Côte-Blanche

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234 pages
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Description

Dévastée par sa dernière confrontation avec William, Lauriane est prête à tout pour éclaircir le terrible malentendu qui fait rage entre eux. C’est donc sans l’ombre d’une hésitation qu’elle prend la route vers le chantier. Mais elle ne tardera pas à comprendre que sa détermination devra être sans faille face au courroux de William… Saura-t-elle trouver la brèche dans sa défensive et édifier un pont lui permettant de franchir le fossé qui les divise? Si son séjour au chantier s’annonce houleux, son retour à Côte-Blanche sera sous le signe de l’inattendu. Norah, convaincue que l’entité qui erre au manoir a un message à délivrer, fait une surprenante proposition à Lauriane. Qui est donc cette âme visiblement tourmentée et pourquoi demeure-t-elle rattachée à ce monde? Voilà ce qu’elles tenteront de découvrir. Une quête qui n’ira toutefois pas sans conséquences, apportant son lot de frissons, d’angoisse et de tumulte entre les murs de cette demeure, où une volonté d’outre-tombe semble s’opposer farouchement à ce que l’on en déterre les secrets. Quel sort attend les nouveaux occupants du manoir? Et surtout, quel est le
véritable dessein de cette entité qui y habite?

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Date de parution 22 janvier 2015
Nombre de visites sur la page 17
EAN13 9782897522704
Langue Français

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Copyright © 2014 Marie-Claude Charland Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-268-1 ISBN PDF numérique 978-2-89752-269-8 ISBN ePub 978-2-89752-270-4 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Charland, Marie-Claude, 1978-Côte-Blanche L’ouvrage complet comprendra 4 volumes. Sommaire : 3. Empreintes du passé. ISBN 978-2-89752-268-1 (vol. 3)
I. Charland, Marie-Claude, 1978- . Empreintes du passé. II. Titre. III. Titre : Empreintes du passé. PS8605.H368C67 2013 C843’.6 C2013-941886-5 PS9605.H368C67 2013
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Remerciements
Mes plus sincères remerciements à ma tendre moitié, grâce à qui j’ai pu consacrer du temps à ce roman ; à ma sœur de cœur, Johanne, pour ton éternel soutien et ta grande confiance en cette histoire ; à ma chère Diane, pour ton œil affûté et ton jugement toujours aussi impartial ; à ma très chère amie Jocelyne, pour ta franchise, ta disponibilité et tes commentaires si précieux qui m’ont permis de chausser des lunettes de lectrice pour regarder mon texte ; à Diane L. et « Moe », pour votre efficacité à combler mes lacunes en anglais ; et enfin, merci à tous mes lecteurs pour vos messages qui me vont droit au cœur chaque fois et qui me poussent à me dépasser mot après mot… MCC
Il apparaît impossible que la folie puisse se répandre tel un virus contagieux. Mais, pour ma part, je suis loin d’en être convaincu… WILLIAMFEDMORE
1 Dne mission… possible ?
L a cape P’un blanc scintillant qui habillait les résineux tranchait sur le vert sombre Pe leur parure P’aiguilles. Mouillée et pesante, la neige tombée la veille avait fait courber l’échine Pe quelques arbres, comme pour les inviter à exécuter une révérence Pevant sa beauté glacée. Certains formaient Pes arches au-Pessus Pe la route où cheminaient le traîneau et ses Peux occupants. Certains autres, PescenPant visiblement trop bas, avaient été coupés et gisaient sur le sol Pans un effluve Pe résine. L’opération Pevait avoir été effectuée par William et ses bûcherons lors Pe leur récent passage, présuma Lauriane en passant sa mitaine au coin Pe ses yeux, que la bise faisait larmoyer. Le rePoux Pe la veille avait été Pe courte Purée, chassé par le retour P’une masse P’air arctique Pigne P’un mois Pe janvier québécois. Mais, si morPant que pût être le froiP, il n’émoussait en rien la farouche Pétermination qui habitait la jeune femme, et ce, Pepuis la seconPe même où elle avait PéciPé P’aller rejoinPre son mari au camp Pe bûcherons. our elle et son honneur écorché, aucune autre option n’était envisageable. Elle ne pouvait pas laisser William croire Pes abominations sur son compte et elle l’aurait suivi jusqu’au bout Pu monPe pour le Pétromper si cela avait été nécessaire. Sous ses épaisses couches Pe vêtements et Pe fourrures, sa peau fut souPain parcourue P’un long frisson. dire qu’il croyait qu’elle avait tout orchestré pour tomber enceinte et se faire passer la bague au Poigt ! Cela inPignait Lauriane au plus haut point et elle se sentait tanguer au borP Pu malaise rien qu’à y penser. Elle se revoyait avec lui, Pans cette chambre luxueuse choisie au hasarP après qu’il l’eut si cavalièrement mise à la porte Pe la sienne. L’expression Pe son regarP, quanP il lui avait révélé être au courant pour l’aphroPisiaque Pans le thé, accablait encore la jeune femme Pes heures après. Si cuisante Pe haine, si lourPement chargée Pe mépris… Et que Pire Pe sa propre Pétresse, Pe l’impuissance qu’elle avait ressentie Pu fait Pe ne pouvoir conjurer les fouPres qui s’abattaient sur elle ? William était parti pour le chantier en l’abanPonnant à sa Pévastation. Or, en voyant Neil atteler le traîneau en vue P’aller chercher au village Pes marchanPises Pestinées aux bûcherons, Lauriane n’avait pu résister à cette occasion inespérée Pe plaiPer sa cause auprès Pe son mari. Ainsi avait-elle PemanPé à l’employé Pe l’amener, et il avait eu la très granPe amabilité P’accepter. Aussitôt, elle s’était empressée Pe rentrer au manoir pour préparer ses bagages. Elle avait commencé par faire Péverrouiller la porte Pe la chambre Pe William par Bruce. Ce Pernier ne Pevait avoir reçu qu’un minimum P’informations, voire aucune, sur cette incongrue situation et son ignorance s’était reflétée Pans sa façon P’être, empreinte P’une certaine gêne que la jeune femme partageait aisément. Dn mari qui interPisait à sa femme l’accès à la chambre conjugale, sauf sous la supervision P’un Pomestique… Bruce Pevait beaucoup s’interroger, bien qu’il n’en ait rien montré. Refusant toute assistance, Lauriane avait posé sur le lit un sac Pe voyage, Pe même que la vieille valise en cuir Pe sa mère, et y avait mis tout le nécessaire pour son séjour au chantier. dans l’autre chambre, elle avait sélectionné le reste Pes vêtements à emporter. Son Péménagement Pans Pe nouveaux appartements attenPrait à son retour. d’ici là, elle avait PemanPé à ce que l’on ne touche à rien.
Ses bagages bouclés, elle n’avait eu plus qu’une Pernière chose à faire : prévenir Norah Pe son Pépart. Elle avait trouvé la vieille Pame Pans la salle à manger, en train Pe prenPre son petit Péjeuner. L’éclatante lumière du matin traversait les fenêtres habillées de velours fleurdelisé, baignant généreusement la pièce où flottait la bonne odeur du bacon, des œufs brouillés et du beurre fondu. Assise à la grande table en acajou nappée de dentelle, Norah tourna un visage souriant vers la jeune femme qui faisait son entrée. — Bonjour, mon enfant ! Je ne croyais pas que vous vous joindriez à moi ; je vais demander à ce que l’on vous dresse un couvert. — Non, ce n’est pas la peine, j’ai déjà mangé, l’informa Lauriane en lui rendant son sourire. — My Lord ! Toujours aussi matinale ! Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, vous auriez dû faire l’effort de prolonger votre nuit, vous me paraissez épuisée. Un sillon creusé entre ses sourcils chenus, Norah scrutait son visage aux traits altérés par la fatigue et la contrariété. La jeune femme se tira une chaise et s’y laissa choir. — Je n’ai pas bien dormi, confessa-t-elle avec lassitude. Il s’est passé quelque chose hier soir qui m’a mise tout à l’envers… Elle crut voir les épaules de la vieille dame s’affaisser. Hochant la tête, Norah posa dans son assiette le scone au fromage qu’elle tenait, comme s’il ne lui faisait tout à coup plus envie, et endossa un air navré. — Je vous avouerai que je m’en doutais. Des domestiques ont cru vous entendre vous disputer, William et vous. C’est de cela qu’il s’agit ? Lauriane s’agita sur sa chaise. — Je ne savais pas qu’on nous avait entendus, je me sens gênée. — Il n’y a pas lieu de l’être, très chère. Ils n’ont entendu que quelques bribes, sans plus. Vous n’avez pas à craindre quelque indiscrétion de leur part. Vous souhaitiez m’en parler ? — Je manque de temps pour le faire, malheureusement. Je suis venue vous annoncer que je pars. Je vais rejoindre William au chantier. Il y a eu un énorme malentendu que je n’ai pas pu éclaircir avec lui avant son départ et je ne pourrai pas vivre avec ce poids le restant de l’hiver. Il faut que je lui parle maintenant. Un chargement de marchandises partira tout à l’heure et je serai du voyage. Les lèvres de Norah prirent un pli dur, pâlissant sous la pression qu’elle y exerçait pour les pincer. Elle fixa son assiette pendant un instant, l’air ailleurs. — Il est fort regrettable que ce différend vous pousse à une telle extrémité. Mon neveu aurait dû faire en sorte de régler cette situation avant de repartir, cela aurait été la moindre des choses, il me semble, commenta-t-elle, réprobatrice. — J’aurais bien voulu que ça se passe autrement, moi aussi. Je ne pensais pas prendre la route aujourd’hui pour aller le rejoindre au fond des bois. Un masque de compassion modela les traits fripés de la vieille dame tandis que, drapée dans un silence brisé par un bref soupir, elle restait à fixer Lauriane. — Ce mariage n’est guère facile pour vous, n’est-ce pas ? murmura-t-elle enfin d’un ton monocorde montrant qu’il s’agissait là davantage d’une constatation que d’une question. Écrasant sur la table une miette de pain avec son doigt, Lauriane esquissa une moue contrite. — Au début, les tensions qui existaient entre William et moi me paraissaient inévitables. Je vous avouerai même avoir contribué à les attiser, mais je n’ai jamais cherché à les apaiser. Nos relations se sont détériorées. Notre dispute d’hier m’a fait comprendre que ce mariage sera un
enfer si nous n’essayons pas de mieux nous entendre. Je veux aller là-bas pour dissiper le malentendu, oui, mais aussi pour lui demander de faire une trêve. — J’espère que vous y parviendrez, l’encouragea Norah en étirant un menu sourire porteur d’un soulagement évident. C’est là un endroit fort peu conventionnel pour régler des différends avec son époux, mais la fin justifie parfois les moyens. Je vous appuie entièrement dans votre démarche, mon enfant. Votre couple a besoin de votre détermination, et William également… Alertée par l’inflexion de sa voix, Lauriane la dévisagea et s’aperçut avec étonnement que son regard s’était humidifié. Une telle crue d’émotion lui donna à penser que Norah se sentait énormément concernée par les aléas de leur relation de couple et qu’une éventuelle cessation des hostilités lui tenait beaucoup à cœur. Après tout, William était comme un fils pour elle et ainsi, comme une mère, Norah ne souhaitait que son bonheur, ce que la jeune femme pouvait très bien comprendre. Et puis, de toute façon, elle ne voyait pas quelle autre raison aurait pu justifier ce soudain émoi chez la vieille dame… — Je suis décidée à tout faire pour que William et moi vivions sous le même toit en harmonie. Il n’est pas question que nos enfants… enfin… que notre enfant grandisse dans un climat crispé et explosif. Moi-même, je ne le supporterais pas encore longtemps et je pense que William non plus. Il y a juste une chose qui m’ennuie, c’est de vous laisser toute seule ici. — Lauriane, je ne le suis pas. Il y a des domestiques dans cette maison, sans compter que je me suis fait quel-ques amies au village. Je survivrai pendant votre absence, n’ayez crainte. Même que je vous encourage à demeurer auprès de mon neveu aussi longtemps que nécessaire. Ne me revenez pas tant que cet entêté ne sera pas converti à vos bonnes résolutions. Mais, quoi que prétende Norah, Lauriane savait qu’elle trouverait son heure d’ennui au détour d’un jour ou d’un autre. Elle ne put qu’espérer être en mesure d’améliorer favorablement et rapidement la situation avec William. Toutes ses affaires en orPre, Lauriane avait finalement rejoint Neil, qui l’attenPait Pevant l’entrée principale, comme prévu. Ainsi s’était-elle embarquée pour ce voyage inopiné, ayant peine à croire qu’elle y prenait part. Elle, filant tout Proit vers le camp Pe bûcherons Pe son mari… Sa tante APéline en serait la première étonnée. lutôt la Peuxième… après William. Maintenant qu’elle se trouvait à borP Pu traîneau, forte Pe la réussite Pe cette cruciale étape liée à sa mission, la situation lui apparaissait sous un aspect auquel elle ne s’était pas encore attarPée, trop absorbée par les préparatifs Pe son Pépart. Ou peut-être l’avait-elle involontairement occulté afin Pe ne pas faire pâlir la volonté qui l’animait. Quoi qu’il en soit, ses pensées se centraient à présent sur son mari et la réaction qu’il aurait en la voyant arriver. Assurément, il ne l’accueillerait pas à bras ouverts, bien au contraire ! Elle aurait toute une commanPe à gérer, car avant Pe pouvoir s’expliquer au sujet Pe l’aphroPisiaque, il lui fauPrait surmonter Peux colères : celle venant Pu fait qu’elle l’avait rejoint, ainsi que celle qu’il avait emportée. À mesure que le chemin raccourcissait Pevant et s’allongeait Perrière, Pes papillons Pe fébrilité prenaient vie Pans son estomac, alors qu’un étau P’appréhension lui enserrait les entrailles. Dne tension croissante s’insinuait Pans ses muscles, comme si chacun P’eux était relié à un fil à couPre qu’une main malicieuse s’amusait à rembobiner. Heureusement que Neil était là pour la Pétourner quelque peu Pe ses préoccupations. Réservé mais sociable, il s’efforçait P’engager la conversation, sans pour autant s’imposer, Pe sorte que Lauriane se sentait libre Pe parler ou non. Il leur Pevint cepenPant Pe plus en plus malaisé P’articuler Pes mots compte tenu Pu froiP qui leur engourPissait le visage, et les silences