Le songe du serpent
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Français

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Description

A la veille d'un voyage important, un homme fait un songe. Il se voit dans la peau d'un serpent poursuivi par un chasseur. Dans ce conte, l'imaginaire côtoie en permanence la réalité. Le héros croisera la route d'un borgne, d'un ermite, d'un médium et de jeunes veuves. Tous participeront à l'interprétation de son rêve et à la remise en cause de ses principes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2007
Nombre de lectures 183
EAN13 9782336255255
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

© L’Harmattan, 2007
5-7, rue de l’Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296045187
EAN : 9782296045187
Sommaire
Page de Copyright Page de titre La Légende Des Mondes Dedicace INTRODUCTION PROLOGUE I - LA RÉCOLTE DE BLÉ II - LE VOYAGE EN MER III - L’OFFRANDE ÉPILOGUE
Le songe du serpent

Mpoyi Mubumbila
La Légende Des Mondes
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin
Dernières parutions
Marie-Line BALZAMONT, Contes médiévaux du quartier Mouffetard, 2007
Renaud LAVANDIER, Le Rire du Tibet, histoires grivoises et facétieuses d’Aku Tonpa, 2007.
Sonia KOSKAS, Chlimou, qui parlait aux oiseaux. Contes juifs de la Méditerranée, 2007.
Elisabeth MWANTSI et Jacques-Noël GOUAT, La jeune fille sous les roseaux, 2007.
Oumar DIALLO, Le destin de Leldo Tara, Prince peuhl du Fouta Damga, Sénégal , 2007.
Youssef ALLIOUI, L’ogresse et l’abeille, contes kabyles, texte bilingue berbère-français, 2007.
Térèz LEOTIN, Doigts d’or, bilingue créole-français, 2007. André VOISIN, Contes et légendes des nomades du Sahara, 2007.
DO-LAM Chi-lan, Contes du Viêt-Nam, enfance et tradition orale, 2007.
Boubaker AYADI, La monture du roi Grenouille, contes arabes, 2007.
Ahmad SHAMLOÙ, Plume d’or, 2007.
François BENEY, Contes de Côte d’Ivoire en pays baoulé, bilingue baoulé-français, 2007.
Marie-Anne K. LEFORT, Twardowski le magicien, contes polonais , 2007.
Pierre-Yves PROUST, Le chat du Mikado, contes autour du monde, 2007.
Daniel LEDUC, L’homme qui regardait la nuit, adaptation en arabe par Seddik Mahi Meslem , 2007.
Nguyên Dũ’, L ’ échanson de l’Empereur de Jade, contes du Vietman , 2007.
Mauricienne FORTINO, Les neuf chamanes et le maître de la pluie, récits palikur de Guyane, 2007.
à Elisa-Marie et Antonino
INTRODUCTION
U n proverbe indien dit : “Il est impossible d’expliquer à quelqu’un le goût du lait de chèvre. Celui qui veut le connaître doit y goûter ”. A ce jour, il m’est impossible de trouver les mots pour expliquer pourquoi j’ai écrit ce conte. Le mieux est de le lire pour trouver la raison.

J’ai commencé sa rédaction en mars 2002 et je l’ai terminée à la fin du mois d’août de la même année. Je l’ai truffé de citations et d’allusions issues des différents livres, films et pièces de théâtre découverts pendant la période de sa rédaction.

J’ai ainsi essayé de l’“actualiser” à l’instar des travaux de Hayao Miyazaki ( Princesse Monoke, Le voyage de Chihiro ). Dans ses œuvres, ce réalisateur japonais a su adapter des contes traditionnels de son pays au public occidental d’aujourd’hui.

Ayant pu apprécier le talent de David Bonfils (Daoüd Bissango) de Way of Spray, son nom s’est très vite imposé pour l’illustration de la couverture. Il a rapidement intégré l’esprit du livre et (une fois de plus) a travaillé bénévolement.

Enfin, il me paraît essentiel de joindre quelques explications et clarifications sur certains thèmes traités dans le conte. J’ai choisi de le faire en répondant aux cinq questions qui m’ont été le plus souvent posées.

1. Que signifie le terme Ntu ?
Le terme Ntu vient du nom d’un peuple d’Afrique subsaharienne : les Bantu. Ce dernier mot se compose d’un préfixe Ba et d’une racine Ntu. Ainsi, on dit des Ba-Ntu au pluriel et un Mu-Ntu au singulier. Pour mieux insister sur ce que tous les hommes ont en commun, j’ai choisi de n’utiliser que la racine du mot Bantu : Ntu.

Ce terme doit être compris, dans ce conte, comme le synonyme d’“être humain”. C’est pourquoi, dans la première partie du conte, je donne les descriptions physiques et morales de tous les personnages (la femme, le contremaître, le borgne), à l’exception de celles du Ntu.

Il représente le commun des mortels puisqu’en tout homme, il y a une femme, un croyant (le contremaître) et un athée (le borgne). Ainsi, la phrase “ les corps ne sont que des apparences !” sera prononcée par bon nombre de ces personnages.

De plus, le fait que les personnages n’aient pas de noms propres est volontaire. Je signifie ainsi qu’ils ne m’appartiennent pas. Bon nombre de sculpteurs africains ne signent pas leurs oeuvres. Elles appartiennent à la communauté.

2. Est-ce que j’ai créé ce conte ou ai-je retranscrit une traduction ?
Ce conte est inspiré de deux histoires que mes parents m’ont racontées quand j’étais enfant. Le prologue ( L’arbre, le serpent et le chasseur ) forme à lui tout seul l’un de ces contes. A l’origine, c’est un rat (non un serpent) qui demande refuge à un arbre. Tout le reste du livre repose sur le deuxième conte.

Mon travail a donc consisté à créer un lien entre ces deux histoires pour les réunir en une seule. J’ai inventé la totalité des dialogues, des descriptions, ainsi que presque tous les personnages (la femme, le contremaître, le borgne, l’ermite...) du deuxième conte. A l’origine, celui-ci ne comportait que deux acteurs : le Ntu et le Mukendi.

3. Que peut symboliser le serpent?
Il existe différentes interprétations du symbolisme du serpent. Dans ce conte, je me suis restreint à sa représentation sous la forme d’ Ouroboros (le serpent qui se mord la queue).

Dans cette posture, le serpent peut incarner le cercle et donc représenter l’aspect cyclique de la nature et de la vie. Ainsi, je commence et termine ce livre par la même phrase : le serpent avançait. De même, je répète les mêmes paragraphes au début des différentes parties ou à divers moments dans le livre.

4. Quel sens peut-on donner aux rêves ?
De même que pour le serpent, le symbolisme du rêve est multiple. Dans ce conte, je l’ai surtout axé sur le sens que lui donne les Bantu du Kasaï (Afrique centrale, Congo RDC). Pour ces derniers, nos âmes sortent de nos corps, pendant la nuit, et peuvent aller discuter avec celles des morts. Dans ce cas, les rêves dont nous nous rappelons à notre réveil sont prémonitoires.

5. Quelle est la morale de ce conte ?
Certains diront que cette histoire enseigne au Ntu “qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier”. Le Ntu aurait dû faire plusieurs voyages pour minimiser les risques de sa faillite.

D’autres préféreront rappeler la phrase du Mukendi : “l’incohérence est mère de tous les maux ” . L’arbre accepte d’héberger le serpent, mais il refuse d’agir, par la suite, en conséquence, en intervenant dans le conflit des belligérants.

Mais je ne sais pas s’il y a vraiment une morale “arrêtée” dans ce conte. Je crois qu’il faut surtout retenir l’une des dernières pensées du Ntu : “Dans cette affaire, qu’est devenu le borgne ? Tant que l’on aura pas répondu à cette question, la morale de cette histoire ne sera pas terminée !”



Malgré les encouragements de mes amis, j’ai longtemps hésité avant de soumettre mon texte à une maison d’édition. Ce n’est qu’en lisant les notes et commentaires des Contes Initiatiques Peuls d’Amadou Hampâté Bâ que j’ai eu le sentiment d’avoir respecté mes aînés.

Ecrire ce conte, le faire lire, recevoir des critiques et des commentaires à son sujet, ont été un véritable plaisir pour moi. Je tiens à remercier tous ceux et celles qui ont contribué à cet ouvrage. J’invite tous les lecteurs à me faire part de leurs critiques (mpoyimub@lentu.com).
“Puissent mes pas être sur mon chemin” MUBUMBILA Mpoyi
PROLOGUE

Le serpent
L e serpent avançait. Il s’arrêta un instant et regarda le soleil. L’astre allait bientôt être à son zénith. Sa chaleur le brûlait. Puis, très doucement, comme s’il était blessé, le serpent reprit son chemin. Il me faisait penser à ce reptile, décrit par les Anciens, qui avait vécu aux premières heures de ce monde. A cette époque, l’ordre et la paix régnaient sur la terre. Nul ne guerroyait, ni n’asservissait.