Les merveilles de l'architecture

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Extrait : "L'architecture n'est point ignorée des animaux: le trou du ver, les galeries de la fourmi, la ruche de l'abeille, le nid de l'épinoche ou de l'oiseau, la tanière du loup, le terrier du renard et du lapin, le village du castor, la hutte du gorille, la maison, le donjon, le temple et le palais répondent au même besoin diversifié à l'infini..." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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EAN13 9782335054682
Langue Français

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EAN : 9782335054682
©Ligaran 2015
L’architecture n’est point ignorée des animaux : le trou du ver, les galeries de la fourmi, la ruche de l’abeille, le nid de l’épinoche ou de l’oiseau, la tanière du loup, le terrier du renard et du lapin, le village du castor, la hutte du gorille, la maison, le donjon, le temple et le palais répondent au même besoin diversifié à l’infini. Une loi commune s’en dégage, qui préside à toutes les constructions, les classe et les juge, la loi d’appropriation. L’utili té est le fond de l’esthétique architecturale ; l’ornementation même, dans sa libre variété, est soumise à cette condition première. L’individu s’est logé comme il s’est vêtu, comme il s’est armé, pour se défendre des intempéries et des inimitiés qui l’entourent. La famille, la tribu, la cité ont créé la maison, la palissade, les murailles, pour protéger leurs membres, enfermer leurs troupeaux, garantir leurs richesses et leur indépendance. De là les édifices privés et publics, leur ordonnance, leurs divisions, tout le canevas sur lequel ont travaillé l’industrie et l’art. S’élevant des nécessités physiques à des conceptions plus hautes, et cela dès l’origine des sociétés les plus rudimentaires, l’homme s’est trouvé conduit à exprimer, à symboliser à l’aide du bois, de la pierre et des métaux, les divers aspects d’une vie de plus en plus complexe, aspects moraux, c’est-à-dire sociaux, politiques, voluptuaires, religieux. La prédominance d’un certain idéal, toujours issu de la réalité, marque d’un caractère commun les œuvres-architecturales de chaque époque et de chaque race. Il y aurait plaisir et intérêt à suivre, dans un or dre logique, les progrès et aussi les défaillances de l’architecture, depuis son point de départ, grotte taillée dans le roc, hutte de branchages, yourte mongole, cabane sur pilotis au milieu des lacs, gro ssière tourelle gauloise, jusqu’aux conceptions magnifiques et raffinées des colonnades égyptiennes, des grandes terrasses d’Assyrie, des temples grecs, de l’amphithéâtre et de la basilique, des cathédrales romanes et gothiques, enfin des palais, des théâtres et des gares de chemin de fer ; et c’est en somme ce que nous allons tenter, mais dans un espace si restreint et d’une course si rapide que bien des transitions manqueront, que le nombredes merveillessurtout dans les temps modernes, dépassera de beaucoup celui des merveilles omises, signalées au passage. Grâce, dirions-nous, si le mo t ne jurait avec notre pensée, grâce aux ravages du temps, aux destructions sauvages des conquérants, des barbares et iconoclastes de toute espèce, l’antiquité aura moins à souffrir des procédés sommaires que nous impose notre cadre. Mais, pour tout ce qui est postérieur à l’an mille, nous aurons à solliciter l’indulgence du lecteur jusqu’au jou r où le succès, déjà fort honorable, de ce petit livre nous autorisera à développer notre plan, à en tripler peut-être les proportions, sans que nous nous flattions d’ailleurs de pouvoir jamais épuiser un si vaste sujet. L’apparition sur la terre de l’architecture proprement dite, c’est-à-dire de l’application des matériaux ligneux et minéraux aux diverses exigences du logem ent humain, est sans doute infiniment postérieure à la naissance de l’humanité. Il n’est pas probable que nous en possédions des vestiges plus anciens que le quarantième siècle avant notre ère ; mais la perfection où elle était arrivée en Égypte dans ces âges reculés atteste une longue et mystérieuse enfance, qui se perd dans la nuit des temps. C’est par l’Égypte que nous devrions commencer notre revue, puisque aucune construction au monde n’égale en vieillesse les grandes et petites pyramides de Sakkarah et de Giseh, ou les excavations (hémispéos) de la haute vallée du Nil. Mais ce sont là déjà des chefs-d’œuvre, si on les compare aux plus anciens monuments de la Chaldée, de la Grèce et de l’Italie ; il est possible de découvrir, à des époques plus récentes sans doute, mais relativement plus primitives, où ni l’art ni la civilisation n’existaient encore, des essais informes, véritable s ébaudies de l’industrie architecturale. Ces constructions énigmatiques, tombeaux, temples rudim entaires, ou simples signes commémoratifs d’évènements inconnus, se retrouvent dans toutes les régions de la terre ; elles sont signalées par les traditions écrites de tous les peuples. On les a, bien improprement, nommées celtiques, parce qu’elles abondent sur notre sol gaulois. On ne sait à quel âge elles appartiennent, mais, assuréme nt, elles représentent un état de la vie et de l’intelligence très inférieur et très antérieur, lo giquement s’entend, aux grandes civilisations du no rd de l’Afrique, de l’Asie méridionale et de la Grèce. On ne sera donc point surpris de les trouver ici à leur vraie place, pour ainsi dire avant l’architecture.