Si tu ne lis pas, prends garde à toi !

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Livres
103 pages
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Description

Je me présente : Max, douze ans, fan de jeux vidéo. Autant vous dire que la lecture et moi, cela fait deux ! Oui, mais voilà qu’un vieux livre surgit dans ma vie et m’entraîne dans une aventure invraisemblable. Foi de Max, je ne me laisserai pas faire ! Comme tous les combats virtuels que je gagne derrière mon écran, je suis bien décidé à remporter le duel qui m’oppose à ce mystérieux bouquin.

En imaginant une confrontation pétillante entre un jeune adolescent et un livre résolu à faire de lui un dévoreur de romans, Laurence Fantuz relève avec succès, le pari de nous convaincre que les livres sont de rares trésors.

Après les aventures de Max, un documentaire illustré invite le lecteur à découvrir l’écriture. Son histoire, son évolution... sans oublier les précieux conseils pour prendre la plume.


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Informations

Publié par
Date de parution 12 décembre 2014
Nombre de visites sur la page 58
EAN13 9782918373117
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Aventure fantastique
Laurence Fantuz Illustrations - Dub
Deuxième édition
©2012, Editions Adabam (Noyen/Sarthe – France) ©2011, Editions Adabam (Noyen/Sarthe – France) Toute reproduction sous quelque forme que ce soit, partielle ou totale, est explicitement interdite sans l’accord écrit et préalable des Editions Adabam (Les Editions Adabam – Le Greffier – 72430 Noyen-sur-Sarthe) Conforme à la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse Collection soutenue par l’État – Préfecture de la région Pays de La Loire DRAC des Pays de La Loire ISBN : 978-2-91837-311-7
Un remerciement à tous ceux qui m’ont encouragée pendant l’écriture de mon premier roman jeunesse, et tout particulièrement mes deux enfants, Guillaume et Sébastien.
Chapitre 1.
Un cadeau maléfique
Tout a commencé un jour du mois de juin, l’année de mes douze ans. Je venais de rentrer du collège. J’avais englouti mon goûter en vingt secondes, pressé de me scotcher à mon ordinateur. Je n’avais pas l’intention de commencer des recherches documentaires sur Internet pour un exposé ! Je ne pensais, en réalité, qu’à me connecter sur le dernier jeu en ligne à la mode :Tifus. Je mourais d’impatience de retrouver mes copains sur le web et d’échanger avec eux grâce au courrier électronique. Ma mère me reprochait de passer trop de temps sur mon PC, au détriment d’activités plus culturelles ou sportives, comme elle disait pompeusement. De toute évidence, les nouvelles technologies ne la passionnaient guère. Je crois bien qu’elle se sentait même un peu dépassée. Et puis, elle ne comprenait pas. Tous les jeunes de mon âge adoraient les jeux vidéo, possédaient au moins deux consoles différentes, préféraient les SMS aux cartes postales et surfaient d’un blog à l’autre sur le net. Je jouais depuis une heure quand ma mère m’appela. Elle dut s’y reprendre à trois fois avant que je ne réalise qu’elle s’adressait à moi ! J’étais à fond dans une partie et la bataille commençait à être serrée. Rrrr ! Pourquoi me dérangeait-elle ? Avec regret, je dus arrêter mon combat et quitter ma session. Ce n’est pas avec un grand enthousiasme que je descendis l’escalier et entrai dans le salon. Elle se tenait là, assise sur le vieux canapé rouge, celui qui « avait vécu » comme disait souvent mon père. Il était plus vieux que moi et usé par tant et tant de paires de fesses, sans compter les assauts de ma petite sœur, nos bagarres, les griffes du chat ou encore les miettes de gâteaux. Maman m’accueillit avec un grand et beau sourire, posa sa main gauche sur le canapé à côté d’elle, m’invitant à la rejoindre. Un petit câlin ne me déplaisait pas. Malgré mes douze ans, je me montrais un enfant très affectueux et très attaché à ma
mère, mais je rageai de l’interruption inopinée de mon jeu favori. – Max, j’ai une surprise pour toi, me dit-elle d’une petite voix coquine, en utilisant encore ce vilain diminutif qui me poursuit depuis ma naissance. Car, en vrai, je m’appelle Maxime ! – Une surprise ? m’exclamai-je. Ma mère se leva, se dirigea vers la commode chinoise, ouvrit la porte, puis le tiroir, et sortit un petit paquet enveloppé simplement de papier journal. Elle me le tendit avec un air enchanté et se rassit sur le canapé. Je m’étonnai de recevoir un présent aujourd’hui. Aucun évènement particulier à mes yeux ne le justifiait. Non, vraiment, je ne comprenais pas. Ceci-dit, un cadeau, cela ne se refusait pas ! J’examinai avec intérêt le petit paquet, m’interrogeant sur son contenu. Il ne pesait pas trop lourd et sa taille pouvait me laisser espérer la présence d’un jeu pour ma dernière console. Un peu excité à cette perspective, je déchirai le papier et découvris… un LIVRE ! Évidemment, je pensai qu’il s’agissait d’une blague. Ma mère savait très bien que je n’aimais pas lire. Jamais, au diable jamais, je n’avais désiré un tel objet futile en cadeau. Mes copains étaient aussi avertis : hors de question de m’offrir un bouquin lorsqu’ils venaient à mon anniversaire. Oh non alors ! – C’est quoi ce livre maman ? Il est vieux et tout abîmé !
– Je reconnais qu’il date un peu. Il se trouvait chez ma tante Henriette, dans une malle rapportée d’Égypte par son arrière-grand-père. Ce livre a toute une histoire, tu sais. Il appartient à notre famille depuis plusieurs générations. Certains ont eu la chance de l’avoir entre leurs mains à un moment de leur vie, comme mon oncle Auguste, le mari d’Henriette. Il est aujourd’hui malheureusement décédé, mais ce fut un grand monsieur : un célèbre pianiste. Il possédait un véritable don pour la
musique, découvert quand il avait huit ans, si je me souviens bien. Tatie m’a raconté sa stupéfiante histoire. Elle m’a confié que ce livre recèle des aspects surprenants, déroutants pour celui qui le détient. Il est fascinant. Tu verras ! Je verrai quoi ? Qu’est-ce qu’elle s’imaginait maman ? Que j’allais lire ce vieux truc ? Je m’en moquais moi de ce livre. De toute façon, je ne lisais jamais, je n’aimais pas lire. Je nourrissais d’autres projets bien plus passionnants que la lecture. Pour me sortir de cette mauvaise plaisanterie et retourner au plus vite jouer sur Tifus, je fis bonne figure en prononçant ces mots : – Formidable ! Merci maman, je le monte dans ma chambre et… je commenceraià le lire… ce soir, si je ne suis pas trop fatigué. Au pire, il me suffisait de regarder le résumé sur la dernière page, pour laisser ma mère penser que j’avais tout lu. Futé, le Max ! Je remontai les marches quatre à quatre et regagnai ma chambre. Franchement, quelle bêtise de me donner ce bouquin ! En plus, il sentait mauvais : une odeur nauséabonde de renfermé, triste résultat du temps passé dans le coffre. Et il aurait dû y rester. En attendant de m’en débarrasser discrètement et pour contenter ma mère, je le mis sur ma tablette en bois, entre mon radioréveil et mes figurines. Je collectionnaisà l’époque les « Titi et Gros minet » et les « Barbapapa ». C’est sûr qu’il pouvait se sentir isolé, ici ! Je ne possédais aucun autre bouquin dans ma chambre, hormis mes livres scolaires. Eux, je n’avais pas encore trouvé la ruse pour y échapper si ce n’est de les ouvrir le moins souvent possible. Sincèrement, maman, je l’aimais beaucoup. Mais parfois, ses idées me surprenaient. Je retrouvai mon ordinateur avec une satisfaction non dissimulée et mis moins de deux minutes à rejoindre mes amis surTifus. Enfin, la partie allait reprendre. J’étais excité comme une puce. J’explorais une nouvelle zone du jeu quand j’entendis quelque chose tomber derrière moi. Je me retournai rapidement et vis que le livre, le vieux livre, se trouvait par terre. Cela me parut étrange : je me souvenais l’avoir placé correctement sur l’étagère. Je comptais le ramasser plus tard, car ma priorité du moment se résumaità échanger des armes et des vivres avec Gaspard et Jules, mes meilleurs alliés surTifus. J’étais en pleine négociation quand j’entendis à nouveau un bruit. Je fis pivoter ma chaise à roulettes et… je n’en crus pas mes yeux. Le livre avait regagné mon étagère mais cette fois-ci sur ma pile de CD. Un vrai délire ! Je ne rêvais pas tout de même. Il devait forcément y avoir une explication. Un fil ? Oui, peut-être un fil, accroché au livre, tiré par quelqu’un. Seulement aucun fil ne dépassait lorsque j’avais déballé mon cadeau. Et puis, qui m’aurait fait une telle farce ? Ma petite sœur adorée, Léa ? Cela
lui correspondait bien, toujours à me chercher des poux dans la tête. Seulement, elle se trouvait à son cours de danse. Maman ? Impossible, ce type de blague ne lui ressemblait pas. De toutes les manières, le coup du fil n’expliquait pas l’assaut du livre sur mes CD. Tomber, pourquoi pas, mais se relever tout seul et grimper sur mes disques, alors là ! Je devais en avoir le cœur net. Je me précipitai et saisis le maudit livre. Pas de fil attaché au bouquin. Il fallait s’en douter. Rien de suspect. Alors, comment ?
Je décidai de reposer le livre à sa place initiale à côté de mon radioréveil, de feindre une partie surTifuset d’observer l’ennemi du coin de l’œil. Au bout de cinq minutes, je ne constatai aucun mouvement suspect. Je ne résistai pas longtemps à l’appel des copains, me pressant de venir les aider à vaincre Sacrehorror dans le niveau dix-sept. Je m’apprêtais à donner le coup fatal quand le livre s’abîma à nouveau sur le sol de ma chambre. Je sursautai. Le bruit me parut encore plus fort que précédemment. Là, j’en eus assez. Je me levai d’un bond si brusque, que ma chaise se renversa. Je m’élançai vers ce dernier. Je le ramassai violemment, bien décidé à m’en débarrasser au plus vite. Je sentis mes doigts se crisper, sans doute par le stress et l’inquiétude qui me gagnaient. Et dire que je ne connaissais même pas son titre. Avant de le jeter, mon regard se porta sur la couverture. Et, patatras, ce fut la première mauvaise surprise ! Aucune inscription : ni titre, ni nom d’auteur, rien du tout. Je retournai le livre pour prendre connaissance du résumé. Et à nouveau, stupéfait, je trouvai une page vierge, blanche comme de la neige. Mes doigts se mirent alors en mouvement et j’entrepris de feuilleter le bouquin. Je restai pantois en apercevant le vide absolu : des feuilles libérées de tout caractère d’imprimerie. L’émotion fut telle que je le lâchai et ressentis le besoin de m’asseoir sur le bord du lit. Je vivais un vrai cauchemar et pourtant je ne dormais pas ! Ma mère entra dans ma chambre. – Max, je vais récupérer ta sœur à son cours de danse. Si ton père appelle, dis-lui de
prendre le pain en passant devant la boulangerie. Oh Max ! Tu m’entends ? Tu rêves ou quoi ? J’aurais pu me confier à maman, mais je ne sais pas pourquoi, je restai muet. La peur du ridicule ? De ne pas être pris au sérieux ? Il faut dire que ce qui venait de se passer dans ma chambre pouvait être caractérisé de surréaliste. Je me contentai de lui adresser un sourire. Ma mère quitta ma chambre en prenant soin de refermer la porte. Je me retrouvai à nouveau seul, face à un vieux livre, de toute évidence possédé par une force obscure. Je ne voyais pas d’autre explication. Et cette hypothèse me donna la chair de poule. D’une main tremblante, je m’emparai du livre. Je devais profiter de l’absence de ma mère pour le détruire. Je sentis alors une chaleur anormale envahir ma main. Je baissai le regard en sa direction et vit apparaître, une à une, les lettres suivantes : S – I – T– U – N – E – L – I – S – P – A – S – P – R – E – N – D – S – G – A – RD – E – A – T – O – I . Comme par magie, un titre étrange s’afficha sur le livre : « Si tu ne lis pas, prends garde à toi ! ».