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Dedans ou dehors

De
84 pages
À l’âge de onze ans, et en accord avec sa lignée et la tradition, Songan devient membre de la nécromancie. Dans cette partie de l’Afrique, être en contact avec les morts est plus qu’un privilège, c’est une responsabilité et un pouvoir. Mais comme beaucoup de jeunes Africains, Songan rêve aussi de voir le monde et de découvrir la ville moderne. Un voyage périlleux, car on ne se coupe pas de la tradition sans en payer le prix… L’Afrique doit-elle se recroqueviller sur elle-même pour garder son identité? Dedans ou dehors pose avec acuité et force l’opposition entre tradition et modernité qui secoue aujourd’hui le continent noir. Dans ce roman envoûtant sur le lien à la mort et aux ancêtres, la question des valeurs va de pair avec celle des privilèges, car il ne suffit pas d’être noble pour être respectable. Comme le dit si bien Songan: "Nous devons nous ouvrir au monde comme le monde s’offre à nous."
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IDDN.FR.010.0116448.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2012
Chapitre 1 Songan et sa socialisation La hiérarchisation des espèces humaines, phénomène social, est très prisée dans la société traditionnelle afri-caine. Laffirmation de chaque peuple passe par la socialisation des hommes, à qui on lègue les valeurs an-cestrales. Cette socialisation passe par la sélection des personnes issues dune même lignée qui se doivent de conserver le caractère sacré de linitiation reçue. Cette sélection discriminatoire amène donc les hommes choisis à vivre en autarcie, mais crée en même temps un vrai cli-vage et un sentiment de supériorité par rapport aux autres. Très souvent, on assiste à une véritable cassure, à la naissance dune stratification, dans la mesure où, au sein dun même clan voire dune même tribu, on trouvera dun côté les initiés (qui, généralement, se comportent comme les garants de la tradition, les détenteurs de pouvoirs an-cestraux, les nobles et sages), et de lautre côté les non-initiés et les roturiers (qui sont traités comme des sous-hommes, des sans-voix rabaissés au même rang que les esclaves). Ce fossé est réel et profond, vecteur dinégalités, de frustrations, de luttes intestines, de guerres deleadershipet de pratiques occultes. Cest la raison pour laquelle les castes se créent : pour asseoir leur hégémonie sur ceux qui végètent et non par volonté de fonder un so-cle solide pour mener des oppositions. Dans la tribu Rimyé Wanen, linitiation à la nécroman-cie est très ségrégationniste et suit le lignage. Or, la découverte de linvocation des morts ou esprits par les femmes na été quéphémère, dans la mesure où, preuve
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du manque de confidentialité de leur part, elles nont pas pu garder secret lobjet de cette prouesse : elles ont été victimes de leur propre turpitude. Mais les hommes, par leur cruauté, ne se sont pas fait prier pour assassiner toutes les femmes qui étaient détentrices du secret, et ceci, après quelles leur eurent livré dans les moindres détails les pra-tiques à utiliser pour linvocation des esprits. Cest la raison pour laquelle les femmes spoliées de ces pratiques ont été relayées au second plan et ont été bannies de toute initiation. Seuls les hommes et garçons dont les parents pratiquaient la nécromancie pouvaient prétendre devenir membres pratiquants et actifs, après avoir passé les rites dinitiation. Cest ainsi que le très vénéré Soko de la tribu Rimyé Wanen, pour accomplir son devoir et perpétuer la tradi-tion, jeta son dévolu sur son jeune fils Songan et alla rencontrer Koutha afin que ce dernier inscrive Songan sur la liste des futurs initiés. Koutha, fin stratège, grand maître dans la loge des in-vocateurs desprits et garant de la tradition de Rimyé Wanen, parla avec véhémence au père de Songan, ceci parce quaucune nouvelle de décès nétait parvenue dans le village ; directement, il commençait à remettre en cause linitiation de Soko. Car il était inconcevable de program-mer une cérémonie de nécromancie alors quon navait pas un corps sous la main. Koutha se demanda si les hommes du village sétaient réunis pour tuer quelquun ; à ce titre, Soko voulait peut-être lui mettre la puce à loreille. Il fit la remarque suivante au jeune homme : « Face à un harcèlement, le plus souvent lirréparable peut se produire et lon se trouve contraint à procéder par des voies occultes à lélimination de certaines personnes pour donner satisfaction à dautres. On ne badine pas avec la tradition. »
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