Les histoires extraordinaires de mon grand-père : Alsace

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Les histoires extraordinaires de mon grand-père : Alsace - Rares sont les ouvrages qui vont chercher ce qui se cache derrière cette terre d'anciens clichés et histoires de veillées. Or cette vieille province d'Alsace, possède bien d'autres trésors, bien d'autres richesses, un patrimoine oral particulièrement original et varié, transmis de génération depuis ces temps que l'on dit "immémoriaux" ici racontés avec talent et humour par mon Grand-père. Ce sont des histoires, à faire sourire, à faire peur, mais surtout à faire rêver... que nous racontaient nos grands-pères, et nos pères avant eux.


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Date de parution 17 janvier 2013
Nombre de visites sur la page 114
EAN13 9782365729932
Langue Français

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Les Histoires alsaciennes de mon grand-père Pierre-Jean Brassac
Première édition Mai 2010
© Édition COMMUNICATION-PRESSE-ÉDITION 2010
La loi du 11 Mars 1957 interdit les copies ou repro ductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction fa ite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur est illicite et co nstitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.
Avant-propos
Les guides touristiques nous répètent à longueur de phrases stéréotypées et de photos lisses et glacées les mêmes clichés sur nos terroirs : ses châteaux stars, ses cours d’eau ombragés, ses sites classés, ses vues imprenables, ses vins, ses bons produits et sa gastronomie, ses hommes célèbres, les pages enlumin ées de son histoire…
Rares sont les ouvrages qui vont chercher ce qui se cache derrière cette terre de cartes postales. Or cette vieille province possède bien d’ autres trésors, bien d’autres richesses, un patrimoine oral particulièrement original et varié, transmis de génération en génération depuis ces temps que l’on dit « immémoriaux ».
C’est une partie de ce Terroir-là, avec ses secrets , ses mystères, ses rumeurs, son univers étrange peuplé d’êtres fantastiques, de dam es blanches, de birettes et de mauvais esprits, d’animaux monstrueux et de personn ages fabuleux que l’auteur nous révèle ici : légendes, récits venus des profondeurs de la mémoire collective des habitants de la région ou contes inspirés par « sa » terre na tale.
Ce sont ces histoires, à faire sourire, à faire peu r, à faire rêver… que nous racontaient nos grands-pères et leurs pères avant eux.
Le kouglof de Jerri Meyer
Le pâtissier d’Allerdingsheim était célèbre pour se s kouglofs. La devanture de sa boutique, surmontée de moules en terre émaillée aff irmait depuis trente ans sa prééminence artisanale.
Ses affaires florissantes lui laissaient peu de loi sirs mais cela ne l’affectait nullement, car il aimait passionnément son métier. Ses enfants ava ient déserté depuis longtemps le toit familial et sa femme se chargeait de la vente. Jerr i Meyer était un homme heureux qui n’aurait jamais songé à une autre vie que celle qu’ il menait depuis son retour du service militaire il y a bien longtemps.
Un soir que Jerri avait achevé sa fournée plus tôt que d’habitude, l’envie le prit de faire le tour du village pour se détendre. Il s’apprêtait à éteindre l’éclairage de son laboratoire quand il s’aperçut qu’il avait égaré ses clés. Il e ut beau chercher pendant un bon quart d’heure, il ne retrouva pas le trousseau. Il ferma donc la porte de l’intérieur et passa par le magasin. Il prit dans le tiroir de la caisse la clé de la porte d’entrée, sortit par la rue et referma la porte de verre derrière lui.
Le lendemain matin, l’esprit absorbé par la perte d e ses clés, Jerri reprit sa recherche dans le laboratoire. Avant de se remettre au travai l, il inspecta les cinq postes de travail un par un, contrôla le four, les machines, vérifia le stock, ouvrit les armoires, passa en revue les étagères. Rien. Renonçant à perdre son te mps à cette recherche infructueuse, il allait déplier son programme de production de la matinée quand il s’aperçut qu’une moitié de gâteau se trouvait sur le plan de travail . Aurait-on oublié de déposer le kouglof dans la chambre froide ? Jerri prit la feuille de p apier pliée en quatre que l’on avait glissée sous le gâteau.
« Ton kuglof est seulement à moitié excellent. »
La journée s’annonçait délicate. Jerri s’assit sur l’unique chaise du laboratoire, passa la main dans ses cheveux et resta un long moment, tête baissée, à observer les motifs du carrelage.
Pourquoi ce message ? Il relut le billet, sans comp rendre qui pouvait bien l’avoir déposé là. Et pourquoi lui avait-on retourné une moitié de kouglof ? En admettant que celui-ci avait bien été acheté dans sa pâtisserie… Les questions se bousculaient dans sa tête.
Quand arriva le premier commis, il ne trouva pas l’ énergie nécessaire pour se lever et feindre que tout allait bien. L’abattement de son p atron n’échappa pas au jeune homme dont le visage s’assombrit tout à coup, tandis qu’i l extrayait des sacs plastiques d’une armoire métallique.
C’est quoi ce kouglof ?
Je ne sais pas, moi…
Moi non plus.
Je suis parti avant vous hier soir et j’avais tou t rangé…
Dis tout de suite…
’est tout, mais c’est pasNon, patron, mais je ne sais pas d’où il vient, c
grave, on va le ranger…
Et le billet ?
Quel billet ?
Le billet-là, que quelqu’un a posé à côté ?
Qu’es-ce qu’il y a de marqué dessus ?
Numme quatsch ! Des conneries !
Qui a fait ça ?
’n Dermel !
À une heure de l’après-midi, après la fermeture, Je rri s’enferma avec sa femme dans le petit office où elle rangeait ses carnets de comman de et d’achats. Elle l’écouta et lui assura qu’elle n’était pour rien à ce qu’il prenait maintenant pour une farce insipide et très irritante.
suis partie avant toi, hier soir. Ce ne serait pas un commis qui a voulu te faire une Je blague ?
Tu parles d’une blague !
Tu as demandé à Hans,
Bien sûr. Les autres sont en congé aujourd’hui. Il ne sait rien. Ah !
Ne t’énerve pas, c’est sans importance.
Je veux savoir, c’est tout !
Les jours passèrent dans la pâtisserie d’Allerdings heim. La femme de Jerri surveillait, sans rien laisser paraître, tous ceux qui lui achet aient un kouglof, c’est-à-dire une bonne vingtaine de clients par jour, surtout en ce moment . Elle ne releva aucune attitude particulière, personne qu’elle pût soupçonner d’être l’auteur du billet.