Les pérégrinations des descendants d'Afri Kara

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Français
212 pages
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Description

L'oeuvre originale est un texte mythique et fondateur de la communauté Fan-Boulou-Beti qui relate l'épopée d'Afri Kara, l'ancêtre commun de cette communauté, et les migrations de ses descendants. Ce texte publié en 1948 s'est inspiré d'un récit oral et constitue une véritable référence culturelle et identitaire. Cette traduction, pourvue d'un apparat critique, restitue fidèlement le contenu du texte original tout en le clarifiant.

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Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 7
EAN13 9782296492233
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Les pérégrinations des descendants d’Afri Kara
Marie-Rose Abomo-MaurinTraduit de l’oeuvreDulu bon b’Afrikara(écrit en boulou)  de Ondoua Engutu
Les pérégrinations des descendants d’Afri Kara
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99121-7 EAN : 9782296991217
L’histoire de ce livre Lucie Hammond arriva sur la terre camerounaise comme missionnaire en 1919, juste après la première guerre mondiale de1914-1918. En 1922, elle épousa Mr. Edwin Cozzens. Le couple s’installa à Élat. C’est là qu’elle travaillait 1 avec son mari : on lui donna le surnom d’Okônabeng , 2 pseudonyme qui lui allait à merveille et qui a permis qu’on se souvienne d’elle encore. 3 En octobre 1949, elle nous quitta , mais ses œuvres et sa voix nous sont restées, à nous tous qui l’avons connue ; nous continuons à raconter ce qu’elle a fait et ce qu’elle a dit. Lorsque les Camerounais et les Européens apprirent le décès de Mme Cozzens, ils envoyèrent aussitôt toutes sortes de dons pour que la Mission puisse l’honorer sa mémoire et témoigner de son bon souvenir. C’est alors que M. Cozzens et d’autres eurent une idée lumineuse : ils décidèrent deux choses : tout d’abord aider les Camerounais et, ensuite, réaliser une œuvre qu’elle aurait souhaitée accomplir elle-même, si elle avait vécu. Aussi, après concertation, on demanda aux Africains d’écrire toutes sortes de textes susceptibles de raconter la vie au Cameroun ou en Afrique. Ainsi, les Camerounais allaient en profiter, car Okônabeng avait, durant toute sa vie, incité à écrire : on sait donc qu’elle ne pouvait qu’apprécier une telle initiative. L’argent que les uns et les autres ont donné en souvenir d’Okônabeng a servi à financer ce livre que vous vous
1  Composé d’ôKôn (maladie) et de abeñ (beauté), ôKônabeñ caractérise une personne d’une extrême beauté. 2 Commentaire de l’auteur dans le texte : « car elle était très belle » 3 On sait qu’elle fut tuée par un fou. 5
4 apprêtez à lire. Toutefois, la Librairie de la Mission devait disposer de l’argent de la vente de ce livre, jusqu’à ce qu’elle soit elle-même rentrée dans ses frais, de manière à ce qu’on puisse publier un autre livre. Nous espérons que d’autres auront envie d’écrire des livres ayant la même orientation que celui-ci ou sur un sujet différent. Si par hasard une vocation s’exprimait dans ce sens, qu’elle se manifeste auprès de M. Cozzens. C’est ainsi qu’Okônabeng va continuer à vivre parmi nous, dans la louange du nom de Jésus-Christ, comme elle l’a fait tout le temps que nous avons vécu avec elle. 5 Juin 1954 , L.K. Anderson
4 Hasley Memorial Press. 5 Date de publication du livre d’Ondoua Engutu. 6
Préface Nous sommes très heureux d’avoir conservé pour les populations africaines l’un des récits qui animaient les cases du lignage. Les jeunes de nos jours n’ont plus de temps à passer dans les cases du lignage pour écouter les récits des vieux ; nous voulons leur conter ce récit qu’ont entendu leurs aïeux lorsqu’ils allaient autrefois dans ces cases du lignage. Sache que ce récit est à lire à l’instar d’un épisode du texte épique du mvet. Il en existe beaucoup, des récits de ce type. Voilà pourquoi nul ne doit penser que ce livre est le véritable récit de notre histoire. Librairie de la Mission Presbytérienne, Ebolowa, Cameroun, 1954. Dès que j’ai appris qu’on cherchait des candidats pour écrire un livre, tout genre d’histoire qu’on pouvait raconter, j’ai décidé de prendre la lourde responsabilité de vous 6 raconterLes Pérégrinations des descendants d’Afri Kara, celui qui donna son nom à notre continent, l’Afrique. J’ai décidé d’écrire ce livre car cela fait un moment que j’entends dire que nous venons d’Egypte, que nous sommes un même peuple. Ce livre tient à démontrer que nous venons d’Asie, que nous avons traversé la Mer Rouge, à l’époque où le continent asiatique était encore rattaché à l’Afrique, avant que n’existe le Canal de Suez. 7 Nous avons échappé à ce travail en nous enfuyant à travers le désert ; nous avons entrepris notre voyage vers le 6 Englerbert Mveng traduit le titre d’Ondoua Engutu parL’Exode des enfants d’Afri Kara, dansHistoire du Cameroun,p. 249. 7 Percer le Canal de Suez. Percé entre 1859 et 1869, ce canal relie, grâce à des lacs naturels, les villes de Port-Saïd sur la Méditerranée, et de Suez sur le golfe de Suez (partie septentrionale de la Mer Rouge). Un problème 7
sud et nous avons ainsi continué notre marche. Nous n’avons connu de véritable repos qu’une fois arrivés à Odjamboa. C’est ce récit que nous allons lire. Nous verrons que nous avons tous la même origine, que nous sommes issus d’une seule et même personne. Nous allons voir quelle était la manière de vivre de ces gens, leurs croyances, leur façon de penser et tout ce qu’ils faisaient. Nous verrons comment la connaissance du monde (des choses) s’est développée depuis l’organisation du Chaos jusqu’à nos jours. Ce récit n’est que l’une de ces nombreuses histoires que les anciens avaient coutume de raconter dans les cases du lignage. Afa’a Bibo, le président du rassemblement des tribus de la région d’Ambam, m’a beaucoup aidé dans ce travail. Je peux même affirmer qu’il est la cheville ouvrière de ce livre, car c’est surtout lui, m’a apporté des conseils précieux tout le temps de l’écriture sur ce qui se faisait depuis l’époque de 8 nos ancêtres jusqu’à nos jours. Afa’a est toujours vivant . Ce n’est pas tout à fait un vieillard, mais il a su bien conserver ces récits en mémoire. Il les raconte encore de nos jours. Je crois que ce que je viens de dire suffit pour vous donner le courage de suivre ce récit. « Celui qui s’occupe d’un vieillard reçoit aussi ce qu’il détient de plus secret » L’auteur : Ondoua Engutu, Mesama, Ntoumou, janvier 1948.
d’histoire se pose ici. En effet, on situe l’arrivée des Fang dans leur région dans les années 1840. Ils ne peuvent donc pas avoir échappé aux travaux du Canal de Suez. 8 L’auteur signe son texte en janvier 1948. C’est donc à cette date qu’Afa’a Bibo était encore vivant. 8
Première partie Aux origines… Afri Kara, l’ancêtre commun