90 pages
Français

Firebird

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Automne 1999, Marc quitte Paris pour effectuer son service militaire à Montpellier. Il y croise le flamboyant Sebastian, qui fait partie lui aussi des dernières vagues d’appelés. Entre les deux hommes unis par une amitié virile, une femme, Stéphanie, sensuelle et fascinante. Marc l’ignore encore mais sa vie va être bouleversée à jamais…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 12 janvier 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363157157
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Firebird
La vie par les deux bouts
Thomas Harnois
© 2017 ISBN:9782363157157
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Prologue
Table des matières
1ère partie : nouvelle donne
I Exposition sud
II Votre mission si vous l’acceptez
III Entre chiens et loups
IV Vivre après minuit
V Noble art
VI Match retour
VII Zénith Sud
VIII Rencontres
IX Parenthèse parisienne
X Sur le ring
2ième partie : tierce majeure
I Elle
II Printemps et plages
III Les héros de l’Hérault
IV La chute d’un monde
V Soirée d’adieu
VI Matin mélancolique
VII Embrasser sa destinée
Remerciements
Biographie
Aux astres incandescents traversant nos existences pour les illuminer. Aux héros, aux mythes, aux souvenirs éternels. À la vie, à l’espoir, à la jeunesse intrépide et impétueuse. À la beauté fragile des sentiments humains. Puissent-ils nous préserver à tout jamais de l’auto-anéantissement.
Prologue
Lorsque le TGV arriva enfin à destination, la violente lumière le frappa comme un gigantesque glaive enflammé. « Montpellier : terminus du train, la SNCF vous remercie de votre fidélité » grésilla la voix du contrôleur dans laquelle chaque mot tanguait sous les inflexions de l’accent méridional. Marc Chalain émergea en sursaut de la brume cotonneuse dans laquelle son esprit baignait durant les trois heures et demi du trajet, prit ses maigres bagages et descendit nerveusement les quelques marches qui menaient jusqu’au quai. Après avoir pris appui sur la plateforme de béton, il marqua un temps d’arrêt et soupira en pensant qu’il était finalement arrivé dans cette ville où il allait devoir effectuer son service militaire. En descendant d’un niveau par les escalators grinçants de la Gare Saint-Roch, le sentiment d’éblouissement s’accrut encore, la lumière intense transperçant en murs d’onde pure les larges baies vitrées du hall d’accueil. Peu habitué à pareil éclat en plein mois de novembre, Marc avança en plissant les yeux, scrutant la foule qui se pressait en masses compactes dans l’habituel va-et-vient des départs et arrivées des fins de week-ends. Il distingua une haute silhouette se détachant de la foule et l’identifia par le panneau qu’elle portait. Comme convenu, le directeur de la société Hersys 34 l’attendait dans le hall et l’accueillit d’un bonjour sonore. L’homme, dénommé Berthaud, était un quinquagénaire d’allure élancée, élégante et sportive. Ses cheveux grisonnants étaient soigneusement peignés et son large sourire carnassier laissait apparaître de belles dents blanches qui ne ressortaient que mieux sous sa peau brunie par le soleil. Le contraste avec Marc, qui était de taille moyenne, de constitution frêle, pâle de peau mais surtout affublé d’une vilaine coupe en brosse fruit des exploits du coiffeur militaire lui creva immédiatement les yeux. À peine remis du choc initial de son arrivée, il sentit la poigne franche et professionnelle imprimée par les larges mains du directeur. Tout en le guidant à l’extérieur de la gare, Berthaud lui indiqua une vieille 605 Peugeot garée à proximité. Avant de monter dans la voiture, Marc jeta un coup d’œil à la place Auguste Gibert, qui semblait recevoir comme une cuvette les flux continuels des passants des rues de Maguelone et de la République. Berthaud démarra et s’inséra en souplesse dans le trafic plutôt dense en ce dimanche après-midi. La façade néoclassique de la gare s’éloigna peu à peu, faisant place à des rues plus larges
et dégagées. Tout en soutenant la conversation, Berthaud manœuvrait son vieux paquebot d’une main sûre, glissant sans effort apparent d’une file de voitures à l’autre. Curieux, Marc observait les images qui défilaient sous ses yeux à travers la vitre légèrement embuée. Le centre-ville laissait deviner à travers les façades de calcaire clair des bâtiments un charme mélangeant modernité tapageuse et tradition méridionale. Mais cette impression ne s’imprima que fugacement dans son esprit car Berthaud s’éloignait du centre, empruntant des avenues répondant aux noms des habituels symboles républicains : Gambetta, Clémenceau, Liberté pour rallier au sud-ouest de la ville le quartier de l’Estanove où se situait leur destination. L’homme était volubile, d’abord plutôt agréable et habitué à organiser en sa qualité de chef d’entreprise l’aspect pratique des choses. Après avoir tourné dans la rue Lepic, la Peugeot stoppa devant l’EAI, l’École d’Application de l’Infanterie où Marc allait être hébergé une année durant. Cette école qui formait depuis la fin de la Seconde guerre mondiale les officiers d’infanterie de France mais également de l’étranger, occupait un vaste domaine de plus de 20 hectares. Marc fut frappé par l’imposante grille d’entrée destinée à laisser passer des camions ou des blindés et par les hauts murs hérissés de barbelés qui ne laissaient aucun doute sur la nature militaire de l’endroit. Après avoir pris ses bagages dans le coffre de la 605 et remercié Berthaud pour son amabilité, Marc remplit les formalités administratives d’usage pour son admission et pénétra dans l’enceinte de l’établissement. Il marcha une dizaine de minutes sur de longues avenues propres, longea les larges bâtiments austères qu’on retrouve dans toutes les casernes du monde, laissa sur sa gauche une place d’armes où flottait fièrement le drapeau tricolore et après avoir traversé le petit pont qui enjambait la rue des Chasseurs, découvrit l’immense espace du Parc Montcalm qui s’étalait sous ses yeux. Sur sa droite, après de nouveaux bâtiments de stature plus modeste, se dessinait une piste d’athlétisme qui semblait prolongée au loin par des terrains d’entraînement encadrés d’arbres parfaitement taillés. L’ensemble dégageait dans la lumière déclinante d’une fin d’après-midi de novembre, un incroyable sentiment de force et de sérénité auquel il ne put rester insensible. Mais Marc, pressé à présent de s’installer, ne s’attarda qu’un moment à la contemplation du parc et suivant à la lettre les indications du soldat qui l’avait accueilli à l’entrée, tourna à gauche pour emprunter le petit chemin gravillonneux qui devait le mener à son logement. En cheminant d’un pas vif, il reconnut les installations du parcours du combattant composées d’échelles de cinq mètres, de fossés remplis ou non d’eau, de murs et de fils de fer à même le sol. À travers le feuillage des arbres, il distingua les longues constructions parallélépipédiques de trois étages destinées à héberger les officiers. Il grimpa les marches jusqu’au second étage et finit par trouver sa chambre située à l’extrémité d’un couloir vétuste et faiblement éclairé. La chambre était petite, simple, un peu défraîchie mais fonctionnelle avec un lit en fer, un petit bureau, quelques étagères, une penderie et un mini coin lavabo, les toilettes et les
douches étant collectives. Éprouvé par son voyage et par l’excitation de la nouveauté, Marc posa ses bagages sans même les ouvrir, s’étendit de tout son long sur lit et se laissa aller à la rêverie.
1ère partie : nouvelle donne
I Exposition sud
Nous étions en 1999 et en cette fin de millénaire, tout semblait confusément sous l’impulsion de puissantes et obscures forces mystiques soumis au changement. L’institution militaire n’échappait pas à cette règ le générale quasi divine et le gouvernement de Jacques Chirac avait décidé d’abolir progressivement le service national tel qu’il était en vigueur depuis la Révolution française, pour confier la Défense du pays à une armée de métier. Programmée en 2003, la fin de la conscription obligatoire rendait les dernières vagues d’appels sous les drapeaux encore moins supportables pour une jeune population masculine plus encline à l’hédonisme libertaire qu’à endurer l’aspect jugé contraignant voir abrutissant de la vie de soldat. Naviguant donc à rebours des courants dominants de son époque, Marc avait, plutôt que d’essayer d’obtenir un énième recours afin de retarder l’échéance pour échapper à ce que d’aucuns considéraient comme une perte de temps, une corvée inutile voir un drame personnel, bravement tenu à appartenir aux dernières fournées de jeunes hommes destinés à passer à la moulinette de la grande muette. Il est vrai que son Bac+5 universitaire spécialisé en informatique avait semble-t-il obtenu quelques crédits auprès des recruteurs et lui avait permis de décrocher un statut convoité de scientifique du contingent lui assurant en théorie un traitement de faveur. Lorsqu’il avait appris de surcroît qu’il avait été affecté à Montpellier pour mettre ses compétences au service d’Hersys 34, une startup de la région qui travaillait pour la Marine, Marc avait sauté sur l’occasion de quitter Paris pour s’offrir une année qu’il estimait de transition entre le monde encore confortable des étudiants et celui considéré comme plus rude du travail. Passage obligatoire avant de rejoindre son affectation finale, les fameuses classes avaient envoyé Marc au CFM, Centre de Formation Maritime d’Hourtin, vaste complexe de la côte bordelaise situé au nord de Lacanau. Alors qu’il redoutait ce mois réputé difficile où les nouvelles recrues étaient soumises à des exercices physiques éreintants censés développer les qualités nécessaires à l’exercice de leurs fonctions : respect de la hiérarchie, discipline, esprit de corps, résistance et aptitudes de base au maniement des armes, Marc avait été surpris du peu de consistance du processus réellement mis enœuvre sur place. Il semblait que les instructeurs sentant la fin toute proche des cycles de formation des futurs appelés, levaient le pied et se montraient moins exigeants avec des recrues qu’ils méprisaient ouvertement en raison de leurs niveaux d’études supérieures. Oh bien sûr, la cinquantaine de bonhommes de sa promotion avaient eu droit à quelques mises en situation pour se mettre dans l’ambiance : séances à rallonge de marche au pas dans la cour, de lits au carré, de quarts de nuit à garder des couloirs vides et