30 pages
Français

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Boule et Bill - Bain alors !

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Description

Une collection qui a du chien !
Découvrez les aventures de Boule et Bill en mini-roman illustré.Bill a bien des soucis ! On veut le mettre à l'eau, on l'oblige à faire un régime... Mais, avec l'aide de Boule, "son garçon", notre cocker préféré ne se laissera pas faire. Et prenez garde car, pour Bill, la vengeance est un os qui se ronge froid.Dans ces six histoires, écrites d'une patte ferme et enlevée, retrouvez l'univers chaleureux de la bande dessinée qui réjouit tant petits et grands. Et guettez la suite en livre numérique !
À partir de 7 ans.

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Informations

Publié par
Date de parution 13 janvier 2012
Nombre de lectures 17
EAN13 9782740435526
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Le roi de la jungle
Il est des moments dans la vie où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Eh bien, pas plus tard que tout à l’heure, c’était le cas.
J’étais tranquille, je dormais comme un bien heureux dans le jardin. Une brise légère caressait mon poil. Des images plus délicieuses les unes que les autres me chatouillaient la truffe.
Je rêvais d’os en gelée, d’os en croûte, d’os au foie gras, d’os à moelle et au gros sel… oui bon, les rêves, ça sert à ça, à inventer !
Bref, j’étais au paradis des chiens, quand tout à coup, Boule a déboulé en hurlant des trucs bizarres dans une langue bizarre, genre LAGADOUALO ! LAGADOUALO ! J’ai ouvert un œil. Puis l’autre. Le choc. Tout emplumé qu’il était, le Boule. J’ai failli avoir une crise cardiaque.
Ni une ni deux, il m’explique que Papa, Maman et lui sont des cannibales et me nomme aussitôt explorateur. J’ai beau essayer de lui faire comprendre que je n’ai pas vraiment envie de jouer, qu’il vient de me sortir sans ménagement d’un restaurant quatre étoiles plus deux os, mais il ne m’écoute pas et me coiffe solennellement d’un magnifique casque colonial.
Je dois dire que je ne suis pas peu fier. J’ai le plus beau rôle et je suis plutôt content d’avoir échappé aux plumes et à la peinture ridicule sur la gueule (c’est pas un gros mot, je suis un chien, faudrait pas l’oublier).
Je vais frimer un peu devant ma Caroline chérie, c’est simple, elle tombe raide dingue de moi en deux secondes. Mon Rintintin qu’elle m’appelle.
C’est vrai qu’il y a une petite ressemblance, je l’avoue. Mâchoire carrée, poil ras, œil vif… Boule-fils-de-cannibales me dit encore que je suis le plus célèbre des explorateurs de toute la jungle, là je commence à prendre la grosse tête, aidé en cela par les
débordements d’amour de Caroline.
Pousse-toi petite, j’aboie en passant devant elle. Cette mission est trop dangereuse pour une tortue, tu ne peux pas m’accompagner.
Si tu es blessée, tu ne feras que me retarder et je serai obligé de t’abandonner sur place pour poursuivre ma quête. Mais je serai bientôt de retour et tu seras la première à qui je raconterai mes fabuleuses découvertes.
Maintenant, place aux braves.
Truffe au ras de la pelouse, je renifle une piste. Sûrement une tribu inconnue qui erre sur notre territoire. Je dois en avoir le cœur net. J’avance tout doucement, ma patte est souple et légère. Personne ne peut me repérer, et j’ai la réputation d’être un fin limier. Je vais les trouver et les observer. N’est-ce pas le rôle d’un explorateur après tout ? Découvrir un autre monde, une autre civilisation, pour en apprendre les rites et les coutumes, et les faire connaître à tous ; je sens que je vais adorer.
J’arrive au bout du jardin, les petits malins pensent qu’ils sont à l’abri derrière les buissons, mais ils ne savent pas à qui ils ont affaire. Je les entends, ils ont dû construire une hutte ici ou dresser leur campement derrière les arbres, là-bas. Je colle mon oreille au sol. Je l’ai vu faire dans un film à la télé. Je perçois distinctement un grondement. Apparemment, ils sont plusieurs. Les pas martelant le sol se rapprochent, je dois me tenir sur mes gardes, il ne s’agit pas de dévoiler ma présence.
Lechoc !
AAAAAAAAAAAAAH ! Mais qu’est-ce… qu’est-ce… J’en perds ma langue de chien. Là, face à moi, hurlant et brandissant des lances, les cannibales attaquent.
— OUKILÉ ? OUKILÉ ? crient-ils à gorges déployées.
Je tombe en arrière, et vlan ! sur le derrière.
Soudain, je les reconnais. Papa, Maman, Boule ! Hé ho, c’est moi, Bill, votre gentil chien. On dirait qu’ils ne m’entendent pas ou, pire, qu’ils ne comprennent pas ce que j’essaie de leur dire.
Ils se tiennent au-dessus de moi en braillant des mots qui n’existent pas, enfin, moi, je ne les connais pas et pourtant j’en connais un rayon. Ils ont de la peinture plein la figure et des jupettes en paille, même Papa. Ça fait bizarre. Maintenant ils m’encerclent et s’apprêtent à se jeter sur moi. Ils ont perdu la tête, je ne vois pas d’autre explication. À cause de je ne sais quel phénomène étrange, toute ma famille est devenue folle. Peut-être ont-ils remonté le temps et retrouvé leurs origines…
Au signal de Boule – le traître –, Papa et Maman se jettent sur moi, m’enfoncent le casque sur le crâne, sûrement pour éviter mes morsures. Alors que de ma vie entière de chien de race, je n’ai jamais enfoncé le moin-dre croc dans leur chair.
— KAKA LA GADOU ! KAKA LA GADOU !
C’est Papa qui parle. Mon Dieu, il est tombé bien bas. Plus aucun sens du langage, de la phrase bien faite… Et ce Boule qui ne cesse de rire. Je n’aurais jamais cru ça de lui. Et
Maman qui crie :
— PABONGADOU, PABONGADOU !
Plus un soupçon d’instinct maternel, pas un regret, bien au contraire, elle participe activement à mon enlèvement. Mais que vont-ils faire de moi ?
Je bouge, je tangue : on me transporte. C’est que je dois tout deviner ! Avec ce casque enfoncé jusqu’aux babines, je ne vois plus rien.
PLOUF ! Oh non, pas ça ! Ils m’ont jeté dans une marmite. Dans moins d’une minute, ils allumeront un feu au-dessous et me feront cuire tout doucement pour me manger ensuite. C’est horrible. Finir sa vie de cocker de cette façon, même aux petits oignons, non, je ne le souhaite à personne. Et tout ça sous les yeux de la pauvre Caroline, qui doit pleurer toutes les larmes de son petit corps en voyant ma fin si proche.
Mais, j’y pense ! Quel imbécile je fais. Rien de tout cela n’est réel. C’est tout simplement un mauvais rêve. Mais oui ! C’est un cauchemar et je vais vite me réveiller. Pourquoi n’y ai-je pas songé plus… SPLASH ! PLOUF ! FLOC !
OK, c’était ni un rêve ni un cauchemar. Non seulement je suis trempé jusqu’aux os, mais je me suis fait avoir comme un cocker débutant. Tout ce cirque, tout ce stratagème pour me faire prendre un bain. Je dois quand même avouer qu’ils ont de l’imagination. Mais bon, je ne vais pas en plus leur faire des compliments. Quand je pense à leur fourberie !
Aïeuuuuu, faites attention, ça pique les yeux tout ce savon. Pfff, ils s’en fichent. Et ça frotte, et ça rigole.
— Allons, Bill, ne fais pas cette tête, me lance Papa en enfonçant la brosse dans mon
crâne. — Voyons, Bill, un bon bain n’a jamais fait de mal ! renchérit Maman en remplissant un peu plus la marmite-baignoire.
Moquez-vous tous de moi, ne vous gênez pas surtout, mais je n’ai pas dit mon dernier mot.
— Allez mon Bill ! C’est bientôt fini. T’étais tout crasseux, fallait bien qu’on agisse.
Lui, c’est mon traître de Garçon. Tout se perd. Quand je pense que Boule a trempé dans leur combine, je n’en reviens pas. Moi, son plus fidèle compagnon… Pfff, quelle ingratitude.
Cela prendra le temps qu’il faudra, mais je vais leur concocter un bon petit tour. Je relèverai l’honneur mouillé de tous les cockers de France… et d’ailleurs aussi ! Croyez-moi, la vengeance est un os qui se ronge froid…