Genre et réécriture de l

Genre et réécriture de l'histoire

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326 pages
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Cet ouvrage montre les conditions d'élaboration et de production des langues et écritures qui relient une mémoire subjective à une mémoire collective, en réécrivant l'histoire par-delà les violences, les dénis, les refoulements et les censures. L'auteur analyse L'histoire qu'on réécrit avec la mémoire, centrée sur les "femmes de réconfort", survivantes de l'esclavage sexuel en Corée du Sud pendant l'occupation japonaise, et s'intéresse ensuite au texte autobiographique de Theresa Hak Kyung Cha, Dictée, dans lequel elle construit une autre histoire de la Corée du Sud à partir de son histoire familiale.

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Ajouté le 01 septembre 2016
Nombre de lectures 6
EAN13 9782140017162
Langue Français
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Annie Jisun BA E
Genre et réécriture de l’histoire Témoignages, langues, autobiographie à plusieurs voix
Espaces EL Littéraires
Préface de Nadia Setti
Genre et réécriture de l’histoire
Espaces Littéraires Collection fondée par Maguy Albet Dernières parutions Anne-Marie REBOUL et Esther SÁNCHEZ-PARDO (éd.),L’écriture désirante : Marguerite Duras, 2016. Gladys M. FRANCIS, Amour, sexe, genre et trauma dans la caraïbe francophone, 2016. Fabienne GASPARI,L’écriture du visage dans les littératures francophones e et anglophones, De l’âge classique au XXI siècle, 2016. Yulia KOVATCHEVA,Modernité esthétique chez André Malraux,2015. Hanétha VETE-CONGOLO (dir.),Léon-Gontran Damas : Une Négritude entière,2015. Naïma RACHDI,L’art de la nouvelle entre Occident et Orient, Guy de Maupassant et L’Égyptien Mahmûd Taymûr, Influence de la littérature française sur la littérature arabe moderne, 2015. Augustin COLY,Duplications et variations dans le roman francophone contemporain, 2015. Marie-Denis SHELTON,Eloge du séisme, 2015. Marie-Antoinette BISSAY et Anis NOUAIRI,Lorand Gaspar et la matière-monde,2015. Thierry Jacques LAURENT, Le roman français au croisement de l’engagement et du désengagement,2015. Moussa COULIBALY et Damien BEDE, L’écriture fragmentaire dans les productions africaines contemporaines,2015. Jean Xavier BRAGER, De l’autre côté de l’amer, Représentations littéraires, visuelles et cinématographiques de l’identité pied-noir,2015. Isabelle CONSTANT,Le Robinson antillais. De Daniel Defoe à Patrick Chamoiseau, 2015. Tiannan LIU,L’image de la Chine chez le passeur de culture François Cheng, 2015. Jakeza LE LAY, Le Parnasse breton. Un modèle de revendication identitaire en Europe, 2015.Servilien UKIZE,La pratique intertextuelle d’Alain Manbanckou. Le mythe du créateur libre, 2015. Elena BALZAMO,». Dix essais sur Strindbergsuis un vrai diable « Je , 2014. Fatima AHNOUCH,Littérature francophone du Maghreb. Imaginaire et représentations socioculturelles, 2014. e Céline BRICAIRE,Une histoire thématique de la littérature russe du XX siècle. Cent ans de décomposition, 2014.
Annie Jisun BAEGenre et réécriture de l’histoire Témoignages, langues, autobiographie à plusieurs voix
Préface de Nadia Setti
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07737-6 EAN : 9782343077376
À Namhong Min, ma mère
PRÉFACE Le souci de la parole des femmes : retraduire, écrire, remédier la mémoire et l'histoire Nadia SETTI L'autobiographie comme la mémoire a fait l'objet de nombreuses études, certaines constituent une référence incontournable, depuis plusieurs années, dans le champ et la théorie littéraires. Dans le cas de cet ouvrage d’Annie Jisun Bae, nous allons aborder l'autobiographie non pas uniquement comme genre littéraire, mais comme expérience à la fois singulière et plurielle, qui naît d'un parcours de vie, d'une pratique historique et politique à la fois individuelle et collective des femmes. L'autobiographie est confrontée à un tournant qui se situe exactement à la lisière entre « je » et « nous ». Des simples sujets de l'énonciation, certes, mais nous sommes-nous demandés que signifie parler à la première personne, ou même écrire en utilisant cette personne « je » ? Cette étude nous fait découvrir toute la portée et la souffrance que comporte devenir sujet de parole dans la langue, pouvoir accéder à l'écriture à partir d'un silence. Ce silence a été et peut être encore celui de tant de femmes, de personnes qui ont été privées de leur mémoire, de leur langue, de leur subjectivité. Raconter sa vie (silencieuse, interdite) dans sa langue, à d'autres disposées à l'entendre et à la transformer en écriture : voici, un des parcours que cette étude de l'autobiographie à plusieurs voix nous propose. Bien évidemment, il s’agit d’inventer d’autres modalités de l’autobiographie qui ne se limiterait pas à une seule personne et voix, mais serait partagée par un collectif pluriel de sujets, mémoires, écritures différentes. Le rapport n’est donc pas entre « je » et le sujet de la langue (niveau symbolique), mais « je » et les sujets en écriture dans l’Histoire en général et en particulier l’histoire d’un pays, la Corée, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours. Cette autobiographie plurielle est donc l'entrée qui nous est proposée pour une nouvelle approche des traumatismes et histoires douloureuses vécues au cours des conflits et des occupations impérialistes et colonisatrices. C'est donc après la fin de ces guerres, à l'époque post-guerre et postcoloniale, que des voix resurgissent pour mettre en cause la mémoire et l'écriture de l'histoire : des voix de femmes. C'est donc également dans l'autre signification que l'on attribue au « post- » que ce travail insiste pour nous rappeler qu'il y a un devoir et un droit de récit de ce passé par des mémoires et des sujets qui n'ont pas été jusqu'à ce jour entendues. D'où la question brulante : comment peuvent-des femmes écrire ou mieux venir à l’écriture, alors qu’elles sont privées de langue et de l’accès à leur propre histoire dans un contexte historique et politique, d’oppression et de
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