rapport aux événements, en imitant ses héros et en activant ses « petites cellules grises » comme aurait dit Hercule Poirot.
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Tout son corps était tendu et ses sens en éveil. Quelles déductions pouvait-il faire à partir des deux indices déjà en sa possession ?
Jonathan, lui, avait continué la lecture du Journal de sa sœur. Mais étrangement aucun nom n’apparaissait et Lise n’en disait pas plus sur son mystérieux rendez-vous. Les filles étaient décidément bizarres, se disait-il, et surtout très secrètes. Même à son Journal, Lise ne se confiait pas vraiment. A quoi bon écrire un Journal dans ce cas ?
Dans quelle direction aller ? Jonathan regarda Théo. Ce dernier avait les yeux fermés, en proie à une intense concentration. Il ne manquait que le violon et la pipe d’opium de Sherlock Holmes ! Jonathan respecta son silence. Il se sentait lui-même dans la peau de Watson, son fidèle ami et assistant.
Soudain Théo s’écria :
- ça y est, je sais qui a écrit la carte !...
Jonathan était suspendu à ses lèvres.
- Alors, c’est qui ?
- Hervé, le surveillant.
- Tu es sûr ?
- Certain ! Je savais que je connaissais cette écriture. Il a mis un mot dans mon carnet de liaison il y a un mois. C’est facile de vérifier.
Jonathan et Théo étaient toujours dans le Jardin Public, à deux pas du lycée, où ils s’étaient arrêtés pour faire le point. Que faire ? Retourner chez Théo pour s’en assurer ? C’était une perte de temps car Théo était sûr de lui à cent pour cent. Le problème était plutôt qu’ils ignoraient où habitait Hervé. Ils ne savaient d’ailleurs pas grand chose sur lui si ce n’était que toutes les filles étaient à ses pieds ce qui les agaçaient souvent. Ils décidèrent donc de retourner au lycée pour faire part de leurs soupçons au Proviseur et s’informer sur le surveillant.
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Alors qu’ils se dirigeaient de nouveau vers leur établissement scolaire, Théo sortit son portable de sa poche au moment même où il recevait un nouveau SMS. Il lut à haute voix le deuxième message de Lise.
« AIDE-MOI »
Si seulement elle pouvait lui en dire plus, lui donner un indice sur le lieu où elle se trouvait. Il lui renvoya un SMS : « Où es-tu ? » en espérant qu’elle pourrait y répondre. Mais ce fut le silence.
Le concierge leur ouvrit sans leur poser de questions et ils se précipitèrent dans le bureau du Proviseur. Ils lui dirent ce qu’ils avaient découvert. Monsieur Jacquot parut étonné.
- Hervé ! Il m’a été chaudement recommandé. Qu’il soit mêlé à la disparition de Lise m’étonnerait beaucoup. Comprenez qu’il m’est difficile de vous donner ses coordonnées. C’est délicat. Mais je vais le contacter moi-même…
Théo l’interrompit :
- S’il est vraiment à l’origine de l’enlèvement de Lise vous risquez de la mettre en danger en lui révélant que nous sommes au courant. Il vaudrait mieux être discret et le surveiller. Mais pour ça il nous faut son adresse.
- Je vous en prie, supplia Jonathan, aidez-nous à sauver ma sœur.
Finalement le Proviseur se rendit à leurs raisons. Il avait bien conscience de l’enjeu. Lise devait être retrouvée de toute urgence. Il leur confia donc l’adresse d’Hervé et proposa de les accompagner. Mais Théo préférait agir seul pour l’instant.
- Nous vous appellerons en cas de besoin, c’est promis, dit l’apprenti détective.
Théo et Jonathan prirent congé du Proviseur et enfourchèrent leurs vélos pour se rendre chez Hervé qui habitait à l’autre bout de la ville. Ils s’arrêtèrent à quelques mètres de la petite maison blanche entourée d’une haute haie de troènes qui la cachait presque entièrement.
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