La magie de Noël et autres contes de Noël

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Français
65 pages
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Description

L’auteur nous entraîne en Laponie chez le Père Noël mais aussi dans bien d’autres lieux où la féérie de Noël prend des visages particuliers : au Brésil, en Alsace, dans les îles grecques, en Provence… Le Père Fouettard vient à la rescousse du Père Noël pour remettre dans le droit chemin les enfants trop gâtés… Noël se fête aussi en mer… Des contes variés et distrayants… Laissez-vous porter par cette magie de Noël intemporelle et découvrez des personnages attachants et émouvants.

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Date de parution 17 avril 2017
Nombre de lectures 45
Langue Français

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 La magie de Noël Marjorie contemplait la vitrine d’un magasin de jouets comme chaque jour depuis le début du mois de décembre. Tout lui faisait envie mais c’était surtout un adorable chien en peluche qui l’attirait comme un aimant. Elle avait vraiment l’impression qu’il la regardait avec un air implorant. Il semblait lui dire :
- Viens me chercher, je t’ai choisie. Qu’attends-tu ?
Mais Marjorie savait que sa maman n’avait pas beaucoup d’argent et ne pourrait certainement pas le lui offrir. C’est pourquoi elle n’avait même pas osé lui en parler. Elle se contentait d’admirer la peluche, sans entrer dans le magasin pour la voir de plus près, sans même songer à en demander le prix tant elle lui semblait inaccessible.
Marjorie se sentait si seule parfois ! Elle n’avait ni frère, ni sœur, ni père. Elevée par une mère célibataire, elle ne savait pas ce que c’était qu’une grande famille qui fêtait Noël autour d’un sapin splendidement décoré. Bien sûr, sa maman faisait de son mieux pour qu’elle n’en souffre pas mais elle venait de perdre son travail et les temps étaient durs.
La petite fille se décida à rentrer chez elle bien que ce fût une fois encore un déchirement pour elle de s’éloigner du magasin de jouets. Sa mère l’attendait, inquiète.
- Marjorie, tu sais que je n’aime pas que tu traînes dans la rue en revenant de l’école.
- Excuse-moi, maman. Je regardais les décorations de Noël. C’est si joli !
Nadine s’en voulait de ne pas pouvoir offrir à sa fille un peu de ce que la plupart des enfants avaient à profusion mais une fois qu’elle avait payé son loyer et ses frais
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fixes il ne lui restait pas grand-chose pour les extras. Elle n’en était pas encore réduite à quémander des provisions aux Restos du Cœur et elle espérait que cela n’arriverait jamais. Mais qui pouvait savoir ?
Heureusement il y avait Emmaüs pour s’habiller et se faire quelques petits plaisirs à prix modiques. La jeune femme avait justement prévu d’y aller bientôt pour trouver quelques cadeaux à mettre sous le sapin, si modestes soient-ils. Elle tenait à marquer le coup pour que sa petite Marjorie ne se sente pas trop différente des autres.
Si seulement elle pouvait retrouver un travail rapidement ! Et si possible un peu mieux payé que le précédent ! Mais il ne fallait pas trop rêver, même si l’époque de l’année s’y prêtait. Elle avait passé une bonne partie de sa journée au Pôle Emploi pour éplucher les petites annonces mais elle n’avait jamais le diplôme exigé ou la bonne formation ou l’expérience requise. Il y avait toujours quelque chose qui ne collait pas. Elle ne comptait plus les nombreux CV envoyés en pure perte. Parfois elle ne recevait même pas de réponse en retour ce qu’elle ressentait comme une humiliation.
Nadine ne s’avouait pas battue pour autant. Elle n’avait jamais baissé les bras et elle gardait le sourire, pour sa fille. Elle tenait à lui montrer l’exemple de la ténacité et du courage. Comment dire à sa fille qu’il faut bien travailler à l’école quand on reste soi- même à la maison à ne rien faire toute la journée ?
Du haut de ses huit ans, Marjorie comprenait que sa mère faisait beaucoup d’efforts pour améliorer leur situation mais la malchance semblait la poursuivre. Aussi dans sa lettre au Père Noël n’avait-elle rien demandé pour elle, même si le sacrifice avait été grand ! Elle l’avait supplié de donner un travail à sa maman.
Le lendemain était le premier jour des vacances scolaires. Nadine proposa à sa fille d’aller au Marché de Noël. En passant devant le magasin de jouets, Marjorie se raidit pour ne pas céder à la tentation de regarder si SON chien était toujours là. Elle craignait que sa mère ne se rende compte de l’intérêt qu’elle lui portait et que cela la mette mal à l’aise.
Pourtant ce fut Nadine qui pila devant la vitrine en s’exclamant :
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- C’est fou ! Ce chien en peluche ressemble à celui que j’ai eu pour mes huit ans. Il est à croquer ! Tu ne trouves pas ?
Comment résister ?
- Oh, oui ! Il est chou ! admit Marjorie, stupéfiée par la réaction de sa mère.
La coïncidence était vraiment trop grande. Il y avait quelque chose de louche là-dessous. Le chien semblait leur sourire et Marjorie crut le voir remuer la queue pour exprimer sa joie.
- J’ai un peu trop d’imagination, pensa la fillette.
Mais le comble fut que sa mère eut exactement la même impression. C’était de plus en plus étrange.
- Ce n’est tout de même pas un vrai chien ! s’exclama-t-elle. Tu l’as déjà vu dans cette vitrine ?
- Oui, cela fait plusieurs jours qu’il y est, reconnut Marjorie.
- En tout cas, il est plus vrai que nature !
La mère et la fille étaient toutes deux sous le charme. Du coup, elles en avaient presque oublié où elles avaient décidé d’aller. Nadine se reprit la première et entraîna sa fille vers le Marché de Noël. Elle avait besoin de se changer les idées, de s’immerger dans l’atmosphère des réjouissances pour retrouver son âme d’enfant et oublier pour un instant les dures réalités du quotidien. Les lumières, les odeurs de pain d’épice, de vin chaud et de sapins, les chants de Noël, les mines réjouies des enfants et des adultes, tout invitait à la joie et au partage.
Nadine acheta à sa fille de la barbe à papa et elles traînèrent devant les chalets proposant des santons provençaux et des objets de décoration. La jeune femme aurait aimé pouvoir compléter sa crèche et ajouter quelques boules au sapin mais c’était impossible. Son budget était beaucoup trop serré. De son côté, Marjorie se retint d’en réclamer, ne sachant que trop bien quelle serait la réponse de sa mère.
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Elles se contentèrent donc d’admirer cette profusion de petits sujets en bois peint, en feutrine ou en verre et les guirlandes scintillantes, en se disant que ce serait peut-être pour l’année prochaine. Le plaisir des yeux, c’est déjà beaucoup et il faut parfois savoir s’en contenter !
Nadine et Marjorie qui n’étaient pas pressées de rentrer prolongèrent ce moment de détente et de rêve. Elles retrouveraient bien assez tôt leur deux-pièces triste et silencieux où personne ne les attendait.
Pourtant le froid se fit plus mordant et elles décidèrent à regret de prendre le chemin du retour. En repassant devant le magasin de jouets, elles eurent la mauvaise surprise de voir que le chien en peluche avait disparu. Marjorie sentit les larmes lui monter aux yeux. Même si elle savait que cette peluche ne serait jamais sienne elle avait du mal à accepter l’idée qu’elle ne la reverrait pas, qu’un autre enfant la possèderait. Elle ne parvenait pas à contrôler son émotion. Sa main tremblait dans celle de sa mère.
Nadine était aussi déçue que sa fille. Sans lui en parler pour ne pas lui donner de faux espoirs, elle avait cherché tout l’après-midi un moyen de lui offrir ce petit chien pour Noël, en souvenir de sa propre enfance qui avait été heureuse. Elle aurait tant aimé que sa petite Marjorie ait un peu de bonheur en ces temps difficiles ! La jeune femme se sentait coupable de ne pas pouvoir faire plus pour elle.
Et voilà que la peluche s’était volatilisée ! En toute logique, elle avait dû trouver un acquéreur mais Nadine ne pouvait s’empêcher de penser qu’il y avait quelque chose d’étrange là-dessous. Cela faisait un peu trop de coïncidences.
- Nous en trouverons une autre, dit Nadine pour consoler sa fille.
Mais la jeune mère n’était pas elle-même convaincue de ce qu’elle disait. Leur journée était gâchée. C’était vraiment trop bête ! Quelle déception !
Depuis plusieurs jours, le propriétaire du magasin de vêtements qui se trouvait juste en face de la boutique de jouets observait la petite fille. Paul avait été intrigué par son comportement et avait fini par comprendre ce qui l’attirait autant. Il avait croisé de loin en loin la jeune femme et sa fille dans la cage d’escalier de son immeuble sans pour autant les connaître. Ils n’avaient échangé que quelques mots polis. 6