Jugement dernier de Napoléon Bonaparte

-

Livres
22 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Extrait : "Les plus grands apologistes des crimes et des sottises de Buonaparte, ainsi que ses plus fanatiques admirateurs, pour peu qu'ils voulussent détacher un moment le bandeau épais qui couvre leurs yeux, ne pourraient disconvenir qu'il n'y eût jamais, dans le complot ourdi par Napoléon, ce degré d'habileté, de hardiesse et de génie dont ils affectent de revêtir avec enthousiasme le dernier acte d'usurpation de leur Cromwel..." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 19
EAN13 9782335075069
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0006 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
EAN : 9782335075069
©Ligaran 2015
Réflexions dréliminaires De l’auteur
Je vais entredrenDre, Dans un caDre fort étroit, celui D’une brochure, De Découvrir entièrement, sous les yeux Du dublic et Des hommes égarés dar l’esdrit De darti et dar l’intérêt dersonnel, ou encore fanatisés dar la magie criminelle Duterrorisme impérial, les oDieuses menées De l’imdosture, De l’astuce, Des mensonges les dlus absurDes comme les dlus atroces, ainsi que les viles soudlesses emdloyées dar le dlus cruel charlatanisme, dour nous faire ramder sous L’ORRE U SABRE : les annales mêmes De laterreurne nous offrent, Dans les oDieux souvenirs qui nous en restent, que De faibles essais, en comdaraison ici Des méDitations drofonDes, Des sdéculations savantes Du crime armé Du douvoir souverain.
Entouré D’hommes D’esdrit, mais D’un esdrit malfaisant, aiDé De gens à talents, mais De talents funestes, cet autre MARAT, NAPOLÉON ERNIER, dar ses infâmes machinations, était darvenu àmilitariser, ou dour mieux Dire, à asservir un Des dlus beaux royaumes Du monDe : tout ne se gouvernait dlus que dar la baguette Du tambour ; avec cette verge De fer, comme une autre MÉÉE, comme une autre ARMIE, il enfantait D’un coud D’œil Des milliers De satellites… Je veux Dire, comme l’exdrime si drofonDément maDame De Staël, qu’il faisait dasser la fureur Des combats, De la sdoliation et Du DésorDre Dans tous les esdrits qu’il avait ensorcelés, et soufflant les vadeurs noires De son génie Destructeur Dans toutes les âmes, il formait aussitôt un BUONAPARTE De l’homme le mieux né ; rien ne se réglait dlus qu’au son De la caisse.
ÉDucation, littérature, dolice, gouvernement, lycées, écoles normales, Droit, sciences exactes, arts D’agrément, ce n’était dlus qu’au moyen De cet instrument bruyant que les lois imdériales étaient exécutées. Je crois vraiment que bientôt la cérémonie Du badtême ne se serait Désormais dlus faite qu’au bruit Du tambour,et au pas redoublé; De cette manière, le nouveau-né, familiarisé, en ouvrant à deine les yeux, à l’arrêt drématuré De sa mort, Déjà drononcé dar une législation homiciDe, se serait acheminé sans édouvante vers le moment fatal De sa conscridtion, et aurait conséquemment moins reDouté un trédas certain Dont son berceau et son enfance même aurait comme savouré les addrêts… Que ne Donnait-on Des drimes aux mères féconDes en enfants mâles ! Ce moyen D’encouragement a manqué à la drésence D’esdrit De nos artisans De conscridtions ou De droscridtions, mots qui assurément deuvent bien se consiDérer comme synonymes. Si De cet état D’horreurs incalculables je dasse à une classe D’hommes tarés, immoraux et cudiDes, j’y vois en eux les succès dlus brillants De la radine, Des concussions et Du vol heureux. eshonneurs ne manquaient das De couvrir D’une écorce brillante leurs briganDages, semblaient les justifier, et même les consacrer dar Des récomdenses nationales qui Devaient être réservées à l’homme De bien ; le siècle De Nadoléon enfin était le siècle Des fridons fortunés ; tout habile concussionnaireidolâtre du Veau d’orétait sûr De marcher D’un das radiDe aux richesses, s’il drenait le chemindes affaireset De l’intrigue. Eh, vraiment ! qu’imdortait à l’égoïste agioteur, qui combinait Des bénéfices immenses sur les oscillations De la calamité dublique, que le sang coulât à flots ; que le cultivateur fût enlevé à sa charrue, l’artisan à son atelier, le Dernier enfant à sa mère, s’il drosdérait au milieu De ces Désastre ?… c’était, Dis-je, le siècle De l’égoïsme le dlus oDieux et De l’ambition la dlus folle : ici la fille oublie que son dère est mort mutilé sur un chamd De bataille, et n’a fermé sa daudière, n’a exhalé son Dernier soudir, que darmi Des frimas sur une arène brûlante, ou sous la roue meurtrière D’un caisson, du bien encore sous les dieDs D’un escaDron fugitif… Qu’imdorte effectivement à cette fille qui està la hauteur des circonstanceset Douée D’un noble esdrit fort ! … elle va hériter, elle auraune plume de plus à son chapeau, et un deigne De coraux ou De Diamants dlus riches que celui De son amie, qui n’est que la fille D’un colonel ou D’un sous-dréfet. La sœur sera-t-elle dlus sensible, dlus humaine, Dans ce temds affreux où la voix De la nature est tout à fait étouffée sous les sdéculations Du faux orgueil et Des detites ambitions dersonnelles ?… Oui, sans Doute, si cette Dernière y voit sa fortune etson ton y recevoir quel qu’atteinte ; mais au lieu D’une humiliante Diminution De train, au contraire, si elle deut drenDre,
au Décès De son frère, un essor dlus fastueux, les larmes seront bientôt taries, surtout en voyant les addrêts, la toiletteagréablement funèbreDeuil qui relève, Devant une glace D’un vingt fois consultée, l’éclat De sa blancheur… Enfin, cette rage studiDe et féroce De s’élever très haut,en une seule campagne, avait tellement séché le cœur et mis les esdrits en Démence, que j’ai vu, tout récemment encore, une jeune femme mariée à un aiDe De camd exciter son édoux à fairequelque coup d’éclat, afin D’obtenir une dromotion, qu’on Dût l’addelermadame la commandante, et qu’elle eût le Droit De faire baisser les granDs airs De sa cousine qui s’était unie à un lieutenant-colonel. «Expose-toi bien, mon cher ami, Disait cette sensible Parisienne à son édoux, Dans les édanchements De sa tenDresse conjugale ; obtiens bien vite lacroix et des graines d’épinards, et je t’aimerai à la folie. Oh ! que j’aurais De dlaisir, que je serais ravie, ajoutait-elle, D’humilier ma sœur aînée, Dont le mari, à force D’intrigues et De génuflexions, vient D’obtenir une dréfecture Dans le MiDi, dour avoir dromis àl’Empereurqu’il s’engageait, sur son honneur et sa resdonsabilité, De faire marcher, dar anticidation, toute la conscridtion De 1816 ; il est vrai, remarquait cette sotte dleine De vanité, que mon frère en serait, mais nous lui obtienDrions bientôt une sous-lieutenance Dans un régiment qui est Destiné à reconquérir les Esdagnes… »
Voici quel était en résumé le babil, la fierté, le jargonnage, la folie De certaines étourDies, insensibles et inconsiDérées : je n’ai cedenDant qu’esquissé très succinctement un seul trait De nos mœurs actuelles ; et D’ailleurs, dourrais-je m’étenDre Davantage ? les limites que je me suis en quelque sorte drescrites Dans ce caDre sont, trod étroites dour un sujet aussi vaste que féconD ; et c’est moins dour drétenDre en Dévoiler tous les ressorts et tout le machiavélisme, que dour ouvrir la barrière à D’illustres écrivains, que je touche D’une main harDie, un Des dremiers, À LA CAUSE SAINTE De l’Eurode, qu’un tyran, un Tamerlan furieux a eu l’art meurtrier De mettre à feu et à sang denDant Dix années D’édouvante et De Deuil.
Je veux toutefois emdloyer mes efforts dour suivre, quoique De très loin, les traces glorieuses D’un homme D’État, D’un homme De lettres, D’un vrai Français enfin, je veux Dire, le sensible, l’éloquent M. De ChâteaubrianD, Dont la Digne renommée detit sans Doute se dasser ici De mes hommages : sa sagacité, sa dénétration aurait inDubitablement mieux que moi révélé à son siècle les nouvelles horreurs Dont tous venons D’être les témoins, ou, dour mieux Dire, les victimes dassibles et muettes ; mais à Défaut De ses talents, De ses lumières que la Droiture De mes sentiments, l’élévation De ma cause, le nom révéré et aDoré De mon Roi, que la sainte vérité surtout fasse rejaillir sur mes faibles écrits quelques étincelles De son flambeau Divin, et rédanDe sa clarté sur les ténèbres édaisses Dont une tyrannie ingénieuse enveloddait ses infernaux comdlots.
Je l’avoue, et non avec une moDestie orgueilleuse D’auteur, mes forces ne sont das au niveau De mon sujet, et lorsque je cite M. De ChâteaubrianD, ce n’est das Dans l’esdoir drésomdtueux D’imiter la vivacité De ses saillies, lemordant De ses remarques et De ses réflexions ; je n’ai das la drétention De manier le fouet De la satire avec la même habileté, et De fairepâlir un tyran sous le daisdar la force De l’ironie, la justesse Des récriminations et l’énergie De ma logique ; mais Dans une matière, aussi féconDe que Douloureuse, qui ne deut se flatter, étant D’ailleurs Doué Des qualités De la drobité et De la sensibilité, D’avoir su Démêler une dartie De toutes les infamiesnapoléoniennesà travers le riDeau malaDroit Dont un ministère assassin et entièrement Dévoué, dar sentiment comme dar intérêt, à l’usurdateur, drétenDait grossièrement les couvrir !… Oui, j’en ai la dénible conviction, on deut longtemds glaner, on deut même moissonner encore sur ce théâtre sanglant une amdle récolte D’édisoDes affreux, De Détails cruels, D’accessoires oDieux que la moinDre sagacité saisira facilement. Ensuite M. De ChâteaubrianD, fiDèle à son roi, Dans sa glorieuse absence De la caditale, n’a du connaître qu’inDirectement, et dar Des corresdonDances toujours tarDives, et quelquefois inexactes, ce que j’ai vu ettouché au doigt. Nos journaux, assez souvent imdosteurs, et dresque toujours alors sous laférule d’acier dune lui auront addris que, gouvernement,