Le Loup du lac aux brumes

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Catherine reconnut la voix du médecin. — Calme-toi...! Je t'en prie, calme-toi... Une voix stridente lui répondit: — Me calmer...! Mais tu veux rire. Je comprends tout maintenant. Tu ne le voulais pas. Alors tous les moyens te sont bons. La voix de madame Castaing était déformée par la haine que l'on y décelait. — Mais tu es folle, ma chérie. Que vas-tu imaginer? Tu divagues complètement. Je t'en supplie, calme-toi. Tu vas réveiller tous mes malades. — Tes malades...! Parlons-en de tes malades. Sans moi tu ne pourrais pas parler de TES MALADES. Tu n'es qu'un misérable. Et je te jure que s'il arrive quelque chose à mon enfant, tu ne pourras plus parler de TES MALADES. Car je me vengerai. Tu ne seras plus rien. Plus rien... tu m'entends? La sonnerie annonçant un appel se mit à retentir et la lumière de la porte de la chambre de madame Castaing s'alluma. Catherine ouvrit la porte et le spectacle qu'elle vit la cloua sur place. Son poste dans une nouvelle clinique devait signer le début de sa carrière d'infirmière, mais pour Catherine, ce sera surtout la naissance d'un cauchemar... Quel mystère le directeur et sa femme cachent-ils? Jusqu'où seront-ils prêts à aller pour atteindre chacun leur objectif? Une tragédie, un plan machiavélique, des brumes inquiétantes... En soignant son ambiance et ses personnages, Michelle Solnik signe un thriller aussi effrayant que réaliste, terriblement efficace.

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Date de parution 27 octobre 2015
Nombre de visites sur la page 6
EAN13 9782342043310
Langue Français

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Le Loup du lac aux brumes
Du même auteur
Papylou ou le merveilleux pays du dernier voyage, Mon Petit Éditeur, 2012
Michelle Solnik Le Loup du lac aux brumes
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Chapitre 1 Il commençait à faire jour. À travers les vitres givrées du vieux car, on distinguait à peine le paysage. Tout était recouvert de neige, au loin l’horizon et les champs se con-fondaient dans une même blancheur. L’autocar était presque vide, deux personnes seulement s’y trouvaient. Sur la banquette arrière, un vieux paysan, coincé entre deux paniers vides, somnolait. Les cahots ne semblaient pas le déranger, on aurait dit qu’il faisait partie du décor. Et une toute jeune fille, d’une vingtaine d’années. Avec ses cheveux coupés très courts et ses yeux noisette, on ne pouvait pas dire qu’elle était particulièrement jolie. Non, mais elle avait un visage agréable et, à cet instant précis, perdue dans ses pensées, elle avait l’air d’une enfant. Catherine Costelle, c’était son nom, avait l’impression d’être partie depuis des heures. La route défoncée, remplie de nids-de-poule, l’odeur de mazout nauséabonde et te-nace qui vous prenait à la gorge, rendaient le trajet encore plus pénible. Un nouvel arrêt, le vieux paysan descendit et Catherine se retrouva seule. Elle regarda d’un œil distrait le vieil homme s’éloigner, image furtive et vite oubliée. Imperceptiblement, la route commença à grimper, le chauffeur changea de vitesse et le car amorça son intermi-nable ascension qui allait le mener au sommet du col du Haut-Jacques. La jeune fille connaissait le trajet pour l’avoir emprunté tant et tant de fois. Elle regarda par la fenêtre et sut que bientôt elle arriverait chez elle. En effet, le car négociait le dernier virage et quelques minutes plus tard, dans un bruit
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de freins malmenés, il s’arrêta. Catherine descendit et regarda autour d’elle. Le car était reparti. Pendant quelques instants, elle entendit en-core le bruit du moteur, puis plus rien. Le village des Charasses où elle habitait était à quel-ques minutes de marche. C’était un vrai village de montagne, mais pouvait-on parler de village ! C’était plutôt un hameau, quelques maisons encapu-chonnées de neige se serraient frileusement autour d’un clocher. La main apaisante de l’hiver avait, d’une caresse neigeuse, arrondi les formes et enlevé toute agressivité à cette terre qui dormait. Les maisons étaient si vieilles que les toits en sem-blaient voûtés. Tant de générations s’y étaient succédé, chacune laissant son empreinte, mais les maisons restaient là, pareilles à elles-mêmes, immuables témoins de joies et de peines. Ici les hivers étaient rudes dans cette partie des Vosges, dans cette région de montagnes, de forêts et de lacs. Catherine aimait son village et y était profondément at-tachée, loin de la vie trépidante des grandes villes, on prenait le temps de vivre, sans hâte, doucement au rythme des saisons. L’air était vif, et relevant le col de son man-teau, la jeune fille, courageusement, se mit en route en pressant le pas. Elle arriva sur la petite place encore dé-serte à cette heure matinale. À droite se trouvait une épicerie-bar-tabac, qui avait été le seul commerce du vil-lage.
* * * Dans la vitrine, dont la peinture s’écaillait, se trouvaient deux bocaux en verre. Jadis ces bocaux étaient remplis de bonbons que l’épicière vendait à l’unité, mais Catherine, enfant, ne pouvait pas s’offrir ces gourmandises. C’est peut-être pour cela que ces deux bocaux représentaient à
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