Culotte et redingote au 21e siècle

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Après leur rencontre improbable à Paris en 1767, à l’aube de la Révolution française, Sophie et François, comte de Besanceau, sont téléportés au 21e siècle dans un laboratoire en Californie. Retenus prisonniers par des scientifiques soucieux d’étudier ces deux étranges phénomènes, ils parviennent à se libérer. S’engage alors une course-poursuite qui les ramènera à Paris, chez les descendants de François, afin d’échapper aux agents de la CIA qui les talonnent…
Si Sophie retrouve avec plaisir les avantages de la vie moderne, ce voyage dans le futur causera tout un choc à François : ascenseur, automobile, avion, ordinateur, téléphone cellulaire… autant d’inventions vertigineuses pour cet aristocrate parisien né au siècle des Lumières !
Poursuivant l’aventure de iPod et minijupe au 18e siècle, Louise Royer révèle ici les dessous d’une opération scientifique secrète, dont sont accidentellement victimes deux jeunes amoureux que deux cents ans séparent.

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Date de parution 22 février 2012
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EAN13 9782895972617
Langue Français

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Culotte et redingote e au 21 siècle
Louise Royer
Culotte et redingote e au 21 siècle
Fiction historique
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Royer, Louise, 1957-e Culotte et redingote au 21 siècle [ressource électronique] / Louise Royer. (14/18) MonograQhie électronique. Publ. aussi en format imQrimé. ISBN 978-2-89597-260-0 (PDF).— ISBN 978-2-89597-261-7 (EPUB) I. Titre. II. Collection : 14/18 (En ligne) PS8635.O956C85 2012 jC843’.6 C2012-900092-2 Les Éditions David remercient le Conseil des Arts d u Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l'Ontario, la Ville d'Ottawa et le gouvernement du Canada Qar l'entremise du Fonds du livre du Canada.
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À mes enfants, Chantal, Etienne et Thierry
ROMAN
CHAPITRE 1
Promenade dans Paris
Sophie lève la tête vers le ciel et admire une fois de plus la multitude d’étoiles. Il lui revient en mémoire une démonstration au planéta rium de Montréal, où le technicien avait simulé le firmament tel u’il sera it apparu en l’absence de pollution atmosphériue, loin des centres urbains. Ce soir, elle a sous les yeux un ciel de planétarium. Elle se trouve pourtant dan s une des plus grandes villes du monde : Paris, la ville-lumière. Toutefois en 17 69, Paris lutte encore contre l’obscurité à coups de chandelles. Les occupants de la partie pauvre du Marais ne peuvent se permettre de prolonger leur journée e n brûlant de la cire et se sont retirés pour la nuit. Aucune lumière ne s’écha ppe des volets mal ajustés. — Je suis bien contente ue tu aies insisté pour ve nir, commente Sophie à l’intention de son compagnon. — Je ne t’aurais pas laissée te balader sans escorte, répond François. — Tu sais bien ue j’aurais fait appel à un ou deux de nos serviteurs, à moins ue Lucien ne m’ait ramenée. — Lucien n’aurait pas été en état de sortir. Il éta it bien trop ému à la vue de son tout nouveau fils. — Ne te moue pas de lui. Dieu sait dans uel état tu vas être, dans sept mois, lorsue notre enfant se pointera. Sophie accompagne son énoncé d’un mouvement rotatif de la main sur son ventre. Leur mariage date de près de six mois. Que de péripéties avant d’en arriver là. Que d’obstacles ils ont dû affronter. L ’animosité de la mère de François, leurs classes sociales différentes et leu rs premières impressions négatives rendaient leur union improbable. Toutefoi s, ces considérations pâlissaient en importance devant le saut de deux ce nt uarante uatre années entre leurs dates de naissance. Leur alliance tient à un coup magistral du destin  ui a arraché Sophie à sa vie d’étudiante universitaire uébécoise, le 5 déce mbre 2009, pour la transporter e dans une rue parisienne presue déserte, au cœur du 18 siècle. Le comment et le pouruoi de ce voyage incroyable demeurent to ut aussi incompréhensibles 1 u’au jour de son apparition dans ce Paris d’autrefois . Sophie doit sa survie à l’accueil d’une famille bou rgeoise et à la curiosité d’un beau comte, intrigué par les comportements sin guliers dus à cette transplantation soudaine. Lorsue Sophie lui a avou é son passé le jour de leur mariage, François a éprouvé un intense soulagement, car cette explication, uoiue invraisemblable, valait mieux ue plusieurs hypothèses plus sinistres u’il avait entretenues. Sophie soupçonne u’elle n ’a pas réussi à le convaincre entièrement de sa bonne foi, même avec l’aide des m agazines et des livres ui l’avaient accompagnée dans son curieux voyage dans le temps. — La sage-femme avait l’air de savoir ce u’elle fa isait, reprend Sophie. Elle ne s’est pas impatientée uand j’ai insisté pour u ’elle se lave bien les mains. — Je n’ai pas vu grand-chose, mais j’ai cru u’Yvet te avait l’air soulagé
lorsue tu es arrivée. — Pauvre petite bonne! À peine treize ans et tellem ent ignorante. J’ai bien essayé de lui expliuer ce ui allait lui arriver. Mes connaissances à ce sujet se limitent à ce ue j’ai lu ou à ce ue j’ai vu dans des films. Malgré mes airs de tout savoir, je risue d’être aussi effrayée u’ell e dans sept mois. — Eh, eh! Pas de pensées noires! Tout va bien se pa sser. — Oui, je sais. Il y a une autre raison pour lauel le je suis contente ue tu sois venu. Cela me donne l’occasion de marcher seul e avec toi, même si je ne peux pas coller ma hanche à la tienne à cause de ce s foutus paniers. — Tu ne perds rien pour attendre, gente dame. À not re hôtel, nous pourrons unir plus ue nos hanches, fait François avec un so urire plein de sous-entendus. Ils se taisent jusu’au moment où Sophie prend cons cience de l’endroit où elle se trouve. — Eh! Nous approchons de l’allée de l’Aveugle! J’y suis venue assidûment après mon arrivée, dans l’espoir d’y trouver le por tail entre nos deux siècles. C’était vraiment déprimant de repartir sans ue jam ais rien ne se produise. — Je suis désolé de te rappeler ces moments. J’aura is dû reprendre le même trajet u’à l’aller. Dépêchons-nous de retourn er à la maison. Ils arrivent au croisement fatidiue lorsue Franço is s’arrête. — Mais u’est-ce ue cela? s’exclame-t-il. Sophie suit son regard, puis pousse un cri aigu. Un e seconde plus tard, elle l’a uitté pour se précipiter vers le tourbillon u i illumine la rue. À la réaction de Sophie, François comprend les conclusions u’elle t ire de ce phénomène inusité. Il hurle son nom. L’appel déchirant stoppe Sophie à mi-chemin. Elle se tourne vers son époux ui, une main tendue, la supp lie de revenir. Saisissant ses jupes, elle se met à courir vers lui. Le nuage d’étincelles auréole sa silhouette. Retrouvant l’usage de ses jambes, Franç ois la rejoint. Il enlace une Sophie en larmes et ui balbutie de l’empêcher de p artir. Il n’a pas le temps de dire deux mots de réconfort, u’un coup d’œil à la tornade lumineuse le fait frissonner de terreur. L’étrange apparition se diri ge vers eux à la vitesse d’un cheval au galop. En un instant, ils se retrouvent e n son sein. François enserre plus étroitement Sophie, ferme les yeux et appuie s on front contre celui de son épouse. Quelues secondes plus tard, là où se tenai ent auparavant le comte et la comtesse de Besanceau, il n’y a plus ue poussiè re tourbillonnante.
e 1. VoiriPod et minijupe au 18 siècle, de la même auteure.
CHAPITRE2
La surprise
— Que dirais-tu d’un petit souper à la chandelle, p ar exemple à ce charmant restaurant italien de la rue Taylor? — Hum, ça veut dire faire une réservation, me rendr e présentable, subir la circulation sur le pont de la Baie, mettre une tabl e entre toi et moi et me comporter de façon civilisée. Pourquoi ne commandon s-nous pas une pizza de chez moi? Je dois avoir des chandelles quelque part à l’appartement. Mmmm, un tête-à-tête romantique à souhait et, si le cœur t’en dit, on se prend l’un et l’autre pour dessert. Il te tente, mon scénario? — Il est usé. C’est tout ce que tu as pris le temps de faire depuis six mois, les chandelles en moins. Nous avons bien dû essayer les mets exotiques de tous lestake-outville. J’aimerais passer trois heures à table a  en vec toi, plutôt que quinze minutes à la sauvette, en fin de soirée, lorsque finalement tu t’arraches à ton boulot. D’autant plus que le capte ur est réparé. Il n’y a plus autant de pression sur toi et donc plus de raison d ’être continuellement devant ton ordinateur ou au laboratoire. Laisse ton fardea u aux autres. Ils sont parfaitement compétents. Michael Simpson soupire, puis contourne le bureau s ur lequel Shannon Summers s’est assise à moitié. Il la regarde dans l es yeux en disant : — Je m’excuse. J’ai été un amoureux exécrable derni èrement. Tu sais trop bien pourquoi. Après la course contre la montre qu’ a été la dernière année et demie, j’ai peine à ralentir. Surtout avant d’attei ndre notre but. Tu es une femme admirable de m’endurer. Elle se laisse entraîner vers sa poitrine. — Mike, insiste-t-elle, tu as besoin de repos, pas d’une petite soirée mais d’un mois de vacances, que dis-je, d’une année sabb atique! — Oh là! Un instant. Commençons par le restaurant i talien. Tu peux réserver? — Bravo. Mettons pour sept heures? — Si tôt? J’avais pensé… Voyant l’expression de Shannon, il se ravise. — Euh, oui ça va. Donne-moi encore une demi-heure, puis nous partirons ensemble… Il est interrompu par la vibration de son portable. Voyant que Shannon, elle aussi, retire son téléphone de sa poche, il en dédu it que le message doit être d’intérêt général. — La zone verte, s’exclame-t-il en prenant connaiss ance de l’avertissement sur son écran. — Eh, eh, ne t’avise pas de changer d’idée à propos de la soirée. Dernièrement, la zone verte a souvent été atteinte, pour aussitôt revenir au bleu de la normalité. — Shannon, si jamais le vert vire au jaune, je voud rai être présent dans la