En attendant la lune

-

Livres
62 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Mamy raconte des histoires mystérieuses au clair de lune, les copines parlent de leurs secrets de filles, Mustapha tente sa chance … Mais Marianne tourne dans ses pensées. Elle attend. Quoi au juste?
Elle aimerait bien le savoir. Ce n’est pas toujours facile d’avoir 15 ans…
Dans ce premier roman, Mabety Soumah aborde le problème de la puberté avec délicatesse et franchise pour tenter d’aider les jeunes filles,
mais... pas uniquement les jeunes filles...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 juin 2018
Nombre de visites sur la page 9
EAN13 978-2-35045-0
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Mabety SOUMAH
En attendant la lune...
Dans le cadre des valeurs de la compagnie UNICON, l'hôtel Palm Camayenne développe un partenariat avec des associations ou des entreprises guinéennes dans une perspective de développement durable. Nous nous associons aux éditions Ganndal pour soutenir leur effort en direction de la jeunesse. La jeunesse représente plus de 50 % de la population, c’est le capital du pays. Mais une jeunesse respon-sable, sur laquelle la société pourra appuyer son développement, doit être instruite. La lecture est l'une des clefs du savoir. C'est pourquoi il a semblé tout naturel à la Compagnie UNICON de soutenir la collectionGos&Garsdestinée aux lycéens. Leonardo Vaquero Directeur du Palm Camayenne
 ©Éditions Ganndal  ISBN : 978-2-35045-083-4  B.P : 542, Conakry - GUINÉE  Tél. : (224) 622 54 48 26 / 622 39 65 88 / 620 63 14 34  Courriel : ganndal.editions@gmail.com  Blog : http ://editionsganndal.blogspot.com  Dépôt légal : Avril 2017
 Tous droits réservés.
J’avais quinze ans. J’étais mince et élancée. Avec des jambes fines comme les pattes d’une antilope. Chaque jour, je grandissais mais mes seins ne poussaient pas. Je ressemblais à un garçon. Toutes mes copines avaient des seins. Elles portaient des soutiens-gorge et pas moi. Je n’ai-mais ni me coiffer ni me maquiller. Quant à mes amies, elles étaient tout le temps chics à l’école. Elles allaient en boîte de nuit et à la plage pendant les week-ends alors que moi j’ai-mais encore écouter les contes que ma grand-mère racontait.Les fillesdisaient qu’elles « avaient vu la lune ». Je ne savais même pas ce que c’était. Si j’avais osé, j’aurais demandé. Une fois, j’avais entendu une camarade de classe en parler. Elle avait demandé à la prof de la laisser rentrer à la maison parce qu’elle « avait vu la lune » et elle se sentait un peu stressée. La prof lui avait répondu qu’elle pouvait rentrer et elle avait ajouté que c’était
3
pareil chez toutes les filles quand elles avaient leurs règles. Les règles, qu’est-ce que c’était ? Je comprenais que c’était une affaire de fille, mais j’étais trop timide pour poser la question, même à Jackie, ma meilleure amie. Je me demandais si moi aussi j’aurais dû les avoir. Au début, ça m’était égal. Mais un jour, j’ai compris que toutes les filles de ma classe les avaient eues et moi qui étais une des plus âgées, je ne les avais pas encore. Alors, les règles devinrent mon souci majeur. Je voulais savoir ce que c’était et je voulais savoir pourquoi je ne les avais pas encore. J’avais ces préoccupations et je voulais avoir des réponses, seulement à qui pouvais-je demander sans avoir honte. Je pensais à ma mère, mais elle voyageait souvent. Mon père, «Astafouroulaye», je ne pouvais pas ! D’ailleurs, il sortait tôt et rentrait tard la nuit. Ma grand-mère, oui, je pouvais lui demander. Elle était tout le temps à mes côtés. C’est elle qui s’occupait de moi. Je l’appelais « Mamy chérie ». Elle était d’ailleurs celle que je préférais car elle me cajolait. Mais est-ce que je pouvais l’embêter avec ces questions ? Toutes les nuits, elle me racontait de belles histoires. Celle que je préférais c’était l’histoire de la petite fille intelligente qu’elle me raconta pour la première fois au clair de lune. Elle était
4
allongée dans son hamac sous l’acacia, enve-loppée par la brise. Son corps maigre, vieilli par le temps, brillait. Il était une fois, commença-t-elle, une jeune fille très intelligente. Elle s’appelait Marianne, son père Amadou et sa mère Makhissa. À cette présentation, je tendis aussitôt l’oreille parce que l’héroïne de son histoire portait le même nom que moi et ses parents s’appelaient comme les miens. Mamy me regarda du coin de l’œil et me dit : « Alors ma petite chérie, je peux continuer mon histoire ? » Oui Mamy, répondis-je. Marianne était belle comme une fée. Elle avait de beaux yeux et sa peau d’ébène luisait. Sa mère vendait des fruits au marché depuis le décès de son mari. J’interrompis encore Mamy en disant : Oh non mon père vit, quand même ! – Oui, mais est-ce que tu ressembles à la petite Marianne de mon histoire ? me demanda-t-elle. – Non ! Elle est plus belle que moi, répondis-je. – Je l’ai appelée comme toi et ses parents comme les tiens pour te faire plaisir ma petite
5
chérie, mais tu es belle aussi, me dit-elle en souriant. – D’accord Mamy ! Dis-moi la suite. – Bien ! reprit-elle. Marianne était très timide et elle avait des pouvoirs magiques que sa mère ignorait. À 15 ans, elle avait grandi vite. Elle était devenue comme un objet miroitant. Les hommes ne cessaient de lui faire la cour mais elle s’en méfiait. Un jour, la sécheresse sévit dans son village. Pour mettre fin à cette calamité, le génie du village voulait qu’on lui donnât une jeune fille en sacrifice. Le sort désigna Marianne. Sa mère était contre cette décision. Le roi, furieux, la menaça. Un matin, Marianne décida de se livrer. Elle rassura sa mère en lui disant : « Mère, je suis ton unique enfant. C’est difficile, mais Dieu est grand. Aujourd’hui, le génie de la forêt me réclame. Je dois y aller pour sauver le village et te sauver, Mère. Prie le Tout-Puissant pour moi afin que je sois épargnée. De mon côté, je rassemblerai mes forces pour affronter ce monstre. » Elle fut habillée de blanc. Les soldats la
6