Meurtres dans l
53 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Meurtres dans l'espace

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Français

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Description

Alexia voyage avec ses parents et six autres adultes à bord du Space Beagle II. Ce vaisseau ramène sur Terre de précieux échantillons de vie extraterretre. Mais une soudaine série d'accidents horribles affectent soudain l'équipage. Apparemment, quelqu'un a décidé de rentrer seul! C'est la panique. Alexia demande de l'aide à Puck, un robot pas comme les autres, qui est aussi son seul ami...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 juillet 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782748523713
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

C HRISTOPHE L AMBERT
Meurtres dans l'espace

Syros


Collection Soon, Mini Syros +
Une collection dirigée par Denis Guiot
Une première version de ce roman a paru en 1998, sous le titre Meurtres à 30 000 km/s , chez Hachette Jeunesse, dans la collection « Vertige SF » sous la direction de Denis Guiot.
Couverture illustrée par Prince Gigi
© 2017 Éditions SYROS, Sejer,
25, avenue Pierre-de-Coubertin, 75013 Paris
Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011.
« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
ISBN : 978-2-74-852371-3
Sommaire
Copyright
Liste des membres de l'équipage du Space Beagle II
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Épilogue
L’auteur
Liste des membres de l'équipage du  Space Beagle II

CARTWRIGHT Peter, pilote et capitaine
52 ans. Vétéran de l’espace. Deux fois décoré du Distinguished Space Service Order .
 
HENRIKSEN Hank, responsable de la maintenance
49 ans. Nombreux vols hors du système solaire à son actif. Ancien chef d’entretien sur la station Ganymède.
 
HOLM Alexia
13 ans. Fille de Marc et de Tika Holm. Notre héroïne !
 
HOLM Marc, responsable des robots et du parc ordinateurs
41 ans. Doctorat en Intelligence artificielle. Ingénieur-chef sur la mission Jupiter 14. A passé trois ans sur la Lune et deux ans sur Io, le satellite de Jupiter.
 
HOLM Tika, responsable de la serre
39 ans. Spatiozoologue et botaniste. Sa thèse de doctorat, La vie embryonnaire chez les animalcules protoplasmiques , a révolutionné l’exobiologie.
 
HURT Sam, chef mécanicien
41 ans. Nombreux vols dans le système solaire à son actif. Spécialiste de la propulsion ionique.
 
KOTTO Lara, médecin de bord
39 ans. Médecin-chef pendant cinq ans à bord de l’ USS Sulaco , puis sur la station minière Kraken , en orbite autour de Neptune.
 
STANTON Richard, opérateur radio
32 ans. Diplômé de l’Académie spatiale. A participé au projet de recherche Communication dans les vols préphotoniques.
 
WEAVER William, second, navigateur et copilote
43 ans. Vétéran de l’espace. A contribué à mettre au point le simulateur ADLES Simulation Flights , utilisé dans les écoles d’aérospatiale. Bégaye quand il est stressé.
 
Sans oublier :
PUCK (Personnalité Unique à Circuits Kryptonisés)
Sept années d’activation. Robot d’Alexia Holm.
Prologue

L’homme a enfin obtenu la réponse à la question fondamentale : « Sommes-nous seuls dans l’univers ? »…
En 2247, une sonde spatiale d’exploration est revenue sur Terre avec cette nouvelle sensationnelle : il y a de la vie dans le système Alpha Centauri, situé à 4,3 années-lumière de la Terre.
Les extraterrestres existent bel et bien, mais ils n’ont pas grand-chose à voir avec les humanoïdes verts ou gris souvent dépeints dans la littérature de science-fiction. Ils ne vivent pas dans de somptueuses cités volantes, ne possèdent pas d’astronefs et encore moins de rayons désintégrateurs. Pour tout dire, ils ressemblent plutôt aux premières formes de vie qui peuplaient la Terre, il y a quatre cents millions d’années.
Fer de lance du projet MARCO POLO, le vaisseau spatial Space Beagle II (baptisé ainsi en hommage au navire sur lequel Charles Darwin effectua son voyage d’exploration autour du monde dans les années 1830) a été envoyé en direction d’Alpha Centauri. Sa mission ? Collecter des échantillons de la faune et de la flore d’Asim 3 (troisième satellite de la planète Asimov) et les rapporter sur Terre.
La première partie de la mission s’est déroulée sans accroc. Lorsque commence ce récit, le Space Beagle II est sur le chemin du retour, avec dans ses flancs sa précieuse cargaison…
Chapitre 1

Twiiiip ! Twiiiip ! Twiiiip !
C’est le bruit de l’alarme. Un bruit stressant, désagréable, flippant !
Puck, mon robot (oui, j’ai un robot pour moi toute seule, c’est la classe !), est sur le point de me renvoyer un frisbee quand la sirène électronique interrompt notre jeu.
– Oh oh, il y a un problème, lâche Puck en regardant d’un air inquiet autour de lui.
Vous allez me dire : « Comment sait-on qu’un robot a l’air inquiet ? Il fronce les sourcils ? Sa voix tremble ? »… On voit bien que vous ne connaissez pas Puck. Mon petit pote est le robot le plus expressif de la galaxie. Je ne sais pas comment il fait. Il a une certaine manière de bouger son corps (une sorte de petit tonneau qui flotte à un mètre du sol grâce à une paire de répulseurs antigrav), de capter la lumière, de prendre des postures… On sent tout de suite quand il est content, choqué, effrayé, amusé, intéressé… Il possède deux bras qui se terminent par des pinces. Sa bouche, un simple trou carré, peut s’ouvrir et se fermer à chaque syllabe. Il lui arrive même de cligner des yeux, enfin, des sondes optiques. Bref, il est assez craquant. Je l’ai eu comme cadeau, pour mon sixième anniversaire.
– Alexia, tu dois te mettre à l’abri.
– Puck, tu n’es plus ma baby-sitter, je te signale. J’ai grandi !
– La prudence voudrait que…
– Arrête, pour une fois qu’il se passe un truc intéressant à bord de ce tas de ferraille !
Je pars en courant.
– Attends-moi, attends-moi ! gémit Puck.
Il laisse tomber le frisbee et s’élance à ma suite. Je traverse la serre à toute allure. C’est mon endroit préféré dans le Space Beagle II. Imaginez un immense jardin sous une gigantesque cloche en verre ou, plus exactement, en transpacier, une matière à la fois super-solide et super-transparente, qui permet de voir les étoiles, les comètes, tout en nous protégeant du vide sidéral. La serre abrite un petit lac, une prairie ondulant sous l’effet d’une douce brise artificielle, des collines trapues, un marigot… Il y a aussi un potager, pour que les membres de l’équipage puissent manger des produits frais, de temps en temps. On se croirait presque sur Terre ! Le seul élément étrange du décor, c’est la forêt de cristaux qu’on a rapportée de notre expédition sur Asim 3. Les cristaux poussent dans l’herbe par bouquets, sous un réseau de passerelles métalliques. Leurs pointes acérées s’élancent vers le dôme. Leur surface argentée est pleine d’arêtes coupantes, de reflets dansants. Vraiment bizarres, ces minéraux. Mais pas aussi bizarres que les extraterrestres qu’on a également récupérés sur Asim 3. Enfin, ça, c’est une autre histoire !
Pour l’heure, je n’ai qu’une envie : découvrir ce qui va de travers à bord du vaisseau.
Incendie technique ? Accident de travail ? Fuite d’oxygène ?
Toute mon enfance, mes parents (des scientifiques réputés !) m’ont trimballée d’astronefs en plateformes spatiales, de stations en postes relais. Ils culpabilisent de me faire mener une vie pareille. Pas de foyer fixe, pas de copains ou copines. Les gosses de mon âge sont plutôt rares, dans les mines de gaz ou sur les bases orbitales. C’est pour cela que papa et maman m’ont offert Puck. Il est devenu un compagnon très proche de moi, au fil du temps. Un ami. Un confident.
Une fois sortie du dôme, je remonte un couloir gris et froid (tout l’inverse de la serre !) et je m’engouffre dans une cabine d’ascenseur. Mon robot me rejoint en bourdonnant comme un gros insecte, juste avant que la porte coulissante ne se referme. J’ordonne :
– Niveau - 1.
– Alexia, tu connais les consignes, pourtant, non ? rouspète Puck. En cas d’alerte, chacun doit rester à l’étage où il se trouve en attendant que le danger soit clairement…
– Au diable les consignes !
Ding ! La porte s’ouvre. Nous voilà au niveau - 1, un labyrinthe de métal dont la monotonie est ponctuée par des spots de faible intensité, timides oasis de lumière suspendus au plafond.
En déboulant dans le couloir, je bouscule presque Lara Kotto, notre médecin-chef, une jolie femme noire d’une trentaine d’années.
– Vous savez ce qui se passe ? je la questionne sans préambule.
Elle hésite une seconde avant de répondre :
– Quelqu’un a un problème à l’extérieur du vaisseau. Le capitaine Cartwright veut que je le rejoigne dans la salle de contrôle tout de suite.
– Je viens avec vous.
Je vois bien que Lara n’est pas très emballée, mais elle n’a pas le temps de discuter. Et puis je suis plutôt du genre têtu comme fille.
Pour rejoindre la cabine de pilotage, il faut aller vers l’avant du vaisseau, puis prendre un nouvel ascenseur et remonter d’un niveau. C’est ce que nous faisons, Puck sur nos talons.
Re-ding ! Nous arrivons dans une grande salle en demi-cercle, pleine de consoles et de baies vitrées. Les ordinateurs clignotent comme des guirlandes de Noël. Il y a beaucoup de lumières rouges, ce qui n’est jamais très bon signe. De fait, Peter Cartwright, notre capitaine à la moustache finement dessinée, a l’air plutôt inquiet, tout comme Richard Stanton, le jeune et fringant opérateur radio qui a embarqué à bord du Space Beagle II pour sa première mission.
– Allô ? Allô ? Répondez ! s’égosille Stanton dans un micro.
Mais on n’entend rien d’autre qu’un bruit de friture.
L’opérateur tape sur son poste de travail.
– Calmez-vous, le rabroue Cartwright. Cela ne sert à rien.
Je n’aime pas trop le capitaine Cartwright. Il est froid, coincé. Il vous regarde de haut. Je sais qu’il ne voulait pas de moi, au départ. Mais ma mère a fait savoir qu’elle n’irait pas sur Asim 3 sans sa famille, et comme les gens du programme spatial tenaient absolument à ce qu’elle supervise la partie scientifique de l’expédition, notre cher capitaine a dû s’incliner. Le plus pénible, avec lui, c’est qu’il m’appelle toujours la « gamine ». D’ailleurs, dès qu’il m’aperçoit dans la salle, ça ne rate pas. Il se tourne vers Lara, furieux, et lance :
– Que fait cette gamine ici ?
– Je… je ne pouvais pas en pleine alerte la laisser toute seule dans les couloirs, essaie de se justifier la jeune femme.
– Sa présence ici est contraire au règlement.
Le règlement ! Ça, c’est son argument massue. L’iceberg qui a coulé le Titanic était sans doute moins glacial que ce type-là. Il pointe un doigt sur moi.
– Petite, tu vas me faire le plaisir de…
– Toujours pas de son, mais l’image revient ! l’interrompt Richard Stanton.
Je m’avance vers le pan d’écrans vidéo connectés à nos caméras de surveillance extérieures. Certaines sont braquées sur l’espace. D’autres scrutent les flancs du vaisseau à la recherche d’éventuelles avaries. Sur l’une de ces lucarnes à l’image neigeuse, on peut voir un homme en combinaison, assis dans une sorte de fauteuil, dériver lentement le long de la coque. C’est sans nul doute Hank Henriksen, le responsable de la maintenance.
– Qu’est-ce qu’il fiche, bon sang ?! s’exclame Lara Kotto.
– Je l’ai envoyé réparer une antenne radio défectueuse, répond Stanton.
– Et les miniréacteurs directionnels de son siège sont tombés en panne, complète Cartwright d’une voix atone. Il dérive vers la poupe…
Un casque vissé sur les oreilles, Stanton continue de s’acharner sur sa console :
– Son communicateur a rendu l’âme, j’ai l’impression ! Impossible de rétablir la communication !
Lara se mord la lèvre inférieure. Nous savons tous ce qui attend le pauvre Henriksen s’il continue à glisser de manière inexorable vers l’arrière du vaisseau : il va arriver au niveau de nos énormes réacteurs à ions et là… il sera désintégré !
Mon cœur s’emballe. Je demande naïvement :
– On ne peut pas stopper le vaisseau ?
– On ne manœuvre pas le SB II comme une vulgaire navette, réplique Cartwright. Hurt est dans la salle des machines, mais il y a une check-list interminable d’opérations à effectuer avant de décélérer.
Le capitaine vient de faire référence à Sam Hurt, notre chef mécano.
Soudain, la radio émet de la friture, entrecoupée de quelques paroles intelligibles :
–  Crrrrr… Ici Henriksen… Crrrr… Vous me recevez ?
– On vous reçoit, Hank, répond Stanton. Qu’est-ce qui se passe, bon Dieu ?
–  Crrrr… En panne… Crrrrrritccch… Crois bien que je suis fichu…
Il y a de la résignation dans sa voix. C’est horrible à entendre. On ne peut rien pour cet homme et il le sait.
–  Crrr… Trop loin pour agripper un volant ou une antenne… Trop bête !
Oui, c’est trop bête, tu m’étonnes. Du temps des croisières en grands paquebots, on jetait une bouée aux hommes tombés à la mer… Mais dans l’espace, on fait comment ?