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La descendante

De
296 pages
Éli est une guerrière solitaire dotée de dons énigmatiques. Voleuse à la solde
d’un peuple oublié, elle arpente les royaumes afin de lui ramener des objets
séculaires. Sa quête la conduira au coeur de Dulcie où elle découvrira vite, cette fois-ci, qu’elle n’est pas seule. L’un de ses poursuivants attirera d’ailleurs l’attention d’Arkiel, magicien gardien d’une lignée ancienne, qui tentera dès lors de rattraper la voleuse avant lui. Personne ne connaît le réel pouvoir de l’objet, mais si le ténébryss le désire, Arkiel sait qu’il est réel et dangereux. Même si le destin d’Éli est lié à ces tribulations, elle continuera de fuir à travers les terres de Dulcie, ignorant qu’elle tient désormais entre ses mains le sort de tout Melbïane.
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Copyright © 2012 ClauPe Jutras Copyright © 2012 ÉPitions APA Inc. Tous Proits réservés. Aucune partie Pe ce livre ne peut être reproPuite sous uelue forme ue ce soit sans la permission écrite Pe l’éPiteur, sauf Pans le cas P’une critiue littéraire. ÉPiteur : François Doucet Révision linguistiue : Féminin pluriel Correction P’épreuves : Éliane Boucher, Suzanne Turcotte Conception Pe la couverture : aulo Salgueiro hoto Pe la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien MichauP ISBN papier 978-2-89667-686-6 ISBN DF numériue 978-2-89683-645-1 ISBN eub 978-2-89683-646-8 remière impression : 2012 Dépôt légal : 2012 Bibliothèue et Archives nationales Pu Québec Bibliothèue Nationale Pu CanaPa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, CanaPa, J3X 17 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion CanaPa : ÉPitions APA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. Pes Bogues 31750 Escaluens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgiue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
articipation Pe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiPe financière Pu gouvernement Pu CanaPa par l’entremise Pu FonPs Pu livre Pu CanaPa (FLC) pour nos activités P’éPition. Gouvernement Pu Québec — rogramme Pe créPit P’impôt pour l’éPition Pe livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Jutras, ClauPe, 1979-La vengeance Pes ténébryss Sommaire: t. 1. La PescenPante -- t. 2. Les marais. our les jeunes Pe 12 ans et plus.
ISBN 978-2-89667-686-6 (v. 1) ISBN 978-2-89667-687-3 (v. 2) I. Titre. II. Titre: La PescenPante. III. Titre: Les marais. S8619.U883V46 2012 jC843’.6 C2012-941373-9 S9619.U883V46 2012
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Index des personnages
Éli, alias Éléonore Deschênes, Louiss, Balka et Éthanie Roland Deschênes (père) Moïra Zéleste (mère) Kyll (frère aîné) Hugh (second frère) Ramaël (frère cadet) Kyrsha (ancêtre, 1000 ans avant) Rebelles : Eldérick Desmonts (chef) Éric Desmonts (fils d’Eldérick) Malek (fils adoptif d’Eldérick) Zyruas Valleburg (chef) Karok Dergainte (chef) Dowan (tribu de Nejmahw, fils de Ménaï et Feilaw) Kaito (Arkéïrite) Myral Desmonts (frère cadet d’Eldérick) Émilia Desmonts (femme de Myral) Suzie Desmonts (fille d’Émilia et de Myral) Famille royale de Dulcie : Kordéron Dechâtelois (roi de Dulcie) Laurent Dechâtelois (prince aîné de Dulcie) Julior Dechâtelois (prince cadet de Dulcie) Martéal Le Borgne (roi de Dulcie, 1000 ans avant) Nobles de Dulcie : Edward Delongpré (membre du conseil royal) Mylène Delongpré (fille aînée d’Edward) Anna Delongpré (fille cadette d’Edward) Dame Katherine (matrone du carrosse) Krilin Lelkar (premier conseiller royal) Soldats dulciens : Franx Remph (capitaine) Galator Lamorie (lieutenant) Famille royale d’Ébrême : Ferral Hergot (roi d’Ébrême) Ludovick Hergot (fils unique de Ferral) Citadelle des magiciens : Arkiel Lilmïar (archimage) Eldébäne Moralta (apprenti magicien) Méléar (membre du conseil des magiciens) Zélorie (membre du conseil des magiciens) Fesba (membre du conseil des magiciens) Îléa (membre du conseil des magiciens) Beldariane (professeure d’art pictural) Bûcherons : Keldîm (chef du groupe)
Zélir Koll Lalko Romaré Habitants de Tabem : Wiltor (chef de la guilde) Livianne (tenancière de bordel) Lilas (prostituée, amie d’Éli) Tinné (ami d’Éli) Novalté Brawm (ami d’Arkiel, ancien pirate) Myrkoj (ténébryss) Ghor (chef des mercenaires)
Ergatséï (reine du désert, 1000 ans avant)
Prologue L e mineur observa la cavité dans la paroi rocheuse. Il y avait des mois que lui et ses acolytes travaillaient dans cette mine au nord de la Dulcie, et ils avaient progressé à des dizaines de mètres de profondeur. Il piocha de nouveau, agrandissant l’ouverture. Rapidement, celle-ci fut assez large pour qu’un homme puisse s’y faufiler. Il se pencha, mais la lueur des vieilles torches qui leur servaient encore à guider leur travail se perdait dans le noir. Une odeur rance émanait du trou, laissant deviner que cet endroit recelait plus que de la terre et quelques cailloux. Ses compagnons se groupèrent derrière lui et observèrent l’ouverture avec curiosité. Pour une raison qu’ils n’arrivaient pas à déterminer, une étrange sensation s’empara d’eux et ils restèrent à fixer les ténèbres qui habitaient la cavité. — Que se passe-t-il ici ? cria le contremaître en approchant. Pourquoi cette soudaine pause ? Il s’immobilisa en voyant le trou et poussa les mineurs hors de son chemin. — Une grotte naturelle, dit-il. Et alors, il n’y a rien de si exceptionnel ! Depuis quand est-ce une raison pour s’arrêter de travailler ? Il se tut en observant l’antre obscur, soudain pris du même malaise que ses travailleurs. Il demeura ainsi muet un moment, à tenter de comprendre pourquoi le rythme de son cœur s’accélérait. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’ils découvraient une caverne naturelle. Chassant ses émotions inexpliquées, il se tourna vers ses hommes et ordonna : — Retournez à vos tâches ! Je vais aller explorer cet endroit. Peut-être y trouverons-nous du fer plus facile à extraire. — Je ne sais pas, chef, dit le mineur qui avait découvert la grotte. Il y a quelque chose d’anormal avec cette… L’odeur est… Le contremaître plissa le nez et haussa les épaules. — On ne saura pas si on ne va pas voir, conclut-il. Il se pencha dans l’ouverture et y avança sa torche. Il ne distinguait rien devant, mais il aperçut le sol à un peu plus d’un mètre sous lui. Introduisant la jambe droite, il appuya le pied sur la roche et s’assura de la solidité du sol avant d’y porter tout son poids. — Toi, tu viens avec moi, ordonna-t-il au mineur qui avait tenté sans succès de se fondre aux autres. Dressant sa torche devant lui, le contremaître chercha les parois, mais la lueur des flammes se perdait dans l’obscurité. — Cet endroit est immense, murmura-t-il, pressentant que s’il élevait la voix, celle-ci se répercuterait dangereusement contre les roches. Il savait par expérience que l’écho, aussi anodin pût-il paraître, pouvait provoquer l’écroulement d’une paroi trop fragile. Il s’avança et quelque chose craqua sous ses pieds. Il abaissa aussitôt la torche pour voir ce qu’il venait d’écraser et ce qu’il découvrit lui arracha une exclamation d’horreur. Délaissant les parois, le contremaître examina le sol. Celui-ci était jonché d’ossements si anciens qu’ils s’égrenaient dès qu’on y posait le pied. — Chef, vous ne croyez pas qu’on devrait partir ? suggéra le mineur, craintif. — Voyons, répliqua le contremaître, ces ossements ont plus de cent ans. Il promena la torche à ses pieds et continua d’avancer sans pouvoir éviter les carcasses ancestrales. Il y en avait tout autour d’eux et aussi loin que se portait le faisceau lumineux. Le contremaître reconnut plusieurs squelettes d’herbivores semblables à ceux qu’il avait déjà vus dans les bois, abandonnés par des carnassiers. Il s’arrêta en remarquant un spécimen inconnu
qu’il devina justement être un carnassier en observant ses dents pointues. La présence des herbivores était explicable, mais pas celle des carnivores, d’autant que certains semblaient de la taille d’un ours des montagnes de la Dulcie du Nord. Ce tombeau ne pouvait être que l’œuvre des hommes. Cela rassura le contremaître. Il continua d’avancer, mais les flammes n’éclairaient toujours aucune paroi dans cette caverne. Près de lui, le mineur respirait bruyamment, apparemment très nerveux. Il serrait le manche de son pic à s’en blanchir les jointures. Derrière eux, l’entrée n’était plus qu’un point lumineux, assombri par les ouvriers qui s’y agglutinaient pour suivre leur progression. Le contremaître soupira en pensant au travail qui se perdait. Encore quelques pas et ils retourneraient dans la mine pour les remettre à l’ordre. Il pourrait toujours revenir avec plus d’hommes et de torches. Il se remit en marche, éclairant le plus loin possible devant lui. Rien… — Bon, capitula-t-il, revenons. Soulagé, le mineur fit quelques pas de côté en se retournant. C’est alors qu’il poussa une exclamation de surprise et s’écarta vivement, bousculant le contremaître. — Quoi ? s’emporta celui-ci, que la peur de l’homme commençait à irriter. — Je viens de heurter quelque chose, dit l’autre, le souffle court. Le contremaître éclaira sur leur droite, mais la même noirceur infinie s’étendait dans cette direction. — Voyons, il n’y a rien, constata-t-il. — Je vous le jure, chef. Le mineur fit mine d’étendre le bras, mais à mi-chemin, quelque chose bloqua son mouvement. Le bras plié, il posa sa main sur une surface transparente et la retira aussitôt en reculant, poussant de nouveau le contremaître. Celui-ci l’écarta sans ménagement, soudain intéressé, et approcha la torche jusqu’à rencontrer une résistance. Il s’agissait bien d’un mur. Il appuya fortement le flambeau contre cette surface, sans résultat : les flammes dansaient près d’elle sans s’y propager et sans même y laisser de trace. Le contremaître éloigna la torche et approcha sa main. — Chef… commença le mineur, mais il l’ignora et posa le bout des doigts à l’endroit qu’avaient léché les flammes. Ne sentant aucune chaleur, il y plaqua sa paume et la glissa sur la paroi. Celle-ci était absolument lisse, sans aucune imperfection. Il se pencha en la suivant de la main et remarqua l’absence d’ossements à sa base. Ils ne réapparaissaient qu’une bonne trentaine de centimètres plus loin. Était-ce là l’épaisseur de cette cloison ? Il se redressa et, la paume toujours contre celle-ci, revint sur ses pas afin de savoir jusqu’où elle allait. Prenant l’entrée lumineuse comme point de repère, il constata que la surface formait un cercle, ou plutôt une sphère, remarqua-t-il ensuite en levant le regard. Revenu au même endroit, il s’arrêta et chercha à voir en son centre, mais n’y remarqua rien de particulier. À nouveau, il tenta de brûler la surface, sans plus de résultat. Pourtant, d’après ce qu’il savait des matériaux, tous réagissaient à la chaleur. En fait, il ne connaissait qu’une seule matière absolument inaltérable. — Chef, je n’aime pas ça, gémit le mineur, qui restait collé à ses semelles. Le contremaître se tourna vers lui, mais au lieu de lui répondre, il lui planta la torche dans une main et s’empara de son pic. — Non, chef ! Vous êtes fou ! — Cesse de pleurnicher, ordonna-t-il, et éclaire l’intérieur de cette bulle. Dans un grand élan, il frappa la paroi transparente. Le choc lui résonna jusque dans le dos, mais pas le moindre son ne s’éleva du point d’impact. Son cœur, qui avait déjà commencé à s’emballer, s’affola alors que ses doutes se vérifiaient. Un deuxième élan et il frappa de nouveau la paroi, puis encore, une troisième fois. Le contremaître s’interrompit ; la douleur s’insinuait