Intrigues botaniques à la cour du Roi-Soleil
92 pages
Français

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Intrigues botaniques à la cour du Roi-Soleil

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Description

Intrigues, saveurs et poisons : l'usage des plantes est multiple à la cour du Roi-Soleil ! De la grande ciguë cultivée en cachette dans le potager aux primeurs présentés à la table du roi, des plantes purgatives prescrites par le médecin du roi, sans oublier la mandragore... Voici onze nouvelles qui vont vous faire revivre cette époque de manière inattendue.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2009
Nombre de lectures 275
EAN13 9782296932487
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Intrigues botaniques

à la cour du Roi-Soleil
Jeunesse L’Harmattan
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland,
Joëlle et Marcelle Chassin


Dernières parutions

Marko VOVTCHOK et Pierre-Jules HETZEL, Le voyage en glaçon. Histoires pour les enfants sages du XIX e siècle, 2009.
Lamia BAESHEN, Youssef et le palais des chagrins. Contes d’Arabie Saoudite, 2009.
Jean-Marie LE JEUNE, Dylan et le pirate des mots, 2009.
Ambass RIDJALI, mahajang@madagascar.com , 2009.
Sarah GABRIELLE et Laurent MONTEL, Eby et la Petite au Bois Dormant, 2009.
Héloïse MARTIN et Philippe FERRAN, La Baba Yaga (théâtre), 2009.
Françoise KERISEL, Teishin et le lapin de la lune, 2009.
France VERRIER, L’étoile et le bouleau. Conte de Finlande. Bilingue français-finnois, 2009.
Maïakovki, poèmes pour les enfants. Bilingue russe-français.
Edition présentée et traduite par Carole Hardouin-Thouard, 2009.
Classe de CM2C de l’école du Centre de l’Haÿ-les-Roses-Elisabeth URBAIN, La colère gronde au Moulin de la Bièvre, 2009.
Yoanne TELLIER, Zazavavirano, la sirène de Mayotte, 2009.
Myriam MARQUET, Les cahiers bleus de Margareth-Rose. U.S.A 1939-1968, 2009.
Myriam MARQUET, Khin Kyi, femme-girafe de Birmanie, 2009.
Jérôme SUDRES, L’étemelle igname, 2009.
Hélène TCHINDA, Masango et la Bulle Géante, 2009.
Laurence LAVRAND, Mayotte-Nantes, un aller simple pour Nadjati, 2009.
Danièle CROUZATIER, La Fée aux Gros Yeux, d’après un conte de George Sand, 2009.
Claude BOURGUIGNON, Marcelo, le neveu de Goya, 2009.
Edmond LAPOMPE-PAIRONNE, Touloulou au pays des dauphins, 2009.
Intrigues botaniques

à la cour du Roi-Soleil


Nouvelles concoctées par les élèves
de la classe de 4 e (408) du collège
Louis Lumière de Marly-le-Roi


L’Harmattan
Les auteurs

Géraud Baron, Antoine Ferszterowski, William Gaffney,
Ambre Corbel, Mathilde Leroy, Pierre Courtois,
Arnaud Duvernois, Damien Pierrot, Thomas Gotty,
Valentin Pham-Huy, Paul-André Woisard,
Alexandra Bideau, Wafa Hakki, Laurine Vallone,
Thibault Lesniewski, Mélanie Parizot, Ophélie Pinto,
Juliette Vabois, Quentin Badellino, Antonin Rompteaux,
Dounia Taguia, Léa Maldant, Anthony Da Silva,
Oriane Dessaux, Lucille Michelon, Maëlys Bouaziz,
Mathilde Moreno, Kelly Sartin.

avec la collaboration de
Charlotte Marçais, professeur de français,
Marcelle Ledjmi, professeur d’histoire géographie,
Marie-Christine Faucon, documentaliste,
Guillemette Resplandy-Taï, pharmacien-botaniste et écrivain.


© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de PEcoIe polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11144-8
EAN : 9782296111448

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
L ouis XIV et les plantes… Quelle étrange alchimie !
Et pourtant, c’est bien à cet exercice que se sont livrés les élèves de la classe de 4 e (408) du collège Louis Lumière dans le cadre d’une classe à PAC (Projet artistique et culturel).
Accompagnés de leurs professeurs d’histoire géographie et de français, de la documentaliste et d’un écrivain botaniste, les élèves ont dans un premier temps découvert ou redécouvert le patrimoine culturel de leur région. Après une présentation générale sur les plantes et leur utilisation à l’époque de Louis XIV, ils ont visité le potager du roi à Versailles et le parc du château. Ils se sont rendus à trois reprises au musée-promenade de Marly-le-Roi et ont assisté à une visite conférence au musée du Louvre.
Forts de ces connaissances, les élèves ont ensuite, chacun à sa manière et en petits groupes, rédigé des nouvelles en atelier d’écriture. Ils ont abordé différents aspects de la vie sous Louis XIV, principalement au château de Versailles, la vie à la cour, ses fêtes, ses festins, les maîtresses du roi. Détail intéressant, ils se sont aussi montrés sensibles à la vie des plus petits, jardiniers, cuisiniers et ouvriers travaillant à la construction du château.
Sur le plan botanique, les plantes à poison ont eu un large succès (mandragore, ciguë…) mais les élèves se sont également intéressés aux nouvelles cultures et aux productions du potager de Versailles sélectionnées pour la table du roi Soleil.


Bonne lecture !
Toutes les nouvelles sont des fictions même si elles se basent sur des faits et des personnages historiques réels. Les descriptions et anecdotes botaniques sont authentiques.


Un grand merci à :

Madame Moreau, chargée des publics et de la communication au musée-promenade de Marly-le-Roi.
Madame Anstett, conférencière au potager du roi à Versailles.
Il n’y a pas d’endroit à Versailles qui n’ait été modifié dix fois.
Princesse Palatine


Il a fallu en effet une cinquantaine d’années pour faire du simple pavillon de chasse de Louis XIII en 1661 le palais somptueux habité par Louis XIV à la fin de son règne. Versailles compte alors huit mille trois cents hectares (contre huit cent cinquante aujourd’hui), des murs de quarante-trois kilomètres de longueur et vingt-deux portes monumentales.
Au plus fort des transformations en 1685, le chantier est colossal. On dénombre trente mille employés qui se mêlent à la foule des courtisans, travaillent à la construction du grand Versailles et font et défont les réalisations au gré des exigences du monarque. Les sommes colossales qui sont englouties inquiètent Colbert, ministre des finances, et on ne compte plus le nombre des accidents sur le chantier.


Mais la vengeance de ces hommes qui se tuent au labeur pour leur monarque sera aussi impitoyable que l’indifférence du roi pour leur sort a été grande !


QUINQUINA (Cinchona succirubra)

… alors il décide de prescrire au roi une poudre fine que lui avaient donnée des jésuites espagnols lors de son dernier voyage…
Vengeance au palais
Certificat de décès de J acques Legros
- Né le 18 Novembre 1660 à Poitiers
- Mort le 27 juillet 1697 à Versailles
- Statut : ouvrier en bâtiment
- Epouse : Catherine Legros nom de jeune fille : Delarue
- Décédé au cours d’un accident pendant la construction du château de Sa Majesté

N ous sommes le 27 juillet 1704 ; chaque année à la même date, je revois le visage de ma mère lorsqu’elle a appris la mort de mon père.
Le jour suivant son décès, j’ai su que le grand Louis avait ordonné de jeter son pauvre corps dans une fosse commune. Tout ce travail de mon père pour le roi, mais aucune récompense, aucun respect, alors qu’il avait donné toute sa vie pour lui !

Ce jour, 30 juillet 1697, moi, Guillaume Legros, ai juré de le venger quoi qu’il en coûte à ma vie ! C’est le grand moment en cuisine, je dois préparer les rôtis qui arriveront sur la table du roi. Mes nombreux apprentis préparent les sauces. Ils ajoutent des aromates et du poivre que le roi aime tant. Ça y est ! Les cuisiniers chargés du poisson finissent leurs mets et les serveurs viennent crier aux plats, les services s’enchaînent à grande vitesse. Maintenant, les commis collectent les déchets et les ustensiles, lavent à grandes eaux les sols et les tables. La journée s’achève pour moi et ressemble fortement aux précédentes.
Mon travail terminé, je me dirige vers le potager. J’ai bataillé dur avec le jardinier en chef et ses commis pour qu’ils me réservent un lopin de terre et qu’ils n’y mettent pas leur nez ! Cela fait partie de mon plan : j’y ai planté de la grande ciguë. De loin, ou pour celui qui ne s’y connaît pas trop, on dirait de la carotte : même type de racine verticale, même fleur… Mais si la racine de la carotte est délicieuse en brouet et en purée, la ciguë est une terrible tueuse ! Je sais que le chef jardinier, Jean Baptiste de La Quintinie, et même le plus imbécile de ses aides ne s’y tromperaient pas, car sur la tige creuse de la ciguë ils reconnaîtraient les « taches » de sang si caractéristiques et m’accuseraient de sorcellerie. Mais je suis tranquille, La Quintinie est fort occupé à faire pousser des petits pois et des asperges pour notre Chère Majesté.
Je m’engage donc dans mon allée, arrache quelques pieds de grande ciguë et les cache dans mon sac. Elles y sécheront plus vite et les introduire dans le plat sera d’autant plus facile !

Aujourd’hui, le cuisinier en chef a convoqué tous les maîtres-bouche pour nous exposer le programme de la semaine. Jules Hardouin-Mansart, l’architecte favori et ami proche du roi, viendra séjourner au château. Sa Majesté veut que le banquet organisé en cette occasion dans le bosquet de la Rocaille soit parfait. L’invité passera deux jours au château qu’il a lui-même construit et mérite donc une attention toute particulière.
Ce banquet est l’occasion parfaite ! Je suis chargé de trouver et de cuisiner le plat principal de la table du roi et de son convive. Je choisis le coq au vin, c’est un plat riche en arômes, personne ne sentira mon poison ! Ma ciguë est prête, je la broie à l’aide d’un mortier et mets la poudre dans une petite fiole.

Ce matin, je me suis levé à l’aube pour commencer la préparation de mon plat à l’aide de deux maîtres bouches. Une fois leur attention détournée, je vide la fiole dans la grande marmite destinée à la table du roi. J’attends avec impatience l’arrivée des invités et surtout celle du roi. Assis sur ma chaise, je me remémore avec effroi la mort de mon père. Mais l’idée de voir le grand roi Louis XIV mort me réjouit ! Il est presque midi lorsque j’entends un terrible vacarme qui me fait sursauter : c’est l’arrivée de Jules Hardouin-Mansart, de ses pages et de ses proches en une dizaine de carrosses traversant la cour de pavés irréguliers. Les invités, qui avaient été retenus sur la route du nord par un accident, ont été amenés directement dans le bosquet pour prendre part au buffet. J’emprunte moi-même à pas pressés les allées y menant pour prévenir de leur arrivée.
Les conviés sont prêts, les tables mises et les serveurs commencent leur service ; ils arrivent en procession autour des tables, certains amènent boissons et pain, d’autres apportent les entrées. Plus tard, un serveur m’interpelle :
« Les entrées ont été consommées et débarrassées, voulez-vous donner une dernière touche de votre génie au coq au vin ou pouvons-nous procéder au service ?
Mon mets est parfait, vous pouvez le servir ! »

Ça y est, c’est le grand moment ! Je me glisse derrière un buisson et attends impatiemment le service des plats. Ah ! Les voilà ! Le coq est servi sur la table du roi ! Regardez comme il semble se réjouir d’un si bon repas ! De son dernier repas…
Le plat est servi, un homme sert au goûteur du roi une portion de ce mets. Il hume d’abord et goûte ensuite, il est très satisfait et approuve qu’on en serve à la table royale. Les serveurs remplissent les assiettes et le roi entame aussitôt. Ce plat semble le ravir, il dévore sa part et ordonne qu’on lui en resserve. Il essuie sa bouche avec sa serviette d’un blanc parfait, reste un moment silencieux. Tout le monde est tourné vers lui. On attend l’avis du roi pour s’y accorder. Il s’exclame :
Je n’ai jamais man

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