Le Mystère du chef-d'œuvre en péril

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Description

Castle Key est sens dessus dessous : Mme Roberts, la voisine de Scott, Jack et Emily a été cambriolée. En menant l'enquête, les trois amis remontent la piste jusqu'à un célèbre gang de voleurs d'œuvres d'art...

L'île de Castle Key cache bien des mystères !

Partez à l'aventure avec ces nouveaux détectives en herbe !


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Date de parution 28 novembre 2014
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EAN13 9782215129561
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Adventure Island - Le Mystère du chef-d'œuvre en péril

Helen Moss

ADVEnTURe iSlAnD

Le Mystère du chef-d'œuvre en péril

Traduit de l’anglais par Nathalie Chalmers

Fleurus_logoNB

À Ed et Will

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1

L’ÉMeuTe De La
GraNDe FÊTe

« Et le premier prix revient à Emily Wild et Drift ! »

L’annonce et les grésillements du haut-parleur étaient presque inaudibles, couverts par le vacarme de la foule.

Scott et Jack applaudirent et sifflèrent. Dans l’arène, Emily s’accroupit et enfouit son visage dans le doux pelage du petit chien.

Drift, assis sur son arrière-train, reçut fièrement la cocarde rouge que le maire épingla à son collier. Il dressa les oreilles pour manifester son enthousiasme ; la noire, pointée vers le haut pour ne pas perdre une miette des applaudissements, et la blanche aux taches brunes repliée légèrement vers Emily, au cas où elle aurait d’autres consignes à lui donner. Il était extrêmement content de lui. Ils venaient de remporter, pour la troisième année consécutive, le Prix d’Obéissance du concours canin de la fête de Castle Key. Qui plus est, ils avaient laissé leurs concurrents loin derrière. Drift fit un tour d’honneur en trottinant au côté d’Emily, comme s’il venait de remporter le Grand Prix national.

En sortant de l’arène, Emily tapa dans la main de Scott et Jack. Elle aussi était plutôt euphorique après cette victoire. Le test d’obéissance avait été du gâteau. Drift pouvait exécuter « Au pied », « Assis », et « Rapporte » les yeux fermés. Bien entendu, Emily lui avait également appris une série de consignes plus utiles à un chien de confiance d’un agent secret, comme « Surveille cette planque », et « Fais le guet ».

– Faire participer Drift au test d’obéissance, c’est comme faire jouer David Beckham dans l’équipe de foot des poussins à l’école ! Les adversaires n’ont aucune chance, dit Scott en riant.

– Tu as remarqué ce colley écossais qui n’arrêtait pas de nous faire des queues de poisson pour essayer de nous distraire ? demanda Emily.

– Ouais, on a failli faire une réclamation ! s’exclama Jack.

– Et maintenant, que nous réserve Drift comme nouveaux tours ? demanda Scott.

Emily rit.

– On perfectionne une nouvelle consigne : « Fais diversion ». On vous montrera ça quand on sera prêts. En attendant, allons trouver à boire, ça donne soif, la victoire !

Drift haleta pour communiquer son accord.

– Le chapiteau qui fait buvette est par là, et j’ai justement remarqué qu’il y avait des gâteaux monstres, fit Jack.

Scott leva les yeux au ciel.

– Ça m’aurait étonné…

Jack avait le don de détecter une miette de gâteau comme un requin repérerait une goutte de sang dans l’océan.

Scott songea que cette fête de village se révélait beaucoup plus drôle que prévu. Il avait accepté de venir uniquement pour faire plaisir à Emily (et pour encourager Drift pendant le concours, bien entendu). À vrai dire, les stands de pêche à la ligne, jeu des anneaux et vente de pots de fleurs n’étaient pas tout à fait à la hauteur d’une journée à Disneyland ; et pour les sensations fortes, il fallait se contenter d’un petit tour pépère de la place à dos d’âne. Mais tout de même, il y avait de quoi s’amuser : le jeu de massacre (il avait gagné cinq fois) par exemple, ou le spectacle qu’offrait Colin Warnock, le vicaire, avec sa caméra vidéo et qui se prenait très au sérieux. On aurait dit qu’il était le metteur en scène du dernier Star Wars.

Sous le chapiteau érigé au milieu de la place, une profusion de gâteaux et de biscuits de toutes sortes couvrait une longue table à tréteaux.

– On devrait en choisir trois chacun et les partager. Ou même quatre, au cas où on aurait encore faim… suggéra Jack.

Boissons et gâteaux en main, sans oublier un bol d’eau pour Drift, les amis trouvèrent une table. À côté d’eux, une artiste avait dressé son chevalet et brossait des portraits au fusain. Scott reconnut Mme Roberts, leur voisine. Ou du moins, elle était la voisine de tante Kate dans la ruelle de l’Église. Les deux frères passaient l’été chez leur grand-tante, car leur père effectuait des fouilles archéologiques en Afrique. Scott ne put s’empêcher de rire en réalisant qu’il commençait vraiment à se sentir chez lui au cottage des Roches. Il n’aurait jamais cru ça possible lorsqu’ils avaient débarqué de Londres il y avait à peine quelques semaines.

Mme Roberts esquissa un sourire timide derrière ses grosses lunettes et leur fit un signe de la main. Cette petite femme effacée, au chignon noir bien tiré, ne correspondait pas à l’image que Scott se faisait d’une artiste. Elle aurait dû avoir une allure plus… artistique, comme la mère d’Emily, par exemple, qui était toujours vêtue d’un caftan vaporeux, les cheveux en bataille retenus par des pinceaux en guise de barrettes.

– Mme Roberts était ma prof de dessin quand j’étais en primaire, elle est vraiment gentille, expliqua Emily. Vous savez, la fille blonde qui aide Vicky White pour les tours à dos d’âne ? C’est sa fille, Laura. Elle travaille au centre équestre de la ferme de Roshendra pendant les grandes vacances.

Jack chipa une tasse sur la table voisine et fit semblant de lire dans le marc de café. Il poussa Emily du coude et, hilare, la bouche encore pleine de gâteau au chocolat, il caqueta en imitant le ton mielleux d’une diseuse de bonne aventure :

– Voyons, qu’avons-nous là ? Scott va se découvrir une passion soudaine pour l’équitation !

Puis, reprenant sa voix normale :

– Ça se voit à la façon dont il regarde la jolie Laura. Aïe ! s’écria-t-il lorsque la basket de Scott vint percuter son tibia sous la table.

Emily ne prêtait plus attention à ces escarmouches entre frères.

– Bon, qu’est-ce qu’on pourrait faire ? demanda-t-elle.

– Et si on demandait à Mme Roberts de peindre le portrait de Jack ? proposa Scott. Remarque, non, sa sale bouille casserait probablement les pinceaux !

La bataille de coups de pied reprit sous la table. Emily soupira. Elle s’amusait bien avec Scott et Jack. Ils se montraient souvent courageux, parfois même futés, et on pouvait compter sur eux dans les moments critiques, mais ils étaient absolument incapables d’élaborer un plan digne de ce nom.

– Je ne voulais pas parler de ce qu’on pourrait faire tout de suite. Je voulais parler de notre prochaine enquête.

La découverte de la carte qui les avait conduits à la cachette du trésor lui semblait remonter à des années-lumière, même si elle boitait encore un peu de la foulure qu’elle s’était faite sur l’île du Ventriloque au cours de cette aventure1. Il lui fallait une autre énigme à résoudre.

Jack jeta un coup d’œil à la ronde, comme s’il espérait dénicher un bon petit mystère caché derrière une théière. Depuis leur arrivée à Castle Key et la rencontre d’Emily, ils avaient vécu pas mal de péripéties. Mais les choses étaient un peu trop calmes depuis quelque temps.

– Au stand des gâteaux, Mme Loveday m’a raconté qu’il y avait eu tout un cirque à l’annonce des résultats du concours de légumes ce matin. Quelqu’un a accusé le vieux Bob d’avoir soudoyé les juges pour qu’ils accordent le meilleur prix à ses oignons. On pourrait faire une enquête, suggéra Scott.

– Ouh ! là ! grosse polémique ! se moqua Jack.

– Je refuse catégoriquement d’entreprendre une mission appelée opération « oignons », même si la controverse fait rage ! s’écria Emily.

Jack faillit s’étrangler. Des bulles de Coca lui montèrent au nez.

– Un mystère, ça ne se commande pas sur Internet, dit Scott en riant. Il va falloir rester à l’affût et être patients.

Il fit un sourire entendu à son frère. La patience d’Emily n’était pas franchement légendaire ! D’ailleurs, celle de Jack non plus. Scott se mit à chantonner Que sera, sera pour les agacer. Il s’interrompit brusquement : une tornade d’assiettes en éclat, de toile déchirée et de sabots effrénés envahit le chapiteau.

– Qu’est-ce qu’il se passe ? postillonna-t-il en sautant de sa chaise.

Un âne au regard éperdu qui traînait derrière lui une guirlande bleu-blanc-rouge en lambeaux passa tout près au grand galop. Vicky White et Laura Roberts lui couraient vainement derrière.

– Wallace, arrête ! hurlaient-elles.

Mais Wallace n’en avait pas la moindre intention. Il traversa le chapiteau en multipliant les ruades et en faisant voler tables, chaises, tasses et sous-tasses au passage. Arrivé devant Mme Roberts, il donna un grand coup de tête dans le chevalet qui voltigea. Sur ces entrefaites, un second âne surgit et, brayant, galopa droit vers la table où reposaient les gâteaux. Les gens se sauvèrent dans tous les sens.

– Ils ont eu peur du coup de pistolet qui annonçait le départ de la course en sac ! cria Vicky.

– Gromit ! Non ! glapit Laura, comme les sabots de l’animal retombaient sur le bord de la table à tréteaux en catapultant l’autre extrémité haut dans les airs.

Un bombardement de génoises, brownies au chocolat, petits gâteaux glacés et galettes aux fruits secs en retomba. Des missiles à la crème au beurre s’abattirent sur le chevalet de Mme Roberts, tandis que des obus meringués venaient s’écraser sur la soutane du vicaire. Des cerises confites et des cerneaux de noix jaillirent dans tous les sens, comme des balles de mitraillette. Drift était ravi et léchait la chantilly et le nappage à la fraise qui jonchaient l’herbe.

Emily poussa Scott du coude et lui montra Colin Warnock du doigt. Le vicaire filmait toujours, malgré les pépites de chocolat collées à son crâne.

« Deux ânes déments qui saccagent un chapiteau plein de pâtisseries, cela n’a rien de mystérieux, mais ça met de l’animation ! » se dit Scott.

– Je suis couvert de gâteau des pieds à la tête ! s’exclama Jack en gesticulant. Dites-moi : je suis mort et je suis monté au paradis ?


1. Voir Le Mystère de l’or disparu.

2

TeCHNoPhObIe

Le lendemain matin, le ciel était bas. Jack et Scott s’attardèrent dans la cuisine bien après avoir terminé leurs œufs au bacon.

Jack poussa un grand soupir en tambourinant des doigts sur la table. Que pouvait-il bien y avoir à faire à Castle Key un dimanche matin de grisaille ? À Londres, il aurait pu appeler ses copains pour aller au ciné. Ici, pour voir un film, il fallait se rendre jusqu’à Carrickstowe, et il n’avait pas le courage de faire toute la route-digue à vélo pour rejoindre la côte.

Emily avait raison, il fallait absolument qu’ils trouvent une nouvelle enquête. Tante Kate lisait son journal. Elle tourna la page, rajusta une mèche blanche qui s’était échappée de son peigne à cheveux et se versa une nouvelle tasse de thé. Scott récupéra son téléphone d’enfer sur la table. Il se l’était acheté avec sa part de la récompense qu’on leur avait offerte pour leur découverte du coffre d’or sur l’île du Ventriloque. Jack sourit : son frère avait cet engin greffé dans la main. Il passait des heures entières à télécharger des chansons et des applis, et à regarder des vidéos sur YouTube.

Jack bâilla et se mit à confectionner des boulettes de pain. Tante Kate leva le nez et lui proposa un des suppléments de son journal. Il secoua la tête. Il avait déjà lu la rubrique sportive. Le reste ne l’intéressait pas. Mais il en serait bientôt réduit à lire les pages de mode s’il continuait à ne rien se passer. Il avait fait une jolie rangée de boulettes qu’il destinait à l’oreille de Scott lorsque, soudain, celui-ci éclata de rire. Il se pencha en arrière sur sa chaise en tenant son portable à bout de bras.

– Quoi ? demanda Jack en se dévissant le cou pour apercevoir l’écran. Scott faisait toujours semblant d’avoir découvert la vidéo la plus hilarante du monde, sans lui permettre pour autant de la regarder. Il ne s’agissait probablement que d’un chat qui jouait du piano, de toute façon ! Mais, pour une fois, son frère semblait disposé à lui laisser partager sa trouvaille.

– Regardez ça, glapit Scott. On est des super stars sur Internet ! Des ânes dévastateurs à la fête de Castle Key ! C’est sûrement Colin Warnock qui a posté ça !

Il monta le son et passa le téléphone à Jack.

Effectivement, Wallace catapultait le chevalet de Mme Roberts, Gromit envoyait les gâteaux en orbite, et Laura et Vicky essayaient de capturer les ânes en maraude. Jack s’aperçut même avec Scott et Emily en train de bondir de leurs sièges pour fuir la tempête de gâteaux.

– Génial ! s’extasia-t-il. On fait partie des dix clips vidéo les plus regardés !

Scott passa son téléphone à tante Kate.

– Oh ! là, là ! Regardez un peu la tête que fait Colin ! dit-elle, amusée. On dirait qu’il a avalé un macaron tout rond !

Elle en riait encore lorsqu’elle replia son journal et se leva pour débarrasser la table du petit déjeuner.

– Allez donc à côté chez Mme Roberts pour lui montrer ça. Laura et elle en sont les vedettes !

Scott acquiesça. Après tout, ils n’avaient rien de mieux à faire.

– Je vais envoyer un SMS à Emily pour lui dire de nous y rejoindre. Je me demande si elle a vu la vidéo.

Lorsque Scott, Jack et Emily sonnèrent à la porte du cottage des Lilas, ils furent accueillis par un tintamarre de jappements aigus. Un petit terrier blanc jaillit de la maison et bondit autour d’eux comme une puce sur un trampoline. Drift remua la queue et le renifla poliment.

– Excusez-le, dit Mme Roberts en riant. C’est comme ça chaque fois que quelqu’un sonne. Ne faites pas attention à Biscuit ! Entrez donc.

Emily n’avait jamais pénétré dans le cottage et fut surprise par son décor. De l’extérieur, il ressemblait à tous les autres dans la ruelle de l’Église : traditionnel, en pierre, toit d’ardoises et paniers de géraniums à la porte. Mais l’intérieur était une autre affaire. Le plancher en bois et les poutres avaient été décapés et étaient désormais clairs comme du foin, tandis que les murs avaient été blanchis à la chaux. Le mobilier était sobre et moderne, et des stores remplaçaient les rideaux habituels aux fenêtres. On aurait dit une publicité pour une gamme de canapés suédois haut de gamme, chose très inattendue de la part de Mme Roberts dont l’apparence était franchement vieux jeu.

– Alors, comment trouves-tu le lycée de Carrickstowe ? demanda l’enseignante à Emily. Tu as toujours eu un don pour les arts plastiques. Tu as une vive imagination.

Tout en bavardant et en sirotant sa limonade, Emily en profita pour regarder autour d’elle et mémoriser la pièce dans les moindres détails. C’était une habitude dès qu’elle se trouvait dans un lieu inconnu. On ne savait jamais, une observation perspicace pourrait être la clé d’une prochaine enquête ! Des livres d’art tapissaient plusieurs étagères et des reproductions de tableaux célèbres ornaient les murs blancs. Emily reconnut un vase de tournesols par Van Gogh et plusieurs œuvres impressionnistes montrant des nénuphars et les berges d’une rivière. Le tableau qui trônait sur le manteau de la cheminée ressemblait un peu à La Joconde, mis à part le fait que la dame portait une robe bleue et tenait un agneau dans ses bras. Emily avait l’impression de visiter un musée d’art. Lorsqu’ils eurent terminé leur verre, Mme Roberts leur montra son atelier dans la véranda. Il donnait sur le jardin, dans lequel Drift et Biscuit s’amusaient à se pourchasser dans une ronde perpétuelle. Des toiles étaient posées contre le mur et les rebords de fenêtres étaient couverts de pots de pinceaux. Sur le chevalet, un tableau inachevé montrait une petite fille dans un champ de fleurs.

– C’est joli, fit remarquer Emily.

– Merci, répondit Mme Roberts. C’est pour la chambre de Laura. Je veux lui en faire la surprise quand elle reviendra.

– Comment ça ? interrogea Emily.

– N’aie pas l’air si inquiet, dit Mme Roberts en riant. Elle loge chez Vicky à la ferme de Roshendra pendant quelques semaines, car elle commence très tôt le matin au centre équestre.

Ils regagnèrent le salon et s’assirent.

– Au fait, que vouliez-vous me montrer ? reprit Mme Roberts.

– Un clip vidéo de la fête, expliqua Scott. C’est quand les ânes sont devenus dingues et ont massacré les gâteaux. On vous voit, Laura aussi.

Il mit la vidéo en route et lui passa son téléphone. Mme Roberts ajusta ses lunettes et tint délicatement l’appareil sur ses genoux.

– Ça fait un carton ! précisa Jack. Regardez, on l’a vu dans le monde entier ! Il se pencha vers elle et fit défiler l’écran. Il y a des commentaires de gens au Brésil, en Australie et tout et tout.

Mme Roberts regardait fixement l’image en hochant lentement la tête. Son sourire avait disparu et elle se mordait la joue. Lorsqu’elle rendit le téléphone à Scott, Emily remarqua que sa main tremblait.

– Oui, très drôle, dit-elle d’un ton brusque. Mais si vous voulez bien m’excuser, j’ai vraiment beaucoup de choses à faire…

– Ça alors, c’est trop bizarre ! s’exclama Jack en refermant le portillon du cottage des Lilas derrière eux. Vous avez vu comment elle regardait le portable ? On aurait dit qu’on lui avait passé une grenade dégoupillée !

– Mme Roberts est manifestement atteinte de technophobie, affirma Scott d’un ton assuré. Ça arrive parfois chez les gens d’un certain âge, les technologies modernes les paniquent.

– Hum, murmura Emily.

Elle aussi avait lu la peur dans le regard de Mme Roberts. Mais quelle qu’en soit la cause, Emily était persuadée que ce n’était pas le portable de Scott, même s’il s’agissait du tout dernier modèle en date. La preuve ? Mme Roberts était responsable du club informatique de l’école entre midi et deux !

La « vive imagination » d’Emily s’était déjà mise au travail.

3

OPÉraTioN
« CaMbRIoLaGe »

Lorsque Scott et Jack retrouvèrent Emily à la crêperie « Chez Dotty » le lendemain matin, ils étaient passablement excités. Pourtant, en son for intérieur Scott pensait que la nouvelle qu’ils brûlaient d’apprendre à Emily atteignait péniblement les 3,5 sur 10 sur l’échelle des nouvelles à sensation, mais cela était mieux que rien.

– M’enfin, qu’est-ce qu’il y a ? demanda Emily avec impatience, tandis que, boissons en main, ils se dirigeaient vers une table en terrasse.

La vue sur le port et la baie au large était superbe. Le ciel était toujours voilé, mais il faisait très chaud. En fait, Emily avait l’impression d’être sous un sèche-cheveux géant. Même les mouettes dépérissaient. Les nuages noirs et menaçants qui se profilaient à l’horizon ne présageaient rien de bon : une tempête se préparait.

– Mme Roberts a été cambriolée ! annonça Scott.

Jack mordit dans son muffin au chocolat blanc et noix de pécan avant de préciser :

– Ouais ! Un vol, avec effraction !

– Je crois que Mily s’en serait douté sans ton explication ! dit Scott en levant les yeux au ciel. Les cambrioleurs s’introduisent rarement chez les gens juste pour se servir un café et repartir !

Emily ne prêta pas attention à leur querelle et sortit son carnet de son sac.

– OK, donnez-moi les détails, ordonna-t-elle.

Scott haussa les épaules.

– Une femme policier est venue nous voir ce matin et nous a dit que quelqu’un s’était introduit chez Mme Roberts dans la nuit. Elle a conseillé à tante Kate de bien fermer à clé, au cas où les voleurs seraient encore dans les parages, répondit-il.

– Méthode d’intrusion ? demanda Emily en mordillant son crayon.

– Sais pas, dit Jack.

– Qu’est-ce qu’on a pris ?

– Je sais pas trop, avoua Scott.

Emily secoua la tête, incrédule, avant de reprendre :

– L’heure de l’effraction ?

– On l’ignore ! soupira Jack qui avait l’impression d’être un concurrent du jeu Le Maillon faible, et de ne pas être en tête du palmarès.