Les contes d'Albert Boissière - Tome 1

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Français
80 pages
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Description


Conte : court texte paraissant à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle dans divers journaux dans une rubrique intitulée « conte ».


De nombreux auteurs se sont essayés à cet exercice ayant pour but de livrer une observation de la société de l'époque ou bien une fable souvent humoristique à la morale bien sentie.


Très appréciés des lecteurs, ces fameux contes ont permi à de grands auteurs d'aiguiser leurs plumes, le plus célèbre exemple étant la production de Colette pour les « contes des 1001 matins » du journal Le Matin.


Ce recueil regroupe 14 « contes » d'Albert Boissière :


- CHARLES


- CŒUR


- ET CIE...


- PAVILLON DE CHASSE


- LE VILLAGE AUX ROSES


- OSTENDE, BIARRITZ, ETC...


- PAULETTE ET PAULA


- X...


- LE DERNIER MOT


- Z


- L'AMATEUR


- LES VIEUX


- LE BONHEUR DE L'UN...


- L'AVEU

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Nombre de lectures 1
EAN13 9782373478471
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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AVANT-PROPOS
Qu'il est malaisé d'écrire un avant-propos dont le but est de donner envie de découvrir un écrivain que le talent aurait pu rendre immortel… aurait dû rendre immortel, dans l'esprit de tous les lecteurs de ces cent vingt dernières années.
L'exercice est encore plus périlleux quand le gratt e-papier (ou plutôt le tripote-clavier) chargé de cette exhortation à la lecture est à la fois admira tif et envieux du talent de l'écrivain à mettre en avant.
Car il est alors ardu de ne pas sombrer dans la vil e flagornerie en pondant un panégyrique aux arômes d'hagiographie.
M aisAlbert BOISSIÈRE, puisqu'il s'agit de lui, n'était pas un saint mêm e si beaucoup louaient sa bonté, mais juste un feuilletoniste, un romancier, un poète, un fabuliste, un conteur : un artiste à p art entière.
Albert BOISSIÈREétait un homme, un homme avec un petit « h » qui a imait à pointer du doigt les travers de l'Homme avec un grand « H », pour faire rire, bien souvent ; pour émouvoir, parfois ; et, dans tous les cas, pour faire réfléchir.
En tant qu'homme, l'on pourrait évoquer une identit é, des dates : une vie.
Jean-Baptiste-Eugène-Albert BOISSIÈRE, né le 26 janvier 1866 (ou 1864, selon les sources) et mort le 18 décembre 1939.
En tant qu'écrivain, il serait difficile d'établir une liste exhaustive de tous les feuilletons, roman s, contes, fables, poèmes, nouvelles qui naquirent de sa plume pour mourir sur les pages des journaux et livres de son époque.
L'homme, on le devine à travers ses écrits.
Si ses romans sont de fiers témoins de l'humour et de la tendresse d'Albert BOISSIÈRE, ses contes sont probablement les plus à même d'attester de ses qualités d'âmes et de cœur… de son progressisme.
Mais dans un apophtegme proche de la devise d'Albert BOISSIÈRE, j'ai coutume de dire que « Chez un auteur, sa vie m'importe peu, seule son œ uvre m'intéresse ».
Et l'œuvre d'Albert BOISSIÈREest si dense, si éclectique, à ce point exaltante, qu'elle mérite que l'on s'y attarde, l'on y plonge, pour ne plus avoir envie de revenir sur la terre ferme de la réalité.
Car il serait fort dommage de réduireAlbert BOISSIÈREson humour, comme certains ont pu le à faire avec Alphonse Allais ou dans une moindre mesu re, Tristan Bernard.
Bien évidemment, on pourrait facilement, en fonctio n de ses textes, le comparer à Maurice Renard, Émile Zola, Guy de Maupassant ou Maurice Dekobra.
Certes, ses romans policiers teintés d'humour font naître dans les esprits des liens avec une partie de l'œuvre de René Pujol…
Mais s'il est toujours réducteur de comparer un art iste à l'un de ses confrères, cela est encore plus vrai avecAlbert BOISSIÈREtégorie à part dansl'immense talent protéiforme place dans une ca  que laquelle, s'il ne navigue peut-être pas seul, il cr oise rarement du monde.
Effectivem ent,Albert BOISSIÈREmour de savait manier l'humour sous toutes ses formes : hu situations ; de répétitions ; jeux de mots ; zeugma (si cher à Robert Lamoureux et Victor Hugo) et j'e n passe, mais c'était avant tout et surtout un manieu r de mots, de sentiments et d'images…
Les mots, les phrases,Albert BOISSIÈRE ne , telsse contente pas de les aligner, les additionner que, il les taille, les sculpte, les chantourne, le s cisèle, les facette pour qu'ils s'emboîtent avec une telle perfection que la complexité de sa plume, à moins d e se concentrer sur la construction du texte, passe inaperçue au profit du simple plaisir de lecture.
On peut également se rendre compte, à la découverte de ses romans policiers, entre autres, de sa capacité à proposer des intrigues mystérieuses, des énigmes passionnantes, puisant leurs sources au sein de l'âme humaine et des incidences et coïncide nces que la destinée s'amuse parfois à jalonner le parcours des pauvres êtres que nous sommes.
Si l'on ajoute à tout ça un esprit lucide et critiq ue sur la société, lui-même et ceux qui l'entourent , on prend vite conscience que sa prose n'avait aucun e commune mesure avec celle de quiconque.
Et, quand on le lit, on ne peut qu'avoir confirmati on de cette certitude qui ne souffrait pourtant d'aucun doute.
Voyez comme il est aisé, lorsque l'on est passionné , d'un auteur, d'une plume, de se laisser déborder par l'émotion et de devenir pédant.
Aussi, avant de laisser la parole à Georges Normand y, confrère et contemporain d'Albert BOISSIÈRE qui, dans le magazine « Normandie » de septembre 1 917, écrivait tout le bien qu'il pensait de son ami, je m'octroie encore quelq ues mots pour affirmer qu'il était enfin temps qu'u ne collection rende hommage au talent exceptionnel d'Albert BOISSIÈRE.
C'est désormais chose faite au sein du catalogue d'OXYMORON Éditions.
Une fois n'est pas coutume, cette collection éponym e ne sera pas nourrie que de textes policiers.
Vous pourrez cependant y découvrir les quatre roman s (et non deux d'après une source prisée des internautes), mettant en scène le personnage second aire, le juge d'instruction M. Marathon :
– La tragique aventure du mime Properce,
– Un crime a été commis,
– L'homme sans figure,
– Z, le tueur à la corde.
Mais, outre la longue nouvelle humoristique qui ouv re cette collection,« Williamson brothers et ie C » (offerte pour permettre à un maximum de lecteurs d e faire connaissance avec l'humour et la prose de l'artiste), vous découvrirez, au fil du te mps, des contes et des romans d'Albert BOISSIÈRE naviguant dans d'autres genres dans lesquels il exc ellait tout autant.
Pour finir, je cède place à Georges Normandy qui, à l'occasion de la sortie du roman « L'Extravagant Teddy, de la Croix-Rouge anglaise », en 1917, laissait un témoignage poignant et affectueux sur l'homme et l'écrivain qu'étaitAlbert BOISSIÈRE:
« L'Extravagant Teddy, de la Croix-Rouge anglaise, tel est le titre du dernier qu'Albert BOISSIÈRE, le grand écrivain normand dédie au grand poète no rmand Paul Labbé.
roman
« Je viens de recevoir ce livre, soigneusement édit é par Pierre Lafitte. Si vous connaissez l'œuvre d'Albert BOISSIÈRE'écrivit quelque chose de mieux, je vous engage à le lire, car jamais cet auteur n construit, d'aussi ingénieux, d'autant audacieux, d e plus attachant. Et si vous l'ignorez, je vous engagerai plus vivement encore à acquérir ce bouqui n :L'Extravagant Teddy de la Croix-Rouge anglaiseble le talent très particulier, en effet, synthétise aussi complètement que possi d'Albert BOISSIÈRE, homme exceptionnel en toutes choses.
« Cache ta vie, montre tes œuvres : voilà sa devise. Elle est sage. Ce n'est pas une raison pour que je ne soulève pas, à votre intention, un petit coin du voile – car la vie de notre célèbre compatr iote est aussi pittoresque que le meilleur de ses romans .
« Sans entrer dans des détails dépassant à la fois les limites du permis et celles d'un portrait à la plume, sachez donc qu'Albert BOISSIÈRE, né le 26 janvier 1866, à Thiberville (Eure), pass a la première moitié de son existence à restituer joyeus ement à la collectivité la confortable fortune qu'i l tenait de son père. Beaumont-le-Roger, Bernay et au tres lieux se souviennent encore de ce joyeux, généreux, solide et beau garçon, observateur scrupu leux des préceptes de ses vieux compatriotes, Olivier Basselin, Le Houx, et Saint-Amand. En parti culier, certain magistrat bernayen n'oubliera jamai s
la nuit paisible au cours de laquelle, grâce à la.. . sollicitude d'Albert BOISSIÈRE, il fut arrêté par les gendarmes et coffré sans hésitation pour attentat à la pudeur. Cette insouciante existence dura tant que l'auteur deL'Extravagant Teddy n'eut pas de doutes sur la solidité de son crédit. Elle cessa lorsqu'il ne lui resta en toute propriété qu'une re nte insuffisante pour lui permettre de vivre pendan t un mois entier.
« Que faire ? Refaire fortune, parbleu !... Mais en vendant quoi ?... Tout simplement de la littératur e – le seul métier ou le seul Art auquelAlbert BOISSIÈREn'avait jamais songé ! Et, sacrifiant à l'usage, pour une fois, mais bien à sa manière, il débute pa r un volume de vers :L'Illusoire Aventure(1)(Édition deLa Plume, 1897).
« Paris ne l'intéressa pas longtemps. Il y fonda po urtant une éphémère et rarissime revue qu'il intitula :D'Art, titre original et bref, suffisant presque à carac tériser déjà son inventeur. Cet infortuné provisoire y fit la charité, mais il sut choisir se s pauvres, et l'on put lire à ses sommaires des nom s consacrés depuis (ou à la veille de l'être) : Jean Viollis, Yvanohé Rambosson, André Magre, auteur desPoèmes de la Solitude, en attendant d'être un héroïque sous-préfet, son frère Maurice Magre, qui écrivait alors laChanson des Hommes, Paul Vérola, Edmond Pilon, etc.
« Enfin, d'une de ses innombrables et successives r ésidences de province, il envoya lesMagloire, roman rustique aussi différent que possible deL'Illusoire Aventure, à Eugène Fasquelle, qu'il ne connaissait point.
« Fasquelle, continuant les traditions de Charpenti er, est un des rarissimes éditeurs qui lisent et qui traitent en amis les auteurs de leur goût. Il é dita lesMagloire, « inventant » ainsi Albert BOISSIÈRE, écrivain à peu près inédit – comme il nous « inve nta » peu après, M.-C. Poinsot et moi, en publiant notre premier roman,L'Échelle, sans nous avoir jamais vus et sans rien savoir de nous. Du coup,Albert BOISSIÈREfit tomber les longs et fins cheveux encadrant le front du bel auteur d eL'Illusoire Aventureu point qu'Henri Mazel,à la stupéfaction de la Rive-Gauche éperdue... A  – portraicturant l'étonnant écrivain dans laPlume de Léon Deschamps(2), pouvait écrire : « Au p h y s i q u e ,Albert BOISSIÈRE est obuste, deun homme d'environ trente-cinq ans, d'allure r physionomie franche, de regard affectueux ; jadis i l se nimbait d'une auréole crespelée et noire, aujourd'hui il se profile en crâne de centurion sur camaïeu chauve. Lebègue a représenté les deux Boissière, la main dans la main, le chevelu tenantL'Illusoire Aventure, le dénudé ostentant les Magloire; ces deux Siamois semblent frères. »
« Or, jouer les frères Siamois ne suffit bientôt pl us ni à Boissière ni même aux héros de ses romans (L'Extravagant Teddyet plusieurs de ses aînés vous le montreront) : il joua les Protée.
« Poète en quatre genres, fort différents avec laGloire de l'Épée, œuvre de la noble école hérédienne,Culs de Lampeier désireux de se, « bouquet de ciselures martelées par un chef ouvr prouver à lui-même sa maîtrise en tous les styles(3) »,L'Illusoire Aventure, influencée à la fois par Baudelaire et par Mallarmé, etAquarelles d'Âmesde « la Maison d'Art », 1901) où la sensibili  (Éd. exaspérée des précédents recueils montre plus de pr ofondeur intime, moins de goût pour l'allégorie et le décor et où il se soucie plus « de revêtir l'idé e avec netteté et de traduire son caractère que de collaborer à un tissu harmonieux de nuances égales(4) », romancier néo-naturaliste avec les Magloire, grande étude terrienne, toute parfumée de la bonn e odeur des pommes normandes, « fresque de mœurs rustiques se rattachant à tous l es grands peintres de la vie rurale, à Zola par l'intensité de la vision ; à Guy de Maupassant, par la fidélité de l'observation ; à l'Huysmans d'En rade, par la particularité artistique de l'expression(5) » et avecUne garce (Fasquelle, 1900), il revient immédiatement à l'écriture artiste et compose un ro man symboliste :Les trois fleurons de la couronne (Fasquelle, 1900), puis des romans humoristiques, o ù, constate Pierre Véber, il obtient « un comique particulier par une observation minutieuse des peti ts gestes et des petites pensées », puis des pages de critique d'art telles queLe Peintrenouvelles à J. L. Rame (chez Gentil) ; puis des contes et des l'Écho de Paris, auJournal, auMatin, etc. ; puis des essais de feuilletons de tous ord res annonciateurs de ses grands succès duPetit Journal et duPetit Parisien ; puis d'aimables et gaies reconstitutions historiques :Jolie, d'abord publié par l'Écho de Parisla et Crinoline enchantée, offerte en inédit aux lecteurs duFigaro ; puis d'alertes critiques littéraires auNouveau Précurseur d'Anvers ; puis des romans policiers et de grands ouvrages populaires e n France et à l'étranger :Le scandale de la rue Boissière;Un Crime a été commis;L'Homme sans figure;Z, le tueur à la corde;Le Petit Mécano;Le
Clown rouge;Les Deux Milliardaires, etc. Et je n'ai cité niLa Tragique Aventure du Mime Properce, ni La Vie malheureuse de l'heureux Stevenson, ni lesChiens de Faïence, ni lesTributaires, niJoies conjugales, niClara Bill, danseuse, ni leJeu de Flèches, ni mêmeM. Duplessis, veuf, son premier feuilleton : « le cœur m'en bat encore à quinze ans de distance !... », m'écrivait-il en 1915.
« Tout cela fut édité par Fasquelle ou Pierre Laffi tte, publié en inédit par leTemps, leJournal, le Figaro, lePetit Journal, leMatinou lePetit Parisien, reproduit en province, en Angleterre, en Belgique , en Italie, aux États-Unis, au Canada, puis en Serbi e, en Roumanie, en Espagne, en Suède, voire en Autriche et en Allemagne même !...
« Les écrivains les plus féconds restent confondus devant une production aussi rapide, aussi parfaite – et d'une variété sans seconde.
« Quant àAlbert BOISSIÈREsans arrêt d'un, il semble que son talent se complète et grandisse volume à l'autre.
« Jamais il n'a mieux jonglé avec les difficultés e ffrayantes qu'il semble accumuler à plaisir, que d a n sL'Extravagant Teddy de la Croix-Rouge anglaise ; jamais il n'a échafaudé une intrigue plus saisissante, plus serrée, plus étrange (J.-H. Rosny aîné seul, grâce à son admirable génie, a pu le déparer dansL'Énigme de Givreuse), jamais il n'a plus dédaigné les effets, le style et le morceau d'anthologie ; jamais non plus il n'a écrit une lan gue plus directe, plus sobre, plus correcte (en dép it...