Espaces gemmacés de la branche remuante à la versification

-

Français
144 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Avant tout, voir la littérature autrement ! Sans séparer l'écriture esthétique de l'image évoquée et des signes graphiques nous accompagnant quotidiennement. L'ensemble s'axe sur la perception des arbres et des signes graphiques dans l'espace urbain. Les deux écrivains, pivots de l'analyse textuelle, sont Marcel Proust et Michel Butor (la poétique). Une deuxième partie énumère des manières de signifier émanant de textes littéraires du XXe siècle.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2012
Nombre de lectures 3
EAN13 9782296506015
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

Martine Cotin
ESPACES GEMMACÉS
DE LA BRANCHE REMUANTE À LA VERSIFICATION
Perceptions, anthropologie et littérature
ESPACES GEMMACÉS
Avant tout, voir la littérature autrement ! Sans séparer l’écriture esthétique DE LA BRANCHE REMUANTE
de l’image évoquée et des signes graphiques nous accompagnant
quotidiennement. L’ensemble s’axe sur la perception des arbres et des signes À LA VERSIFICATION
graphiques dans l’espace urbain. Les deux écrivains, pivots de l’analyse
textuelle, sont Marcel Proust et Michel Butor (la poétique).
Une deuxième partie énumère des manières de signifi er émanant de textes
elittéraires du XX siècle. Perceptions, anthropologie et littérature
Les images jointes ont fonction à la fois de documents de réfl exion et de
preuves à l’appui des dires.
Martine Cotin, MCF (sémiotique) au CLA de l’Université de
FrancheComté, le Centre de linguistique appliquée de Besançon accueille des
étudiants du monde entier. Elle a été élève de Roland Barthes. Elle est
actuellement rattachée au laboratoire ELLIAD de l’Université de
FrancheComté.
ISBN : 978-2-296-99647-2
14,50 euros
ESPACES GEMMACÉS DE LA BRANCHE REMUANTE À LA VERSIFICATION
Martine Cotin
Espaces littéraires










ESPACES GEMMACÉS
DE LA BRANCHE REMUANTE
À LA VERSIFICATION

















Espaces Littéraires
Collection dirigée par Maguy Albet


Dernières parutions

Richard Laurent OMGBA, André NTONFO (dir.), Aimé Césaire et
le monde noir, 2012.
Milan BUNJEVAC, Lire la poésie d’Aleksandar Petrov, 2012.
Fabrice BONARDI (sous la dir. de), Les Nouvelles Moissons,
2012.
Jean SÉVRY, Un voyage dans la littérature des voyages, 2012.
Christine FRENOT, Théodore Monod, le poète itinérant, 2012.
Anton PAVLOVITCH TCHEKHOV, Correspondant de guerre,
2012.
Ida JUNKER, Le monde de Nina Berberova, 2012.
John BAUDE, Jean Giono, de Colline à Que ma joie demeure, Le
temps suspendu, le Tout retrouvé, 2012.
Éliane ITTI, Madame Dacier, femme et savante du Grand Siècle
(1645-1720), 2012.
Victor MONTOYA, Les contes de la mine. Conversation avec le
Tio, Traduit de l’espagnol par Émilie BEAUDET, 2012.
Nathalie AUBERT, Christian Dotremont, La conquête du monde
par l’image, 2012.
Claude FRIOUX, Le Chantier russe. Littérature, société et
politique. Tome 3 : Ecrits 1969-1980, 2011
Ricardo ROMERA ROZAS, Jorge Luis Borges et la littérature
française, 2011.
Deborah M. HESS, Palimpsestes dans la poésie. Roubaud, du
Bouchet, etc., 2011.
Alexandre Ivanovitch KOUPRINE (Traduit du russe, introduit et
annoté par Françoise Wintersdorff-Faivre), Récits de vie dans la
Russie tsariste, 2011.
Pascal GABELLONE, La blessure du réel, 2011.
Jacques PEZEU-MASSABUAU, Jules verne et ses héros, 2011.
Samuel ROVINSKI, Cérémonie de caste (traduit de l’espagnol par
Roland Faye), 2011.
Mirta YANEZ, Blessure ouverte, 2011. Martine Cotin






ESPACES GEMMACÉS
DE LA BRANCHE REMUANTE
À LA VERSIFICATION

Perceptions, anthropologie et littérature




















































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-99647-2
EAN: 9782296996472

Parloir d’entrée

L’écran de l’ordinateur est devenu la nouvelle fenêtre et
réédite les habitus de perception. Quel est cet arbre là qui fait
son apparition sur la toile ? Quel paysage (ou ‘Bildschrift’)
choisi pour la page d’ouverture de mon fidèle
ordi-ordonateur ?
M. Proust ne s’était-il pas déjà confronté au même problème
en prenant pour écran la vitre de la voiture de poste en
Normandie, en un autre temps.
Parallèlement, des signes graphiques nous assaillent de plus
en plus nombreux dans l’espace urbain ou d’agglomération ?
Comment s’y retrouver, s’y repérer dans le rapport à
l’interculturalité d’aujourd’hui.
Le poème, langue-culture condensée, esthétisée, n’est-il pas
le meilleur outil à notre disposition, à retrouver, à condition de
lui retirer la gangue édulcorée contractée dans les écoles de la
République et des radios culturels ou encore s’essayant à
l’interculturel ?
Les manières anthropologiques de signifier se subdivisent et
sont innombrables à repérer. Repérages qui n’ont pas de fin et
qui s’ouvrent autrement grâce à l’interculturalité.




7





Première partie


Perception, anthropologie, littérature






Chapitre 1
Perception et cultures



« L’écriture de la quotidienneté : une écriture
d’images puissante et silencieuse. Cette écriture
d’images apparaît aux marges de la
mélancolie. »
1Peter Handke, (carnet de notes)

« Un œil rivé sur le film passant au-dessus de sa
tête, l’autre sur le paysage qui défilait tout en
bas. »
Peter Handke (dans l’avion)



Préambule

La dimension interculturelle nécessaire à la construction
complète du visible a souvent été négligée en Europe, en
contraste avec d’autres cultures, en particulier les cultures
asiatiques. Des liens sémantiques ne s’établissent pas
suffisamment entre langue écrite, espace environnemental et
repérages symboliques, quotidiens et de toutes sortes.
Pour essayer de décanter ces emmêlements, on a privilégié
d’abord des exemples pris au cœur de l’apprentissage comme la
traduction des noms d’arbres. On s’interroge ensuite sur le
paysage, ses différents degrés de compréhension toujours
mouvante. Puisque ce paysage est la résultante d’une suite
d’autres transformations, il n’est pas non plus immuable. En
troisième position, une place est accordée aux signes graphiques
en espace urbain qui se multiplient de plus en plus. Tous les

1 Peter Handke, Hier en chemin, Verdier, 2011, p. 223.

11 publics passent facilement de l’écriture composée à des signes.
Sur ce point l’école est régressive.
Le même intérêt se reporte ensuite sur un texte littéraire de
M. Proust traitant le rapport de l’image à la perception, C’est
encore plus probant par un autre exemple de M. Butor qui
permettra d’avancer vers un texte plus dense de poésie récente.
Autant de tentatives pour dresser un intermédiaire entre la
langue et l’objet, entre l’écriture et l’espace. Autant de manières
de signifier.


Trois exemples

Il s’agit de donner trois exemples d’utilisation de nos
perceptions visuelles quotidiennes d’une manière plus
technique afin de les utiliser comme support de réflexion, à la
recherche d’un mot à comprendre, dans une langue étrangère,
en rapport avec le référant adéquat mais aussi avec la
connaissance culturelle associée. Tout d’abord, l’exemple de
l’arbre, ensuite l’étude du paysage et enfin l’intérêt pour des
signes graphiques de l’espace urbain, en insistant sur leur rôle
dans la cohésion de notre perception visuelle culturelle et
interculturelle.
Nos nombreuses perceptions visuelles interculturelles sont
construites comme il en est pour tout objet de nature culturelle,
introduisant, dans notre cas, à la précompréhension, à
l’apprésentation du monde social vécu. Observation attentive,
enthousiaste, compréhension participante se conjoignent à ce
stade. Nous pouvons en devenir encore davantage conscient en
2nous appuyant sur la notion de « Logique graphique » inventée
3par Jack Goody , surtout pour fonder des échanges
interculturels, à condition de faire subir à cette notion une
extension (du texte à l’image, du livre à l’environnement) et de
l’articuler avec la langue en particulier dans sa dimension
spatiale, c’est-à-dire tout ce qui relève de l’écriture ou plutôt du

2 Par logique graphique, on entend des spécificités visuelles à détecter qui font
sens, sans recourir obligatoirement à la verbalisation.
3 Jacques Goody, La raison graphique, Minuit, 1979.

12 4 5« mondécrit » ou de la scripturalité selon les terminologies
actuelles. Car, l’analyse spatiale des composants de l’image
perçue vient animer la vie mentale de celui qui vise un objet.
Toute perception attentive entraîne un retentissement
6significatif à la fois dans la pensée et la sensibilité humaine . La
rencontre de la langue-culture étrangère est une occasion de
répondre de ces esquisses de sens, d’abord devant soi-même, et
avec d’autres. Il existe, dans la compétence interculturelle
visuelle, une entr’expression du subjectif et de l’objectif qui est
le propre de l’expérience de la vie quotidienne. Des réseaux
s’élaborent, à tester en fonction des déploiements, d’autres
assortiments de la langue.
La mémoire culturelle humaine est fondamentalement
spatialisée, il ne s’agit pas d’un système secondaire comme
l’ont dit les sciences cognitives dans leurs balbutiements. C’est
une dimension à part entière que l’on traverse comme relation
individuelle aux lieux et aux objets. La perception inter-visuelle
est une médiation à amplifier, à concrétiser dans la singularité
attentive des langues-cultures. Meubler, orner, aménager un
espace, tel est le dilemme archétypal de la pensée humaine, en
face à face avec l’espace-environnement, comme avec
l’espace7graphique . Comment traiter humainement, culturellement,
l’espace en face de nous ? Et l’on ajoute aujourd’hui
écologiquement.
Que se passe-t-il exactement quand, dans l’immense champ
visuel, une image se trouve sélectionnée, qu’elle ‘saute aux
yeux’, selon l’expression consacrée. Elle s’affiche fortement
parce qu’elle s’associe à une pensée qui la traverse, tout à coup,
ou encore, comme l’écrit Peter Handke, « Je me mets à

4 Plus que J. Derrida, c’est encore G. Frege qui a initialisé cette attention à la
dimension écrite de la langue. Cf. Gottlob Frege, Ecrits posthumes, Jacqueline
Chambon, 1994.
5 Martine Cotin, Scripturalité, L’Harmattan, 2009.
6 Dans le défilé des percepts visuels, tout à coup, une image s’interpose
comme un « arrêt sur image » à partir de laquelle les élaborations personnelles
s’élaborent.
7 De là, plusieurs pratiques peuvent être redéfinies en termes d’espaces ne
serait-ce que la littérature.

13