Les contes de Korotoumou

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Je ne sais pas si ces histoires sont vraiment du passé, je ne sais pas si ces vérités d'autrefois sont des mensonges d'aujourd'hui. Mais nous nous trompons peut-être.Car je reviens d'Amérique et je crois que dans ce pays qui est encore l'un des rares à faire rêver, les héros existent toujours, les miracles existent, les animaux parlent, la nature parle toujours aux hommes. En fait, ceci devrait être la même chose chez nous. Et si nos vieilles histoires d'hier correspondaient aussi au monde de demain? Je ne sais pas si tout cela est vrai. Mais j'aimerais entendre encore ces histoires (contes). Je crois que ce sont des histoires du passé, mais qui nous projette dans le futur.

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Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de visites sur la page 119
EAN13 9782902594092
Langue Français

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LES CONTES DE KOROTOUMOU
Vérité d’hier et de demain
AMADOU KONÉ
LES CONTES DE KOROTOUMOU
Vérité d’hier et de demain
Conte
Vallesse Éditions 01 B.P. 2290 Abidjan 01 Côte d'Ivoire e-mail : edition_vallesse@yahoo.fr
© Vallesse Éditions, Abidjan, 2019 ISBN :978-2-902594-09-2 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
SOMMAIRE
PROLOGUE..................................................................................
I. DES ANIMAUX ENTRE EUX................................ Le jeu des congco’ngan........................................................ Le Miel...... ...................................... ................................................ Lièvre et Hyène pêcheurs.................................................... Oiseau Malan, Hyène et Chat........................................ Chien et Singe ...........................................................................
II. DES HOMMES ENTRE EUX.............................. Gnitorni ......................................................................................... La proscrite et la femme du roi..................................... Ntégan ............................................................................................. Le prince qui avait épousé un singe................. .......... Les trois frères...................................... .....................................
7
11 13 23 29 33 39
45 47 53 59 65 75
III. DES HOMMES, DES ANIMAUX, DES OBJETS83 ....................................................................................... Tchiè Tlé Kélé ou Moitié d’homme..........................85 Nangbansiè...................................................................................91 L’écueil et le fouet101 ................................................................... Tendani Ito107 ................................................................................... Soumaoro et les œufs du Grand Oiseau.................119
PROLOGUE
– Kouncoun, si nous disions des contes ce soir ? Si nous faisions comme on le faisait autrefois quand nous étions petits, à Kongodjan, dans la plantation de nos parents ? Ma grande sœur, Korotoumou, me regarda amusée. Sans doute ses pensées étaient allées à Kongodjan, à notre vie de l’enfance si différente de ce qu’était devenue la vie, dans le nouveau village. Elle resta pensive pendant un long moment puis elle me dit : – Ce soir, il y a le feuilleton là. Comment il s’appelle déjà, Maï ? demanda-t-elle à notre nièce. Tu sais celui où il y a cette actrice, comment elle s’appelle, celle avec les longs cheveux noirs ? – Kouncoun, il y a beaucoup de feuilletons avec des actrices aux longs cheveux noirs. – Si pour un soir, repris-je, on oubliait la radio qui parle en français, la télévision qui montre des feuilletons américains dans lesquels les personnages parlent en français. Si pour une nuit nous retournions à Kongodjan, au milieu des plantations de café et
de cacao, les plantations bercées par les chants des oiseaux, peuplées d’animaux et de génies ? Kouncoun, ma grande sœur qui allait maintenant dans la soixantaine, se tut. Elle semblait toujours ré-échir. Elle rêvait. C’est vrai que Kongodjan, notre plantation éloignée, n’était plus qu’un vieux mythe. Nous avions quitté cet espace depuis des décennies et vivions dans un village moderne éclairé à l’électricité, couvert par les radios et les chaînes de télévision. Il faisait partie des contes que je réclamais. Maintenant, Kongodjan, quand on la visitait, se révélait comme un univers anachronique, gé dans le temps passé. Puis ma sœur souleva des objections que je trouvai banales au départ. – Les contes sont intéressants quand ceux qui les écoutent sont intéressés et quand le public est nom-breux. Qui voudra et pourra se détacher du téléviseur pour écouter des contes ? Et puis, saurais-je même redire ces contes auxquels je n’ai plus pensé depuis plusieurs décennies ? On oublie les contes quand on ne les dit pas, tu sais. Puis elle continua comme dans un soliloque. Et plus elle parlait, plus ce qu’elle disait s’imposait comme des paroles tout à fait sensées.
– Je parle toujours mal le français. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir bien raconter ces contes en Cerma, aujourd’hui. Et puis, je ne sais même plus si ces vérités encore valables il y a quelques décennies sont toujours recevables aujourd’hui. Autrefois, les récits ne vieillissaient pas. Maintenant les contes sont des histoires trop vieilles qui ne correspondent plus à rien. – Je ne sais pas si ces histoires sont vraiment du passé, je ne sais pas si ces vérités d’autrefois sont des mensonges aujourd’hui. Mais nous nous trompons peut-être. Car je reviens d’Amérique et je crois que dans ce pays qui est encore l’un des rares à faire rêver, les héros existent toujours, les miracles existent, les animaux parlent, la nature parle toujours aux hommes. En fait, ceci devrait être la même chose chez nous. Et si nos vieilles histoires d’hier correspondaient aussi au monde de demain ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si tout cela est vrai. Mais j’aimerais entendre encore ces histoires. Je crois que ce sont des histoires du passé, mais qui nous projettent dans le futur.
Ma sœur Korotoumou a commencé à dire les contes ce soir-là. Ma grande sœur Awa s’est jointe à nous. Mes neveux et nièces n’ont pas allumé la télévision ce soir-là. Nous avons été replongés dans l’atmosphère enchantée des contes comme autrefois à Kongodjan. C’est ainsi que pendant plusieurs nuits, nous avons veillé pour revivre et revisiter ces histoires du passé et qui, j’en suis persuadé, ont aussi une valeur pour le futur.
PREMIÈRE PARTIE
DES ANIMAUX ENTRE EUX