Tu vois, on pense à toi !
32 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Tu vois, on pense à toi !

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Description

Clément et Nolan sont en classe découverte sur l’île Scobier, tandis que leur grande amie Alwena est bloquée à l’hôpital. Alors, pour qu’elle soit du voyage elle aussi, ils vont lui faire vivre leurs journées à distance ! Chaque soir, les garçons sont les premiers devant l’ordinateur de la classe, pour un échange de mails animé. Clément écrit, Nolan décide de ce qui est important à dire. De son côté, Alwena leur a confié une mission à accomplir au bord de la mer…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 janvier 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782748523133
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

C ATHY Y TAK
Tu vois, on pense à toi !
Syros



Collection « Tempo »

© AFRICA STUDIO / SEE MORE / IRYNA1 / BILDAGENTUR ZOONAR GMBH, pour le photomontage de la couverture
© 2017 Éditions SYROS, Sejer, 25, avenue Pierre-de-Coubertin, 75013 Paris
Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011.
« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
ISBN : 978-2-74-852313-3

À Thomas et à Gilles,
Et aux ami(e)s de l’île.

« Comme on jette à l’eau du calme
Un caillou ricochet… »
André Minvielle,
La flambée montalbanaise
Sommaire
Copyright
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
L’auteure
Lundi

De Clément (et Nolan) à Alwena
Lundi, 17 h 40
Nolan et moi en classe découverte sur l’île Scobier, et toi encore à l’hôpital…
C’est vraiment pas du jeu, Alwena ! Mais je crois qu’on a trouvé de quoi t’occuper un peu.
Le grand blond frisé à lunettes (ne ris pas, je sais très bien que tu me décris de cette manière) et le petit brun aux yeux bleus (ça, c’est Nolan) ont décidé de t’écrire tous les jours, au cas où tu nous oublierais.
Et même pas la peine d’aller à la Poste ni d’acheter de timbres, puisque madame Pasquali a mis un ordinateur avec une connexion Wi-Fi à la disposition de sa classe et de la nôtre. Et ça… c’est la classe, non ?
C’est Nolan qui y a pensé le premier, à t’écrire. Tu le connais : les bonnes idées, c’est toujours lui qui les a. Après, il faut qu’il trouve quelqu’un pour les mettre en pratique… Et là, c’est moi. Parce que toi, on ne peut pas dire que tu sois très opérationnelle en ce moment ! (Hum… pardon, Alwena… Je disais ça pour rire. T’as compris, j’espère.)
 
Bon, déjà, pour être franc, le départ a été un peu chaotique. Entre les parents qui ne voulaient pas nous lâcher et les accompagnateurs qui nous recomptaient toutes les deux secondes comme si on était des dindons de basse-cour…
On a déjeuné dans le TGV. Albin avait tellement secoué sa bouteille de coca que ça a giclé partout quand il l’a ouverte (surtout sur Mélissa et Chloé), et Gwen a écrasé un paquet de gâteaux en montant sur son siège pour récupérer un truc dans sa valise. Finalement, comme on n’arrêtait pas de bouger, monsieur Dennec nous a demandé d’observer attentivement (et en silence) les autres passagers du train et d’en faire le portrait à l’écrit.
On s’est alors aperçus qu’on n’était pas tout seuls dans le wagon.
Moi, j’ai choisi une dame aux cheveux blancs, coupés très court. Elle dormait la bouche ouverte en ronflant plus fort qu’une cornemuse. On lui voyait même les dents du fond (je te jure).
Nolan, de son côté, a préféré un beau jeune homme en débardeur, aussi brun que lui, qui pianotait sur son téléphone en souriant jusqu’aux oreilles. Rien qu’à le regarder, Nolan en a déduit que ce garçon devait être amoureux et sûrement en grande conversation textotique avec sa chérie. Après, tous les deux, on a essayé d’imaginer comment elle était. On en a conclu que rien ne nous permettait de dire qu’il s’agissait d’une chérie ou d’un chéri, mais qu’une chose était sûre : ce type semblait complètement accro (ce qui le rendait parfaitement ridicule à nos yeux).
 
À la gare de La Rochelle, un bus nous attendait pour nous emmener jusqu’à la pointe de la Fumée, à Fouras, prendre le bateau. Il n’y avait que nos deux classes sur l’embarcadère (soit deux enseignants, quatre accompagnateurs et quarante-cinq élèves, moins toi). Faut dire que, début juin, la saison touristique n’a pas encore commencé.
Nolan rêvait d’un navire du style de l’ Hermione , tout en bois et grandes voiles. Alors, évidemment, il était un peu déçu de voir arriver le Pierre Loti , un bateau moderne en ferraille peint en bleu et blanc, avec une plateforme pour les camions.
Pour ne rien arranger, il a manqué se vautrer en montant, avec sa valise trop lourde (par ta faute).
On avait à peine repéré les W-C, des fois qu’on soit malades, que madame Pasquali nous expliquait déjà l’histoire de l’île d’Aix (où nous allons faire une courte escale) et nous montrait le fort Boyard, au loin. Nous, on avait plutôt envie de monter sur la passerelle, prendre du vent plein la figure, loin des odeurs de moteur. Du coup, quand elle a vu que personne ne l’écoutait, elle a renoncé.
Maintenant… si tu rêvais d’un récit de croisière en haute mer, tu vas être déçue : la traversée n’a duré que vingt minutes. C’était suffisamment long pour qu’Albin se plaigne de mal de mer, que Chloé perde sa casquette, et monsieur Dennec son calme.
Sur l’île d’Aix, deux gros camions de chantier ont débarqué avant nous et nos valises. Celle de Marion, mal fermée, s’est ouverte sur le quai, et Nolan m’a dit avoir vu dedans un drap de bain avec un portrait de Violetta !
Ensuite, on est montés sur un autre bateau, plus petit : l’ Aïnara Scobier . Il assure la navette entre l’île d’Aix et l’île Scobier toute proche, où monsieur Giaimin nous attendait. Lui, il vit là toute l’année et s’occupe du centre d’hébergement où on va loger pendant dix jours. On l’a aidé à empiler nos valises dans une voiture autorisée. Je dis autorisée parce que, comme sur l’île d’Aix, les voitures sont interdites ici (sauf les voitures autorisées, donc).
Et il était temps pour nous de partir à pied jusqu’à un bâtiment en pierre de deux étages, transformé en centre de vacances. « Mais je vous rappelle qu’une classe découverte n’est pas une colonie de vacances ! » a martelé monsieur Dennec.
À peine arrivée, Mélissa a crié qu’il n’y avait que deux chambres avec vue sur la mer, et ça a été un peu la course. Tout le monde voulait ces chambres-là, alors que, au fond, on s’en fichait un peu. Surtout que de l’autre côté aussi on voit la mer (d’un peu plus loin), et même les phares de l’île d’Aix.
Si t’avais été là, on aurait peut-être réussi à s’en garder une pour nous trois. Enfin, d’après Nolan, ils n’auraient peut-être pas accepté que deux garçons et une fille partagent la même chambre.
Du coup, on a commencé à réfléchir à qui pourrait venir avec nous. Mais monsieur Dennec est arrivé en courant, une feuille à la main, et nous a imposé Albin.
Là, on est dans une des salles du rez-de-chaussée qui vont servir pour nos deux classes. Et maintenant ça se bouscule devant l’ordinateur de madame Pasquali. On ne pourra y avoir accès que le soir, de 17 h 30 à 18 h 45… Il va falloir jouer des coudes !
Et comme on est pas tout seuls, là, on va devoir laisser la place.
Alors c’est tout pour aujourd’hui, mais on t’écrira la suite demain. Tu nous as promis de garder le moral. J’espère que ça va aller. Il ne faut surtout pas que tu sois triste et que tu pleures : ça mouillerait tes draps d’hôpital.
Ton ami Clément
 
P-S : Au fait, c’est quoi cette boîte que t’as donnée à Nolan, quand on est passés te voir avant de partir ? Il l’a sortie de sa valise tout à l’heure (en cachette d’Albin), et elle est hyper-lourde.