Picardie, Les Histoires extraordinaires de mon grand-père

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Picardie, Les Histoires extraordinaires de mon grand-père - Rares sont les ouvrages qui vont chercher ce qui se cache derrière cette terre de cartes postales. Or cette vieille province de Picardie possède bien d’'autres trésors, bien d’'autres richesses, un patrimoine oral particulièrement original et varié, transmis de génération en génération depuis ces temps que l’'on dit "immémoriaux". Ce sont ces histoires, à faire sourire, à faire peur, à faire rêver… que nous racontaient nos grands-pères et leurs pères avant eux.


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Date de parution 27 décembre 2012
Nombre de visites sur la page 709
EAN13 9782365729758
Langue Français

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Les chemins de l’Imaginaire Picardie Les Histoires extraordinaires de mon grand-père Pierre-Jean BRASSAC Reflets de Terroir CPE
Pour Isabelle Sachy et sa mémoire mosaïque
Avant-propos
Les Histoires extraordinaires de mon grand-pèreque l’histoire et la légende montrent s’entrefécondent indéfiniment. Que Jeanne Hachette ait existé ou non, son personnagequasi historique témoigne de la résistance des habitants de Beauvais aux troupes du duc de Bourgogne en 1472. Un événement historique engendre un personnage légendaire qui, plus tard, fera l’histoire parce que, par e exemple, il inspirera certains réseaux de la Résistance au xx siècle ou les tenants d’une souveraineté nationale républicaine et laïque. L’inverse est vrai aussi : une légende, une croyance, un préjugé populaire peuvent influer sur le cours de l’histoire. Terre d’histoire, la Picardie est aussi terre de légendes. Située à la jonction des aires latine, angl o-saxonne et germanique, elle a été l’enjeu de mainte s négociations territoriales qui l’ont modelée, dévastée parfois, enrichie souvent. La fondation de son histoire et de ses légendes a b ien d’autres sources que l’action humaine : ses paysages, son relief, ses cours d’eau, sa faune, sa flore alimentent l’imaginaire picard. Qu’il s’agisse du « Leuwerou » ou de la « légende de saint Gratien », le spirituel, l’animal, le fabuleux entrent ici souvent en résonance. La culture picarde affectionne les personnages de f iction, leur offrant volontiers une apparence physique. Ce sont les Lafleur & Sandrine, les Flandrin, Lansquenet et Langlois à Beauvais, Rigobertà Crisolles, Tchoute Jacques à Ham, Éléonore et Herbert IV à Saint-Quentin, pour ne rien dire de Dudule et Amandine... Parfois géants à la grosse tête, ils sont les miroirs d’une population pratiquant tout à la fois autodérision et introspection, hardie à relever la tête contre les vents dominants. P.-J. B.
Des lieux inspirés
Les gastinelles
Marcel Pottier avait fait une longue carrière de guide culturel à Amiens. Il connaissait tout des remparts de la cité, des papes, du pont et des environs. Une fois retiré dans son village, celui de grand-père, il s’était mis à penser que la retraite calme et immob ile ne serait pas pour lui et qu’il lui faudrait développer une activité de guide local puisque tel était son métier : guider les gens, les instruire, les faire s’émerveiller devant le patrimoine naturel ou bâtie et c’est de cela qu’il tirait son plaisir. Aussi alla-t-il trouver le propriétaire de l’hôtel de Sainte-Ulphe pour lui proposer un partenariat de montage de produits touristiques, comme on le disait maintenant, avec au centre évidemment le concernant la cueillette des fameuse gastinelles. Le patron de l’hôtel trouvait que c’était une bonne idée et embrailla tout de suite le projet. De son expérience professi onnelle dans le tourisme, Marcel Pottier savait pertinemment qu’il fallait faire de la publicité et de la promotion, faute de quoi il était très difficile » de vendre quoi que ce fût. Et il fit donc passer de nombreuses petites annonces, toujours les mêmes, dans la presse quotidienne locale. Il s’était appliqué à l’écriture d’un texte qu’il croyait suffisamment efficace pour attirer de nombreux visiteurs et gagner peut-être quelques réservations pour le patron de l’hôtel. L’annonce était libellée comme suit : guide talentueux très expérimenté vous emmène cueillir les fameuses Gastinelles, fleurs rares et si précieuses qu’elles se vendent fort chers sur le marché de la capitale. Cette cueillette est l’occasion d’une très agréable visite des plus beaux sites de toute la région. Pour tous renseignements, appeler le 16 à Mirepont.
Quelques jours plus tard, à sa grande surprise, l’h ôtel reçut un grand nombre d’appels. On le connaissait à Paris et à Lille et même dans de grandes villes plus éloignées encore. Une foule de gens se montrait intéressée par cette proposition et, il faut le dire, intriguée par la cueillette de la gastinelle. Le patron de l’hôtel fut ravi quand il se rendit compte que les premiers téléphones avaient résulté en une série de réservations tout à fait prometteuse. Les clients allaient-ils affluer pour suivre Marcel Pottierà travers la Baie et par les chemins creux des enviro ns de Mirepont ? Quelques deux semaines plus tard, la première sortie de Pottier avec douze clients po ur toute une journée eut lieu à la date prévue. Il fit asseoir ses participants sous un chêne tricentenaire et leur expliqua ce que sont les gastinelles. Il les emmena ensuite par divers sentiers, sur un plateau où les oiseaux chantaient et le soleil chauffait ardemment. Mais il faut bien reconnaître que vers s eize heures, c’est-à-dire peu avant de rentrer à l’hôtel, personne n’avait encore trouvé la moindre gastinelle. On se mit à débattre sur la méthode, le meilleur endroit, la façon de regarder en se promenant. Chacun y allait de ses suggestions. On avait bes unes des autres, on ne voyait pas commenteau comparer les méthodes, assez peu différentes l améliorer la recherche des gastinelles pour la rendre définitivement efficace. Tant et si bien que le groupe revint bredouille à l’hôtel. Pendant le dîner, le patron essaya de rassurer les participants déçus en expliquant que, comme l’avait dit Marcel Pottier, la gastinelle est une fleur rare. C ’est un petit peu l’edelweiss de la Baie de Somme en somme. Et donc on ne peu pas espérer revenir le soir avec des paniers plein de gastinelles comme on peut le faire avec les jonquilles ou les iris. Le lendemain il y eut une nouvelle recherche, un nouveau départ de cueillette de gastinelles qui s’avéra aussi entièrement vaine. Marcel Pottier expliqua à nouveau, comme l’avait fait le patron la veille et comme il l’avait dit lui-même au départ de la première excursion, que les gastinelles deviennent aussi rares que les edelweiss mais elles sont encore plus coûteuses, assurait-il. La gastinelle continua de fleurir sur certains catalogues d’excursions à thèmes et nul ne s’en plaignit