Le secret des cabanes tchanquées
73 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Le secret des cabanes tchanquées

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73 pages
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Description

Baptiste et Zoé ont l'habitude de naviguer à bord du Vif Argent, une barque à moteur qu'ils ont le droit de piloter. Baptiste à l'arrière, Zoé à la proue - cette fille d'ostréiculteurs connaît tous les dangers du bassin d'Arcachon ! Ce jour-là, ils ont décidé de grimper dans l'une des cabanes sur pilotis de l'île aux Oiseaux. Mais un bateau de plaisance occupé par deux jeunes gens surgit soudain et s'immobilise tout près d'eux. Baptiste et Zoé vont alors apprendre à leur corps défendant un secret qu'ils n'auraient jamais dû entendre...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 juin 2013
Nombre de lectures 0
EAN13 9782748514353
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

JEANNE FAIVRE d'ARCIER
Le secret des cabanes tchanquées
Collection « Souris Noire » Dirigée par Natalie Beunat
Couverture illustrée par Christophe Merlin © Syros, 2013 pour la présente édition
Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse
« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
ISBN : 978-2-74-851435-3
Sommaire
Couverture
Copyright
Chapitre 1
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
L’auteur
1
Une belle journée de juin, Baptiste traverse le han gar à bateaux où des ouvriers déplacent un hors-bord qu’ils doivent mett re à l’eau dans la matinée ; il pénètre dans le bureau de son père, patron d’une en treprise de gardiennage de navires de plaisance à Grand-Piquey, l’un des villa ges de la presqu’île du cap Ferret, en Gironde. – Papa ? Je peux emprunter leVif Argentpour aller à l’île aux Oiseaux ? Marc, un homme svelte d’une quarantaine d’années, i nterrompt sa conversation avec un client et observe la frimousse éveillée de son fils de douze ans : nez retroussé, grands yeux verts, tignasse br une et sourire en coin – son portrait craché, d’après Sophie, son épouse. – Tu veux prendre la barque ? Tu n’as pas classe, ce matin ? – Non, c’est samedi, P’pa… – Ah, c’est vrai ! Maman est d’accord ? – Oui, à condition que tu n’aies pas besoin duVif Argentdépanner des pour bateaux en difficulté dans le chenal… Marc hésite : – Je n’aime pas trop que tu ailles seul en mer, mon bonhomme, même quand les affaires vont mal et que les vacanciers qui fon cent comme des chauffards sur le bassin se font rares… Baptiste insiste : – Le temps est au beau fixe et je serai avec Zoé, no us voulons observer les oiseaux depuis les cabanes tchanquées… Il a prononcé « tianqué » comme les natifs du bassi n qui savent que ce vieux mot de gascon veut dire « fiché sur des piquets ». Fille d’un couple d’ostréiculteurs, Zoé accompagne souvent ses parents lorsqu’ils vont travailler en chaland sur leurs parcs à huîtres, situés à proximité de l’île. Elle connaît les dangers de la navigation su r le bassin d’Arcachon, cette étendue d’eau salée aussi vaste que le lac de Genèv e, et elle n’est pas du genre à courir des risques inutiles. Marc se décide : – Si elle sert de chaperon à mon casse-cou de fils, je veux bien… Fou de joie, Baptiste se jette dans les bras de Marc. Ce dernier s’assure, d’un bref coup de fil à la mère de Zoé, qu’elle a connaissance de ce projet d’excursion. Puis il libère Baptiste qui court vaquer à ses prép aratifs, trottinant à travers le garage afin de récupérer un jerricane d’eau, des ram es, un bidon d’essence, ses jumelles et un blouson coupe-vent. Parvenu à la jetée de Grand-Piquey, Baptiste aperço it Zoé qui le guette, en short et casquette mauves, depuis le jardin de sa m aison située à l’entrée du village ostréicole. Elle accourt, ses jumelles en b andoulière, un panier à pique-nique à la main. Les deux enfants se répartissent l e matériel à embarquer puis, clapotant dans les vagues de la marée montante, ils se dirigent vers le Fun Yack,
une grande barque en plastique amarrée près du riva ge. Ils rangent leur équipement au fond duVif Argentet s’installent. Baptiste est à l’arrière, à côté du moteur Honda 9,9 chevaux dont Marc a équipé le Fun Yack pour que son fils, qui n’a pas encore l’âge de passer le permis bateau, pu isse le piloter sans être inquiété par la gendarmerie maritime, et Zoé à la proue ; c’est de là qu’elle lui signalera les piquets à fleur d’eau qui pourraient gêner leur nav igation. Baptiste se tourne vers son amie qui dissimule ses yeux de biche d’un brun doré derrière des lunettes de soleil : – On traverse le chenal de Piquey droit sur l’île a ux Oiseaux et on la contourne par la droite ? Elle secoue sa natte blonde : – Oui, c’est la fin de la marée montante, il y aura assez d’eau pour qu’on puisse passer au-dessus des parcs à huîtres. Un quart d’heure après, leVif Argentdouble l’île aux Oiseaux. Baptiste met le cap sur la façade est de cette ancienne dune de sab le forgée par les vents et les courants marins. Il s’oriente vers un port minuscule aménagé dans un creux de la rive et jette l’ancre à l’entrée. Il désigne les de ux cabanes perchées sur de grands pilotis à quelques centaines de mètres : – La marée commence à redescendre, on pourra aller aux tchanquées à pied d’ici un moment… Elle l’approuve et chuchote : – Oh, regarde, un huîtrier pie ! – Quoi ? Où ça ? – Derrière toi, en bordure du chenal de l’île, répond Zoé. Baptiste braque ses jumelles vers un oiseau noir à ventre blanc et long bec rouge qui se dandine entre des touffes d’herbe. – Qu’est-ce qu’il fait, à farfouiller dans la gadou e avec sa grande patte rose ? s’étonne Zoé. – Il cherche des huîtres sauvages ou des moules. – Ah, regarde ! Il tape un coquillage sur des cailloux ! – C’est pour l’ouvrir. Il le fait parfois avec son bec. Et il mange aussi des coques, des crabes et des crevettes. – Super, son menu ! Ah, mince, il s’envole, dommage Ils passent un long moment à guetter le retour de l ’huîtrier pie. En vain. À midi, ils dévorent les œufs durs, les sandwichs au poulet et les fruits que la mère de Zoé leur a préparés. Celle-ci déclare : – L’eau a baissé, allons aux tchanquées. Ils abandonnent leVif Argent et, chaussés de sandales en caoutchouc destinées à leur éviter de se blesser sur des coqui llages, ils fendent les flots qui leur battent les hanches. Ils s’engagent sur l’esca lier de la première cabane. Une fois sur la terrasse, ils pointent leurs jumelles sur trois oiseaux qui se sont perchés sur la rambarde de l’autre construction sur pilotis et qui les observent, la tête