Fils à maman. Récit. Tome 2
275 pages
Français

Fils à maman. Récit. Tome 2

-

275 pages
Français

Description

Cette oeuvre autobiographique retrace le parcours de l'auteur depuis son enfance, marquée par le divorce de ses parents. Dans ce second tome, les deux êtres les plus chers au coeur de l'auteur sont de nouveau réunis. Mais lorsque les attentes de ces retrouvailles ne sont pas au rendez-vous, l'espoir s'effrite et finit par laisser place à une résignation oppressante. Quant à l'amour, il donne des ailes et insuffle l'espoir, mais il peut aussi mener à une terrible dépression. Seinkoun Samoura, homme entier et humain, a connu cette dernière à force d'obstination morbide.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 janvier 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140169557
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

SEINKOUNSAMOURA
Fils à maman Récit
TOME 2
GUINÉE
Fils à maman
Seinkoun Samoura
Fils à maman
Récit
TOME2
LESIMPLIQUÉS
© LESIMPLIQUÉS, 2021 5-7, rue de l’École-Polytechnique – 75005 Paris
www.lesimpliques.fr
ISBN : 978-2-343-22052-9 EAN : 9782343220529
AVANT-PROPOS
«Quoi deplus merveilleuxque de voir réunis à nouveau ses deux êtres chers. Mais lorsque les attentes de cette réunion ne sontpas au rendez-vous, l'espoir s'effrite et finit par laisserplace à une résignation oppressante, etquelque peu voilée. L'amour nous donne des ailes, et nous insuffle aussi de l'espoir, mais comme vous le savez, tout cequi est invétéré devient diabolique. On n'oubliepas facilement sonpremier grand amour, et c'estpeu de le dire, surtoutquand on a tant trimé et bavépour une fille aupoint de sombrer dans la pression... Peut-êtrequeje ne saispas faire les choses à moitié,peut-êtreque c'est ma nature, oupeut-êtreque c'est tout simplement humain.Quoiqu'il en soit, l'attention de maman me sauvera toujours. Ce second tome vous en diraplus sur les conséquences de mon obstination... »
7
CHAPITRE1La réconciliation :1999/2000
Des jours et des mois passèrent avec leurs tracasseries quotidiennes. J’avais beaucoup changé, ça se voyait. Était-ce le canari ? C’était Dieu, c’était lui qui m’y avait conduit. En tout cas, j’avais changé, je me sentais responsable.
Papa aussi avait changé, pas dans le sens où nous l’espérions. Notre condition de vie se détériorait, les repas devenaient de plus en plus frugaux. Nous qui avions l’habitude de donner la bouffe au voisinage pour éviter le gaspillage étions réduits au strict minimum. Les choses se dégradaient, ce n’était plus la même vie. Les cheveux grisonnants et visiblement embarrassé, papa avait du mal à joindre les deux bouts. Malgré le poste qu’il occupait, les dépenses s’accumulaient et sa gestion financière à la maison devenait drastique. Tout ce dont on pouvait se passer était mis de côté, et le reste faisait l’objet d’une sévère restriction budgétaire. C’était un autre épisode auquel il fallait s’adapter. Il avait desserré l’étreinte avec nous vu la situation, nous n’étions plus aussi acculés qu’avant. Nous pouvions respirer, mais lui, il s’essoufflait, ça se voyait qu’il avait besoin d’assistance. Tantie Mariame ne travaillait pas, ce qui rendait la situation encore plus compliquée, elle dépendait de l’assistance de ses parents. Le voir ainsi me peinait beaucoup, j’entrepris de l’aider au mieux, ça sert à cela une famille. Je lui payais des pâtisseries le soir avec ma petite économie et parfois avec l’argent de mon goûter à l’école que maman me donnait. Le menu variait en fonction du contenu de ma tirelire, lesfriandset lesmokasquand ça
9
allait bien, lesmini cakesc’était chaud. Il prenait lorsque plaisir et s’y habituait. Il y avait de ces jours, n’ayant pas un rond pour le satisfaire, je le rejoignais au salon pour l’assister autrement, en causant un peu avec lui de tout et de rien. « Il n’y a rien au menu aujourd’hui ? » remarquait-il. On se contentait de notre habituelle bouillie de riz (Bouillie blanche). Les matins, c’était du « café police » c’est-à-dire pain sans tartine avec du kinkéliba simple. Un jour, je demandai à maman de préparer quelque chose pour lui, un très bon plat de préférence, comme il les aimait bien. Elle m’écouta très émue, et prépara un copieux plat, du poulet avec des frites etaloco. Ce jour-là, on se régala à la maison. Il se prêtait au jeu, évidemment que ça l’arrangeait, ça le changeait de notre habituel plat de résistance pas du tout résistant ! C’est ainsi que la bouillie fut reléguée à sa juste place de simple dessert. C’était du bonheur de pouvoir lui procurer de la joie. Après une bonne action, j’aimais lorgner sa réaction et celle des gens en général pour mieux lire la satisfaction sur leur visage. Ça fait du bien de faire du bien. Subtilement, ma maturité prenait du galon, il était temps de passer à l’étape suivante. Un soir, après un autre repas copieux, ce genre de mets qui émoustille le palais et rend gai de satiété, je lui fis part de ma volonté jusqu’alors secrète. Papa, je sais que ça n’a pas toujours été facile entre nous, je te présente mes excuses pour tout le désagrément que j’ai pu te causer... Il se raidit un peu et prit son air sérieux, curieux d’entendre la suite. Mais autant que je m’en souvienne, je ne t’ai rien demandé depuis que j’ai réussi au BEPC et au Bac 1. S’il te plaît, j’aurais voulu que tu te réconcilies avec la maman, que tu mettes fin au divorce. Ensemble, vous arriverez à surmonter beaucoup de choses.
10